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Soneca Sodi 40 Jours au Paradis

Jésus le Salut qui vient du Ciel

Soneca Sodi 40 Jours au Paradis

TÉMOIGNAGE EXTRAORDINAIRE ET BOULEVERSANT DE SENECA SODI !

LA GLOIRE DE SON ROYAUME »

TEMOIGNAGE BOULEVERSANT D’UN HOMME QUI A VISITE LE PARADIS PENDANT 40 JOURS

Au cours du siècle dernier, Dieu a accordé à un homme une FAVEUR EXTRAORDINAIRE : celle de passer 40 jours dans son ROYAUME CELESTE, puis de revenir temporairement sur Terre en rendre Témoignage.

Cet homme s’appelait Seneca Sodi. Il était Grec, d’origine juive, et vivait la fin de sa vie dans le Nord-Ouest des Etats-Unis. Il a relaté cette expérience glorieuse avec une grande richesse de détails au Pasteur Elwood Scott, qui a fidèlement transcrit ce qui lui a été dicté.

Ce témoignage ne manquera pas de vous surprendre. Il vous amènera à vous interroger sur votre propre existence et vous donnera certainement des perspectives et des Forces nouvelles pour votre vie quotidienne.

Vous découvrirez LA BEAUTÉ des paysages et des événements du domaine céleste. Vous serez étonné par le nombre des habitants du Ciel, par leur joie et leurs activités. Vous serez émerveillé par la GLOIRE ET LA GRANDEUR de ce que DIEU a préparé pour tous ceux qui s’attendent à lui.

VOTRE CŒUR SERA TOUCHE PAR LE MESSAGE QUE DIEU VOUS ADRESSE AU TRAVERS DE CE TÉMOIGNAGE, ET QU’IL A RÉVÉLÉ à l’homme dans la BIBLE, SA PAROLE VIVANTE !

PRÉAMBULE

Au cours des mois qui ont précédé la rédaction de ce Témoignage, j’ai reçu à de nombreuses reprises la visite d’un personnage très particulier. Et bien que ces visites aient été pour moi très surprenantes, je les ai cependant toujours appréciées. La 1ere fois, j’ai été plutôt surpris – et même effrayé – quand j’ai vu entrer dans mon bureau, sans qu’il y ait été invité et sans le moindre mot d’excuses, cet homme à la barbe de soie et aux vêtement flottant.

Au début, ses visites étaient brèves. Mais par la suite elles sont devenues bien plus longues. Quand, le soir, j’allais me promener dans les champs ou dans la forêt, souvent il apparaissait en ma compagnie. Il semblait se plaire à marcher avec moi. Je me suis rendu compte qu’il était capable de parler plusieurs langues avec une aisance parfaite et si bien que sa nationalité n’était pas la mienne. Il paraissait doué de capacités supérieures. Ses facultés intellectuelles dépassaient très nettement les miennes. En somme, c’était un individu vraiment hors du commun.

J’avais pris l’habitude, depuis de nombreuses années, de me lever tôt le matin et de faire un tour en voiture pendant 1 heure ou 2 avant de prendre mon petit déjeuner. Il n’était pas rare que je prenne à bord quelqu’un qui m’en fasse la demande. Plusieurs fois, en souhaitant la bienvenue au voyageur qui prenait place à côté de moi – comme Philippe avec l’Éthiopien du livre des Actes des Apôtres – je me suis rendu compte qu’il s’agissait de mon ami à la barbe de soie.

Souvent après une heure de conversation, il disparaissait tout simplement de ma présence sans le moindre avertissement. Je regardais alors tout autour, mais en vain, pour voir dans quelle direction il était parti. Ses sujets de conversation, et la nature des révélations qu’il m’a faites, m’ont rempli d’admiration et d’émerveillement. Je l’ai aimé de tout mon âme et son départ m’a attristé. Quelquefois, le soir, après que les membres de ma famille se soient retirés, il arrivait furtivement dans la pièce alors que j’étais affairé à mon bureau. Et il restait avec moi jusqu’au-delà de minuit.

Un soir, au cours de l’une de ses premières visites, il m’a demandé si j’étais toujours capable d’écrire en sténo.

– Absolument ! Lui ai-je répondu. Comme au premier jour !

– Il y a quelque temps que je suis à ta recherche, m’a-t-il dit. Et si tu consens à remplir la mission pour laquelle je t’ai cherché, je mettrai sur toi une bénédiction particulière.

Je l’ai alors assuré d’obéir à toute requête raisonnable qu’il aurait à me demander.

– Tu écriras un message de ma part pour les hommes, m’a-t-il déclaré avec beaucoup d’amabilité.

C’est ainsi que cette décision fut l’objet de mises au point pratiques. Après quoi, il me fixa une date pour une visite nocturne semblable à celles que nous avions tant appréciées quand il arrivait par surprise.

Nous nous sommes alors rencontrés à nouveau, plusieurs fois de suite. Le résultat a été le témoignage qui va suivre et nécessitait bien ce petit préambule. Je suis content d’avoir consenti à écrire sous sa dictée. A chaque fois, cela s’est fait dans la surprise, l’admiration et l’émerveillement. Et cela aura aussi été pour moi UNE TRÈS RICHE BÉNÉDICTION.

Au cours de l’une de ses 1eres visites, il m’avait expliqué qu’il était bien le même homme que celui que j’avais rencontré, quelques années auparavant, sur les pentes de la chaîne des Cascades, dans le Nord-Ouest des Etats-Unis. Je me souvenais très bien de lui, car j’avais passé une journée et une nuit dans le réconfort de sa maison et sous sa sainte influence. Il s’appelait Seneca Sodi. Il était grec, d’origine juive. C’était un grand érudit ainsi qu’un croyant solidement fondé dans la foi chrétienne ; quelqu’un qui avait l’habitude d’étudier la Bible en profondeur. Mais là, maintenant, il paraissait tellement changé ! Et son visage était éclairé d’un halo de lumière que je ne l’avais pas reconnu tout de suite. Je fus enclin à douter de son histoire et à considérer tout ça comme une sorte d’habile farce qu’on aurait joué à mon insu et que je n’arrivais pas à expliquer.

Cependant, je pouvais voir une grande similitude entre l’apparence de cet homme et celle de mon ami à la longue barbe de la chaîne de Cascades. Je lui demandai comment cette chose était possible.

– C’est comme une première gerbe dans la grande moisson de la résurrection, me répondit-il avec un clin d’œil.

Mon DIEU ! Est-ce vraisemblable qu’un homme ait déjà expérimenté la grande résurrection des justes qui doit avoir lieu au DERNIER JOUR ?

Je pensai alors à l’ENLÈVEMENT D’ HÉNOCH. Et au char qui emporta ELIE jusqu’aux cieux. A Moïse qui jeûna 2 fois 40 jours, et qui resta seul avec DIEU sur la montagne des visions, jusqu’à ce qu’il reçoive ce rayonnement de la gloire éternelle. Je pensai à Paul, ravi jusqu’au troisième ciel, qui entendit des paroles du royaume éternel. Je pensai encore aux nombreux saints dont les corps reposaient en terre, et qui se levèrent à la RÉSURRECTION DU SEIGNEUR, entrant ensuite dans Jérusalem et se montrant vivants alors qu’ils avaient été MORTS.

Et je me disais : « De grands événements ne doivent-ils pas se produire dans ces derniers temps de la Grâce ? Pourquoi donc Sénéca Sodi, l’un des descendants de l’ancien Israël de DIEU, ne recevrait-il pas, dans ces derniers temps, de grandes révélations de la part du TOUT-PUISSANT, ainsi qu’une résurrection anticipée par rapport au reste de la grande moisson ? MAIS JE DOIS LE LAISSER NOUS RACONTER SA PROPRE HISTOIRE…

ELWOOD SCOTT

PARTIE-1 : LE COMMENCEMENT

Nous étions le 1er juin et le soleil venait de se coucher. Le travail de la journée était achevé. J’avais bien éclairé mon studio. Je l’avais nettoyé et rangé du mieux que j’avais pu. J’avais préparé crayons et papier, plumes et encres. Et j’attendais nerveusement mon ami à la barbe de soie. Je me sentis pénétré d’un certain malaise, ne connaissant pas pleinement la nature de sa mission, ni tout ce qu’elle pouvait inclure.

Je me mis à genoux et je demandais solennellement son aide au Père Tout-Puissant. Car mon visiteur avait imprimé en moi un profond respect à son égard, et je me sentais vraiment insignifiant en sa présence. Enfin la porte s’ouvrit, et Seneca Sodi entra. Un merveilleux halo de lumière émanait de sa tête et de son visage.

Je me levais pour le saluer. Il me serra – apparemment – la main, en me gratifiant d’un gentil « bonsoir ».

– Mon fils, me dit-il, je te salue au nom du Père !

Lorsqu’il se fut assis, il me demanda :

– Te souviens-tu de mon humble maison, sur les collines, au pied de la chaîne des Cascades ?

– Bien sûr que je m’en souviens. Ainsi que de la longue promenade que nous avons faite ensemble, ce jour-là, au milieu des collines. Et des heures que nous avons passées à veiller jusqu’au-delà de minuit. Et je me souviens aussi de la promesse que je t’avais faite d’essayer de te revoir, un jour, dans ton petit palais des béatitudes.

– Je n’ai pas pu attendre ton retour, me dit Seneca. D’étranges expériences m’attendaient. Je me trouvais alors dans l’ardente espérance du proche retour du Seigneur, et je passais beaucoup de temps en prière. Il s’imprima étrangement en moi la pensée que de grands événements allaient se produire. Cependant, je ne m’attendais pas aux grandes faveurs qui allaient bientôt m’être accordées. Puis, j’ai découvert que DIEU prend plaisir à nous surprendre par la nouveauté et la grandeur de SES BÉNÉDICTIONS.

SENECA SODI COMMENCE SON RÉCIT

J’avais juste terminé de dîner, et je m’étais allongé sur mon lit pour un instant de repos. Mes 2 serviteurs, Séna et Serva, étaient affairés dans la maison. Soudain, le son d’une trompette nous attira tous à la porte.

Un magnifique véhicule, tout en or, et 2 conducteurs vêtus d’habits blancs se tenaient là tout près. Immédiatement, il me sembla que je tombais comme en catalepsie, et que les choses terrestres s’effaçaient pour un temps. Les Anges entrèrent dans la pièce et me pressèrent à me préparer rapidement, me disant :

-LE SEIGNEUR DU ROYAUME A BESOIN DE TOI !!!

Comprenant leur langage, il me fut facile de saisir leur mission. Je fus rempli d’une louange débordante à la pensée d’aller  » A LA MAISON » sans plus attendre. Restant conscient des choses terrestres, j’indiquai rapidement à Séna et Serva – qui n’avaient qu’entrevu cette gloire au travers de flashs de lumière, mais qui sentaient la présence d’êtres invisibles dans la pièce – de garder mon corps avec soin si j’avais à le quitter. Je me retrouvai dans un état de semi-conscience, et je vis plusieurs êtres saints autour du lit où je m’étais allongé, me sentis épuiser.

Des éclairs de pensée traversaient mon esprit par instant : « Est-ce que c’est ça la mort ? Est-ce que je vais vraiment dire au revoir aux choses de la terre ? Est-ce que je suis vraiment aux frontières de l’Éternité ? Si c’est le cas, victoire ! Oh oui, victoire ! « 

Je sentis alors, entrant dans mon âme d’une manière furtive, les ravissements de la joie éternelle.

OH, QUELLE LUMIÈRE ! QUELLES VISIONS GLORIEUSES m’étaient maintenant accordées !

Car commençaient à se dessiner devant moi les éléments et les choses spirituel. Cela, je le comprenais avec une grande clarté. Il me semblait arriver dans un vaste endroit au sein duquel régnait un nouvel ordre des choses. Je fis un dernier effort pour voir mes serviteurs et leurs parler. C’est à peine si je pus prononcer « au revoir ». Je vis leurs yeux anxieux regarder dans les miens. J’entendis des fragments de phrases que j’essayai de comprendre, quand je réalisai que Séna et Serva étaient hors d’atteinte.

Alors je fermai les yeux pour les ouvrir dans un jour éternel. La chose suivante que je constatai fut que je me tenais debout à l’angle de la pièce, regardant avec un grand intérêt mon propre corps qui reposait en paix sur le lit. Il m’est difficile de décrire les sensations – étranges et cependant joyeuses – de mon âme qui découvrait ma personne libérée de mon corps. Je m’avançais et me tins à côté du lit. Avec des sentiments mêlés de joie et de pitié, je dis à mon corps :

– Je suis vraiment désolé de te laisser là, mais tu es mortel et tu le resteras jusqu’à la résurrection.

Puis je vis avec moi trois Anges qui semblaient occupés sur mon corps à une sorte d’embaumement que je ne compris pas. Ils s’adressèrent très gentiment à moi :

– N’aie pas peur ! Nous sommes venus t’escorter jusqu’à ta demeure céleste. Sa lumière luit intensément sur toi, désormais !

Bien vite me revint à la pensée ce passage de l’écriture :

« Les Anges sont des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut  » Hébreux 1 : 14

Je réalisai alors que les yeux physiques ne peuvent pas voir les êtres spirituels, ni discerner leurs mouvements, sauf dans le cas d’une intervention miraculeuse. Mais les esprits eux, voient à la fois la matière et l’esprit.

Je découvris que ma vision était grandement augmentée depuis l’instant où j’avais été libéré de mon corps mortel. Aussi n’eus-je aucun regret de me trouver ainsi à ce moment-là, car tout semblait s’embraser d’un éclat et d’une splendeur que je n’avais jamais connu auparavant. Et ce qui me semblait plus remarquable encore, c’était que la lumière du soleil ne m’aidait en aucune manière à comprendre ce qui me concernait. Cela se passait la nuit. Tout le monde était endormi. Tout était entièrement sombre aux yeux des hommes. Cependant pour moi, tout était éclairé d’une lumière plus belle que ce que la plus lumineuse journée terrestre peut nous offrir à son midi.

Encore et encore, l’écriture me revenait en mémoire :

« Même les ténèbres ne sont pas obscures pour toi, La nuit brille comme le jour, Et les ténèbres comme la lumière. » Psaumes 139 :12

Et aussi :

« Car là il n’y aura point de nuit » Apocalypse 21 :25

Je vis distinctement plusieurs Anges dans la pièce, chacun d’eux revêtu d’une robe dont la lumière pure et céleste réjouissait mon âme. Je me demandais pourquoi je n’avais pas pu les discerner avant, quand j’étais dans mon corps. Un passage de l’écriture me revint, lorsque le prophète déclare :

« L’Ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, Et il les arrache au danger. « Psaumes 34 : 7

A partir de cet instant, je commençais à ressentir une étrange tendance à m’élever. Mon esprit sentait un puissant appel venant du Ciel, comme si, à toutes les parties de mon âme, étaient attachés de gros élastiques dont l’autre extrémité aurait été amarrée dans les cieux.

Séna et Serva étaient en pleurs, assis à côté du lit. J’essayai de leurs parler, mais je ne pus attirer leur attention. Je m’approchai tout près d’eux et posai ma main sur leur tête, mais je ne pus me faire comprendre. Ils semblèrent seulement pleurer plus amèrement encore, comme s’il y avait eu un contact au niveau de nos âmes. Puis à nouveau leurs larmes s’arrêtèrent. Et ils se mirent à scruter la pièce comme s’ils avaient entendu une voix. J’étais sûr qu’ils se rendaient compte de quelque chose concernant ma présence, mais sans vraiment comprendre ce dont il s’agissait exactement.

Et maintenant les Anges se mettaient à chanter… Quelle musique ! Elle était d’une beauté comme je n’en avais jamais entendu quand j’étais dans mon corps ! Quand leur chant s’acheva, ils m’invitèrent.

-Veux – tu bien nous suivre maintenant ?

Après avoir marché jusqu’à l’extérieur, je vis le véhicule céleste qui semblait comme fait de lumière. Je me tenais encore sur le seuil de la maison. Je compris ce que signifiait ce véhicule et ce qu’était la mission spéciale des Anges. J’avais hâte de sauter à l’intérieur. Je lançai un franc « ALLÉLUIA »

Je suis certain que les anges l’entendirent car ils s’écrièrent aussitôt :

– GLOIRE A DIEU DANS LES LIEUX TRÈS HAUTS !!!

Je tentais de dire au revoir à mon corps endormi, à ma vieille maison et à mes 2 serviteurs, quand les anges me firent avancer vers un siège au milieu d’eux, dans la voiture. Ils m’assurèrent que le voyage jusqu' »A LA MAISON » se passerait bien. L’instant d’après, le véhicule céleste commença à s’élever très rapidement, et sans le moindre bruit. Nous étions partis à une vitesse prodigieuse pour un vol en direction des palais éternels.

CHAPITRE I – SENECA ARRIVE AU PARADIS

Je n’étais pas assis depuis longtemps dans la voiture céleste que je me rendis compte que je pouvais converser avec les anges avec la plus entière liberté. Il semblait que nous nous comprenions au niveau des idées sans avoir besoin de faire l’effort d’en parler. Et cependant, nous parlions comme parlent les esprits. Quand j’étais dans mon corps, j’avais souvent entendu des mots qui avaient été prononcé seulement dans l’oreille de mon âme. Je les avais cependant compris très distinctement alors qu’aucun son ne les avait portés. Ce fut d’ailleurs le cas à la conversion de Paul. Il entendit distinctement une voix à l’intérieur de sa conscience alors que ceux qui voyageaient avec lui ne virent personne prononcer ces paroles.

– Êtes-vous vraiment des Anges de Dieu ? Demandai-je. Nous avons tellement lu et tellement chanté à votre sujet sur la terre.

– OUI, tout à fait ! Nous sommes des Anges !

Et tu ne sais rien en ce qui concerne notre naissance. En fait nous ne sommes pas nés ; nous avons été créés. Et non pas sur la terre, mais dans les régions célestes. Nous avons reçu notre instruction dans les éternités passées, dans la présence de Dieu. Mais nous sommes maintenant contents d’être vos serviteurs et vos aides. Ceci a été notre joyeux service depuis le jour où l’homme a été créé sur la terre. Nous t’en dirons plus à notre sujet à un autre moment.

– Nous avons été comme des étrangers jusqu’à cet instant, dis-je. Mais vous conduisez si bien ce véhicule que ça me met vraiment en confiance. J’attendais cette heure depuis de nombreuses années. Je ne savais pas qu’elle était si proche.

– Tu sais, dit le conducteur, tu ne dois absolument pas avoir peur. Je te conduirai en toute sécurité jusqu’à ta demeure éternelle.

Je regardai à nouveau à l’extérieur de la voiture et je vis que nous nous déplacions à une vitesse vertigineuse. La Terre, avec ses villages, ses villes, et ses montagnes, s’évanouissait au loin comme un fantôme. Bientôt, il nous sembla que la lune était sous nos pieds, alors que nous nous élevions « sur les piliers des cieux ».

Nous parlâmes beaucoup en chemin. Je découvris que les anges étaient les êtres les plus doux et les plus aimables qui soient, pleins de savoir et de dévouement. Mon âme débordait d’amour à leur égard. Avant d’arriver à destination, il me semblait déjà connaître le royaume des Cieux tant les Anges m’en avaient parlé. Comme je regardais au dehors à travers la fenêtre de la voiture, je pouvais voir les étoiles de partout, comme je les avais toujours vu depuis la terre. Je sus alors que nous avions dépassé les régions du système solaire. Aussi je demandai à l’Ange:

– Où se trouve donc le Ciel ?

– Oh, il n’est pas très loin ! La terre est la première habitation de l’homme. Et sur terre, l’homme a une nature terrestre. Le Ciel, c’est l’habitation ultérieure et éternelle de tous ceux qui sont préparés à cela. Tu vas bientôt voir que mes paroles sont vraies et que le Ciel n’est pas loin. Dans Son amour et Son attention, ton Père a préparé pour toi ces 2 mondes. Ta véritable maison, c’est ta maison céleste. La terre était seulement ton lieu de naissance, l’endroit où ta vie a commencé. Mais lorsque Dieu t’a donné la VIE ÉTERNELLE, il t’a mis en contact avec les réalités célestes. Car il t’a donné la vie qui a toujours été. Regarde et contemple !

Je me trouvais alors plongé dans une considération profonde de toutes ces choses, qui signifiaient tellement pour moi, maintenant Je regardai à l’extérieur. Nous étions en train d’arriver dans une région de nuages très lumineux. Quelque chose comme un coucher de soleil terrestre. Ardent, resplendissant, mais de très loin supérieur. Le temps s’était vraiment vite écoulé. Mais effectivement, nous étions en train de ralentir dans les immenses banlieues du royaume éternel.

– Écoute ! Dis-je à l’ange. MAIS QUELLE EST DONC CETTE MUSIQUE QUE J’ENTENDS ? Est-ce qu’elle est réelle ou bien est-ce mon IMAGINATION ?

– C’est le chant des rachetés que tu entends. Il vient du CIEL. Tout le royaume céleste est rempli de musique, et cela sans aucune dissonance.

Aucune musique ne fut jamais plus douce à mon oreille. Je fus envahi d’une plénitude de joie.

– Sommes-nous près des portes d’entrée de la Ville ?

– Très près des portails du paradis, me répondit-il. Et en disant ceci, les anges inclinèrent leur tête et se couvrirent le visage de leurs mains, tandis que je tombai sur ma face dans le véhicule. Le calme régnait dans nos âmes, mais de profondes émotions commencèrent à peser dans ma poitrine. Je sentis que je devais rompre le silence en criant les LOUANGES DE DIEU.

Les Anges se mirent à chanter d’une voix douce :

-« SAINT, SAINT, SEIGNEUR DIEU TOUT PUISSANT ! JUSTES ET VRAIES SONT TOUTES TES VOIES. TU ES ROI PARMI LES SAINTS »

Je bondis sur mes pieds. Et pendant un instant, je fus vraiment très troublé par ce que rencontrait mon regard dans toutes les directions. La lumière était si transparente… Elle dépassait de loin ce que le plus beau jour terrestre pourrait offrir. Partout tout autour de nous s’étendaient des parterres de fleurs. Dans toutes les directions mon regard rencontrait des arbustes superbes et fleuris, et des bosquets d’arbres magnifiques, chargés de fruits. Des routes sinueuses, d’une exquise beauté et disposées avec goût, serpentaient dans ce paysage de magnificence et de gloire. Des personnes charmantes allaient et venaient, passant les unes devant les autres avec des salutations et une courtoisie comme seul le CIEL peut en connaître. La voiture ralentissait. Je ne peux d’écrire les transports d’allégresse qui emplissaient mon âme. J’étais tout simplement éperdu d’émerveillement.

I-ENFIN ! VRAIMENT ! JE SUIS A LA MAISON !…

La voiture sembla trembler comme quelque chose de vivant. Elle s’arrêta finalement à côté d’un très beau bosquet d’arbres chargés de fruits. On ouvrit les portes et les anges sortirent de la voiture. D’un bond, je me retrouvais sur les solides fondations du royaume céleste. Pendant un instant, je me tins debout, complètement extasié de voir toutes ces âmes vêtues d’habits blancs joliment coupés, et toutes avec des visages lumineux et heureux qui rayonnaient d’une parfaite satisfaction, d’une plénitude de contentement. Je ne pus contenir plus longtemps mes sentiments. Je me prosternai à nouveau du côté de l’ange, remerciant Dieu à haute voix. J’étais en train d’adorer l’ange pour tout le soin qu’il m’avait prodigué et pour la gentillesse qu’il avait manifesté à mon égard, lorsqu’il me dit:

– ADORE DIEU SEUL ! Je suis aussi l’un de ses serviteurs et c’est là mon joyeux service.

Disant cela, il fit un signe à quelqu’un qui se tenait tout près de nous, et qui s’approcha. Il me fut présenté comme l’un des anciens du CIEL. Ses mots d’accueil furent si cordiaux qu’immédiatement mon âme l’aima intensément.

– Je te laisse à ses soins, me dit l’Ange. Mais je te reverrais peut-être bientôt.

Je lui tendis la main.

– Désolé de te voir partir. Tu étais déjà pour moi un ami. Que pourrais-je faire pour te remercier de ta grande gentillesse à mon égard ?

– Tu pourras sans tarder apporter ton aide aux autres, répondit l’Ange.

Avec sourire, et agitant la main, il me salua d’un gracieux « au revoir ». Puis il partit avec sa voiture céleste. L’Ancien prit alors la Parole :

-Eh bien, mon fils, te voici maintenant chez toi. Tout ce que tu vois – et infiniment plus – est l’œuvre d’amour et de puissance de ton PERE Céleste. Les sacrifices que tu as consentis sur la terre, étaient bien peu de choses comparés à l’importance de ce que tu vas voir ici.

-C’est vrai que c’était bien peu de choses, acquiesçai-je.

Alors, me revint en mémoire ce merveilleux passage de l’écriture, que jusqu’à ce jour je n’avais pleinement compris :

« Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire » 2 Corinthiens 4 : 17

– C’est absolument certain ! Reprit l’ancien. Tu viens seulement de commencer à entrevoir la gloire. Mais bientôt, tu en ressentiras toute sa dimension.

– La grandeur et la beauté de chaque chose surpassent ce que je pouvais espérer de mieux. Et tout cela semble si réel… Mais dis-moi ! N’est-ce pas que mon imagination ? Est-ce que je rêve ? Ou bien est-ce que vraiment je suis au Ciel ?

– Oh, tu sais, reprit l’ancien. C’est chose courante que les âmes soient déconcertées quand elles arrivent pour la 1 ère fois dans le royaume céleste. Car elles sont mises en présence des anges, en présence des esprits des justes rendus parfaits, et ceci dans la gloire de ce royaume. C’est vrai que cela dépasse l’attente humaine la plus profonde. Non mon fils, tu n’as pas une vision. TU ES RÉELLEMENT ICI. Ton corps, lui, tu l’as laissé derrière toi. Et tu verras que tu as ici beaucoup de choses à apprendre avant ton arrivée jusqu’au Trône, dans la Ville Sainte. Mais réjouis-toi ! Car tu as parfaitement lavé tes vêtements et tu les as rendus blanc avant de quitter ta demeure terrestre. Sens-toi entièrement libre de me poser toutes les questions que tu as envie de me poser.

La connaissance de ce monde- ci s’acquiert, comme c’était le cas pour la connaissance terrestre, PAR LA DEMANDE ET LA RECHERCHE.

Chacun de tes désirs sera pleinement satisfait. Tout ce que tu as pu entendre, désirer, ou implorer, concernant la connaissance de ta demeure éternelle, t’est ici offert de manière plus pleine et entière. La Volonté de ton Père céleste sera ta volonté. Et tout ce que tu vois – et infiniment plus – t’appartient pour en jouir à jamais. Si, dans ta vie passée, tu as fait bon usage des opportunités qui t’ont été offertes, un grand trésor t’attend dans la ville; cette ville dont notre Seigneur a parlé quand il était sur terre, et dont tu apprendras d’avantage un peu plus tard. Je vois, dit l’ancien, qu’il y a là-bas une autre âme qui vient tout juste d’avoir été amenés de la terre au paradis. Il faut que j’aille l’accueillir.

Disant ces mots, il se dirigea vers la voiture céleste. Il en descendit un homme d’une élégance toute particulière, revêtu d’une robe du blanc le plus éclatant. L’ancien me fit signe de m’approcher. Alors que j’arrivais près d’eux et que je pouvais entendre leur conversation, je m’aperçus que l’homme venait d’un lieu de la terre opposé à celui d’où moi je venais. Il parlait une autre langue… Et cependant je le comprenais très bien. Soudain, il leva les mains au-dessus de sa tête. Puis il se mit à applaudir en s’écriant :

-QUE DIEU SOIT BÉNI A JAMAIS !

A cela, nous nous prosternâmes tous les 2, en louant notre Père Tout-Puissant et en l’adorant. Nous restâmes ainsi un long moment, car nos âmes étaient comme écrasés, totalement conquises par l’enchantement de ces lieux.

Quand nous nous relevâmes, un autre saint approcha de lui. Celui-ci semblait visiblement avoir vécu dans l’antiquité. Il s’adressa alors à lui :

– Permets-moi de t’assister dans les voies du Royaume.

Je l’entendis lui demander son nom.

– Je m’appelle Bohémond, répondit-il. Je viens du nord de la Russie.

Il y a de cela seulement quelques heures, j’ai dit au revoir à ma femme et à mes enfants. Je les ai embrassés, puis j’ai embarqué à bord d’un navire, à Oneida sur la Mer Blanche, à destination du Cap nord. Je me souviens seulement que le bateau était en train de couler et que nous nous trouvions à plusieurs brasses sous l’eau. Mais dites-moi, est-ce que c’est le CIEL ici ? Ou bien est-ce que je suis en train de rêver, comme rêve le marin de sa maison quand il en est très loin ?

– Mon fils, dit ce vénérable Père, tu es arrivé à bon port. Mais tu n’es ni au Cap Nord, ni au fond de la Mer Blanche. Tu es arrivé à ta demeure ÉTERNELLE. Ton corps, lui, il n’y a aucun doute repose dans les profondeurs de la mer. Mais l’ange était avec toi quand le navire à sombré. Et il t’a amené jusqu’ici en toute sécurité. On prendra soin de ton corps au jour des récompenses, à la résurrection.

L’ Ancien me dit alors :

– C’est d’une manière très rapide que nous sommes amenés et rassemblés depuis tous les points de la terre jusqu’à la maison de Notre PÈRE. Ici, nous nous trouvons seulement à l’une des nombreuses stations situées dans les parties reculées du paradis. Toutes les âmes arrivent à ces stations afin d’être introduites dans cette demeure céleste.

– Comment cela se passe-t-il ? Est-ce que tu peux me l’expliquer ?

– Bien sûr ! Mais tu le comprendras plus complètement quand nous irons plus loin. Tu n’aurais pas pu supporter la Gloire du Trône sans y avoir été préparé. D’ailleurs, même maintenant, tu ne pourrais pas encore supporter l’intensité de la lumière qui est à l’intérieur de la ville.

Au même moment, je vis une femme descendre d’une voiture. Elle semblait si déroutée qu’elle s’affaissa à l’instant où l’un des serviteurs s’approchaient d’elle. Puis, levant soudainement les bras, elle s’écria dans sa stupéfaction :

– OH, MON DIEU ! JE NE MÉRITE PAS CETTE GLOIRE ! JE N’EN SUIS PAS DIGNE ! OH ! EST CE QU’UN JOUR JE POURRAIS ETRE EN RÈGLE AVEC DIEU ?

Elle ferma les yeux. Elle était presque évanouie de stupeur. Elle semblait incapable de parler alors que son serviteur s’adressait très gentiment à elle avec les mots les plus aimables qui soient. Enfin elle rouvrit les yeux. Elle regarda autour d’elle dans l’émerveillement et l’ahurissement, puis s’exclama :

– Ces vêtements blancs ! ces coupes d’or ! ces arbres de vie ! Et ces fleurs, toutes épanouies ! JE N’EN SUIS PAS DIGNE ! EST-CE QUE VRAIMENT J’AI LE DROIT D’ETRE ICI ? MAIS QUEL DROIT AI -JE DONC SUR TOUS CES ARBRES MAGNIFIQUES CHARGES DE SI BEAUX FRUITS ? Oh, LA GRACE DE DIEU ! J’ETAIS UNE SI GRANDE PÉCHERESSE…

– C’est vrai ! Reprit son guide. Mais tes péchés ont tous été pardonnés. Les anges ne font aucune erreur. Oui, tu as un droit sur ces arbres, parce qu’ils appartiennent à celui en qui tu as cru. Ils sont à toi, parce que tu es à lui.

Elle se releva :

– Mais, est-ce que je porte l’habit des noces ? C’est avec ardeur que j’essayais de m’en revêtir quand la voiture est venue me chercher. J’étais dans une si profonde détresse. Mon âme était dans la confusion, sachant que je n’avais pas été préparée pour un changement si grand.

– Tu as été sauvée, mon enfant, dit le serviteur, comme au travers du feu. Tu n’étais pas une fidèle servante de DIEU. Tu n’as pas construit avec de l’or, de l’argent et des pierres précieuses, mais avec du bois de la paille et du chaume, qui ont été consumés. Dieu ne peut pas maintenant te récompenser largement. Ses bénédictions infinies qui s’étendent devant tes yeux dans toutes les directions, tu devras les obtenir UNE à UNE, lorsque tu seras préparée pour elles. Alors, sois fidèle dans l’opportunité présente, parce qu’il y a devant toi beaucoup à faire. La progression que tu aurais dû faire sur la terre, tu vas devoir la faire ici, jusqu’à ce que tu puisses aller jusqu’aux portes de la ville et voir la gloire rayonnante de la muraille de jaspe. Viens avec moi ! Je t’assisterai dans une connaissance plus grande de CHRIST, de son Salut et de son Royaume Eternel.

M’adressant à l’ancien à côté de moi, je le questionnai :

– Peux-tu m’expliquer qu’elle est sa grande erreur ?

– Bien sûr ! Elle représente dans le monde, le groupe important de ceux qui n’ont pas fait bon usage des opportunités terrestres. Elle ne s’est jamais profondément intéressée à son salut jusqu’à l’heure de sa mort. Ne vois-tu pas qu’elle paraît maigre et comme elle est habillée chichement. Elle ne porte qu’une robe toute simple. Certes, sa repentance a été authentique. Et elle a accepté, par la foi, les promesses de la vie éternelle dans son Seigneur. Son pardon a été complet. Mais elle a ajouté que bien peu de grâce à son âme. Elle ne l’a pratiquement pas fait croître. Elle ressent maintenant, comme toutes les autres âmes dans son cas, l’immensité de ce qu’elle a perdu. Aucun TRÉSOR ne l’attend au CIEL.

Le Paradis lui-même semble trop bien pour elle. Mais Dieu, dans sa grande miséricorde, va l’y amener. Ces arbres sont pour elle. Leurs feuilles possèdent des vertus qui guérissent. Nul ne peut être amené par les anges jusqu’à cette gloire s’il n’a pas reçu le don de la Vie éternelle, et s’il n’est pas né de nouveau. Beaucoup hélas, depuis la terre, s’en vont vers la perdition en dépit du Sauveur qui tend vers eux Ses bras pleins d’amour et de grâce. Ils ne veulent pas accepter Son aide bienveillante. Ils aiment les plaisirs du péché plus que Dieu, plus que ses joies éternelles et que les plaisirs sans fin qui sont ici à sa droite.

– CHRIST, sois béni ! M’écriai-je. Tu es plein d’un amour et d’une grâce infinie pour ton peuple. Comme le brigand sur la croix, même dans les derniers moments de la vie, il peut être arraché des griffes de la mort. Oh, que la perte de cette femme est grande ! Comme c’est triste !

Un groupe d’âmes réjouit s’approchait de nous. L’ancien nous présenta à elles. Nous eûmes vite fait connaissance et nous conversâmes les uns avec les autres avec une grande liberté, bien que nous ne nous soyons pas connus auparavant. En peu de temps, nous étions à l’aise ensemble, et la rencontre fut vraiment très agréable. D’une voix forte, et à juste raison, un homme se mit à louer DIEU avec de puissants ALLELUIAS et en disant :

– OH, MON DIEU, JE TE BÉNIE ! ENFIN, JE SUIS AU CIEL !

– Maintenant, dit Seneca, je dois te laisser pour cette nuit? Tu es fatigué et il te faut dormir. Je te reverrai dans 2 soirs. Et il disparut de ma pièce.

Je m’assis rêveur. Où était-il parti ? Où demeurait-il ? De quoi se nourrissait-il ? Était-il maintenant avec un autre humain sur cette terre ? Ne pourrait-il pas se révéler à d’autres comme il l’avait fait avec moi ? Quand il reviendra, il faudra que je le questionne et que je découvre, si c’est possible, d’autres secrets de son séjour sur terre.

II -PRÉSENTATION COMPLÉMENTAIRE DU PARADIS

L’activité du jour avait pris fin. La soirée était agréable. Les étoiles commençaient à poindre dans le crépuscule, et j’attendais dans ma bibliothèque à l’heure convenue. La porte s’ouvrit et Seneca Sodi entra. Je me levai pour le saluer. Je lui dis « bonsoir » et lui tendis la main. Mais en la serrant, je ne sentis pas le contact matériel de sa paume contre la mienne.

– Content de te voir, mon fils, commença – t’il. Est-ce que tu es préparé ?

Je répondis à l’affirmative, mais je sentis une sensation étrange de crainte et même de peur. Sa pureté sans tache était devant moi. Et mon propre péché, mon indignité étaient révélés. Mais je rassemblai tout mon courage :

– Je suis prêt pour ton message.

– As-tu fidèlement transcrit le message précédent ?

J’acquiesçai et lui montrait le manuscrit. Il le regarda rapidement avec satisfaction.

– Tu peux maintenant écrire, dit-il.

Et il reprit son récit.

« Ce qui me semblait le plus merveilleux était de découvrir que je pouvais converser avec aisance et une liberté parfaite avec tous ceux que je rencontrais, bien que nos langues, sur la terre, aient été différentes, et qu’il nous fallut là-bas des interprètes. Mais je voyais maintenant que depuis l’instant où j’avais quitté le matériel pour le spirituel, je pouvais capter facilement la pensée de quiconque. Je lisais la pensée de chacun aussi rapidement que celui-ci pouvait la formuler. Il n’était pas nécessaire d’avoir quantité d’explications détaillées comme sur la terre. Si, en effet, un sujet était clair pour quelqu’un avec qui je parlais, il me semblait qu’immédiatement ce sujet devenait pareillement clair à mon esprit. Aussi ma surprise fut grande de découvrir à quelle vitesse je pouvais prendre connaissance du royaume spirituel. Et déjà une autre surprise m’attendait : celle de la profondeur de la Vérité divine.

Par exemple, beaucoup de choses que j’avais apprises dans les Saintes écritures, quand j’étais dans mon corps, m’étaient maintenant ouvertes avec une profondeur et une signification que je n’avais jamais connu auparavant. Je ne pourrais pas mieux dire en comparant cela à la sédimentation des roches qui contiennent les métaux précieux : plus on atteint les couches profondes, plus précieux devient le minerai et plus pur y est le métal. Je demandai à l’ancien qui était à côté de moi de m’expliquer cela. Sa réponse ne tarda pas. Il me dit en souriant :

-DIEU NE DONNE JAMAIS LE MEILLEURS QU’IL NE PUISSE DONNER. IL A TOUJOURS PLUS EN RÉSERVE. Tu découvriras plus tard que la vérité est insondable.

Je me vis alors comme un petit poisson venant tout juste d’être déversé, par l’embouchure d’un grand fleuve, dans un océan immense et sans limite, dont on ne verrait aucune plage et dont on ne sonderait aucun fond. Comment pourrais – je exprimer mes sentiments de joie à un mortel de chair et de sang ? Ils dépassaient toute description. Mon esprit entier était transporté de bonheur. Je me trouvais dans le plus parfait ravissement de délices. Je demandai à l’ancien, qui semblait prendre beaucoup de plaisir à rester avec moi, comment je pouvais expliquer ce transport de joie qui augmentait constamment dans mon âme jusqu’à ce que je ressente le besoin d’exploser en cris de joie et en « Alléluias ! « .

– L’Esprit de Dieu est l’atmosphère du CIEL, me dit-il. Sa joie devient la nôtre à une échelle bien plus grande que tout ce que nous n’avons jamais connu dans la chair. La grande joie que tu ressens maintenant est seulement un avant-goût de ce que tu ressentiras quand tu seras emmené à l’intérieur de la ville et JUSQU’AU TRÔNE.

A ces mots, je me rappelai le passage de l’écriture où le prophète dit:

« Tu me feras connaître le sentier de la vie. Il y a d’abondantes joies devant TA Face, des délices éternelles à TA Droite » Psaumes 16 .

Un sentiment permanent de joie de louange envahissait mon âme et demandait constamment de m’exprimer. Je voulais louer Dieu pour m’avoir amené à l’existence et plus encore pour m’avoir sauvé du péché, pour avoir changé mon cœur et m’avoir transporté dans SA GLOIRE. RIEN DE CE QUI EST TERRESTRE N’AURAIT PU ME PERSUADER DE RETOURNER DANS LE MONDE. J’avais l’impression de RIRE à la pensée de la CRAINTE DE LA MORT, cette crainte qui n’appartient qu’à ceux qui ne se sont pas repentis et qui ne sont pas sauvés.

L’Ancien dont je découvris qu’il était…. JOSUE, OUI, celui de l’ANCIEN TESTAMENT, et qui avait pris tant d’intérêt à m’accueillir dans ce pays Céleste, me dit encore :

– Allons jusqu’à ce bosquet, là-bas, et asseyons-nous un instant !

Alors que nous nous approchions de ces arbres, je remarquai qu’ils poussaient à côté d’un LARGE FLEUVE, dont les eaux, pures comme du CRISTAL, scintillaient d’une lumière dont je n’avais eue qu’une pâle idée sur la terre. Les arbres dépassaient en beauté tout ce que je n’avais jamais vu. Leur port était si symétrique et si gracieux… Sans aucune branche morte ou fanée. Le parfum des feuilles était tel qu’il se répandait – c’est ce qui me fut dit – dans tous les lieux du royaume de Dieu. J’avais d’ailleurs senti la puissance de ce parfum bien avant d’en découvrir l’origine.

L’Ancien m’invita à regarder de l’autre côté du fleuve. Aussi loin que le regard pouvait porter, je vis alors que des bosquets de ces arbres bordaient la rive. Et je vis de multitudes d’âmes rachetées, vêtues du blanc le plus pur. Toutes semblaient remplies du même esprit de louange que celui que j’avais senti sans discontinuer depuis l’instant où j’avais franchi les portails du royaume.

A nouveau, l’Ancien s’adressa à moi :

– Cueillons quelques-uns des fruits de ces arbres ! Puis nous irons rejoindre la compagnie qui est là-bas.

– Eh bien, cela me ferait vraiment très plaisir : je n’ai rien mangé depuis que j’ai quitté mon corps.

Et pourtant, je ne ressentais pas vraiment le besoin de manger. Ma faim était plutôt comparable à ce que j’avais souvent connu dans la chair, quand il me tardait d’entendre une bonne prédication de l’Évangile.

– Quelle sorte de fruit préfères-tu ? Demanda mon guide. Tu peux ici exercer ton choix des choses, tout comme tu le faisais sur la terre. Si tu te sens défaillant ou fatigué de n’avoir pas mangé depuis très longtemps, c’est celui-ci qu’il te faut.

Il me montra un fruit très joliment coloré qui ressemblait à une poire.

– Comme tu peux le voir reprit -‘il, l’arbre au-dessus de toi porte 12 sortes de fruits. Je proclamai, dans un sentiment de profonde louange :

– Oh combien Dieu a merveilleusement pourvu à tous nos besoins ! 12 sortes de fruits sur chaque arbre, et qui arrivent à maturité chaque mois… Et les feuilles qui ne se flétrissent jamais… Merveilleux !

– Viens par ici ! me dit-il. Cueille sur cette branche ! De ce coté-ci de l’arbre ! Et mange ! C’est ce que je fis.

Il est impossible à la compréhension humaine de saisir ce que fut la grâce enrichissante et lumineuse qui me fut alors communiquée. Il faut avoir mangé de ce fruit pour comprendre. Son goût était un pur délice. Jamais la terre n’a donné quoi que ce soit d’aussi délicieux. Ni une orange, ni une pêche, ni un melon. Et le parfum d’une rose ne saurait lui être comparé.

-Quand quelqu’un mange du fruit de ces arbres, me dit l’Ancien, il ne peut plus désormais mourir, ni vieillir, ni même sentir la fatigue. La mort n’a plus de pouvoir sur lui. L’un de ces arbres poussait dans le jardin d’Eden. Après que nos premiers parents aient péché contre DIEU, il avait le désir de manger aussi de ce fruit. Mais Dieu leur dit NON.

S’ils en avaient mangé, ils auraient TOUJOURS VÉCU DANS UN ETAT DE PÉCHÉ ET DE MORT. C’EST POURQUOI DIEU ENVOYA UN ANGE FLAMBOYANT POUR GARDER L’ARBRE. Ainsi, l’homme n’en MANGE JAMAIS TANT QU’IL N’A PAS FRANCHI LA FRONTIÈRE DE SA VIE TERRESTRE. Maintenant, dit Josué, passons sur l’autre bord !

A ma grande surprise, je vis que NOUS POUVIONS MARCHER SUR L’EAU. Elle ressemblait à une mer de verre, tant elle était transparente. Et pourtant, elle coulait et roulait avec autant de beauté que le plus beau ruisseau que j’aie jamais vu sur terre.

Je me souviens de la parole de Dieu Car le prophète Esaïe dit ceci :

« C’est là vraiment que l’Éternel est magnifique pour nous. Il nous tient lieu de fleuves, de vastes rivières, où ne pénètrent point de navires à rames, et que ne traverse aucun grand vaisseau » Esaïe 33 :21

Tandis que nous marchions sur l’eau, je demandai à Josué :

– Comment se fait-il qu’on ne s’en enfonce pas ?

– Tu sembles avoir oublié que tu as laissé ton corps derrière toi, et que maintenant tu es prêt pour être revêtu d’un corps bien plus excellent que tout ce que tu as pu connaître. Ton esprit ne peut pas sombrer dans ces eaux. Tu découvriras bientôt que tu peux aller d’un endroit à un autre comme tu en as le désir, SOIT DANS L’AIR, SOIT SUR LE SOL FERME du domaine Céleste. Mais dépêchons-nous ! dit-il (- car j’étais enclin à m’attarder sur chaque nouveauté que je rencontrais -). Il faut que je te présente à cette compagnie que tu vois là-bas.

En marchant, je jetai un coup d’œil en amont et en aval du fleuve. Et je vis beaucoup d’autres esprits, arrivés encore après moi, qui se dirigeaient vers ce rassemblement de légion de rachetés. Parmi eux, se trouvait mon ami Bohémond, de Russie, que j’avais rencontré peu de temps auparavant alors qu’il descendait du char céleste. Mon âme était remplie d’un sentiment inexprimable de louange à DIEU pour le don ineffable de la Vie éternelle et pour toute cette réalité. Mais oui, j’avais bien autrefois vécu dans un monde de douleur et de mort. Et penser à cela avec la conscience d’en avoir été libéré remplissait maintenant mon âme des ravissements de la joie éternelle. »

Maintenant, dit Seneca, tu es fatigué et tu dois dormir. Que dans sa bonté, l’ange de Dieu te garde et te donne du repos. Disant cela, il disparut.

III-SENECA REVOIT DES AMIS ET SON GRAND-PERE

Le soir suivant, je l’attendais à nouveau, sans savoir cependant avec certitude s’il viendrait à cette heure. J’eus quelques difficultés à préparer mon studio pour un tel visiteur, jusqu’au moment où il se trouva à côté de moi. Ses vêtements brillaient d’une luminosité particulière, et son visage rayonnait de la lumière du Ciel.

-Seneca Sodi, assieds-toi, lui dis-je, et explique-moi le mystère de ton corps et de ta nourriture. Ma main n’a serré ni ta main ni le fruit de ton panier.

– Je t ‘ éclaircirai cela à un autre moment, mon fils. Es-tu prêt pour mon message ?

– Je le suis, acquiesçai-je.

– Alors, il poursuivit ainsi.

« Nous étions remontés sur la rive orientale et nous approchions d’une multitude. Tous ces esprits étaient toujours réjouis et heureux. Beaucoup d’entre – eux se tournèrent vers moi.

– Tu vas vraiment te sentir chez toi avec eux, me dit l’Ancien.

Puis, après une brève présentation, il prit congé de moi avec son beau sourire :

-Au revoir, je te reverrai plus tard.

Et il s’en alla.

Parmi les tout premiers esprits que je rencontrai, il y eut celui d’un vieil ami que j’avais eu en Norvège. Je l’avais connu depuis son enfance et je lui avais dit au revoir dans un petit port, à l’étranger, environ 4 ans auparavant. Je n’avais plus eu aucune nouvelle de sa part depuis lors, jusqu’à ce que je le vois à nouveau parmi cette multitude. Nous fûmes bientôt face à face. Il semblait à la fois déconcerté et émerveillé.

-Est-ce bien vous, Monsieur Hansen, demandai-je, mon ami de jeunesse ?

-Mais bien sûr ! Et ce n’est pas là le visage de Seneca Sodi ?

Nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre et nous nous embrassâmes comme seuls peuvent le faire des âmes rachetées.

– Je ne m’attendais pas à vous voir maintenant, lui dis-je. Vous sembliez en si bonne forme et si plein de force la dernière fois que je vous ai vu.

– C’est exact ! Mais, vous le voyez, je suis ici ! Et rien ne pourrait me convaincre de retourner sur terre. Mais vous-même, depuis combien de temps êtes-vous arrivé ?

J’allai lui répondre lorsque s’approcha de nous quelqu’un que j’avais bien connu pendant de nombreuses années. C’était une chrétienne authentique, une fidèle servante de Christ dans « Sa vigne terrestre ». Elle avait amené beaucoup de personne au Seigneur. Je n’avais pas su qu’elle avait quitté la terre. Mais elle était là. Et avec un tel halo de lumière autour de la tête que tout de suite je pensai à la parole de Dieu:

« Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du Ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à la multitude brilleront comme les étoiles, à toujours et à perpétuité. » Daniel 12 : 3

Je vis aussi, au sein de cette grande compagnie, l’esprit d’un petit bébé qui venait de mourir dernièrement. Celui qui l’avait en charge nous dit que sa mère avait eu un très gros chagrin. Beaucoup de gens avaient essayé de la consoler le jour de cette mort. Mais sa peine était trop grande pour recevoir une réelle consolation. Alors, je me disais : « Si seulement elle pouvait voir ce bébé maintenant, dans cette gloire, avec tant d’attention autour de lui ! Bien vite, elle essuierait ses larmes et se réjouirait des voies du Seigneur à l’égard de Ses enfants. »

Je commençai aussi à penser à beaucoup d’amis et de proches qui m’étaient chers, et qui s’en était allés de nombreuses années auparavant. Où étaient-ils maintenant ? Je demandai à l’un de ceux qui étaient arrivés plus tôt s’il connaissait l’organisation qui était en vigueur ici, en ce qui concerne ceux qui ont quitté le monde il y a des années.

– Oh, me répondit-il, ils sont allés jusqu’à la ville elle-même. CELLE DONT TU VOIS LA LUMIERE là-bas, dans le lointain.

– Est-ce que nous n’allons pas y aller bientôt nous-même demandais-je ?

– Bien sûr, dès que notre compagnie sera constituée. Ce qui ne saurait tarder.

Je regardai au-delà du fleuve, du côté d’où j’étais venu, et je vis une foule qui se rassemblait près des arbres. Je pouvais les entendre distinctement. Ils criaient à haute voix :

– BENIS LE SEIGNEUR, O MON ÂME !

J’en vis d’autres qui se regroupaient, venant des différents endroits. Chacun d’eux semblait avoir une escorte : des esprits attentionnés qui les guidaient dans leurs premiers pas au sein du pays Céleste. Je pensai à nouveau à la parole de Dieu. Précieuse PAROLE DE DIEU…

« Amenés par les Anges dans le sein d’Abraham » (Luc 16 : 22).

La joie d’Abraham est certainement arrivée, maintenant, murmurai-je. Puis, un peu timidement et sans grande conviction, j’interrogeai :

– ABRAHAM SERAIT- IL QUELQUE PART PAR ICI ?

-Il était là juste avant votre arrivée, me répondirent-ils. Mais il a été soudainement appelé dans la ville pour une mission importante. Car tout le monde ici est engagé dans un joyeux service pour le Seigneur. Tu peux être certains qu’il sera bientôt de retour ici. Car c’est toujours lui ou l’un des anciens qui conduit ces foules, une fois rassemblées jusqu’aux portes de la Ville.

Il me semblait maintenant être conscient que nous nous trouvions quelque part près de l’une des grandes portes d’entrée du monde Céleste, là où sont amenés et accueillies toutes les âmes de certaines régions de la Terre. Depuis le moment précis où elle avait quitté mon corps, mon âme était l’objet d’une attraction constante et puissante dans la direction du Trône de Dieu. Il m’avait semblé difficilement possible de rester sur Terre, même pour jeter un dernier regard aux choses terrestres, car je savais que j’étais passé des limites du temps à l’Éternité sans limites. Je me demandais vraiment pourquoi je ressentais cette sensation et cette tendance étrange à bondir vers le haut. Je me sentis la liberté de demander à quelqu’un qui se trouvait près de moi s’il pouvait me donner une explication :

– Oh, nous ressentons tous la même chose : C’est la loi de la gravitation spirituelle. Elle attire tous les êtres qui ont été purifiés et rendus saints en direction de ce grand royaume où DIEU se trouve. Tu as souvent senti quelque chose de semblable quand tu étais encore dans la chair. Quelquefois, intérieurement, tu avais la vision et le désir d’être libérée de ta chair mortelle. Cette force d’attraction était telle qu’au travers de la maladie ou de douloureux ennuis, tu as souvent dit : « Si seulement j’avais les ailes de la colombe… Je m’envolerais, et je serais alors tranquille ». C’est ce qui a fait dire à PAUL, ce dont tu vas certainement te souvenir :

« J’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur. « Philipiens 1:23

– Ah oui ! Je vois maintenant. Mais je suis sûr que ce n’est pas le cas de toutes les âmes, quand elles quittent leurs corps sans aucune considération pour leur état moral ou spirituel.

– Certes non ! dit mon ami. Il y a 2 grands Centres dans l’Univers Spirituel de Dieu. On peut les comparer à 2 Pôles d’un aimant avec lesquels tu as sans aucun doute été en relation pendant ton temps de mises à l’épreuve : le positif et le négatif. Toutes les âmes sont attirées vers l’un ou l’autre de ces 2 pôles, en fonction de leurs conditions respectives. Le Trône de DIEU est le grand Centre de son Royaume Éternel de Lumière. Vers lui sont attirés tous les esprits graciés, lavés dans le Sang de Christ, dès l’instant où ils l’acceptent et sont nés de lui. Ceci avec plus ou moins d’intensité consciente, selon qu’ils se sont soumis à SA sainte volonté et qu’ils ont été transformés à son image.

-Je comprends tout à fait ce que tu veux dire, répondis-je. Je connaissais cela dans ma vie terrestre et j’en ai souvent parlé autour de moi. Mais parle-moi un peu de ceux qui choisissent une vie de péché dans le monde.

– C’est tout juste l’opposé. Ils sont attirés par une FORCE PUISSANTE VERS LE BAS, en direction du gouffre de la mort éternelle, là où la mort régnera SANS FIN.

Je vis à l’instant quelqu’un venir vers moi. Et je reconnus que c’était mon Grand-Père. Il avait quitté la Terre plus de 30 ANS auparavant. Il avait été un très fidèle serviteur du Seigneur pendant sa vie terrestre. Il était âgé et ses cheveux était blanc quand il nous avait quittés. Mais là, il avait la beauté et la vigueur de la force de l’âge.

– SENECA ! TE VOICI ENFIN A LA MAISON !

-C’EST SUR ! Dis-je, en le serrant dans mes bras.

Nous nous embrassâmes d’un baiser fraternel comme la Terre n’en avait jamais connu. Ses mots de bienvenue étaient si Célestes ! Tous deux, nous nous écriâmes :

– BENIS LE SEIGNEUR, O MON ÂME !

Il me posa de nombreuses questions sur notre famille, sur nos amis, et sur la condition de l’Eglise au sein de laquelle il avait l’habitude d’adorer DIEU. Il me demanda depuis combien de temps j’avais quitté la terre. Mais je me rendis vite compte que ses questions ressemblaient d’avantage à celles de l’un des anciens du Ciel, quand il demandait au disciple bien-aimé de Pathmos:

« Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils et d’où sont-ils venus ? » (Apocalypse 7 : 13)

L’ancien le savait mieux que Jean lui-même. Je découvris bien vite que Grand-Père avait une connaissance supérieure, même des choses terrestres qui s’étaient passées longtemps après son départ de la Terre. Je me souviens alors – et avec quelle force – de ce que dit le Saint-livre. Au sujet de l’ange qui parlait avec Jean, à Pathmos, il est écrit qu’il dit ceci :

« Je suis ton compagnon de service et celui de tes frères les prophètes et de ce qui gardent les paroles de ce livre. » Apocalypse 22 : 9.

Je demandai à grand-père :

– Comment se fait-il que tu en saches autant sur les choses du monde, depuis que tu l’as quitté ?

– Tu sais, nous avons une grande liberté ici, dans le VASTE domaine de ce grand royaume du Dieu Tout-puissant. Beaucoup de ceux que tu connais bien sont venus ici depuis le jour où j’ai franchi les portes du Ciel. Nous avons eu beaucoup de longues et précieuses rencontres. Tous m’ont raconté beaucoup de choses.

– J’espère qu’en temps voulu nous pourrons avoir ensemble un tel partage, dis-je. Je suis si content de t’avoir rencontré.

-Bien sûr que nous en aurons un ! Mais je vois qu’il y a là-bas Abraham qui arrive. Et je veux te le présenter.

– Ah OUI, Vraiment ! J’en serai enchanté bien au-delà de ce que tu peux imaginer. Car toute ma vie j’ai entendu parler de lui. Et j’ai beaucoup lu à son sujet. O mon âme ! Que de faveurs me sont accordées !

IV-SENECA RENCONTRE ABRAHAM

– Tu es sûr que c’est bien Abraham que tu as vu ? Demandais-je à grand-père.

– Absolument certain. Je le connais bien.

– Eh bien, ça me fera vraiment plaisir de le voir. Comme tu le sais, son nom était connu de tous, sur Terre. Est-ce que tu peux me dire lequel c’est ? Il y a tellement de saints qui vont et viennent. Et comme tous sont habillés de vêtements radieux… Je pensais d’ailleurs à lui juste avant de te rencontrer. J’étais vraiment en train de me demander à quoi il pouvait ressembler. Et souvent, j’ai pensé combien je serai réjoui de le voir. J’ai grandement admiré sa foi qui n’a jamais chancelé, et son obéissance qui l’a conduit vers des lieux que ses yeux n’avaient jamais vus. Combien ont été précieuses, pour nous, ces paroles qui le concernent

« Abraham crut en Dieu et cela lui fut compté comme justice » Romains 4 : 3

– Je ne le vois plus maintenant, dit grand-père, mais il était là-bas, avec ce groupe qui avance vers le fleuve. Ah, voilà ! Il vient juste de changer de direction. Je vois qu’il est allé accueillir un groupe de nouveaux arrivants qui viennent de traverser le fleuve. Et je vois à ses gestes qu’il a l’intention de conduire cette compagnie jusqu’à la ville où ils seront présentés au Seigneur lui-même.

– Mais grand-père, si nous partons pour la ville maintenant, est-ce que je te reverrai ?

– Bien sûr ! Je serais souvent là-bas. Et nous aurons beaucoup d’occasions de parler de tous les événements passés, de même que de tout ce qui t’attend. Il y a beaucoup de choses que je veux te dire. Après que tu auras été reconnu par notre Seigneur JESUS et qu’il aura confessé ton nom devant son Père et devant les Anges, tu auras alors l’immense liberté d’aller où tu voudras. J’arrive tout juste du Trône lui-même, et j’ai laissé là-bas plusieurs amis que tu ne manqueras pas de reconnaître lorsque tu y seras.

Ta chère mère, qui t’a quitté depuis plus de 50 années, est au courant de ce que tu as franchi les portails du royaume Céleste. Elle serait bien venue avec moi cette fois-ci car elle était impatiente de te voir. Mais elle a été retenue. Elle avait une tâche à accomplir pour son Seigneur. Sois certain qu’elle viendra à ta rencontre avant ton arrivée à la porte de la ville. Mais il faut maintenant que je me dépêche.

Quelqu’un qui m’était très proche sur terre, un vieil ami, vient d’arriver. Nous étions liés comme David et Jonathan. Quand j’ai quitté les rivages terrestres, cela lui a été très dur, et il est resté très seul pendant des années. Les Anges viennent de l’amener dans cette gloire qui est nôtre. Je vais aller lui souhaiter la bienvenue et le conduire jusqu’à cette compagnie. Il y a une activité inhabituelle près du trône aujourd’hui. Abraham t’en donnera l’explication quand tu le rencontreras. Il se présentera tout seul quand il viendra. J’espère revenir à temps pour être avec vous quand vous monterez vers la ville.

Et agitant la main, il me dit au revoir. J’observai mon « vieux » grand-père. C’est ainsi que nous avions l’habitude de l’appeler sur Terre. Il s’éloignait d’une démarche gracieuse, plutôt même sautillante comme celle d’un jeune homme. Il avait été vieux et décrépit. Mais maintenant, sa jeunesse était renouvelée comme celle de l’aigle, et chaque expression de son visage reflétait la joie. A cet instant, je me retournai. Et à ma grande joie, un homme des plus charmants s’approchait de moi. Il portait la marque d’un grand âge. Mais malgré cela, il avait une apparence jeune indescriptible. Il n’était pas comme les autres esprits que je voyais. Il ressemblait beaucoup à l’ancien que j’avais rencontré en premier.

– Êtes-vous Abraham ? Demandai-je.

– C’est moi !

– Dans le sein d’Abraham… murmurai-je. Luc 16:22

Je commençai à m’incliner devant lui. Un sentiment de crainte remplissait mon âme.

– Relève-toi, mon fils. Nous sommes tous frères, ici.

Il me serra la main, et de l’autre, il m’attira contre lui pour me donner un baiser de bienvenue. Oh l’amour et la joie qui débordèrent spontanément. Je criai un franc « ALLÉLUIA » et je répétai :

-Dans le sein d’Abraham !

– Tu te souviens de ce verset ? S’étonna-t-il. Eh bien, tu réaliseras de mieux en mieux ce qu’il signifie. Mais qui est-ce, à coté de toi ?

– Bohémond. Il vient tout juste également d’arriver de la Terre.

Il l’accueillit très cordialement.

– L’immense joie que vous ressentez maintenant, nous dit – il, a été mon partage pendant une centaine de générations terrestres. Un jour, je crois que je pourrai vous présenter à Lazare, celui dont notre Seigneur a dit : »Il fut transporté par les Anges dans le sein d’Abraham ». Je vois que vous venez d’arriver. Vous êtes très émerveillés et vous avez beaucoup de questions à poser au sujet de ce Royaume Céleste de notre Seigneur. Eh bien, pendant que nous parlerons quelques instants rafraîchissons-nous donc. Buvons un peu de l’Eau de ce Fleuve de Cristal. Il coule depuis le Grand Palais qui est là-haut vers le Trône. Aimeriez-vous goûter cette Eau ?

– Bien sûr ! Dis-je j’ai chanté des Cantiques qui concernent ce Fleuve. Et j’ai également lu, dans les Ecritures, le passage où l’Ange le montre à Jean. Dans sa vision, Jean voit qu’il provient du Trône de Dieu de l’Agneau. Apocalypse 22 : 1

Abraham s’avança jusqu’au bord, et il puisa avec une coupe en or qu’il remplit à mon intention. Puis il fit de même pour Bohémond.

– Buvez à ce fleuve, mes fils, et vous n’aurez plus jamais soif. Vous ne connaîtrez plus ni la faiblesse ni la fatigue pour en avoir manqué, car ses eaux ne se tariront jamais.

Je bus la coupe.

– Gloire à Dieu qui nous donne cette Eau ! M’écriai-je. Quelle est douce au goût ! Et quel pouvoir revivifiant elle possède ! Elle me fait ressentir la joie et l’ardeur de la jeunesse.

– Tu ne te sentiras plus jamais ni vieux ni fatigué, après avoir bu cette Eau Vive, dit Abraham. Car elle est l’Eau de la Vie. Je venais d’ailleurs d’en donner à un groupe de nouveaux arrivants avant de m’approcher de vous. Ne les avez-vous pas entendu louer Dieu ?

Avec ce groupe, là-bas, à côté d’eux, ils apprennent maintenant à chanter ensemble le chant que nous chanterons tous, dans peu de temps à la porte de la ville. Ce à quoi vous allez d’ailleurs bientôt vous associer. Certains connaissent déjà bien ce chant, maintenant. D’autres le connaissaient avant d’arriver. Car ses paroles sont contenues, sur terre, dans les Saintes Écritures. Dieu en a donné la révélation afin qu’il soit bien connu de tous. Te souviens-tu de ce Chant ?

– S’il te plait, est-ce que tu pourrais me le répéter, afin que je sache duquel tu parles ?

– Jean fut ravi en esprit et il en entendit les paroles, reprit-il. Il a écrit :

« J’entendis dans le Ciel comme la voix forte d’une foule nombreuses qui disait : « 

Alléluia ! Le salut, la gloire, et la puissance sont à notre Dieu, parce que ses jugements sont véritables et justes ; car il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par son impudicité, et il a vengé le sang de ses serviteurs en le redemandant de sa main. Et ils dirent une seconde fois : Alléluia! …et sa fumée monte aux siècles des siècles. Et les vingt-quatre vieillards et les quatre êtres vivants se prosternèrent et adorèrent Dieu assis sur le trône, en disant: Amen! Alléluia! Et une voix sortit du trône, disant : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands ! Et j’entendis comme une voix d’une foule nombreuse, comme un bruit de grandes eaux, et comme un bruit de forts tonnerres, disant :

« Alléluia ! Car le Seigneur notre Dieu tout puissant est entré dans son règne. Réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse, et donnons-lui gloire; car les noces de l’agneau sont venues, et son épouse s’est préparée. » Apocalypse 19 : 1-7.

-Ah oui ! Je me rappelle très bien de ce chant. Je peux maintenant me joindre à eux pour le chanter. Père Abraham, demandai-je, ne va-t-on pas bientôt aller vers le Trône ? J’ai un tel désir de voir mon Seigneur Jésus. Je l’ai tant aimé ces dernières années. Et puis, j’ai aussi beaucoup de bien-aimés qui nous avaient quittés, et je suis sûr qu’ils se trouvent près du trône.

-Tes désirs, mon fils, seront pleinement satisfaits. La patience que tu as apprises sur terre t’est d’un grand secours, ici. J’espère que tu découvriras cette vérité apaisante dans toutes les voies de Dieu.

Je dis alors de toute mon âme :

– Oh oui, que ta volonté soit faite !

– Tu verras bientôt le ROI DANS SA BEAUTÉ. Et probablement, certains de ceux qui te connaissent le mieux vont venir nous rencontrer quand nous serons en route vers les portes de la ville. Car ils savent certainement que tu es ici. Dès que notre Compagnie sera complète, nous partirons. 12 légions forment une compagnie, et tu vois qu’elles se rassemblent en venant de toutes les directions. Regarde là-bas, en aval du fleuve ! Tu vois, une autre compagnie va bientôt être complète. Regarde maintenant de l’autre côté, remonte le fleuve ! Tu en vois une autre.

Les guides qui les accueillent savent très vite à quelle compagnie chacun appartient et où est sa place. Certains se sont très peu préparés pour cette gloire avant de quitter le monde. Maintenant, la lumière est trop forte pour eux. Comme tu le vois, ils se retirent à l’arrière et se contentent de rester parmi les arbres. Ils attendent d’être d’avantage préparés, grâce à l’usage des feuilles merveilleuses de ces arbres. Mais toutes ces compagnies que tu vois seront bientôt rassemblées aux portes de la ville.

CHAPITRE 2 – PRÉPARATION POUR LE DÉPLACEMENT JUSQU’ A LA CITE CELESTE

-Père Abraham, pouvons-nous te poser une question en attendant que la multitude soit rassemblée pour former cette compagnie ?

– Mais certainement. Ne te gêne surtout pas.

– Je viens de rencontrer mon vieux grand-père, qui est ici depuis plus de 30 ans. J’ai eu un long entretien avec lui avant que tu ne viennes. Il m’a dit beaucoup de choses au sujet de ce monde éternel de lumière. Mais au moment où il m’a quitté pour aller accueillir un autre de ses amis, il m’a dit qu’il y avait une grande activité aux alentours du Trône, en ce moment. Est-ce que tu voudrais nous en donner l’explication ?

-Très volontiers ! De grands Evénements sont sur le point de se produire, d’un caractère tel que le temps et l’éternité n’en ont jamais connu. Notre Seigneur a récemment annoncé que le moment où Il quittera Son Trône de méditation sera bientôt arrivé. Accompagné de tous les saints et de tous les anges, Il descendra vers la Terre pour la juger, car la coupe de l’iniquité est maintenant bientôt pleine.

– Il y a de nombreuses années que nous entendons la VENUE DE CHRIST SUR TERRE, dis-je. Certains sont même allés si loin qu’ils ont avancé des dates pour son retour.

– Mais là est leur folie, reprit Abraham. Notre Seigneur leur a clairement enseigné, rappelle-toi SA PAROLE

– Et nous avons, ici dans le Ciel, de fidèles copies des Saintes écritures auxquelles nous avons accès quand nous le voulons – que nul ne connaissait ni le JOUR ni nous, qui sommes ici depuis de longs cycles d’Éternité, n’a eu connaissance de ce que serait ce moment. Et même maintenant, l’instant précis n’a pas été annoncé. Mais des événements importants sont annoncés au Trône à l’occasion du grand rassemblement, quand des millions de saints et d’anges sont assemblés, pour de grands services de louange que plus tard tu auras l’occasion de connaître davantage. Tous ici, comme ceux qui sont sur Terre, sont profondément concernés par ce grand événement dont le Père a gardé pour LUI les secrets.

L’Église (selon la Bible, l’ensemble de ceux qui sont rachetés), sur terre et dans le Ciel, sera bientôt unie dans un grand Jubilé pour célébrer les grandes victoires finales de la croix et du Sauveur, à la résurrection de tous les saints, de tous ce que la Terre a connu depuis les jours d’Abel jusqu’à la fin des âges. Comme tu le sais, les saints qui vivront sur la Terre seront tous changés en un instant, en un clin d’œil. Nous, dans le Ciel, avec la permission de Dieu, nous retournerons tous vers ce qui aura été le lieu de notre naissance, et nous irons dire bonjour à l’Église terrestre. Alors se produira la grande résurrection, qui sera suivie du grand Sabbat de la Terre

« Où MILLÉNIUM, règne de paix de 1000 ans que JÉSUS instaurera sur la terre à Son RETOUR » Apocalypse 20 :1-6.

Bien que nous soyons ici depuis des siècles, nous attendons cet événement avec grand intérêt. Il nous revient en mémoire de tendres souvenirs des scènes de notre enfance et de notre jeunesse, et cela nous fait plaisir de savoir que nous allons bientôt visiter les lieux de notre première expérience terrestre, ainsi que les lieux qui ont été les témoins de notre libération de péché. Et puis, nous allons recevoir la plénitude et l’achèvement de notre salut : la rédemption de notre corps. Très peu d’entre nous ont déjà eu leur résurrection, comme tu peux le voir en ce qui me concerne.

– Oui, cela fait un certain temps que j’attendais de te demander ce qui fait la différence entre ton aspect et celui des autres esprits, comme du mien également.

– Tous les anciens ont reçu leur résurrection au moment où notre Seigneur est ressuscité. Ils sont devenus avec lui les prémices, les 1ers fruits de ceux qui dorment. Cependant, aux noces de l’Agneau, nous serons disposés à vos côtés comme si nous avions été tout nouvellement ressuscités. C’est un grand Evénement que nous attendons TOUS.

– Béni soit le Seigneur notre DIEU ! Mon âme est ravie de joie pour le don inexprimable qu’il nous fait.

– Elle peut l’être ! dit Abraham. Et cette joie de ton âme ne faiblira jamais. L’heure va bientôt sonner. Les anges et les saints en ont apporté la nouvelle jusqu’aux limites les plus reculées de ce domaine Céleste. Le Saint-Esprit, lui aussi, qui est la lumière de l’Église sur Terre comme au Ciel, imprime de cet Evénement la pensée des chrétiens les plus profonds et les plus engagés de l’Église Terrestre. Mais je te reparlerai de ceci une prochaine fois, si tu le désires.

Je vois que notre Compagnie est presque complète, et nous devons nous préparer à partir pour la ville sainte. Tu verras que dans cette grande multitude le comportement de chacun ne sera pas identique, bien que presque tous soient de récents arrivants de la terre, et bien qu’à quelques exceptions près, tous soient impatients de voir le ROI dans sa beauté. Certains, sur Terre, étaient extrêmement joyeux. Mais d’autres ne l’étaient pas autant. Certains n’ont pas un bon usage des opportunités qui leur étaient offertes quand ils étaient sur terre.

Ils n’ont pas passé beaucoup de temps en prière, ni fait beaucoup d’effort pour développer en eux les fruits de l’esprit, ce qui forme le caractère pour l’éternité. Ils ont construit avec du bois, du foin, et du chaume, au lieu de le faire avec de l’or, de l’argent et des pierres précieuses. Mais sens-toi tout à fait à ton aise ! Nous allons très bientôt partir pour la ville.

Il repassa de nouveau devant nous et s’arrêta.

– Je vois ce que vous observez. Vous avez remarqué que certains, alors que nous préparons notre voyage vers la ville et le trône, sont enclins à retourner vers l’arrière, et ne sont pas tellement remplis de joie.

– Oui, dis-je, et je crois comprendre. Je me souviens que sur Terre beaucoup d’enfants de Dieu ne pouvaient jamais se laisser persuader de s’engager de tout cœur sur le chemin de la vie. Leur foi était faible et laissait à désirer. Dans des moments de grande réjouissance en Dieu, ils avaient peu de goût pour les choses profondes du royaume. Il leur manquait ce que nous appelions une vraie consécration à DIEU. Parfois nous nous demandions presque s’ils étaient sauvés de leurs péchés passés. Il y avait une règle parmi nous. Ceux qui avaient clairement conscience d’avoir été beaucoup pardonné savaient toujours beaucoup aimer. Et ceux qui étaient remplies du Saint-Esprit avaient un sens aigu de la victoire sur le monde, sur la chair et sur le diable. Ils étaient de ceux qui remportaient les victoires et obtenaient le droit de goûter de l’arbre de vie et de franchir les portes de la ville sainte. Ceux qui étaient remplis d’une joie véritable dans leurs âmes, et il semble bien que les mêmes dispositions s’appliquent à l’intérieur du royaume céleste.

– Tu es tout à fait dans la vérité, mon fils, reprit Abraham. Quand ceux qui ont une âme trop « maigre » arrivent ici, ils ont peu d’attirance pour le fleuve de cristal. Aussi ne pourraient-ils pas apprécier les fontaines qui se trouvent près du trône. Ils ne sont pas très attirés par les fruits des arbres – que tu as mangé, j’en suis sûr. Mais ce qu’ils apprécient le plus, dès qu’ils arrivent ici, ce sont les feuilles des arbres, dont tu as remarqué la douceur ainsi que le parfum.

Pendant tout le temps qu’il me parlait, revenaient constamment à mon esprit les paroles de l’Apôtre :

« L’œuvre de chacun sera manifestée ; car le jour la fera connaître, parce qu’elle se révélera par le feu, et le feu éprouvera ce qu’est l’œuvre de chacun. Si l’œuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. » 1 corinthiens 3:13-15

– Comme ils sont bénis, dis-je, d’avoir le fondement lui-même, l’expiation faite par notre Seigneur Jésus-Christ, et d’avoir aussi le privilège de l’usage de ces feuilles dont je me souviens qu’elles servent à la guérison des nations. (Apocalypse 22:2)

– Dieu ne peut pas les récompenser très largement, précisa Abraham, car il leur manque la capacité de recevoir. Et pourtant, dès qu’ils seront préparés pour cela, ils apprécieront la Gloire du Royaume Céleste. Une étoile diffère en gloire d’une autre étoile. Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à la multitude brilleront comme les étoiles, à toujours et à perpétuité. (Daniel 12:3)

– Maintenant, dit Seneca, je dois te laisser te reposer. Tu m’as servi fidèlement et tu es fatigué. Je te reverrai dans 2 soirs. Il me souhaita une bonne nuit…

Et il s’en était allé.

I-EN DIRECTION DE LA CITE CELESTE

A l’heure prévue, mon ami à la barbe de soie entra. Je l’accueillis dans mon studio avec les salutations habituelles, et je lui dis :

– Seneca Sodi, ton récit m’intéresse au plus haut point, et j’attendais impatiemment ton arrivée.

– Es-tu prêt ? Me demanda t’il.

Je lui répondis par l’affirmative. Alors, il commença.

« Tout était maintenant prêt. 12 Légions d’âmes venus de différents lieux s’étaient assemblées, en relativement peu de temps, à côté du fleuve. Tous étaient là parce qu’ils étaient passés par la croix. Peu importait notre langue terrestre, nous nous comprenions parfaitement les uns les autres. Comme nous passons à côté d’eux, tous parlaient du précieux salut obtenu en Jésus.

Alors que je changeais de conversation et que je commençais à me mêler plus librement au groupe de ces joyeux esprits, j’en rencontrai certains que je reconnus être de vieux amis. Une dame qui m’était très chère, que pendant de nombreuses années j’avais connu comme invalide et malgré cela profondément spirituelle, était dans ce groupe. Elle manifestait une joie débordante. Je ne saurais dire comment nous nous reconnûmes. Mais la similitude entre l’esprit et les traits physiques est telle que nous nous reconnûmes tout de suite. Notre mémoire était si rafraîchie qu’il nous sembla ne nous être jamais oubliés. Comme elle paraissait aller bien, maintenant ! Son visage rayonnait d’une jeunesse immortelle. En m’approchant d’elle, je remarquai qu’un halo de lumière et de joie céleste – que je ne saurais décrire – recouvrait tout mon être. Au moment où je m’adressais à elle en l’appelant par son nom, elle me saisit soudainement la main en s’écriant :

– GLOIRE AU PERE ! SAUVEE ! Sauvée POUR TOUJOURS ! Terminées, disparues toutes les maladies et toutes les souffrances ! Alléluia !

-Mais oui ! acquiesçai-je. Et comme vous paraissez en pleine forme… Les choses anciennes sont passées.

– Absolument ! Quand vous m’aviez connu, je me trouvais dans une grande souffrance. Je réalise maintenant les paroles de Paul :

« CAR NOS LEGERES AFFLICTIONS DU MOMENT PRODUISENT POUR NOUS, AU-DELÀ DE TOUTE MESURE, UN POIDS ETERNEL DE GLOIRE. » (2 Corinthiens 4 : 17).

Mon âme est remplie de gloire ! Nous sommes maintenant tout près du ROI dans sa beauté. Mais, écoutez ! … Qu’est-ce qu’on entend ? … Mais oui, REGARDEZ ! LES CHARS DE DIEU ARRIVENT !

Voyant cela, nous nous mîmes à crier sans retenue. Nous pouvions entendre une très belle musique dans le lointain. En regardant dans la direction d’où cela venait, nous vîmes un immense cortège d’anges qui venaient dans notre direction avec des chars flamboyants de lumière. Alors que nous avions cette première vision très lointaine, je questionnai, avec beaucoup d’autres :

– Père Abraham, est-ce notre SEIGNEUR JESUS, LUI que nous attendons avec impatience depuis si longtemps ?

-Ce sont les chars de Dieu, répondit très gentiment Abraham. Ils sont conduits par les Anges. Sous peu, ils seront au milieu de vous. Ils amènent de nombreux bien-aimés qui viennent vous accueillir avant de vous conduire jusqu’à la ville et jusqu’au trône. Vous vous rappelez comment c’était sur Terre, quand nos amis rentraient d’un long voyage : nous allions très loin à leur rencontre. Moi-même depuis Hébron, j’allais loin pour accueillir LOT et ses enfants. Isaac, lui, a fait un long chemin dans les champs pour venir à la rencontre de Rébecca qui arrivait avec ses chameaux. A votre époque, c’est sur les quais des gares et des ports que vous alliez retrouver vos bien-aimés. Eh bien, cette tradition est conservée dans le Ciel.

En peu de temps – et bien plus rapidement que ne l’airaient fait les meilleurs trains terrestres – ils s’étaient rapprochés à grande vitesse. Ils semblèrent nous dépasser en décrivant un large cercle. A la demande d’Abraham, les grandes légions s’écartèrent pour former un passage, se disposant en 2 groupes allongés avec un grand espace au milieu, afin de laisser de la place pour les chars Célestes. Ils commencèrent à réduire notoirement leur vitesse. Plus lentement mais avec beaucoup de grâce, ils s’engagèrent entre les 2 longues rangées d’âmes enchantées et impatientes.

Nous étions tous là, en silence, le souffle coupé. Pas simplement enchantés, nous étions dans l’émerveillement de ce que voyaient NOS YEUX. Ces voitures, et ceux qui étaient à l’intérieur, brillaient d’un éclat et d’une gloire dont nous savions que c’était un reflet du trône lui-même. Quand enfin le convoi s’arrêta, ses passagers poussèrent un puissant ALLELUIA à DIEU : Ses rachetés étaient arrivés !

Nous vîmes alors à l’intérieur de nombreuses personnes joyeuses et radieuses qui, bien vite, furent au dehors parmi nous. Elles étaient venues nous accueillir dans ce royaume de lumière et d’éternité. Ce n’était autre que des parents, des amis, des proches, que nous avions bien connu sur Terre et qui savaient que nous arrivions. Nous avions des réunions sur Terre. Mais en aucune façon, elles ne sauraient être comparés à la joie de cette rencontre. Certains étaient là depuis de nombreuses années. Bientôt, nombreux étaient ceux qui se serraient dans les bras les uns des autres. QUELLE JOIE ! COMME JE N’EN CONNAISSAIS PAS AUPARAVANT. QUEL ACCEUIL !

– QUEL RECOMPENSES BENIES ! M’ÉCRIAI -JE.

Parmi tous les arrivants se trouvait ma propre mère. Elle était décédée depuis de nombreuses années. Comment elle me reconnut, je ne saurais le dire. Mais elle s’était précipitée sur moi. Je la reconnus très vite.

– Maman, c’est toi ?

Elle était très belle et gracieuse. Elle me serra dans ses bras.

– Je savais que tu étais arrivé, me dit-elle.

Tous mes souvenirs d’enfance, ses sourires et sa tendresse habituelle, tout ce que suggère l’amour d’une mère me revint alors en mémoire. Beaucoup d’autres étaient dans mon cas. Des mères et des fils, des pères et des enfants, de vieux amis qui se retrouvaient. La gloire et la joie de ces circonstances surpassaient tout ce que j’avais connu. Les conducteurs des véhicules nous invitèrent très gentiment à tous prendre place avec eux. Naturellement, nous acceptâmes avec des remerciements leurs offres de gentillesse, et nous nous retrouvâmes sans plus attendre à l’intérieur des voitures. Et toute la multitude rendait grâce à Dieu dans la louange. Bien vite, nous fûmes en route en direction de la porte de la ville, remontant le cours du fleuve à grande vitesse.

La lumière qui provenait de la ville, et que j’avais vue au moment de mon arrivée, augmentait avec toujours plus de gloire alors que nous nous en approchions. Nous pûmes enfin voir l’éclat de la muraille de jaspe. Bien que nous roulions à très grande vitesse, les roues étaient silencieuses, et nous ne ressentions pas la moindre secousse. De chaque côté, dans le lointain, le paysage ressemblait à une mer de verre mêlé de feu. Mais autour de nous, tout près, ce paysage exprimait l’immortalité. Des fleurs revêtues d’une splendeur impérissable, dans une variété infinie de couleurs, attiraient l’attention de tous par leurs indescriptible beauté. Pour beaucoup, je n’aurais pas su à quoi les comparer de terrestre. Nous vîmes des milliers d’anges et d’esprits qui, remplis de bonheur se déplaçaient dans toutes les directions. Tous ceux que je vis semblaient extrêmement joyeux, vraiment très heureux dans leur activité. Je pensai à la parole du Seigneur :

« Il fait de ses Anges des esprits et ses serviteurs des flammes de feu » (Psaumes 104.4).

Je demandai à ma mère :

-Peux-tu me dire pourquoi nous n’avons pas été amenés directement devant le Trône au moment où nous avons quitté notre demeure terrestre ?

– Tu n’aurais pas pu supporter SA Gloire. Tu aurais été aveuglé, plongé dans une confusion extrême et dans l’inconscience. Même maintenant, tes pouvoirs qui se développent ne peuvent pas encore saisir toute la gloire et toute la grandeur de la ville. Il te faut une préparation plus grande. Une loi similaire s’applique dans le Ciel comme sur la Terre. Le système des patriarches et celui du judaïsme étaient, en ce qui concerne la gloire et les bénédictions, très inférieurs à la dispensation chrétienne. Et le royaume des cieux, sur terre, était, sur ces mêmes points, très inférieur à ce royaume-ci, comme tu peux le constater. Aussi, tu ne pourrais pas être amené près du Trône avant d’y avoir été correctement préparé. Mais je suis déjà si contente que tu sois là ! j’ai été informée de ton arrivée avant que tu ne franchisses les Portails du Paradis.

Et j’ai souvent eu des informations à ton sujet depuis le jour où j’ai quitté la terre. Cet ange très précieux, le conducteur de cette voiture, que tu ne reconnais pas, à souvent été avec toi. Un jour que tu étais très malade, loin de chez toi, et que tu mourrais en pleine nuit, il est resté toute la nuit à coté de to lit, la main posée sur toi, disant qu’il te fallait vivre et terminer ton ouvrage. Il m’a dit également comment il t’avait sauvé des eaux, un jour que tu avais failli te noyer.

– Maman ! Il était là ? A ce moment-là ?

– Bien sûr, mon fils ! Et sa main a redressé ta petite embarcation alors qu’elle était presque retournée.

– Tu sais, Maman, j’ai toujours pensé qu’il y avait eu une mystérieuse providence pour me sauver, ce jour-là. Mais j’étais loin de savoir que cet ange du Ciel était avec moi à cet instant. Oh, que Dieu soit remercié pour sa merveilleuse protection !

– Eh oui ! dit Maman. Une fois, il m’a dit qu’il t’avait empêché de prendre le train. Car si tu l’avais fait, ta vie aurait été perdue et tu n’aurais pas pu accomplir ta tâche. Ne te rappelles-tu pas les nombreuses fois où la Providence s’est étrangement trouvée sur ton chemin ? Tu en as été étonné. Quelquefois, tu as été peiné par ce qui t’arrivait. Mais l’ange avait la garde de ta vie. Il était ton bouclier face aux rugissements du danger. Un jour, tu pourras lui poser toutes les questions que tu veux à ce sujet. Et nous-mêmes, nous pourrons parler de tout. Car nous ne sommes qu’au printemps de la vie éternelle. Mais, regarde : Nous approchons de la porte dorée, celle qui brille d’une seule et immense perle. Elle est constellée d’un millier de pierres précieuses étincelantes. Dans très peu de temps, nous allons tous chanter ensemble le Cantique de Moïse et de l’Agneau. Tu le connais ?

– Ah oui ! Nous l’avons chanté quand cette grande légion était en train de se former, loin derrière nous, dans le paradis.

Je le répétai à ma mère d’une voix contenue, mais j’avais envie de le chanter de ma plus forte voix, et dans une tonalité très élevée.

– Tiens ! dit-elle. Prends cette harpe que je t’ai apportée.

Elle ôta l’instrument qu’elle portait sur elle, maintenu par une sangle dorée, et me le tendit.

– Tu vois, j’ai la même !

II – DEVANT LA MURAILLE DE LA CITE CELESTE

Seneca se présenta comme d’habitude. Et il reprit son récit.

« Comme nous arrivions près de la grande porte, un des Anciens vint à notre rencontre :

-Soyez tous les bienvenus, enfants de Dieu ! Votre Rédempteur se tient juste de l’autre côté de la porte que vous n’allez pas tarder à franchir.

La salutation qu’il fit de la tête était tellement gracieuse, et ses paroles étaient si cordiales et si remplies d’amour, qu’un frisson de joie sembla se répandre sur chacune de nos âmes. Je levai les yeux vers la muraille majestueuse. Elle était d’une grande hauteur et brillait d’un éclat que je ne peux décrire. Elle reposait sur 12 fondations massives. Et sur chacune d’elle était écrit le nom de l’un des apôtres. Elles s’élevaient en décroissant jusqu’à la 12 ème, donnant ainsi l’aspect d’un majestueux escalier.

Sur la 1ere fondation était écrit le nom de PIERRE. Sur la seconde, celui de PAUL. Sur la troisième, celui de JEAN. Sur la quatrième, celui de JACQUES. Et ainsi jusqu’au sommet. A partir de la fondation supérieure, ornée d’améthyste, le mur s’élevait à une grande hauteur. Et à la lumière qui rayonnaient ces fondations étaient les plus éclatantes. Je vis alors Abraham qui passait non loin, et je le questionnai sur le mystère de la muraille et de ses fondations.

-Cette muraille, me dit-il, c’est la sécurité éternelle du Peuple de Dieu. Il est en sécurité pour l’Éternité, aussi longtemps que cette muraille sera dressée. Les Puissantes Vérités de Dieu, promulguées par les Apôtres et enseignées par notre SEIGNEUR lui-même, sont notre sécurité éternelle. Certains anges, bien des années avant mon passage sur terre, ne se sont pas maintenus dans la vérité. Dieu les a chassés et ils sont tombés dans les ténébreux et la honte éternelle.

Mais cette muraille, maintenant, dont tu ne vois qu’une toute petite portion, encercle complètement cette immense ville. A l’intérieur des vérités que suggèrent ces fondations, nous demeurerons à jamais, entrant et sortant en goûtant au confort et à une satisfaction qui ne cesseront jamais. Est-ce que tu vois la grande Porte de JUDA, là-bas ? Son encadrement et ses charnières sont de l’or le plus pur, et elle est faite d’une seule immense perle. Cette porte reste toujours ouverte car il n’y a aucune restriction dans le Ciel. Une liberté sans limites t’appartient désormais pour toujours.

Et cette muraille respecte tout autant ceux qui sont à l’extérieur que ce qui sont à l’intérieur. L’Ange qui se tient à la porte est là pour indiquer leur direction à tous ceux qui peuvent la lui demander. De plus, tu te souviens qu’il y a 12 Portes comme celle-ci de même qu’il y a 12 Fondations. Il y a également 12 Anges comme il y a 12 Portes. Nul homme ne peut franchir ses portes sans y avoir pleinement préparé. Tu avais remarqué ceux qui retiraient au loin, à l’arrière ? Sur Terre, pour progresser, il est nécessaire d’observer la vérité. Cette muraille, avec ses portes, marque une étape précise dans la marche du racheté. C’est un développement plus complet des grandes vérités qui ont été suggérées par le Tabernacle, le Lieu Saint et le Lieu Très Saint. Et cela fait référence aux Saints de la terre et du Ciel.

C’est à cette instant que je remarquai un grand nombre d’âmes qui venaient vers nous en franchissant la porte. Elles reflétaient le bonheur et la gloire de Dieu. Toutes étaient vêtues du blanc le plus pur, et chacune avait une harpe à la main. Quand elles furent tout près de nous, on commença de part et d’autre à se reconnaître. Ils étaient des rachetés venus des endroits de la Terre d’où nous venions nous-mêmes. Beaucoup d’entre eux étaient de vieux amis qui nous avaient quittés bien des années auparavant, mais que nous avions particulièrement bien connus sur terre.

Pour beaucoup, ils avaient été nos compagnons de lutte dans l’armée du Seigneur. Nous nous reconnaissions si parfaitement, nos mémoires étaient si rafraîchies qu’il nous sembla que c’était seulement la veille que nous nous étions séparés, que ces amis nous avaient dit au revoir, et qu’ils avaient quitté le port. On n’essayait pas de retenir ses sentiments. C’était impossible. Ce fut un Alléluia unanime à DIEU. Ils semblaient aussi ravis que nous. Une fois encore, je pensai que nous avions cru bien TIMIDEMENT EN LA PAROLE DE DIEU, quand nous étions sur Terre. Et combien cependant elle était divinement véridique…

Nous avons passé un long moment à serrer des mains et à nous embrasser fraternellement, pleinement conscients que nous étions désormais unis dans une union éternelle. Et je pensai aux paroles de Paul:

« Aujourd’hui nous voyons au travers d’un verre, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face » 1 Corinthiens 13 : 12

Beaucoup d’Anges se mêlaient à nous et semblaient vraiment se délecter de nous avoir partager notre joie.

– C’est depuis votre enfance, me dit l’un d’eux, et dans l’attente de cet instant, que nous avons été vos protecteurs sur la Terre. Nous nous réjouissons avec vous et notre joie est encore plus grande en voyant ceux qui vous sont chers.

Maintenant, Abraham se tenait ostensiblement devant nous tous. De la main, il demanda le silence.

– Je veux maintenant vous répéter un passage de la parole de Dieu, dit-il. Je sais que vous allez le reconnaître :

« Mais vous vous êtes approchés de la montagne de SION, de la Cité du DIEU vivant, LA JERUSALEM CELESTE, des myriades qui forment le chœur des anges, de l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux, du juge qui est le Dieu de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection, de Jésus qui est le médiateur de la nouvelle alliance, et du sang de l’aspersion qui parle mieux que celui d’Abel. » Hébreux 12:22-24

Effectivement, ce passage eut comme une nouvelle fraîcheur dans nos mémoires. Mais nous savions à peine quoi dire. Nous étions environnés d’une crainte mêlée d’admiration. Nos cœurs brûlaient d’une vive émotion. Nous avions pleinement conscience que nous nous étions bien retrouvés, nous et nos amis, dans le pays où l’on ne meurt plus et où le péché n’existe pas. Et dire que nous étions en présence de personnes qui avaient vécu il y a des milliers d’années, et dont les costumes avaient été si différentes des nôtres…

Et nous nous trouvions également face à face avec les anges, dont nous ne savions rien en ce qui concerne leur naissance, et chez qui je ne pouvais déceler le moindre signe de vieillesse, ni même le moindre affaiblissement. Certains amis, que j’avais connus vieillards sur Terre, affichaient maintenant une nouvelle jeunesse. Ils étaient l’image même de la santé et de la joie. Les Anges aussi revêtaient l’aspect et la vitalité et la vitalité de la jeunesse. Je demandai à l’un d’eux :

– Comment se fait-il qu’ici les années ne vous marquent pas ?

– Ici, un jour est comme 1000 ans d’une existence terrestre. Nul ne vieillit dans ce monde – ci, que ce soit dans son apparence ou dans ses sentiments. Nous ne pouvons ni mourir, ni faiblir. Nous sommes seulement revêtus d’immortalité. Et personne ici ne ressent jamais aucune douleur, aucune peine, aucun chagrin.

A cet instant, une femme qui se tenait tout près de nous et qui écoutait la conversation se mit à applaudir. Dans sa joie suprême, elle s’écria :

– BENI SOIT LE SEIGNEUR POUR UNE TELLE DELIVRANCE !

Pendant 30 années, j’ai été très affligée avant d’être délivrée des douleurs et des chagrins terrestres. J’étais dans la pauvreté et le besoin, passant de nombreux jours et de nombreuses nuits toutes seule. Trop seule… Ma maladie a été très longue et elle m’a fait beaucoup souffrir. De temps en temps, un voisin passait me voir un petit moment. Quelquefois, il m’apportait un bouquet de fleurs, où il priait que Dieu m’apporte son soutien dans l’affliction. Une sombre nuit, un violent orage s’est déchaîné. La pluie et le vent étaient très forts. Les éclairs se succédaient et le tonnerre secouait ma cabane au point que je pensais la voir s’écrouler. Comme j’étais seule, j’avais très peur. Mais soudain une lumière douce et très belle a rempli la pièce, et il m’a semblé entendre une voix me murmurer : « N’aie pas peur, je suis avec toi. Tu ne craindras pas les terreurs de la nuit ». Et il m’a semblé discerner alors la présence d’êtres de lumière dans cette pièce. Je me suis assise sur le lit et j’ai dit :

Oh, Seigneur ! Tu es là ? Et j’ai répété les paroles du prophète :

 » Je serai plein de confiance, et je ne craindrai rien ; Car l’Éternel, l’Éternel est ma force et le sujet de mes louanges ; C’est lui qui m’a sauvé. » Esaïe 12:2

Pendant le restant de cette nuit, mon âme a été joyeuse d’une manière extraordinaire et j’ai été rempli de louange pour Dieu. A cet instant, l’Ange qui nous avait parlé dit en souriant :

– Je sais tout de cette nuit. J’étais avec toi. J’étais aussi à ton coté la nuit où tu es décédée. J’ai soutenu ton âme afin que ta foi soit parfaite, et mon co-pilote, là-bas, t’a amenée en sécurité jusqu’aux portails du paradis. Elle se mit alors à louer Dieu de nouveau pour sa grande délivrance. Et je me dis: « Ceux qui, sur terre, ont vécu la pauvreté et la difficulté, connaissent ici maintenant le véritable bonheur ». C’était une certitude.

– Nous nous sommes attardés suffisamment longtemps sur ce qui n’est qu’un aperçu de l’extérieur de la ville. Je dois te parler maintenant de ce qui était à l’intérieur. Car le plus intéressant est à l’intérieur.

Mais, dit Seneca, je ne peux pas, ce soir, te décrire ces merveilles, car tu es déjà fatigué. Disant cela, il me souhaita une bonne nuit et s’en alla.

CHAPITRE 3 – L’ENTRÉE DANS LA CITE CELESTE ET L’ACCUEIL PAR LE SEIGNEUR JESUS

Le soleil se couchait lorsque Seneca entra. J’étais alors à genoux, en prière. Lorsque j’ouvris les yeux, il se tenait debout à côté de moi.

-Je te salue à nouveau, mon fils. La bénédiction de Dieu est sur toi. Nous allons pouvoir poursuivre le récit. Ce qu’il fit.

« Nous étions près de la grande porte. Chacun des nouveaux arrivants était à la fois émerveillé et anxieux : quand nous étions sur terre, nous avions tellement entendu parler de la sainte cité, de ses nombreuses demeures, de ses rues pavées d’or, de ses portes de perle, et de sa lumière transparente que ne donne ni le soleil ni la lune… Nous ressentions tous un intense désir d’entrer. Mais ce que nous attendions le plus impatiemment était de voir celui qu’aimaient nos âmes, celui par qui nous avions été rachetés et dont le sang nous avait purifiés de nos péchés. On nous avait déjà dit qu’IL nous attendait près de la porte, dans l’un des palais, et que le grand livre de vie serait près de lui, ouvert aux pages portant nos noms. Cela nous remplit d’une réelle anxiété, bien qu’ayant la douce assurance que nos noms étaient écrits et que nous allions recevoir Son chaleureux accueil.

Bien sûr que nous en étions certains ! Sinon, nous n’aurions jamais été amenés par les anges jusqu’au paradis ; ce qui était pourtant le cas. Nous avions confessé Son NOM sur la Terre, et nous savions qu’Il avait déjà confessé le nôtre devant Son Père et devant les anges. Nous étions réconfortés. Et nous savions aussi que nous avions mangé du fruit de l’arbre de vie et bu de l’eau du fleuve de cristal. Alors nous attendions la suite avec confiance. Nous savions que nous avions essayé de Lui être agréables. Nous avions conscience que tous nos péchés avaient été pardonnés et que nos robes avaient été lavées et blanchies ; et cela nous apportait maintenant une consolation supplémentaire. Nous sentîmes que nous allions sans tarder nous tenir devant le juge de toute la terre.

La parole de Dieu nous apporta une assurance plus grande encore. Elle dit en effet :

« Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’arbre de vie, et d’entrer par les portes de la ville ! » Apocalypse 22:14

Oh oui, vraiment ! Quel réconfort c’était d’avoir cette certitude ! Car si nous avions eu droit à l’arbre de vie et au fruit qui nous avait été offert par la main d’un ancien, et si Abraham lui-même nous avait rafraîchis et immortalisés avec l’eau du fleuve dont la source est près du trône de Dieu, alors l’ange à la porte n’allait pas maintenant nous empêcher d’entrer. Ma mère s’approcha. Elle avait été jusque-là très occupée à converser avec d’autres. Elle me rassura :

– Tu ne dois pas avoir peur, Seneca. J’ai ressenti moi-même beaucoup de joie à ce sujet, il y a bien des années : je passais près d’ici au moment où l’Ange écrivait les noms de ceux qui étaient nés de nouveaux. Et j’ai vu qu’il écrivait ton nom. Alors, je lui ai demandé de qui il s’agissait. Il a appelé un autre Ange qui arrivait tout juste d’un endroit de la terre où avait lieu un grand réveil religieux et où se déroulait un conflit spirituel. Il lui a demandé s’il pouvait préciser qui étaient ceux dont les noms venaient d’être cités. « Je me trouvai parmi eux il y a encore bien peu de temps.» a-t-il répondu. Il a fait une description si minutieuse que j’ai eu la certitude absolue qu’il s’agissait bien de toi. Et j’ai vu inscrits d’autres noms de personnes du même endroit.

« Ma vieille maison ! Ta veille maison ! Son souvenir m’est cher maintenant que j’y pense. Un jour, nous parlerons en détails de ce qui s’est passé depuis que je t’ai quitté… Mon âme a donc été remplie d’une joie immense lorsque j’ai vu ton nom. Et quand l’Ange a su que j’étais ta mère, il m’a raconté qu’il s’était trouvé avec toi – et ton cousin que je connaissais très bien – une nuit que vous aviez passé du temps dans la prière. Il se tenait à coté de toi, tard dans la nuit, quand solennellement vous avez fait un vœu. Et vous avez promis fidélité à DIEU, ainsi que l’un à l’égard de l’autre. Alors un Ange est allé réveiller ton père, qui dormait dans une autre pièce, afin qu’il puisse entendre votre serment. Aussi, tu peux croire que non seulement moi-même, mais les Anges avec moi, nous nous sommes tous réjouis quand ils m’ont apporté la nouvelle. Il m’a parlé également de la conversion d’autres membres de notre famille et de celle de nombreux voisins.

– Formidable ! dis-je. Le Ciel a donc de telles relations avec ce qui se passe sur la terre ?

Il nous semblait que nous ne savions pratiquement rien là-dessus. Cependant, les paroles de ma mère évoquèrent toute mon expérience passée, les circonstances de ma conversion, mes prières nocturnes, mon travail ardent pour les autres. Les événements auxquels elle venait de faire allusion -et bien d’autres – surgissait à mon esprit. Et leur souvenir était tel qu’il me semblait dater seulement de la veille.

Je reconnus :

– Combien j’étais aveugle ! je n’ai pas vu l’Ange qui était avec moi. Le fait d’être mortel est vraiment un voile épais qui cache à l’œil humain les êtres et les choses spirituelles : ils semblent si loin alors qu’ils sont si près… Je me souvins comment les anges assistèrent Lot et sa famille pour s’échapper de la cité condamnée de Sodome. Pourquoi n’assisteraient-ils pas les âmes dans le combat difficile qui suit le salut ? N’est-il pas écrit :

« Les Anges sont des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut » Hébreux 1:14

Nous étions maintenant en train de passer sous la porte massive de JUDA. Nos cœurs étaient remplis de joie, car nous allions voir de façon imminente CELUI qui aimait nos âmes. En franchissant la porte, notre regard découvrit la scène LA PLUS MAGNIFIQUE QU’IL NOUS AIT JAMAIS été donné de CONTEMPLER AUPARAVANT, sur Terre et dans les Cieux. IL EST IMPOSSIBLE AU LANGAGE HUMAIN D’EN DONNER UNE DESCRIPTION.

Dire que les rues étaient d’OR PUR, ou de VERRE TRANSPARENT, pourrait peut-être donner la meilleure comparaison avec quelque chose de connu. Les grandes avenues qui partaient de la porte semblaient conduire jusqu’au centre de la Sainte Cité. Sur notre droite, nous passâmes entre des colonnes gigantesques, prodigieuses, faites d’une pierre précieuse qui brillait d’un éclat n’existant qu’au CIEL. D’énormes Dômes et d’immenses voûtes nous surplombaient. Mais il n’y avait AUCUNE RUINE. PAS MEME LA MOINDRE DÉTÉRIORATION. PAS LE MOINDRE SIGNE DE VIEILLISSEMENT ou d’ancienneté ! La LUMIERE, du côté de ce palais, était excessivement intense.

NOTRE SEIGNEUR JESUS s’avança A NOTRE RENCONTRE POUR NOUS ACCUEILLIR. 12 légions d’âmes débordantes de bonheur avaient maintenant franchi l’immense porte et se tenait devant notre ROI. On ne peut décrire la gloire et la majesté de SON ETRE. Le disciple bien-aimé, sur l’île de Pathmos, a essayé d’évoquer la Gloire de SON Aspect quand Il s’est révélé sur Terre :

« Il était vêtu jusqu’aux pieds d’un vêtement flottant ceint d’une ceinture d’or. Sa tête et ses cheveux semblaient blancs comme la neige, et ses yeux étaient comme une flamme de feu. Ses pieds étaient pareils à l’airain ardent. Son visage était comme le soleil à midi. Dans sa bouche était une épée aiguë à deux tranchants. Il avait 7 étoiles dans la main droite  » Apocalypse 1 :13 à 16

Mais quand les disciples le virent sur la montagne de la transfiguration, 63 ans auparavant, ses vêtements brillaient alors comme la lumière et Son visage avait l’éclat du Soleil. Sur terre, on l’appelait « LE PLUS BEAU ET LE PLUS AIMABLE PARMI 10 000 ». Mais maintenant, exalté dans le Ciel… Les mots sont trop fades POUR EXPRIMER SA GLOIRE.

On voyait les MARQUES DANS SES MAINS. Et au-dessus de Ses sandales, l’empreinte des clous apparaissait distinctement. Il était véritablement L’INCARNATION DE LA LUMIÈRE. Il n’éblouissait pas nos regards comme ce fut le cas du visage de Moïse face à l’ancien Israël car nous étions préparés à cela. Depuis notre conversion jusqu’au moment où nous avons franchi cette porte, nous avons été préparés pour cette vision de notre Seigneur. Comme elles étaient puissantes les paroles de l’écriture, alors que je regardai Sa face et jetai ensuite un regard au loin, vers l’intérieur de la ville:

« La ville n’a besoin ni de soleil ni de la lune pour l’éclairer. Car la gloire de DIEU l’éclaire, et l’Agneau est son flambeau. » Apocalypse 21 : 23

Il était également L’INCARNATION DE L’AMOUR. Chaque trait de Son visage parlait d’amour. Il était véritablement le reflet de l’amour infini de Son Père. Tout l’amour, dans le Ciel ou dans l’église sur la terre, venait de Lui.

Il nous souhaita la bienvenue. Et comme nous nous approchions, une puissante impulsion nous conduisit tous à nous prosterner. Alors nous commençâmes à l’adorer avec un chant de louange qui disait :

« Digne est l’Agneau qui a été immolé et qui a racheté pour Dieu, par Son sang, des Hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation. » Apocalypse 5:9.

Les Anges et les saints qui étaient venus à notre rencontre se joignirent à nous et chantèrent des chants que nous n’avions jamais entendus auparavant. NOS AMES ETAIENT BAIGNEES D’UNE JOIE INDESCRIPTIBLE. Combien de temps sommes-nous restés ainsi prosternés ? Nous n’aurions pu le dire. Car notre satisfaction et notre joie étaient si profondes que nous ne prêtions aucune attention au temps qui s’écoulait au compteur de l’Éternité.

Il s’adressa à nous avec des mots remplis d’amour, nous souhaitant une cordiale bienvenue et rendant témoignage de nous devant la multitude des anges présents et devant la Face de Son Père. Et sans davantage de présentations, nous nous sentîmes alors parfaitement à l’aise tous ensemble.

– Venez ! Dit-il. Venez et regardez dans ce Livre ! Je l’ai ouvert aux pages qui sont pour vous les plus intéressantes.

Nous restâmes tout autour de Lui, en cercle, aussi près que nous le pouvions, pour regarder dans les pages du grand LIVRE des livres l’enregistrement céleste du passé et du futur. Non seulement nos noms étaient écrits ; mais au-dessous d’eux, il y avait beaucoup de choses qui évoquaient notre travail pour Dieu quand nous étions sur Terre. Je me souvins alors de ce que DIEU avait dit au travers de l’un de ses prophètes. C’était un passage que j’avais lu au moins une centaine de fois :

« Un livre de souvenir fut écrit devant lui Pour ceux qui craignent l’Éternel Et qui honorent son nom. Ils seront à moi, dit l’Éternel des armées, Ils m’appartiendront, au jour que je prépare. » Malachie 3 : 16 à 17

Nous prîmes seulement le temps de lire le 10 ème de ce qui était écrit. Car notre Seigneur déclara :

– Vous avez maintenant l’entière liberté d’aller où vous voulez, et de lire à loisir le contenu de ce livre merveilleux.

Jetant un regard sur ces pages, nous remarquâmes les noms de certains, qui étaient avec nous quand nous étions arrivés dans le paradis, mais qui étaient retournés en arrière et étaient restés très loin des portes de perle. Sans plus d’explications, nous comprîmes qu’ils n’étaient pas préparés. Comme les anciens sacrificateurs quand ils n’étaient pas sanctifiés et étaient indignes de l’autel, ils ne pouvaient pas s’approcher du trône. Nous savions cependant qu’ils allaient ultérieurement y être amenés, car ils se trouvaient quelque part le long du fleuve de vie, parmi les arbres dont les fruits étaient leur nourriture et les feuilles leurs remède.

Leur actuelle récompense était tout ce que Dieu pouvait leur donner dans leur présent état de grâce. Nous savions que ces feuilles étaient uniquement destinées à ceux dont les noms étaient écrits dans le livre de vie, et que leur pouvoir de guérison était pour eux pareil à la grâce sanctifiante que Dieu dispense dans Son royaume terrestre. Sur Terre, le remède avait vraiment été tout près d’eux, mais ils ne l’avaient pas reçu. Ils n’avaient jamais réalisé la signification profonde du précieux sacrifice de Jésus à leur égard. Mais combien nous étions reconnaissants de savoir que l’efficacité du sang du sauveur est valable tout autant pour ceux de Son peuple qui sont de l’autre côté du fleuve que pour ceux qui sont de ce côté-ci. Nous savions aussi que l’essentiel de notre rédemption était encore à venir, et qu’elle serait accomplie au matin du grand Jour de la résurrection.

Je m’étais souvent demandé si, depuis la cité céleste, nous aurions en pensée ceux qui sont perdus, si certains de nos amis nous manquerait, et si nous ne serions pas remplis de tristesse et de chagrin, bien que Dieu ait dit :

« Il essuiera toute larme de leurs yeux. » Apocalypse 21:4.

Mais je me rendis compte que la question était réglée. Je me trouvais là depuis suffisamment longtemps. J’avais déjà franchi le fleuve de vie, bu à ses eaux de cristal, mangé du fruit des arbres qui poussent sur ses rives. J’avais été salué par les milliers de rachetés venus par les chars de Dieu, et j’étais même entré avec eux dans la ville par ses portes. Et pendant tout ce temps, mon âme n’avait connu que les émotions les plus élevées de la louange. J’avais été si entièrement plongé dans l’amour de Dieu, et ma propre volonté s’était si intensément perdue dans la volonté de mon Rédempteur béni, que pas un seul instant je n’avais eu la pensée de pleurer au sujet de quoi que ce soit. En fait, je découvris que toutes mes dispositions envers la peine et le chagrin s’en étaient allées. Je pouvais maintenant voir les choses comme Dieu les voit.

Comme je me tenais debout à coté de mon Rédempteur et Seigneur, avec le grand livre de vie posé ouvert devant moi, j’eus la possibilité de regarder très loin vers l’intérieur de la ville. Je vis alors une multitude de personne, toutes reflétant le bonheur ; des âmes que je n’avais pas encore rencontrées, et dont je ne savais pas qui elles pouvaient être. Bien sûr, certaines, je ne les connaissais pas. Mais les autres ?… Des personnes que j’avais connues sur Terre et dont j’avais craint qu’elles ne soient parmi les perdus, pouvaient fort bien être là, dans la ville. Je m’interrogeais à ce sujet, particulièrement dès l’instant où j’avais été salué par quelqu’un que jamais je n’aurais espéré voir au ciel. Et en scrutant les pages du livre de vie, je vis les noms de beaucoup dont je pensais qu’ils ne seraient pas ici. Et je sus qu’ils devaient se trouver quelque part dans l’immense ville, où dans les vastes étendus du paradis de Dieu.

Je me sentais maintenant désireux d’aller plus loin et de me mêler à ces âmes heureuses que je voyais aller et venir dans toutes les directions. Le Seigneur avait dit : « VOUS AVEZ ENTIERE LIBERTE D’ALLER OU VOUS VOULEZ ». Je me retournai pour voir le reste de nos légions. Car j’avais été si captivé et émerveillé par ce que je voyais et ce que j’entendais que je m’étais attardé longtemps. A ma grande surprise, ils s’étaient dispersés dans toutes les directions. Certains étaient partis avec leurs amis vers des endroits tranquilles. Sous les arbres, ils étaient en joyeuse conversation, assis dans les sièges capitonnés du Ciel. D’autres, ayant rencontré de vieux amis, avaient repris place dans les voitures et étaient partis avec eux en direction de lieux plus éloignés, à l’intérieur de la ville.

Ma mère, qui était toujours près de moi, m’invita à aller avec elle. Nous marchâmes sur une courte distance, et nous nous assîmes à côté d’une colonne gigantesque qui paraissait faite de jaspe et de Saphir, et dont l’éclat était celui que seule possède la cité céleste. Les coussins étaient de la fabrication la plus raffinée, et le capitonnage avait été exécuté par les mains des Saints et des Anges. Car chacun est activement employé dans le ciel. La contrainte y est quelque chose d’inconnu ; mais un parfait contentement et une joie totale, dont nos meilleurs moments sur Terre ne nous ont donné qu’une ombre, semblaient ici revêtir chacun comme d’un magnifique vêtement.

Ayant dit ceci, Seneca Sodi se leva.

– Mon fils, je te reverrai au moment convenu. Que les bénédictions du Dieu Tout-Puissant soient sur toi ! Et parmi ces bénédictions, que Sa face luise sur toi et te donne le repos !

Je levai les yeux de ce que j’étais en train d’écrire, tout juste pour le voir disparaître de ma pièce.

I-SENECA CONVERSE AVEC SA MERE

Mon visiteur fut à l’heure, et voici le message qu’il me donna ce soir-là.

« Je me tournai alors vers ma mère.

– Il y a longtemps que j’avais envie d’être seul avec toi. C’est formidable d’être ici de pouvoir discuter tous les 2. Il semble que je me trouvais encore sur tes genoux, il y a peu de temps, quand tu me parlais de notre demeure à venir. Mais nous voici maintenant arrivés dans la ville, et je voudrais te poser quelques questions, au sujet de notre maison céleste, de nos privilèges et de nos devoirs.

– Sens-toi entièrement libre de me poser toutes les questions que tu as envie de me poser. Nous apprenons les merveilles de la maison du Père exactement de la même façon que nous l’avons fait sur Terre, en nous référant à toutes les sources et à tous les moyens de la connaissance.

– Je voudrais tout d’abord savoir quels sont nos privilèges, ici au Ciel, à la fois dans la ville et à l’extérieure, dans le paradis et ailleurs ; et quelles sont les lois qui gouvernent ces privilèges et notre conduite.

– Je comprends tout à fait ce que tu veux savoir. Tu as posé des questions très importantes et je suis heureuse de pouvoir t’apporter les explications détaillées que tu attends. Tes privilèges de toute façon sont SANS LIMITES. Ton aptitude à te réjouir a été grandement augmentée depuis que tu as quitté le cadre de ta vie terrestre. Chaque chose, ici, nous invite à exercer pleinement chaque faculté de notre âme. Ta conduite sera dirigée par la connaissance de la volonté de Dieu. Jamais tu n’auras le désir de te comporter ou de faire quoi que ce soit en opposition avec la volonté de DIEU. C’est la loi de l’amour et de la lumière qui est la loi du royaume céleste.

Nul ici n’a le désir de faire quoi que ce soit qui ne serait pas droit moralement. Il n’y a aucune pensée ou suggestion de la part de quiconque, soi-même ou quelqu’un d’autre, pour faire quelque chose de mal. Tu as certainement remarqué que, jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu pour toi d’inclination interne, ou de tentation externe, pour faire quoi que ce soit de mal. Tout ce que tu as envie de faire est bien, tant que cela concerne la droiture morale. Cependant, ta connaissance a ses limites. Tout ce que DIEU approuve et dont ta connaissance à la compréhension, tu l’approuveras le plus profond de ton âme. SA VOLONTE DEVIENT POUR TOI UNE LOI. Il ne charge ici jamais personne de Culpabilité, car personne, dans tout le royaume céleste, n’a la moindre pensée, le moindre désir de désobéir.

On ne connaît pas le péché ici. Cette grande malédiction Terrestre est entièrement bannie de ces rues et des maisons de la ville, tout autant que des routes, des chemins, et des lieux de détente du paradis. Il n’y a jamais eu ici l’ombre d’un péché, depuis que DIEU en a chassé les anges qui ont péché.

Chaque personne, parmi ces milliers et ces milliers que tu vois là-bas aller et venir, est si totalement à l’image de Dieu qu’elle n’a pas le moindre désir de faire autre chose que le seul accomplissement de SA volonté. Notre devoir, ici, n’est qu’un privilège béni. C’est notre immense joie de faire tout ce que nous devons faire. La contrainte et l’obligation, dont je me souviens qu’elles étaient des choses que nous connaissions particulièrement sur Terre, sont des mots qui ici n’ont aucun sens. Tu as dû voir jusqu’à maintenant, je n’en doute pas, que tous ceux que tu as rencontrés ou aperçus possédaient une joie et un bonheur parfait. AU CIEL, L’INSATISFACTION EST INCONNUE. Chacun est tout à la fois satisfait et entièrement au repos.

– C’est MERVEILLEUX ! avouai-je. Mais je voudrais en savoir plus, si je ne te lasse pas avec mes questions. Quels privilèges avons-nous, au CIEL, en ce qui concerne le fait d’aller d’un endroit à un autre, et de visiter les magnifiques demeures que je vois bordant les immenses artères et les avenues de la ville ? Car notre Seigneur a dit :

– « Allez où vous voulez et réjouissez-vous ! »

– Va là où ça te fait plaisir d’aller, dit-elle en souriant. Tout ce que tu vois, et infiniment plus, t’appartient. Oui, TOUT T’APPARTIENT ! Tu ne te rappelles pas cette parole de l’Écriture :

 » Tout est à vous ; et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu » 1 corinthiens 3 : 22-23

Cela fait plus de soixante ans que je suis ici, et je suis allé de très nombreuses fois jusqu’à des endroits éloignés, dans la ville. Pourtant, je n’ai vu qu’une petite portion de mon héritage. Pour employer des termes que tu comprendras mieux : la ville mesure 1500 miles de coté (2400 km, voir Apocalypse 21:16). Et sa hauteur est égale à sa longueur et à sa largeur. Aussi son immensité te suffira. Et tu as le privilège de la posséder en totalité.

– Oh, ma chère maman ! les œuvres de Dieu sont si merveilleuses… Je suis comblé d’admiration et d’émerveillement.

– Il y a de quoi ! Et ton émerveillement ne connaîtra pas de fin. Car la ville est construite étage sur étage. Jamais nous ne pourrons pleinement comprendre cette hauteur, cette gloire, et cette immensité inconcevables. Tu vois là-bas ces fontaines, où jaillit l’eau pure de la vie ?

– Oui, absolument ! Cela fait un moment que je les avais remarquées et que je voulais te questionner à leur sujet. Je vois beaucoup de personnes assemblées auprès d’elles et qui boivent avec des coupes d’or. Je suppose que tous y ont droit.

– Bien sûr ! Il y en a dans toute la ville, et même dans les parties les plus reculées du paradis. Tu te rappelles ce passage de l’écriture que j’avais l’habitude de te lire, il y a près de 70 ans :

« L’Agneau qui est au milieu du Trône les paîtra et les conduira aux fontaines des eaux de la vie « 

Apocalypse 7:17

– Mais oui ! Je l’ai lu des centaines de fois depuis, mais jamais je n’ai pensé que ce passage avait une telle signification.

– Quand tu iras jusqu’au Trône lui-même, tu verras la grandeur de sa signification A UN POINT QUE TU NE PEUX PAS MAINTENANT SAISIR. Tu as certainement déjà goûté l’arbre de vie et bu au fleuve de cristal, car ce privilège a été le tien immédiatement en arrivant aux frontières du royaume céleste. Mais as-tu remarqué qu’il y a 12 sortes de fruits sur chaque arbre ? Apocalypse 22:2

– Oui, l’ancien me l’a dit. Mais je n’en ai seulement mangé que très peu de fois depuis mon entrée dans le paradis. Et ce sont d’autres qui ont alors fait le choix à ma place. Mais ces arbres, là, dans le milieu de cette rue, comme ils sont chargés de fruits !

– Ils ont tous été planté par notre Seigneur Lui-même et ils poussent par sa volonté. Rappelle-toi Ses Paroles quand il était sur Terre :

« Je vais vous préparer une place » Jean 14:2

Eh bien, voilà ! Ces fontaines et ces arbres, avec toutes leurs bénédictions, sont à toi pour toujours. On ne se lasse jamais de quoi que ce soit qui se trouve ici. Et jamais on n’a le désir de quelque chose qu’on ne pourrait avoir. Il y a une telle abondance dans la variété de la nourriture, que tu peux manger et toujours être pleinement satisfait.

A cet instant, pas très loin de nous, nous vîmes quelqu’un que nous distinguâmes parmi la multitude comme étant l’un des anciens. Je questionnai ma mère :

– Est-ce qu’il ne pourrait pas s’arrêter un petit moment avec nous ? Qu’est-ce que tu en penses ?

– Cela lui plaira certainement.

Elle lui fit signe de venir vers nous.

– C’est MOÏSE, j’en suis sûre, me dit-elle alors qu’il s’approchait.

– Oh que je suis reconnaissant envers DIEU ! J’ai le désir de le voir depuis mon arrivée au Paradis.

Mais comme il arrivait tout près de nous, je ressentis comme une crainte venir sur moi. Je repensais à la grandeur qui avait été la sienne sur Terre. J’eus également peur que les questions que je voulais lui poser ne l’intéressent plus, car je supposais qu’on avait déjà dû lui poser les mêmes des milliers de fois. Maman me rassura :

-Tu ne dois pas avoir peur de lui demander ce que tu as envie de lui demander. Il prendra grand plaisir à t’apporter son aide en quoi que ce soit.

Rencontrant un groupe à l’une des Fontaines toutes proches, il s’arrêta un moment pour converser. J’interrogeai encore maman :

– Je me souviens qu’il est dit dans l’Écriture qu’il y a 24 Anciens dans le Ciel.

– C’est vrai. 12 viennent de l ‘ ANCIEN TESTAMENT (où DIEU parlait directement avec les hommes) et 12 viennent de l’EPOQUE du CHRIST.

Je demandai également si, dans le Ciel, il y avait des distinctions et des honneurs comme sur Terre.

-Tout à fait ! Mais seulement SUR UN SEUL CRITERE : LA FIDELITE ET LES MERITES DE LA VIE TERRESTRE.

Les Anciens sont grandement honorés dans le Ciel. Ils ont déjà eu leur résurrection, ce qui leur donne d’autres possibilités pour se réjouir et pour sévir. Leurs corps spirituels sont tels, qu’au lieu d’être une gêne, ils leur sont une aide précieuse et avantage. Tu as certainement remarqué comme ils sont beaux dans leur ressemblance avec le Seigneur lui-même.

– J’avais déjà remarqué cela chez Abraham et Josué. Et je pense maintenant à l’écriture, où le prophète déclare :

« je serais satisfait quand je m’éveillerai à ta ressemblance » Psaume 17 : 15

– Absolument, dit Maman. Nous attendons tous avec grand intérêt cet événement. Depuis ton arrivée, tu as sans doute entendu que le Seigneur a fait savoir que la résurrection générale était proche, quand toi et moi, et toutes ces multitudes d’âmes, nous recevrons nos corps spirituels. Le Père lui-même, dont tu ressens si intensément l’Esprit, qui est l’atmosphère même de la Ville et du Paradis, nous a fait savoir et sentir que ce moment était bientôt arrivé.

Certains événements doivent auparavant se produire sur terre. Alors, accompagné de tous les Anges et de la foule immense de ces esprits rachetés devenus parfaits, notre Seigneur Jésus descendra vers la Terre. Quand nous serons tout près de la Terre où dorment nos corps – car ce que nous appelions la mort n’est qu’un sommeil

– Un commandement sera donné. L’Archange poussera un grand cri de victoire et la trompette de Dieu sonnera avec force. La puissance de Dieu réveillera nos corps et leur redonnera vie. Instantanément, ils surgiront de la poussière, et par un puissant changement ils deviendront spirituels. Et à cet instant, nous serons réunis à eux. Alors, nous serons à jamais à l’image de Jésus, et la dernière étape de notre rédemption sera achevée. »

– Le plan de notre Rédemption est vraiment merveilleux, dis-je. Je me souviens que, dans le Nouveau Testament, Dieu nous a laissé les mêmes explications que celles que tu viens de donner.

– C’est vrai ! C’est là l’Espoir et l’attente de toute l’Église, dans le Ciel et sur la Terre. Mais je vois que Moïse vient maintenant vers nous. Nous allons donc laisser de côté ce sujet de conversation jusqu’à une prochaine occasion.

II-SENECA RENCONTRE MOISE

Moïse était arrivé près de nous. Nous nous saluâmes amicalement en nous serrant la main. Ma Mère fit les présentations. Moïse me souhaita très cordialement la bienvenue. Alors à cet instant disparurent tous les sentiments d’appréhension que j’avais pu avoir, à la pensée de rencontrer le serviteur de Dieu aussi honoré et aussi favorisé qu’il avait été et qu’il était.

La distinction et l’élégance avec lesquelles il prit contact avec moi, et les mots d’accueil qui furent les siens, me donnèrent tout de suite envie de m’approcher tout près de lui. Je sentis que je pouvais, avec beaucoup de joie, poser ma tête sur sa poitrine. L’humilité et la douceur si caractéristique de la nature qu’il avait sur terre avec de lourds fardeaux de responsabilités à assumer. Il n’y avait sur lui aucune marque des années. Aucune ride. Pas la moindre apparence de vieillesse. Seuls ses cheveux et sa barbe était d’une blancheur de lin. Sa nature était plutôt au-dessus de la moyenne et ses vêtements étaient blancs comme la neige. Il se tenait parfaitement droit. Sa dignité était imposante. Cependant, sa gentillesse et son amabilité étaient telles que mon âme l’aima tout de suite intensément.

Avec ma mère, ils commencèrent à s’entretenir au sujet d’un certain nombre d’enfants qui se trouvaient juste à l’extérieur, de l’autre côté de la porte. Il me pria de les excuser un moment. Je l’entendis demander à ma mère si elle voulait aller assister ces enfants dans la connaissance et les voies du royaume Céleste. Nous étions si près de la porte que nous pouvions distinctement les entendre chanter. Nous pouvions discerner leur voix. Très douce. Angéliques. Maman répondit qu’elle serait très contente d’aller passer du temps avec eux pour les enseigner sur les choses célestes. Se tournant vers Moïse, elle dit :

– Mon fils aimerait bien avoir un petit entretien avec toi. Il y a peu de temps qu’il est arrivé dans la ville.

– Cela me plairait beaucoup également, répondit Moïse. S’assister et s’aider les uns les autres représentent une grande part de nos occupations dans le Ciel, comme tu sais.

Ce à quoi ma mère fit une gentille révérence en ajoutant :

– Je te reverrai plus tard. Elle agita la main en signe d’au revoir et s’en alla.

Moïse s’adressa à moi :

– Quel bonheur tu as eu d’avoir une telle mère sur terre ! On l’estime beaucoup dans le Ciel, et on se sert beaucoup d’elle dans le service du Seigneur. Mais je vois mon fils, que tu as plein de questions à me poser. Les interrogations et les requêtes de ton âme te seront d’un grand secours ici. Marchons un peu jusqu’à ce bosquet d’arbres, là-bas. Nous prendrons un fruit et nous pourrons manger tout en parlant. J’ai toujours aimé les fêtes, religieuses ou autres, quand j’étais sur terre. Et cela m’est resté. J’aime beaucoup manger avec mes amis.

Parmi les différentes sortes de fruits, il choisit ce que nous souhaitons. Il me tendit une grappe qui ressemblait à un gros raisin transparent.

– Ceci t’aidera à comprendre les mystères du royaume de Dieu, mystères qui ne concerne pas tant notre rédemption que notre progression, notre croissance, dans la connaissance de Sa volonté pour le glorieux futur.

– On a beaucoup débattu sur terre, dis-je à Moïse, au cours de ces années récentes, sur certains passages des Écritures, plus particulièrement dans le livre de la Genèse que tu as écrit, sur ce que signifient les 6 jours de la création et combien de temps ils embrassent, ainsi que sur le 7eme jour au sujet duquel il est dit que Dieu se reposa. J’avais l’habitude de dire que :

– « Lorsque j ‘ irai au Ciel, je verrais Moïse et je lui demanderais de m’expliquer cela. » Et bien voilà. Nous y sommes enfin. Face à Face.

– Bien ! dit Moïse. Mon temps et ma connaissance sont à ta disposition. On m’a posé à peu près les mêmes questions des centaines de fois. Mais quelques mots d’explications seulement rendront tout ceci très clair pour toi. Tout d’abord – et pour commencer avant là où j’ai commencé, quand j’ai écrit sous l’inspiration de Dieu – avant le commencement, les grands cycles d’éternité ne concernèrent en rien la terre qui n’existait pas. La terre n’existait encore que dans la pensée de Dieu.

Et longtemps avant que Dieu établisse les fondements de la terre, Il eut la pensée de chacun de nous. Mais ce commencement, ainsi que chaque jour successif de la création, ont correspondu à de longues périodes de temps. On appela « UN JOUR » chaque cycle qui mesurait une vaste période de temps de la création, et au cours duquel une infinité de lois agissaient. Les mêmes lois qui maintenant étaient en action. La volonté de DIEU était tout simplement Sa loi. Quand Il dit :

– « QUE LE SEC PARAISSE ! » les âges furent occupés à développer les continents qui allaient devenir notre demeure. Ainsi, période après période, le travail s’accomplissait. Et la terre fut peuplée par une création issue de Sa propre volonté. Il y a cependant de grands événements encore en réserve pour la Terre. La réparation de toute chose n’a pas encore eu lieu. Dieu la nettoiera, la changera, la remodèlera par le feu. Sa voix secouera la terre comme elle n’a jamais été secouée. Il la préparera afin qu’elle soit un endroit convenable pour son épouse, pour le grand voyage de noce auquel nous prendrons part. Ne te rappelles-tu pas Sa parole, écrite longtemps après mon passage:

« Lui, dont la voix ébranla alors la Terre, et qui maintenant a fait cette promesse : une fois encore, j’ébranlerai non seulement la Terre, mais aussi le Ciel ? » Hébreux 12 : 26

La rénovation de la Terre, l’Enlèvement de son Peuple et de tout ce qui l’offense et de toute pratique d’iniquité de Son royaume terrestre est encore quelque chose à venir. Ce sera un grand jour et il est proche. Ceux qui, sur Terre, possèdent la Sagesse, seront prêts pour ce jour, et l’attendront.

– Très bien, dis-je à Moïse, ces grandes questions concernant la Création m’intéressent profondément. Mais ne pourrait-on pas les laisser de côté pour une prochaine rencontre ? Il y a d’autres choses sur lesquelles j’aimerais te questionner.

– Certainement !

– Parle-moi de notre SEIGNEUR JESUS, de ce qu’Il était avant de naître dans le monde, avant de devenir sacrifice pour le péché.

– Eh bien ! dit Moïse. Il a toujours été un avec le Père. Il était véritablement la Parole de Dieu, l’énergie créatrice de Yahvé, l’Éternel Tout-puissant. Sans Lui, Dieu n’a rien fait. « Faisons » fut une expression universelle dans toutes les œuvres et toutes les créations de Dieu. Son titre a toujours été « LA PAROLE ». Et jusqu’à ce qu’il naisse sur Terre, Il ne fut pas connu comme le FILS, mais seulement comme LA PAROLE. Il était présent à la création du monde. Il était et Il est la gloire du Trône du Père dans ce Royaume Céleste. Mais ce fut un grand Evénement, dans le Ciel, quand on annonça que Jésus était né à Bethléem.

Ce fut l’Evénement le plus enthousiasmant qui fut jamais évoqué dans tout le domaine céleste. Tous les Anges accordèrent leurs harpes pour le louer, car le Seigneur avait dit :

– « Que les Anges de DIEU l’adorèrent ! »

Sur terre, j’avais eu l’occasion d’assister à de grandes choses : lorsque des millions d’hébreux s’étaient unis dans la louange au passage de la mer rouge, et quand cet immense peuple surgit des tentes au son de la Trompette de Dieu sur le Mont Sinaï. Mais rien ne fut jamais semblable à cela.

Des multitudes d’anges descendirent jusqu’à l’endroit où était l’enfant Jésus. Et en même, jamais on n’entendit pareille adoration et pareille musique dans les cieux. Partout, dans toutes les rues et dans toutes les avenues de la ville, et même jusqu’aux limites les plus lointaines du paradis, l’action de grâce se déversa à flots devant Dieu.

Les anges n’étaient pas seuls dans cette louange. Nous qui étions venus de la terre, nous savions que nous devions notre salut à Celui qui venait juste de naître dans le monde. Et tu peux croire que nous nous joignîmes tous aux anges dans une très longue louange à DIEU. C’était un événement qui avait été grandement évoqué et désiré par tous les hôtes du Ciel depuis les époques les plus reculées.

– Remercions Dieu pour cette naissance, dis-je à Moïse. Je me rappelle d’ailleurs un passage de la Parole bénie du Seigneur se rapportant au même sujet :

 » Les Prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l’objet de leurs recherches et de leurs investigations, voulant sonder l’époque et les circonstances marquées par l’Esprit de Christ qui était en eux, et qui attestait d’avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies. Il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient les dispensateurs de ces choses, que vous ont annoncées maintenant ceux qui vous ont prêché l’Évangile par le Saint Esprit envoyé du ciel, et dans lesquelles les Anges désirent plonger leurs regards. » 1 Pierre 1: 10 à 12

-Tu dis vrai, mon fils, reprit Moïse. Et nous savions tous que la Rédemption du monde était liée à La naissance du SEIGNEUR, à Sa vie et à Sa mort.

Les Anges étaient constamment à son service, à chaque instant. Ils nous faisaient des rapports détaillés sur tout ce qui se déroulait au cours de sa vie terrestre. Bien des choses, dont on me dit qu’il n’y aucun enregistrement sur terre, sont fidèlement écrites dans le livre de vie, dont un exemplaire se trouve à chacune des 12 portes sous la responsabilité d’un Ange. Si tu le veux, dit Moïse, nous pouvons marcher jusqu’à la porte de Juda, qui n’est pas très loin d’ici, et voir certaines des choses qui y sont écrites.

– Cette porte, je l’ai franchie il n’y a pas très longtemps, lui dis-je. J’ai vu le livre et j’ai jeté un coup d’œil à quelques-unes de ses pages. Mais je serais ravi de le regarder à nouveau, car notre Seigneur a dit :

 » Vous pourrez tout lire, quand vous en aurez le désir »

Alors que nous nous y rendions, Moïse me demanda :

– Est-ce que le Livre était à la hauteur de ce que tu attendais ?

– Bien au-delà ! Il est si grand, si immense ! Et pourtant, il est facile à manipuler. Il semble que tout dans le Ciel, possède ce caractère spirituel.

Il ouvrit le Livre à l’endroit portant ce titre : « Récits du FILS de DIEU ».

Alors que lentement il tournait les feuilles, je jetais un regard furtif aux différents chapitres qui se rapportaient aux nombreux événements de la si merveilleuse vie du sauveur. C’était extrêmement intéressant. Et c’était précieux de noter avec quelle harmonie les récits de Sa vie étaient donnés dans les Écritures et dans ce LIVRE des livres. Cela semblait encore plus intéressant depuis que je savais que l’un avait été écrits par l’intermédiaire de l’homme et que l’autre l’avait été par la main des Anges.

Les Anges savent tout de notre langue. Ils ont écrit toutes ces choses de manière intelligible à notre égard. Les Anges que Jacob a vu dans son rêve, montant et descendant de l’échelle, étaient les mêmes que ceux qui se tenaient constamment en présence du fils de Dieu durant la merveilleuse vie dans laquelle Il s’incarna sur terre. Ils apportaient ainsi confirmation de l’alliance faite avec Abraham. Ils ont observé chaque détail de Sa vie terrestre et une grande partie a été fidèlement retranscrite. Je lus avec un intérêt renouvelé le récit de Sa naissance, de la clarté particulière de l’étoile qui fut donné, pour les guider, aux mages venus d’orient. C’était ainsi écrit dans le livre :

« Une lumière venue du Ciel les guida jusqu’à l’endroit où était né le Rédempteur du monde ». Je lus aussi la misérable tentative d’Hérode pour le détruire en tuant tous les jeunes enfants de ces lieux, et sa colère inassouvie contre LUI qui dura jusqu’à ce qu’un Ange mette un terme à sa vie.

Alors que Moïse tournait les pages, je remarquai plusieurs récits de la vie terrestre de Jésus qu’on ne trouvait pas dans les Saintes Écritures. L’un d’eux attira plus particulièrement mon attention.

Son titre : « JESUS enseigné par le PERE « .

L’événement semblait se passait quand il n’avait que 5 ans. Joseph avait quitté la maison et l’enfant Jésus avait été laissé seul dans l’atelier de Son Père. Sa mère était affairée dans la maison. Soudain, une nuée lumineuse emplit tout l’atelier. Le Père lui-même le couvrit de Son ombre et tint conversation avec LUI, Lui disant qui IL était, que Dieu était Son Père. Il lui communiqua beaucoup de choses concernant Sa mission terrestre.

-Tout ceci, dit Moïse, Il le connaissait en tant que Dieu, mais parce qu’Il était également homme, Il dut l’apprendre en en recevant l’enseignement.

Un autre récit s’intitulait : »Enlevé au paradis ».

C’était une nuit. Tout le monde dormait. Il fut emporté jusqu’au paradis de Dieu et passa plusieurs heures avec le PERE au cours desquelles le Père Lui dit :

– « Tu es homme autant que tu es Dieu car tu es né d’une femme. Tout pouvoir et toute autorité seront bientôt mis entre tes mains. Et tu donneras ta vie pour le salut des hommes ». Soudain, il me revint Ses propres paroles:

« Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père » Jean 10 : 18.

Le Père lui dit également ceci :

-« Tu prépareras et tu établiras des maisons et des palais dans ce royaume supérieur pour ta demeure future et celle de tous tes enfants, car ils seront nombreux »

Avant que la nuit se fut achevée, les Anges L’avaient reconduit en sécurité jusqu’à sa maison de Nazareth. Et avant qu’aucun serviteur ou que l’un de Ses parents se soit levé, Il était dans Sa chambre en prière.

– Tu vois, dit Moïse, l’incarnation de Jésus a été rendue nécessaire à cause du péché de l’homme et de sa rébellion contre Dieu. Aucun autre moyen ne fut jamais conçu pour notre salut. Tu pourras regarder plus loin dans le livre, si tu le veux, et chaque fois que tu en auras le désir.

CHAPITRE 4 – LECTURES DANS LE LIVRE DE VIE

– Ces explications sont extrêmement intéressantes, répondis-je. Quand j’étais sur terre, je disais souvent que beaucoup des choses que nous ne connaissons pas ou que nous ne pouvions pas connaître, nous les connaîtrions dans l’au-delà.

– C’est exact, dit Moïse. Quand nous sommes sur terre, nous commençons seulement à connaître les premiers rudiments de la connaissance de Dieu.

– Je suppose que cela est vrai pour la grande partie de l’humanité, dont la connaissance est si limitée en ce qui concerne les choses divines. Mais tu sembles t’inclure toi-même parmi les autres. Cela paraît un peu étrange. Tu as été pendant tant d’années dans une telle intimité avec Dieu… Tu lui parlais face à face. Tu voyais si souvent Sa gloire. Et pendant si longtemps tu as été Son ami particulier.

– Je sais, dit Moïse, que Dieu a eu de grandes faveurs à mon égard ; mais c’était pour votre bien autant que pour le mien. Cependant, après avoir vécu tout cela, et dès l’instant où je me suis trouvé dans le Royaume Céleste et dans Sa Présence immédiate, près du Trône, j’ai réalisé et je réalise que je connais bien peu de ce qui, manifestement, est encore à connaître. Dieu m’avait pourtant beaucoup révélé de Lui-même. C’est du moins ce que je pensais.

Mais ce « beaucoup » n’était qu’une petite partie des grands mystères de Sa Nature, de Sa Sagesse et de Ses œuvres éternelles. D’ailleurs, même en ce qui concerne notre Salut commun, les Anges qui ont accès au Trône depuis des époques très reculées sont toujours avides d’en savoir davantage. Tiens ! Voici une page que tu aimerais voir, j’en suis sûr. C’est l’un des plus grands événements de la vie terrestre de Jésus et qui n’est pas raconté sur terre, dans les Saintes écritures.

Son titre était : » La mission de Jésus confirmée plus complètement par le Père ».

L’événement se passa quand il avait environ 32 ans. Il s’était retiré sur une montagne éloignée pour prier et se trouvait tout seul, à l’exception de nombreux Anges qui se tenaient près de Lui. Alors, d’une manière tout à fait extraordinaire, le Père Lui rendit visite et Lui répéta, dans la profondeur de leur signification, toutes les choses qui avaient été révélées par les ombres de la loi. Le Père Lui parla de la mort qu’il devait accomplir à Jérusalem et de son caractère de substitution. Il lui montra comment cette mort était destinée à tous les HOMMES.

Ses souffrances et Sa mort seraient le prix de la rédemption du monde, et Sa mort serait la grande expiation pour le Salut de l’homme. Cette expiation lui révéla également comment Il allait mourir et ce qu’allait être la douleur affreuse de ces circonstances : Son rejet par les juifs, Sa flagellation, et finalement sa mort sur la Croix. Il fut également fait référence à Sa résurrection et à Son ascension dans le Ciel.

– Toutes ces choses, dit Moïse, JESUS en tant que la PAROLE les a toujours connues. Mais en tant que Fils de Dieu, Il a été instruit par le Père. Et il a accompli parfaitement la volonté de Son Père pendant toute Sa vie, et qui sont pour moi maintenant du plus grand intérêt.

– C’est vrai ! Dis-je à Moïse alors qu’il tournait les pages. Je me souviens de ce que Jean, le disciple bien-aimé, a déclaré à la fin de son récit, au sujet du Fils de Dieu:

 » Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait. » Jean 21:25

Je demandais à Moïse pourquoi ces choses étaient écrites ici et ne l’était pas sur terre.

– Elles sont ici pour satisfaire et réjouir les enfants de Dieu dans le Ciel.

– Formidable ! Je suis confondu de surprise et d’admiration. Mais, Père Moïse, tu as eu une expérience très remarquable dans les jours où notre Seigneur était sur terre. Les Écritures font référence à la Transfiguration de JESUS sur la sainte montagne. Elles disent qu’Il avait pris avec Lui Pierre, Jacques et Jean, et qu’Élie et toi-même êtes également venus et que vous vous êtes entretenus avec lui au sujet de Sa mort.

– Absolument ! Répondit Moïse. Je revois cet événement avec beaucoup de plaisir. Au moment où les fils d’Israël étaient sur le point de traverser le Jourdain pour entrer sur la terre de leur héritage, j’étais très désireux et impatient d’y aller avec eux. Mais Dieu pensa que ce n’était pas la meilleure chose. Et Sa Volonté est toujours bonne pour nous.

Je ne savais pas, alors, qu’Il répondrait à ma prière après tant d’années écoulées – de longues années d’un point de vue terrestre – car ce n’était qu’une journée et demie à l’horloge du Ciel. Ce fut un grand jour quand le SEIGNEUR nous appela depuis la terre.

Il venait de recevoir tout pouvoir entre Ses mains à la fois dans le Ciel et sur la Terre. Je ne saurais pas pleinement décrire ce que furent alors nos sentiments, à Élie et à moi-même. Nous étions près du Trône, parlant ensemble du grand Evénement qui allait bientôt arriver sur terre, et de sa grande signification, à la fois pour le Ciel et pour la Terre. Je parlais de la mort tragique que le Seigneur allait bientôt devoir accomplir sur la croix et aussi du don béni du SAINT-ESPRIT qui allait être offert à tous les enfants de Dieu sur la terre

Car notre grande Mission, notre Responsabilité, avaient été, à Élie et moi-même, de dévoiler ces deux caractéristiques du Fils de Dieu. Et nous avons pu nous réjouir à ce sujet, au travers de nombreuses rencontres et conversations ultérieures dans le Ciel. Au moment où nous ne l’attendions pas, Michael, l’un des Archanges que probablement tu as dû voir, ainsi que Jéhuco, le pilote habile, arrivèrent en voiture à nos côtés et nous dirent que nous étions appelés à partir immédiatement pour la Terre. Sans plus de préparations, nous fûmes aussitôt assis à côté d’eux.

Et presque à la vitesse de la pensée, notre véhicule parcourut les grandes avenues de la ville que nous quittâmes par la porte de Manassé. Les vastes plaines, les montagnes et les vallées du paradis furent rapidement traversées. Nous étions tellement ravis à la pensée de visiter la terre que nous ne savions que dire. Nous n’aurions même pas eu vraiment le temps de dire quoi que ce soit. Bientôt, nous étions en train de ralentir quelque part aux approches de la sphère terrestre. Un instant plus tard, ses villes, ses villages, ses montagnes, ses rivières devenaient visibles. C’est alors que Michael dit à Jéhuco: « Réduis encore ta vitesse et conduis-nous jusqu’au-delà du Mont Nébo. » Je m’écriai soudain :

– Michael ! Serviteur béni de Dieu ! Sommes-nous si près des lieux de mon pèlerinage terrestre ? Et de la montagne où j’ai offert ma dernière prière ? Là où j’ai laissé de côté le voile de ma chair ? Que je suis heureux de revoir le Mont Nébo ! Mon corps a été déposé quelque part par ici.

– C’est vrai. dit Michael. Nous connaissons tout ce qui lui concerne et nous savons où il se trouve. Je t’en reparlerai plus tard. Mais maintenant nous devons nous dépêcher.

Un instant après, les roues du véhicule céleste étaient immobilisées au sommet du Mont Olivet, et nous marchions sur cette terre qui avait été le cadre de ma vie passée. Nous étions même à l’intérieur de la Terre Promise vers laquelle j’avais conduit les fils d’Israël, et que j’avais tant désiré connaître moi-même. Enfin, maintenant, après que de nombreux siècles se soient écoulés, ma prière avait obtenu sa réponse.

CHAPITRE 5 – MOISE DECRIT LA TRANSFIGURATION

Moïse poursuivit :

– A une courte distance de nous se trouvait un nuage éclatant qui flottait légèrement au-dessus du sol, et qui semblait véritablement se fixer sur la montagne. Cela me rappela la nuée qui avançait devant nous dans le désert, conduisant le peuple d’Israël dans ses déplacements. Nous quittâmes prestement le véhicule et, les Anges à nos côtés, nous nous avançâmes vers l’endroit au-dessus duquel le nuage était suspendu. Arrivant tout près, nous eûmes une première vision de Celui qui était à la fois Dieu et homme. Il s’était revêtu pour l’occasion d’un Livrée Céleste. Nous le trouvâmes à genoux, en prière, et quelque peu caché derrière un petit bosquet d’arbustes. Les trois disciples étaient agenouillés près de Lui, mais ils étaient tellement écrasés par la Gloire qu’ils semblaient endormis.

JESUS se leva et nous salua d’une salutation cordiale. L’endroit était si resplendissant de gloire qu’il semblait que nous étions à côté du Trône lui-même. Et cela nous fut vraiment étrange de réaliser que nous nous trouvions à nouveau sur terre. Nous savions que le moment était arrivé où il allait devenir le Grand sacrifice pour la Rédemption du monde. Je l’avais annoncé au travers des ombres multiples de la Loi. Oui, j’avais vraiment vu un peu de Sa majesté et de la Gloire de Son Royaume lorsque, comme une préfiguration, Dieu fit briller mon visage comme le Soleil du Mont Sinaï. C’est quelque chose que tu connais j’en suis sûr, car cela a été fidèlement transcrit. (Exode 34 : 29)

– Je m’en souviens très bien, dis-je. Et j’ai souvent fait référence comme étant la caractéristique de la beauté morale.

– C’est vrai ! Reprit Moïse. Mais cela annonçait également la Transfiguration, ainsi que la période encore à venir, et dont tu sais que nous sommes très près : quand la Gloire de CHRIST sera manifestée pendant 1000 ans sur terre et que tous les Saints partageront cette Gloire dont nous n’avons eu qu’une vision furtive sur la sainte montagne.

« Notre témoignage était unanime à l’égard du Fils de Dieu. Mais après que nous ayons été appelés pour repartir, les 3 disciples ne virent plus que Jésus seul. Le Père Céleste se fit entendre depuis l’intérieur de la nuée et déclara que Celui-ci était Son Fils unique bien-aimé, en qui Il avait mis toute Son affection. Nous eûmes une longue conversation avec Jésus, sur les grands thèmes du sacrifice, de l’expiation, du SAINT- ESPRIT, et du plan de rédemption de l’homme. L’Église a maintenant des preuves nombreuses de Sa divinité et peut avoir pleine confiance dans le grand sacrifice qu’il accompli.

« Notre Seigneur nous parla aussi familièrement que si nous nous étions connu des centaines d’années. Et en fait, Il avait bien été mon fidèle ami pendant l’essentiel de mon labeur terrestre. Il était « l’ANGE DE L’ALLIANCE ». Il se trouvait dans la nuée qui nous précédait et nous suivait dans le désert. Bien avant qu’il prenne un corps de chair, Il était LA LUMIERE DU CIEL, et Il était avec son Église sur terre. Il fit de nous des présentations très cordiales aux disciples avec qui nous avions conversé. « Dès que notre Seigneur nous eût laissé partir, le véhicule céleste s’avança jusqu’à nos côtés. Quelques instants plus tard, après un dernier au revoir, nous quittions le Mont Olivet et prenions le chemin du retour. C’est alors que Michael se tourna vers moi :

– Voudrais-tu que nous allions jusqu’à la grotte ?

– ça me ferait grand plaisir, lui répondis-je. Peux-tu t’arrêter un instant à l’entrée ?

Quand la voiture stoppa, Michael, Élie et moi descendîmes. Michael déclara :

– A ce jour, nul homme n’a su où reposait ton corps, car le Seigneur a dirigé un enterrement secret. Sinon le peuple d’Israël aurait adoré tes restes. Le diable a longtemps prétendu que nous devions te donner une sépulture publique. Mais est-ce que tu réalises bien que nous nous trouvons maintenant à l’endroit précis ? Ton corps a été déposé très loin au fond de la grotte qui se trouvait ici. Après l’avoir laissé à son repos, nous avons poussé des rochers qui, en s’écroulant, ont comblé l’entrée de la caverne. Et ainsi, ton corps dort ici depuis ce jour. (*)

A ces mots, je m’inclinai humblement devant Dieu et Le bénit pour Sa promesse de Résurrection.

Nous faisions maintenant une ascension rapide du Mont Pisgah. Et, à nouveau, je me tenais là où je mettais tenu 1600 ans auparavant. Et comme le souvenir de tout cela m’étais précis ! »

Seneca continua :

J’avais été si captivé par ce récit remarquable, que je pensais presque moi-même me trouver à nouveau sur terre. Mais, me tournant vers Moïse, je lui dis:

– Combien les plans de Dieu sont merveilleux envers les fils des hommes ! Que de grandes choses Il tient en réserve pour eux !

– C’est vrai acquiesça Moïse. Mais il faut que je termine mon récit:

C’est alors que Michael indiqua que nous devions nous presser. Étant revenu s’asseoir au côté du conducteur, il lui dit :

– Va jusqu’à Bethlehem. Il y a là-bas 2 âmes qui viennent juste d’être délivrées de leur corps, et nous devons les prendre avec nous. La voiture sembla se déplacer à la vitesse de l’éclair. Nous reçûmes alors les 2 âmes et, l’instant d’après, nous nous élancions en direction des régions célestes et des portes d’entrée du paradis. Quand nous descendîmes de la voiture, Élie resta avec les 2 personnes pour les instruire plus longuement. Quant à moi je me retrouvai bientôt à nouveau près du Trône.

NDT : Au moment de la transfiguration, le corps de Moïse n’est pas encore ressuscité. On lira plus loin quand a eu lieu la Résurrection des Anciens, selon le récit de Seneca.

Moïse avait achevé sa longue narration. Il me dit alors :

– Eh bien, je vois que nous sommes ici depuis un bon moment. Tu auras tout le temps de consulter à nouveau ce livre quand tu le désireras.

– J’en suis reconnaissant à Dieu, lui répondis-je. Et je vais souvent me servir de ce privilège.

– Tu n’es pas allé très loin à l’intérieur de la ville ? Tu n’es pas encore allé jusqu’au Trône, n’est-ce pas ?

– Non, mais je suis impatient d’y aller. Si seulement quelqu’un voulait me servir de guide pour m’y emmener. Il y en a beaucoup qui sont entrés dans la ville en même temps que moi, mais ils ont tous disparu parmi la foule immense que je vois partout, tout autour d’ici.

– Tu as choisi un chemin de sagesse, mon fils. Fais connaissance avec d’autres personnes quand tu t’en iras. Beaucoup voudront t’accorder toute l’assistance dont tu as besoin. Je vois que tu es impatient de revoir ta mère. Elle va bientôt revenir, et tu pourras te réjouir en sa présence autant que tu le désires.

– Je te remercie pour ta gentillesse, Père Moïse. Je saisirai les opportunités comme elles se présenteront.

– J’espère te revoir bientôt. Au trône, si ce n’est pas le cas avant.

Et il me dit au revoir avec de très gentilles paroles de bénédictions.

Je me retournai. Juste pour voir s’avancer vers moi Bohémond. Nous nous étions séparés à la porte de Juda et ne nous étions pas revus depuis. Aussi, nous nous dirigeâmes vers un endroit calme et nous nous assîmes pour évoquer toutes les rencontres et toutes les expériences merveilleuses auxquelles nous avions eu droit.

Seneca en resta là cette fois-ci.

PARTIE II : UNE GRANDE REUNION DE LOUANGE DANS LE CIEL

Seneca Sodi arriva de bonne heure. Nous nous saluâmes comme à l’accoutumée et il poursuivit son récit.

Nous marchâmes alors sur une courte distance, Bohémond et moi, en direction d’un ensemble remarquable de bâtiments que Moïse m’avait montrés peu de temps auparavant. Ils étaient prodigieusement immenses, vraiment grandioses. Ils occupaient un quartier entier entre 2 avenues et semblaient de forme cubique (NDT : Peut-être à l’image des grands buildings modernes). Il y avait une grande inscription à l’entrée :

« Trésors amassés au Ciel « Matthieu 6 : 20

Nous passâmes là un long moment, nous déplaçant d’un lieu à un autre en admirant ces Trésors magnifiques. Ce sont ceux que le peuple de Dieu a obtenus. Mais ce sont aussi autant de bénédictions que certains ont rejetées, et qui auraient pu être obtenues par des efforts conséquents sur la terre. Car nous découvrîmes que ces multitudes de pierres précieuses, de bijoux, de perles, et de vêtements de toute beauté, étaient la contrepartie de l’expérience des saints sur la terre.

Ces joyaux célestes auraient pu facilement être gagnés. Ils auraient beaucoup apporté aux richesses de l’âme dans le royaume céleste. Mais je t’en dirai plus à ce sujet à une autre occasion. Avant que nous ayons quitté ce haut lieu des symboles de la sainteté, il nous fut dit que se trouvait, pas très loin de là, un endroit où de grandes multitudes s’assemblaient pour des moments de louanges et d’adoration. Et plusieurs milliers de lieux semblables sont répartis en différents endroits de la Sainte Cité.

– Allons-y donc sans plus attendre, proposai-je à Bohémond, car nous n’avons pas eu l’occasion de nous réjouir à un seul service de Louange depuis que nous avons quitté la porte de Juda.

Lorsqu’en franchissant le seuil de cette Sainte joaillerie, nous nous retrouvâmes à nouveau dans la rue, nous vîmes qu’elle était envahie par des milliers d’âmes qui se rendaient, dans la joie, à la grande réunion de louange.

– Écoute ! fis-je observer à Bohémond, on entend les paroles d’un chant…

Cela semblait très éloigné de nous, mais nous pouvions cependant entendre très distinctement les paroles.

– Oh, dit-il, ce doit être l’orchestre du Ciel.

– Très certainement ! Et je suis impatient de me trouver au milieu de lui.

Dans cette foule qui déferlait dans les rues, je m’adressai à quelqu’un qui semblait en parfaite harmonie avec ce qui l’entourait. Je lui demandai s’il pouvait me parler du déroulement de la réunion, et si nous avions des chances de trouver une place convenable.

– Absolument ! nous assura t’il. Tout le confort est prévu. N’avez-vous jamais encore assisté à une telle rencontre ?

– Non, c’est la première fois. Il y a peu de temps que nous sommes arrivés dans la ville.

– Alors, vous allez y être bien acceptions. On va vous souhaiter la bienvenue et vous faire avancer jusqu’aux premiers rangs. Vous aurez ainsi l’occasion de mieux comprendre l’adoration du Ciel. On fait avancer tous les nouveaux venus et on les présente à la grande multitude. On leur donne les meilleures places. Vous allez donc vous sentir parfaitement à l’aise.

– Nous le remerciâmes pour sa gentillesse. Nous nous sentîmes soulagés. C’est alors qu’arrivèrent, à vive allure, deux véhicules dans lesquels étaient assis un grand nombre de patriarches, de prophètes et d’apôtres de Jésus. Je remarquai que chacun tenait une harpe. L’un d’entre eux avait un grand instrument à cordes debout devant lui, bien en vue.

– Qui est cet HOMME dont le visage rayonne d’une telle gloire, demandais-je, celui qui a LE GRAND INSTRUMENT A CORDES ?

Plusieurs me répondirent aussitôt :

– Tu as chanté ses hymnes et ses cantiques des milliers de fois. DEVINE QUI C’EST ?

Non, je n’eus pas besoin qu’on me le dise. Je savais que c’était LE ROI DAVID.

Anticipant mon intention, quelqu’un fit signe au conducteur du véhicule céleste. Et David lui-même nous invita à venir nous asseoir avec lui. Nous fûmes bientôt à ses côtés. La voiture roula silencieuse à vitesse réduite. Me tournant vers mon ami, je m’adressai à David et aux autres :

– Je vous présente Bohémond. Il vient du Nord de la Russie. Je l’ai rencontré au moment de mon arrivée au paradis. Moi, je viens d’un endroit opposé de la terre. Mais bien que nos maisons aient été très éloignées l’un de l’autre, nous sommes cependant des frères dans le Seigneur.

– Nous sommes heureux de vous accueillir dans la Sainte Cité, mes enfants, et aussi dans cette voiture, dit David. Évidemment, vous allez où nous allons tous : rejoindre le grand rassemblement de louange et d’adoration à notre Rédempteur ?

– Bien sûr ! Et nous sommes très contents d’y aller avec vous. Car nous savons très peu de choses sur la façon dont se conduit l’adoration, ici.

– C’est ce qui jaillit le plus naturellement de vos âmes qui plaît beaucoup à Dieu. Je vois que vous avez vos harpes avec vous. Est-ce que vous avez appris à vous en servir ?

– Oh, oui ! répondis-je. Et je m’entraîne sur de nouveaux cantiques que nous avons chantés à notre arrivé au paradis et à la porte de la ville. Nous avions l’habitude de chanter tes psaumes de louanges sur terre, ainsi que le Cantique de Moïse. Mais quand j’ai entendu les premiers accents de la Musique du Ciel, j’en ai conclu que sur terre nous ne savions pas du tout ce qu’est chanter.

– Eh bien ! dit David. Vous n’aurez aucune difficulté à vous joindre à la Musique ici. Entendez-vous l’Orchestre, maintenant ? Nous allons bientôt nous joindre à eux.

J’avais été si émerveillé de ce que nous vivions et de ce qui nous entourait, et si absorbé par la conversation, que j’avais presque oublié qui j’étais et où je me trouvais. Mais, me tournant vers Bohémond, je lui déclarai :

– Quelle bénédiction d’être ici ! Et de réaliser que nous sommes au milieu des prophètes de Dieu dont nous avons si souvent lu les Ecrits.

A ces mots, Bohémond se prosterna à nouveau sur sa face. Il adora Dieu et le loua. Il répandit de telles actions de grâce, si mélodieuses, que David ne put empêcher ses doigts de parcourir les cordes de la harpe. L’instant d’après, la voiture entière résonnait de la plus belle musique de tous les temps. Car celui qui fut le chantre d’Israël s’était magnifiquement perfectionné depuis qu’il chantait les chants du royaume céleste. C’est ce que lui-même nous fit savoir.

Tandis que nous chantions, Bohémond se releva et se joignit à notre chant. Sa voix était si forte et si belle que tous les yeux se tournèrent vers lui. Alors que j’observais les visages, j’en croisai un que je reconnus bien vite. C’était Abraham. Je l’avais rencontré près du Fleuve de Cristal. Je marchai jusqu’à lui. Il me reconnut, m’appela par mon nom, et me serra la main avec des salutations enthousiastes :

– Je voudrais te présenter mon fils ISAAC, ainsi que JACOB, me dit-il. Tu as souvent lu les récits qui les concernent.

– Abraham, est-ce bien ton fils ? Celui que tu as offert sur le Mont Morija ? Et toi, Jacob ! Toi que Dieu a choisi ! Toi qui a lutté avec l’Ange et obtenu la victoire ! Quelle bénédiction de vous rencontrer tous ici ! C’était comme un rêve quand nous lisions les récits de vos vies. Vraiment, mon âme déborde de Gloire et de Louange à l’égard de Dieu. Je suis si heureux de vous rencontrer ici ! Il me revient d’ailleurs en mémoire un passage de l’Écriture que j’avais lu de très nombreuses fois, mais qui jamais n’avait eu la signification qu’il a maintenant :

« Plusieurs viendront de l’Orient et de l’Occident, et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le Royaume des Cieux. » (Matthieu 8:11)

Eh bien voilà ! C’est maintenant chose accomplie pour nous. Combien je bénis Dieu pour Son grand salut ! Mais la musique est si nette et si claire que nous devions certainement nous trouver tout près de l’endroit où se rassemble la multitude.

– Nous y sommes, dit David. Regarde autour de toi et contemple !

Je me levai. Debout dans la voiture, une main sur l’épaule de David, l’autre tenant ma harpe, combien ma SURPRISE fut grande. Aussi loin que le regard pouvait porter, je voyais des FOULES INNOMBRABLES qui se rassemblaient. Chaque personne était revêtue du blanc le plus pur. L’Orchestre jouait toujours. Il chantait les plus beaux chants que l’oreille humaine avait jamais entendus. Mon âme se trouvait dans un état de ravissement et de bonheur suprêmes.

Le lieu de cette grande rencontre à un IMMENSE Amphithéâtre. L’architecture avait été entièrement conçue par notre Seigneur. Cela fait partie des choses qu’Il s’en était allé préparer pour nous. Tous les sièges étaient merveilleusement capitonnés, et sous nos pieds, les sols étaient revêtus de moquettes et de tapis de meilleur goût. C’est presque sans bruit, et sans aucun son discordant que chacun trouva sa place.

– Notre Seigneur sera -t-‘il présent parmi nous ? Demandai-je à David.

– Il s’y trouve certainement déjà. Il sera assis au centre et tous les nouveaux arrivants seront invités à s’asseoir près de Lui ; ceci afin de les accueillir chaleureusement, et afin que tous puissent voir les multitudes rachetées et lavées par Son Précieux Sang. Et cependant, tous les nouveaux arrivants qui seront ici ne sont qu’une infime partie de tous ceux qui ont récemment franchi les portails du paradis, et dont un grand nombre a aussi franchi les portes de cette ville.

Et il en fut ainsi. Tous les nouveaux venus furent regroupés. De tous les coins de l’immense Amphithéâtre, ils s’avancèrent jusqu’au centre. Notre Seigneur s’assit sur une sorte de Trône surélevé, visible par toute la multitude assemblée. Il se leva, et avec des mots remplis d’Amour, il nous accueillit très gentiment. Le sentiment d’une crainte profonde et respectueuse emplissait nos pensées. Nous savions que nous étions en Présence du Créateur Tout-Puissant, de notre Rédempteur. Nous ressentîmes une grande joie lorsqu’il prononça Ses Mots d’Accueil, plein d’Amour. Il leva les mains. Les marques des clous étaient visibles, ainsi que sur Ses pieds. Il n’eut pas besoin de faire un sermon pour stimuler nos sentiments de louange. Avant qu’on nous ait conduits vers plus de présentations, nous étions tous prosternés dans l’Adoration. Car nous sentions profondément en nous que toute cette gloire était la finalité de Son Précieux Sang, de Ses Souffrances et de Sa Mort sur la Croix du Calvaire.

L’instant d’après, nous étions tous debout pour recevoir à nouveau des Paroles d’Accueil très courtoises de Notre Seigneur. Ses Paroles étaient vraiment pleines de Douceur et d’Amour. L’Accueil était si doux et si généreux que nous nous sentîmes bientôt parfaitement à notre aise, et tout à fait chez nous au sein de cette immense multitude. Nous nous mîmes alors tous ensemble à louer Dieu. Plusieurs milliers d’Anges étaient parmi nous. C’était ceux qui nous avaient transportés des lieux de notre vie terrestre jusqu’à ce Domaine céleste. Ils semblaient se réjouir d’une joie très grande de ce que nous soyons tous bien arrivés à la maison, dans le sein de Dieu. A ce moment, David se leva, et avec lui beaucoup de Prophètes, de Patriarches, d’Apôtres, et d’Ancien serviteurs de Dieu. On annonça le chant de Louange. La congrégation tout entière se leva, les harpes de Dieu à la main. Il chantèrent – où plutôt nous chantâmes, CAR NOUS ETIONS TOUS UNIS – le Cantique de Moïse et le Cantique de l’Agneau. Et le refrain disait :

« Tes œuvres sont grandes et admirables, Seigneur Dieu Tout -Puissant ! Tes Voies sont justes et véritables, Roi des Nations ! » Apocalypse 15 : 3

LA HARPE DE DAVID JOUA CE JOUR-LA COMME JE PENSE ELLE N’AVAIT JAMAIS JOUE SUR TERRE.

Paul et Silas se tenaient l’un à côté de l’autre. On entendait distinctement leurs voix au-dessus des voix de beaucoup d’autres. Oh, si seulement l’Église terrestre pouvait saisir l’inspiration et la vie de cette adoration céleste, comme il y aurait peu de congrégations amorphes, même là où il n’y a pas de prédicateur du tout !

Quand la grande multitude se fut dispersée, à la fin de la rencontre, et que les uns et les autres s’en furent allés dans toutes les directions, nous eûmes l’occasion de rencontrer plusieurs hommes et femmes qui avaient vécu sur terre il y a très longtemps, dans les siècles passés. Et nous pûmes avoir alors avec certains de très précieux entretiens.

CHAPITRE I – AVEC LES PATRIARCHES

Après que l’immense foule se fut dispersé, nombreux furent ceux qui restèrent sur place longtemps encore. Un grand nombre d’entre eux étaient tellement remplis de la gloire de Dieu qu’ils semblaient tenir une sorte de réunion complémentaire, et je remarquai qu’elle aussi se déroulait de façon ordonnée. Cela se passait comme c’est souvent le cas, sur terre, pendant les grandes périodes de réveil. L’Esprit de Dieu est tellement présent au milieu des personnes que la congrégation a souvent de la difficulté à quitter les lieux de prière. Et quand alors tout le monde rentre chez soi, c’est en continuant à chanter des cantiques.

Je découvris que dans le Ciel, les thèmes de la louange la plus belle et la plus élevée étaient souvent ceux qui avaient apporté les plus grandes bénédictions sur la terre. Se souvenir de son passé, et avoir conscience de bénéficier d’une grande délivrance engendre toujours, dans le cœur, le sens profond d’une dette envers Dieu. Et cela amène une gratitude sincère à Son égard.

Parmi ceux qui étaient restés, se trouvaient des hommes ayant vécu à des époques très anciennes et qui s’étaient joints à la grande chorale pour chanter plusieurs hymnes de louange. Ils chantaient également beaucoup de chants très anciens, qu’on pouvait reconnaître à leurs paroles particulières qui faisaient souvent référence à des événements, à des moments où à des lieux correspondant à une époque très reculée. C’est ce qui permettait de dire qu’ils étaient des hommes ayant vécu il y a très longtemps, bien qu’à leur apparence ils semblaient aussi jeunes et aussi vigoureux que n’importe lequel d’entre nous qui n’avait franchi les portes de la ville que tout récemment.

Je fus tout spécialement attiré vers certains d’entre eux. Leur grand sérieux, leur enthousiasme, leur comportement particulier, à quoi s’ajoutaient leur visage si aimable et leur caractère si doux, tout nous invitait à aller nous asseoir au milieu d’eux. C’est ce que je proposai à Bohémond :

– Allons leur parler pour savoir qui ils sont.

Ils nous souhaitèrent la bienvenue en leur compagnie. Nous découvrîmes alors que nous étions assis en présence de JOB, de METUSCHELAH (Genèse 5: 21-27), d’ABEL, de NOE, et de nombreux autres parmi les tout premiers ancêtres de la race humaine. Tous semblaient débordants de vigueur, sans la moindre marque de vieillesse comme ce que nous connaissions sur terre. Me revinrent alors en pensée les paroles de l’ange à Jean:

« Voici, je fais toutes choses nouvelles ». (Apocalypse 21 :5).

C’était une certitude ! Ils faisaient partie des premiers, au sein de la race humaine crée à l’image de Dieu, qui avaient expérimenté ce puissant pouvoir de rénovation. Notre visite parmi eux fut relativement longue, mais des plus agréables. Nous leur posâmes beaucoup de questions concernant les tout débuts de l’histoire de l’homme sur la terre. ADAM et EVE furent les premières créations de l’homme à l’image de DIEU. Quand nous nous levâmes pour leur dire au revoir, ils nous embrassèrent d’un baiser plein d’affection, en nous disant que nous nous reverrions.

Puis nous nous dirigeâmes, Bohémond et moi, vers un endroit plus tranquille. Nous nous assîmes pour discuter quelques temps sur les choses et les témoignages que nous venions d’entendre, car nous avions été profondément impressionnés par les paroles de ces hommes de l’Antiquité.

– Quel est donc le sens véritable, demandais-je, quelle est donc la signification suprême de la vie éternelle ? Si 4000 années n’ont engendré aucune trace de faiblesse, si elles n’ont pas diminué la vue, ni refroidi l’amour et l’ardeur de ces hommes, alors il est bien certain que l’Éternité ne le fera jamais.

Beaucoup de personnes allaient et venaient. Chacune avait une telle douceur de caractère, une telle sainte disposition, de tels sourires pleins d’amour, que cela démontrait la satisfaction et la joie de l’Éternité.

– J’étais en train de penser à un certain nombre de vieux amis et de parents qui sont encore sur terre, dis-je à Bohémond, et qui, s’ils savaient seulement ce que nous savons maintenant, conduiraient leur vie de façon bien différente. Ils s’efforceraient de se préparer pour connaître cette gloire Ö combien réelle !

– Moi-même, je désirais presque y retourner. Ne serait-ce que quelques jours. Je ferais connaître aussi à mes proches, pour qui la religion est à peine plus qu’une déclaration creuse, ce que sont les grandes réalités de ce royaume Céleste. Jamais, moi-même, JE N’AURAI PU IMAGINER LA MOITIE DE CES RÉALITES. Jamais je n’aurais pensé que ce soit GRANDIOSE.

– Dis-moi, Bohémond, j’aurais bien aimé que tu me parles un peu de ta vie terrestre et de ce qu’a été ton cadre de vie.

– Je Descends d’une dynastie de rois de sang normand qui ont régné pendant de nombreuses années à Antioche en Syrie, me dit-il. Avec l’achèvement de cette dynastie, qui a eu lieu vers la fin du XIPHIIDÉ siècle, notre famille s’est dispersée dans différents pays, mais principalement en Bohème. Elle s’est jointe rapidement aux frères bohémiens, dont beaucoup devenaient d’ardents disciples de Christ. Une grande persécution est arrivée et beaucoup ont été obligés de se cacher dans des grottes. C’est avec l’exode d’environ un millier de frères jusqu’en Pologne que sont arrivés les honorables ancêtres de ma famille. Les principes de notre foi nous interdisaient toute espèce de combat, car cela ne s’accorde pas avec l’enseignement de notre Seigneur. A cause de cela, et du fait que nous rejetions la doctrine de la transsubstantiation (*), la persécution était constamment sur nous.

Plus tard, ma propre famille s’est déplacée en direction de la Russie du Nord où nous sommes restés jusqu’à maintenant. Beaucoup d’entre eux ont prospéré (**) et sont devenues riches. Mais je suis triste de savoir que beaucoup parmi eux ont préféré les richesses terrestres aux trésors du Ciel. Si seulement ils avaient connaissance de ce qui est gardé en réserve pour tous ceux qui sont rachetés et lavés dans le sang ; tout ce dont nous jouissons maintenant. Si cela pouvait être réel pour eux comme ça l’est pour nous, je suis sûr qu’ils se secoueraient puissamment. Oh, si je pouvais leur envoyer un message d’avertissement depuis le Ciel ! Ils m’écouteraient, n’est-ce pas ?

NDT(*): doctrine catholique affirmant que le pain et le vin de la cène se transforment en corps physique et sang de Jésus; (**) De toute évidence, ces événements se passent avant que la Russie ne devienne communiste en 1917. Un certain nombre d’autres éléments du récit concordent pour montrer que ce message a été délivré au tout début du XXe siècle)

– Abraham avait une autre opinion, répondis-je :

« Ils ont Moïse et les Prophètes ». S’ils ne les écoutent pas, écouteraient-ils quelqu’un qui reviendrait de la mort ? Alors pourquoi vouloir retourner vers eux ? (Luc 16 : 27-31)

Nous restâmes assis là un long moment, évoquant toutes ces choses. Quand nous nous intéressâmes à nouveau à ce qui nous entourait, nous réalisâmes que pratiquement toute la congrégation s’était dispersée. Mais la voiture de David se trouvait se trouvait toujours près de l’entrée, où s’étaient rassemblée la foule. J’interpellai Bohémond :

– Écoute cette musique ! Est-ce que ce n’est pas magnifique ? Et ce chant… Écoute comme il est bouleversant !

Projetant nos regards de l’autre côté de l’immense voûte, dans la direction de la voiture de David, nous le vîmes nous faire signe de nous approcher. Nous y allâmes prestement, en traversant la longue allée centrale. Arrivés près du véhicule, nous découvrîmes qu’il était rempli des saints hommes de l’antiquité.

– Nous avons vu que vous étiez presque seuls, nous dit alors David, et nous avons pensé que vous aimeriez venir avec nous, à un grand service de louange pour les enfants qui va se tenir sans tarder vers la porte de Juda.

C’est avec joie que nous acceptâmes l’offres :

– Nous étions partis pour nous rendre vers le Trône, mais nous irons avec plaisir avec vous, car nous ne connaissons encore que très peu la ville.

Paul nous parla très gentiment, en riant même :

– Mes chers frères, cela fait plus de 1800 ans que je suis ici et cependant je ne connais encore que très peu la ville, bien que je me sois rendu très souvent dans beaucoup de ses différentes sections. Notre héritage est excessivement grand. Mais ne soyez pas pressés ! Toute l’éternité est devant vous ! Les immenses plaines du paradis et toutes les richesses de la cité éternelle sont à vous à jamais.

– Bien ! dit David. Montez à bord et asseyez-vous à coté de Paul et moi. Ces frères qui sont à l’arrière se feront un plaisir de converser avec vous.

Les 4 hommes se levèrent, et nous fûmes alors présentés à ELIE et DANIEL, que chacun connaît et qui sont célèbres dans le Ciel à cause de leur ardent service pour Dieu quand ils étaient sur terre. On nous présenta également à un homme nommé Artorius. C’est un nom que jamais auparavant je n’avais entendu. David nous dit qu’il était originaire du Sud de la Mésopotamie, qu’il descendait de Sem, et qu’il fut l’un des soldats d’Abraham à la bataille de Choba dans la vallée des rois (voir Genèse 14:15). Enfin, il y avait Jean, le disciple bien-aimé, dont le nom est connu de tous dans le monde entier.

– Oh, mes frères ! m’étonnai-je. Est-ce possible que nous nous trouvions ici en présence de ceux qui ont vécu il y a si longtemps ? L’idée de l’immortalité et d’une vie future, que nous chérissons tant quand nous sommes sur terre, nous est donc démontrée bien mieux que dans un rêve. Oh, qu’il est bon d’être ici ! Il y a tant de choses que j’aimerais vous demander à propos de la période antique, mais mon âme est maintenant tellement remplie de la gloire et des louanges de Dieu que je ne peux plus retenir mes sentiments.

– N’essaie pas ! dit David. Nous allons ensemble louer Dieu.

A l’avant du véhicule, Silas se leva et vint se placer à coté de David. Ils se mirent à chanter ensemble un hymne de toute beauté. Bohémond et moi, nous nous prosternâmes dans la voiture, et nous apportâmes notre adoration à Dieu, LUI le Donateur de toutes ces si bonnes choses.

– Maintenant, dit Seneca, je dois quitter ces saints hommes et leur voiture. Et je te reverrai demain. Disant ces mots, il me souhaita une bonne nuit.

AVEC L’APÔTRE PAUL

J’attendais avec impatience le retour de Seneca. Car il avait arrêté son récit au moment où la grande voiture, remplie des hommes de Dieu, se dirigeait vers l’université des enfants. Et J’avais hâte d’en connaître la suite.

J’entendis frapper délicatement à la porte et je la vis s’ouvrir. Mon ami à la barbe de soie entra.

– Content de vous voir, Monsieur Sodi ! Vous avez toujours été le bienvenu, mais ce soir, vous l’êtes encore plus que d’habitude. Tout est prêt pour recevoir votre message.

– Je vais donc te le donner, mon fils.

Et il commença.

« David conduisait le chant et la voiture avançait lentement. Quand nous eûmes fini de chanter, David s’adressa au conducteur :

– Va jusque devant l’université des enfants. Nos frères qui viennent d’arriver pourront voir ce que notre Seigneur a préparé pour les petits de Son royaume.

Nous tournâmes alors sur la droite, et nous avançâmes à vitesse relativement réduite, car nous avions beaucoup de choses à échanger en cours de route. L’Avenue était spacieuse et particulièrement belle. Nous passâmes à coté de nombreuses fontaines aux eaux jaillissantes et à coté de nombreux bosquets d’arbres de vie. Mais ils n’étaient pas là pour faire de l’ombre, car il n’y a pas de soleil brûlant qui accable la ville bénie ou le paradis. En route, je m’adressai à Paul qui était assis à côté de moi:

– C’est vraiment formidable de se trouver ici, à côté de toi. Ça me semble presque trop beau pour être vrai. Fancy a peint beaucoup de très beaux tableaux quand nous étions sur terre, dans le but de faire resplendir la toile de notre imagination en ce qui concerne le futur. Mais aucun d’eux n’a jamais égalé la réalité.

– Non, dit Paul. Il est impossible à l’homme de concevoir la gloire tant qu’il est encore dans la chair. Une fois, le Seigneur m’a donné une vision très furtive du Paradis alors que j’étais encore sur terre. Mais faire une description de cette gloire était au-delà de mes possibilités.

– Je me suis souvent demandé comment cela s’était passé. Car dans la Parole de Dieu, nous n’avons seulement qu’un bref récit, que tu nous as laissé à ce sujet:

 » Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu’au troisième ciel (si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sait). Et je sais que cet homme (si ce fut dans son corps ou sans son corps je ne sais, Dieu le sait) fut enlevé dans le paradis, et qu’il entendit des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer. » (2 corinthiens 12 : 2 – 4)

– Eh bien ! cela se passait à Lystre, en Lyconie. On m’avait jeté des pierres, puis emmené comme mort en dehors de la ville. Mais Dieu m’a relevé. Et avec des frères, je suis retourné vers la ville.

« Alors survinrent d’Antioche et d’Icone des Juifs qui gagnèrent la foule, et qui, après avoir lapidé Paul, le traînèrent hors de la ville, pensant qu’il était mort. Mais, les disciples l’ayant entouré, il se leva, et entra dans la ville. » (Actes 14 : 19-20)

– Mais cette nuit-là, poursuivit-il, je n’ai pas pu dormir. La parole du Seigneur me pesait et je n’arrivais pas à trouver le repos. Alors, je me suis levé. Seul, je suis sorti de la ville pour prier. Je me suis dirigé vers le vieux Karah Dag, un volcan éteint, et j’ai commencé à en faire l’ascension. Il me semblait être grandement aidé car un ange me tenait constamment la main. Soudain, à une courte distance au-dessus de la montagne, j’ai vu apparaître à côté de moi l’un des chars de Dieu avec son conducteur de lumière. J’ai été tellement environné par la présence de la gloire de Dieu, tellement effrayé et comme écrasé par la vue de ce char royal et de son conducteur, qu’il m’était alors difficile de savoir si j’étais mort ou si j’avais une vision. Mais je me suis bientôt retrouvé prostré dans ce véhicule céleste, tandis que nous nous élevions très haut au-dessus des colonnes des Cieux.

Ensuite, j’ai entendu des accents d’une musique qui provenait du troisième Ciel, des plaines du paradis. C’était des chants nouveaux, qu’en tant homme je n’avais pas la possibilité de répéter. J’ai ouvert les yeux un instant. J’ai jeté un regard sur le fleuve de cristal. Et j’ai entendu une voix forte qui proclamait le mystère des arbres qui se trouvait sur ces berges. Il s’agissait des derniers mots d’une prédication de Moïse à l’égard d’une vaste compagnie de Juifs – selon ce que m’en dit ultérieurement le conducteur – qui leur mettait en lumière ces choses qu’ils ne pouvaient connaître alors qu’ils étaient sous la loi, sujets à une expérience inférieure. Car tu as déjà découvert que nous avons des prédications, ici dans le Ciel, tout comme nous avions l’habitude d’en avoir sur la terre.

Nous ne sommes restés qu’un instant et le véhicule céleste s’est élancé à la vitesse du son en direction de la Terre. Quelques temps après, la vieille ville de Lystre se présentait à nouveau à ma vue. Au pied de la montagne, sous la lumière de la pleine lune, elle brillait dans toute sa beauté avec ses rues et ses dômes. Mais les gens étaient toujours profondément endormis. J’ai sauté hors de la voiture, tandis que le conducteur me disait gentiment au revoir en agitant la main. L’instant d’après, il était reparti. Au sommet du Karah Dag, j’ai continué à prier et à louer Dieu jusqu’aux premières lueurs du jour. Tant que je suis resté dans la chair, je n’ai jamais pu vraiment dire si, pour un temps, j’avais été libéré de mon corps, ou bien si c’était dans mon corps que j’avais été emporté dans la gloire. Après cette expérience, j’ai toujours eu l’immense désir de repartir et d’y rester à jamais. Partir et être avec Christ… Je n’ai jamais pu oublier les paroles de cette prédication et les accents de cette musique. Ce furent, dans ma vie, un élément de force pour traverser les nombreuses afflictions que Dieu permis de venir sur moi.

– Je me souviens des paroles de ton épître, lui dis-je :

« car Christ est ma vie, et la mort m’est un gain. Mais s’il est utile pour mon œuvre que je vive dans la chair, je ne saurais dire ce que je dois préférer. Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur » Philipiens 1: 21-23

– Absolument ! acquiesça Paul. Et si j’avais eu connaissance, dans toute leur réalité, de la félicité et de la gloire du royaume céleste, je n’aurais pas pu ensuite me satisfaire de mon sort terrestre. J’ai été l’objet de grandes faveurs de la part de Dieu. Cependant, le fait d’avoir reçu tant de révélations de Sa volonté et tant de manifestations de Sa puissance me mettait en danger d’être exagérément exalté. Mais Dieu sait toujours comment s’y prendre avec nous pour notre plus grand bien. Il y avait un homme qui m’en voulait et qui manifestait à mon égard la colère la plus amère. Il fut vraiment pour moi comme une écharde dans la chair. C’était un messager de Satan. Mais alors, la grâce de Dieu – comme en toutes circonstances – me suffisait entièrement. Et je découvrais toujours que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu.

– Je te remercie beaucoup pour ce que tu viens de me dire. J’ai comme l’impression que c’est Dieu qui t’a conduit vers moi afin que tu partages un peu avec moi ton expérience. Je m’étais souvent demandé à quelle écharde tu faisais allusion dans ton épître.

– Eh bien, voilà, me dit Paul. Ce messager de Satan, de même que les prisons, les coups de fouet, les bastonnades, les traîtrises par les faux frères, et toutes les souffrances terrestres, ne servirent qu’à mon bien. Car maintenant je suis libre de tout cela. Quelle bénédiction ! Il y a même un tel contraste que cela me permet d’apprécier éternellement les bénédictions de ce royaume-ci.

– Je vois, dit David, que nous arrivons à l’université spirituelle des enfants. Est-ce que vous les entendez chanter ?

– Mais oui ! Très distinctement.

Cependant, l’endroit était encore hors de portée de notre vue. Les rues étaient envahies de petits enfants, le plus souvent accompagnés d’anges, de mamans fidèles, ou d’autres personnes qui prenaient soin d’eux. Tous semblaient vraiment heureux. Leurs rires et leurs conversations joyeuses manifestaient un parfait contentement, une satisfaction totale. Et pourtant, nous savions qu’un grand nombre d’entre eux avaient laissé leurs parents sur la terre. Mais il n’y a ni peine ni chagrin dans le Ciel. Oh, si toutes les mamans de la terre pouvaient seulement voir, tels qu’ils sont maintenant, les enfants qu’elles ont perdus. Plus jamais elles ne pleureraient. Au contraire, elles prendraient toutes les dispositions nécessaires pour bientôt venir les rejoindre dans ces palais de lumière.

Il y avait parmi eux beaucoup de personnes plus âgées. Certaines étaient des parents qui conduisaient leurs propres enfants. Certains tout petits bébés étaient portés par les anges ou bien par des femmes attentionnées qui les serraient contre elles, car les pieds de ces enfants n’avaient jamais appris à marcher. Notre véhicule s’arrêta enfin non loin de la grande entrée au travers de laquelle il semblait que des multitudes se déversaient. Et dans toute cette foule, nul n’avait franchi depuis bien longtemps les frontières de ce domaine céleste.

Dans le ciel, les enfants grandissent jusqu’à la maturité. Chère maman qui est encore sur terre, votre petit bébé qui vous a quitté il y a bien des années se réjouit maintenant avec sa harpe d’or. Il chante et il loue Dieu dans toute sa stature et sa maturité d’homme ou de femme adulte.

Nous descendîmes de la voiture et nous suivîmes la multitude jusqu’au lieu où elle se rendait.

CHAPITRE 2 – LE GRAND AMPHITHEATRE DES ENFANTS

L’endroit était vraiment des plus beaux et sa décoration absolument indescriptible. Il semblait que tout le monde s’intéressait aux enfants. Car tous avaient apporté des fleurs célestes, très artistiquement arrangées en guirlandes d’une exquise beauté, avec toutes sortes de massifs d’arbustes fleuris d’un caractère impérissable. Je repensais à ce verset de l’Écriture: « la force et la beauté sont dans ton sanctuaire Splendide ! Magnifique ! » dis-je, dans un soupir d’admiration. Vraiment magnifique !

Les décorations au-dessus de nos têtes, les moquettes sous nos pieds, les capitonnages, les coussins, tout était de la fabrication la plus raffinée. Et il y avait aussi, pour les enfants, des petits sièges de velours céleste. Disposées à l’intention de ceux qui allaient conduire la réunion, un millier de chaînes en or étincelaient de diamants et de pierres d’une rare beauté. Au centre, on avait aménagé une immense et très belle plate-forme, sur laquelle plusieurs milliers de personnes pouvaient s’asseoir ou se tenir debout. Elle était surélevée, afin que chacun y soit bien vu ou entendu.

Elle était donc destinée à ceux qui conduisent les grandes réunions publiques. De multiples enfants remplirent bientôt ces lieux, convergeant en direction de l’immense espace central. Ils étaient escortés et guidés jusqu’à leurs places respectives. Comme tous les habitants du Ciel, ils étaient vêtus de vêtement resplendissants, du blanc le plus pur. Tous avaient franchi les portails du domaine céleste quelques part dans le paradis. Car il faut redire que c’est au paradis que les âmes arrivent tout d’abord. Elles sont ensuite préparées pour connaître une plénitude de joie en présence du ROI et dans Sa gloire.

Puis elles continuent jusqu’au trône, où la VISION DE DIEU-LUI MEME DANS TOUTE SA GLOIRE ET SA MAJESTE LES COMBLE DE BONHEUR.

Tous ces enfants étaient restés plus ou moins longtemps dans les divers lieux d’enseignement du paradis. Mais ils avaient maintenant franchi les portes de la ville avec des privilèges grandement étendus. Alors que mes yeux parcourait la multitude innombrable de ces petits, les paroles du Seigneur me revenaient avec force:

« Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. » (Marc 10:14).

Et je réalisais que n’était plus nécessaire désormais l’avertissement qui déclare:

 » si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît au cou une grosse meule de moulin, et qu’on le jetât dans la mer » (Marc 9:42)

Merci Seigneur ! dis-je intérieurement. Elle est enfin terminée la douloureuse expérience d’être giflé, que beaucoup d’entre eux ont connu sur terre. Oubliés les sanglots et les petites peines de cœur. Finis également les reproches injustifiés et les fausses accusations de la part d’adultes coléreux.

Alors que mon regard s’étendait sur ce merveilleux rassemblement, je réalisais que chacun de ces enfants possédait un passé qui lui était propre. Je me souvins alors de la petite Marie et de sa triste histoire, qu’on avait l’habitude de chanter sur terre. Une mère, qui pétrissait de la farine pour faire des gâteaux, l’abandonna pendant quelques instants. Avec sa curiosité d’enfant, voulant voir ce que c’était, la petite Marie se saisit de l’assiette qui tomba par terre et répandit tout son contenu. La mère battit alors sévèrement l’enfant disant avec colère qu’elle se trouvait toujours sur son chemin. 15 jours plus tard, la maladie emmenait vers la mort la petite Marie. Sur son lit de mort, alors qu’elle délirait, Marie demanda à sa mère s’il y aurait pour elle de la place parmi les anges.

– J’étais toujours sur ton chemin, Maman. Par moments, tu n’avais pas de place pour moi dans ton cœur. Est-ce qu’au milieu des anges je serai encore sur leur chemin ?

Le cœur brisé, la mère n’aurait trouvé aucun sacrifice trop grand pour pouvoir sauver son enfant.

La lumière du jour s’atténuait,

Et dans sa beauté le ciel souriait.

On entendit un murmure comme un écho.

L’enfant blême mourait, disant ces mots:

« Maman, dans cet endroit tout d’or,

Où les portes de perle sont si belles;

Là-haut, au milieu des anges remplis de joie,

Est-ce qu’il y aura une place pour Marie ?

« Maman, soulève-moi juste un moment.

Tu me pardonneras si je dis

Que tu étais fâchée, quand tu m’as dit

Que j’étais toujours sur ton chemin ?

« Tu avais de la peine, tout à l’heure.

J’ai pu lire sur ton front.

Mais il ne faut plus te souvenir, Maman.

Tu dois l’oublier, maintenant.

« Quand ma petite sœur m’appellera,

Et que tu n’entendras plus ma voix;

Quand elle jouera au milieu des roses,

Près de la porte de notre petite maison;

« Ne la gronde pas quand tu seras fâchée.

Dis-le-lui gentiment et avec amour.

Et vous pourrez toutes les deux habiter avec Marie,

Là-haut dans le pays ensoleillé. »

Alors, elle lissa ses ailes de neige,

Et ne les replia que pour se reposer

Contre l’épaule de son sauveur bien aimé,

Dans le ravissement d’un chant de bienvenue.

Dans le pays lumineux et doré,

Où les portes de perles sont si belles,

Elle chante maintenant avec les anges.

Oui, il y a de la place, là-haut, pour Marie.

Je me demandais si elle se trouvait quelque part au milieu de cette multitude innombrable. Chacun semblait tellement rempli de joie et de bonheur… On ne voyait pas ce sentiment de solitude et de crainte qu’ont si naturellement tous les enfants, sur terre, quand ils sont loin de leurs parents ou de leur maison. Ils paraissaient tellement lucides. Vraiment, ils appréciaient leur situation. Certains d’entre eux étaient morts n’étant que petits bébés. Ils n’avaient rien connu de la terre. Aussi semblaient-ils quelques peu amusés quand on leur parlait de leur vie antérieure, de leur commencement dans le monde.

– Combien cette scène est merveilleuse ! dis-je à Bohémond. C’est la plus grandiose dont j’aie jamais été le témoin sur terre ou dans le Ciel. Toute mon âme est émerveillée et ravie.

Nous pouvions entendre des milliers de voix qui louaient Dieu. Des voix fortes, mais avec les mots les plus doux ; et qui s’accompagnaient de harpes d’or. L’immense amphithéâtre résonnait tout simplement des mélodies du Ciel. La voiture de David était toujours sur l’avenue ; mais lui, avec le reste de notre compagnie, s’était avancé jusqu’au grand rassemblement central. Car notre Seigneur Lui-même était assis sur la plateforme, et Il bénissait la multitude qui passait devant Lui. Il y avait tant de grâce et de lumière dans cette bénédiction que les enfants faisaient éclater leur louange. Cette louange était si intelligente qu’on aurait pu penser qu’ils étaient là depuis de nombreuses années.

A cet instant, je fus particulièrement réjoui de voir ma chère mère s’avancer dans ma direction. Je l’avais quitté au moment où Moïse m’avait été présenté pour la première fois. Elle s’en était allée au-delà de la porte de la ville, ayant dû se rendre utile à un groupe de petits enfants.

– Maman ! M’écriai-je. Que je suis content de te revoir ! Est-ce que tu étais avec ces enfants après m’avoir quitté, lorsque nous étions en train de parler à Moïse ? Tu devais aller t’occuper d’un groupe d’enfants dont on entendait les chants juste au-delà de la porte.

– Oui, absolument ! Ils sont maintenant au milieu de cette multitude qui loue Dieu. Pour la première fois, ils voient la face de leur Sauveur et ils reçoivent Son chaleureux accueil.

CHAPITRE 3 – LE SERVICE DE LOUANGE

– J’aimerais savoir qui est cette personne avec toi, Maman, demandais-je. Elle me semble avoir un air de famille.

Je remarquai un sourire anxieux sur le visage de la ravissante jeune femme qui l’accompagnait.

– J’attends de voir si tu vas la reconnaître. Car tu l’as connue quand elle n’était qu’un petit bébé.

– Dis-moi, Maman !… C’est mon enfant chérie ? Qui nous a quittés quand elle n’avait que trois mois ?

– Mais oui ! C’est elle ! C’est ton enfant ! J’ai veillé sur elle depuis le jour où elle est entrée dans le paradis.

Au même instant, elle se jeta à mon cou, tout en louant Dieu avec des mots remplis de douceurs et de sentiments très profonds. Nous ne répandîmes pas de larmes, car elles n’existent pas dans le Ciel. Au contraire, ce fut un précieux moment de réjouissance comme je n’en avais jamais connu sur terre.

– Ma chère enfant lui dis-je. Je ne t’ai connue que petit bébé. Et maintenant, tu es devenue une femme… Tu sais, nous avons beaucoup pleuré quand tu es décédée. Car notre maison est devenue bien déserte. Elle a été dépouillée de toute la lumière et de toute la joie que tu avais apportées. Ta mère et moi n’étions pas des chrétiens très actifs, à ce moment-là, mais pendant de nombreux jours et de nombreuses nuits nous avons pu entendre ta voix. Comme un cri plaintif, elle nous faisait signe depuis cette ville de lumière.

– Oh ! dit Marie – car c’est ainsi qu’elle s’appelait – c’était l’ange qui m’avait transportée jusqu’au paradis. Il est retourné vous parler pour vous réconforter et vous encourager. C’est ce que plus tard il m’a dit.

– Eh bien, ma chère enfant, vraiment je suis heureux de te revoir. Plus de 40 ans après… Et tu es adulte, maintenant. Comme tu es belle ! On a dû prendre bien soin de toi.

– Prendre soin de moi ? Mais aucune âme ne manque d’attention au Ciel. C’est ta propre mère qui a été pour moi une mère, dès l’instant où ma petite vie a fait ses débuts dans le paradis. Elle apporte son assistance à un groupe de jeunes gens récemment arrivés, mais qui n’étaient pas préparés pour la gloire de la ville. Aussi ne pouvait-elle pas les quitter tout de suite.

– Mais je sais très bien où elle se trouve, dit Marie. Je suis souvent allé la voir.

– Quand nous avons quitté ta petite tombe, qui se situait au milieu de beaucoup d’autres, nous savions que tu n’étais pas perdue. Nous savions que nous allions un jour nous retrouver. Mais c’était alors comme un rêve. Et aujourd’hui, QUELLE RÉALITE ! Il est vraisemblable que ta mère a dû tout te dire ce qui concerne ta famille que tu n’as jamais connue. En tout cas, dès que nous en aurons l’occasion, nous pourrons en reparler à loisir.

– Oh oui ! Je serais ravie de t’entendre me parler de chacun d’eux, où plutôt, de chacun de nous.

– Ma chère maman… Comme je suis content que tu m’aies amené mon enfant ! Mais est-ce que tu pourras me dire quelques mots des lois de la croissance et du développement dans le Ciel ? Comment, de tout petit enfant, parvient-on à la pleine maturité que j’ai maintenant devant les yeux ?

– Eh bien, tu sais que les arbres de vie ont 12 sortes de fruits, adaptés à tous les besoins de l’âme humaine. Aucune opportunité ne manque, ici. Car les moyens de connaissances et d’instruction sont répandus en abondance, en fonction des besoins croissants de chaque âme. Cependant, la croissance et le développement de chacun dépendent beaucoup de ses propres efforts. Il n’y a que très peu de personnes inactives dans le Ciel. Les traits de caractères que nous avons développés sur terre, pendant notre période de formation, sont ici notre part jusqu’à ce qu’ils soient changés ou vaincus au cours du temps de préparation.

Chacun a une identité et des caractéristiques propres, celles qu’il a développés au cours de sa vie terrestre. Si un individu a été négligent ou indolent, il garde ici les mêmes tendances. Mais il n’y a cependant rien qui ressemble à un esprit d’entêtement ou d’obstination parmi ces enfants, ni même dans le Ciel tout entier. La volonté de chacun s’incline, dans une douce harmonie avec Dieu. Mais certains avancent plus vite que d’autres, et ceci dépend de leurs propres moyens et de l’énergie qu’ils y mettent. Ils avancent le long du chemin du développement céleste en s’appliquant à tous les moyens de l’instruction, et en utilisant judicieusement les fruits des arbres. Une loi identique prévaut ici et sur terre.

La loi naturelle étant, évidement, étendue au domaine spirituel. Nos âmes ne cessent jamais de croître, de se développer intellectuellement, et d’accroître leur compréhension des réalités éternelles. Il y a une grande perfection dans le ciel, ce qui implique un éternel progrès en direction de la plénitude de notre Père, dont nous sommes tous l’image. Mais il en est dans le royaume des cieux comme sur terre: l’essentiel de notre devoir et de notre tâche est de nous aimer les uns les autres ; et il en sera ainsi à jamais.

Je m’adressai à Maman:

– En fait, les personnes qui n’ont été séparées que peu de temps se revoient et se reconnaissent de la même manière qu’elles se revoyaient quand elles se séparaient sur terre.

– A peu près de la même manière. La seule différence c’est celle qui existe entre l’état terrestre et l’état céleste. Cependant, dans le cas de parents qui ont perdu leurs enfants alors qu’ils étaient tout petits, si ces parents sont restés de nombreuses années sur terre après cela, ils ne les retrouveront pas enfants, mais comme le tien : ils auront atteint leur pleine maturité.

– Ah oui ! Je vois. C’est vrai que ce serait très dommage s’ils restaient petits bébés ou s’ils demeuraient des enfants sans enseignement.

– Maintenant, tourne ton regard du côté de cette grande compagnie, dit Maman. Tu vois qu’un très grand nombre de classes sont formés, et que les anges, les anciens, et ceux qui ont plus d’expérience enseignent à ces enfants la connaissance du Ciel, ainsi que de nouveaux hymnes de louanges. Nous allons d’ailleurs bientôt tous ensemble chanter quelques chœurs. Et si tu n’as jamais entendu de la musique, tu vas maintenant en entendre, quand tous ces enfants apporteront ensemble à Dieu leur louange. Car la plupart d’entre eux ont déjà appris à se servir de leur harpe.

Marie, qui se tenait à 2 pas, écoutant notre conversation, s’approcha de nous.

– Mon cher papa ! Comme je suis contente de te voir ici ! Depuis combien de temps es-tu arrivé ?

– Depuis très peu de temps.

– J’espère que je vais bientôt tout savoir sur ce qui s’est passé dans notre famille depuis que Maman t’a quitté, et même avant, car tu peux me dire des choses qu’elle ne m’aurait pas dites. Je ne sais pas pourquoi j’ai été retirée de vous si tôt. Mais notre bon Père sait ce qui est le meilleur, et tout ce qu’Il fait est meilleur et arrive au bon moment. Je me souviens avoir été un petit bébé dans vos bras et sur le sein de Maman. Mais je n’ai pas beaucoup de souvenirs de la terre. On m’a dit qu’elle était très inférieure à ce monde de lumière et de joie.

Sa mémoire était au travail. Elle me prit par la main, et à nouveau elle se blottit contre mon épaule et commença à louer Dieu, avec de tels accents que semblèrent effacés pour un temps les événements de près de 40 années. Et nous étions là comme un père avec son petit enfant.

C’est alors que mes compagnons de voiture me firent signe. Ils s’étaient avancés en direction du centre du grand amphithéâtre. Nous nous dirigeâmes tous jusqu’à eux. Et à un signal donné, l’immense foule se prosterna, dans l’adoration et la louange à l’égard de Celui qui était au milieu et dont la beauté dépassait celle des fils des hommes. Beaucoup de ces enfants voyaient pour la première fois Son visage béni. Oh, quels mots d’accueil furent les Siens ! Ils reflétaient toute la grandeur de Son amour pour les tout-petits. Toutes les harpes étaient accordées sur la voix du chanteur. Nous nous levâmes tous et nous restâmes debout. Beaucoup avaient les mains levées vers LUI. Et d’une seule et puissante voix, les louanges mélodieuses des enfants résonnèrent jusqu’aux voûtes et aux dômes célestes. Avec quelle force je repensais à nouveau à ces paroles:

« Laissez venir à moi les petits enfants, car le royaume des cieux est à leurs semblables » (Marc 10:14)

J’ai découvert que ces rassemblements étaient fréquemment destinés aux enfants afin de les instruire et leur enseigner l’adoration de Dieu. Cette instruction concernait la triste réalité du péché, et le fait que sans le grand sacrifice rédempteur de leur Seigneur, aucun d’eux n’aurait jamais pu franchir les portails bénis de ce domaine céleste. On leur enseignait les souffrances et la mort du Sauveur, le péché et la terrible chute de nos premiers parents en Eden, le jugement et la condamnation venue sur tous. On leur disait aussi qu’une nuit éternelle en enfer aurait été leur sort si le Seigneur n’avait souffert et n’était mort pour eux. Je remarquai leur intense intérêt pour le récit de la croix et leur profonde reconnaissance pour ce que le SEIGNEUR JESUS avait fait à leur égard. Les marques des clous, toujours visibles sur Ses mains et Ses pieds, étaient pour eux comme une véritable leçon de choses. Le moment de la clôture arriva. L’immense congrégation se leva et le chant final commença :

Louez Dieu, le grand Auteur de tout amour !

Louez-Le, toutes les créatures qui êtes en haut !

Louez Dieu, vous qui êtes en bas, Vous Sa puissante armée !

Louez le Père, le Fils, et le St-esprit !

Comme nous chantions ce chant final, il semblait que la terre et le Ciel s’étaient unis. Le voile entre les deux paraissait vraiment très fin. En fait, nous savions que nous étions tous une grande famille, et que très bientôt tous les rachetés de la terre seraient ensemble à jamais. La bénédiction fut prononcée par notre SEIGNEUR JESUS Lui-même, avec les mots précieux de Son amour éternel. Il semblait presque qu’Il était revenu sur terre où Il bénissait les petits enfants.

Quelques instants plus tard, nous étions en train de nous disperser dans toutes les directions. Mais tandis qu’ils passaient sous la grande arche, les enfants chantaient des chants si joyeux et leurs visages étaient radieux, rayonnant une telle expression de bonheur, que cela attirait inlassablement mon attention.

– Quelle parfaite satisfaction ! dis-je. Leur joie est totale. Ils ont ici toutes les relations qu’ils ne pourront jamais désirer. Aucun d’eux n’est à la recherche d’autres relations qu’il n’aurait pas trouvées ici. Et il n’existe ici aucun danger. On ne voit donc en eux aucun sentiment de crainte. Car personne, dans tout l’immense domaine de ce royaume céleste, n’a une quelconque intention mauvaise. Chacun manifeste ainsi une paix parfaite et une totale confiance.

David vint près de moi un peu après. Il faisait vibrer les cordes de sa harpe dans une mélodie d’une douceur particulière. Il semblait apprécier le grand défilé autant que moi.

– Trouverais-tu ici un seul enfant qui aurait la nostalgie de sa maison terrestre et qui voudrait y retourner ? Lui demandais-je.

– Pas un seul, reconnut-il. Si seulement les parents pouvaient voir et connaître cette gloire dans laquelle leurs enfants sont entrés, ils n’auraient plus l’amer chagrin de les avoir perdus.

– Je me rappelle maintenant ce que tu as dit à propos de ton propre enfant, lorsqu’il est mort. Ton chagrin avait été difficilement supportable pendant sa maladie, mais lorsqu’il est mort, tu as dit:

« J’irai vers lui, mais il ne reviendra pas vers moi » (2 Samuel 12:23)

– C’est vrai, dit David, et cela fait maintenant près de 3000 ans que je suis avec lui dans cette gloire. Je l’ai suivi 20 ans après sa mort, et j’ai alors découvert qu’il avait grandi et atteint sa pleine maturité, qu’il était allé des centaines de fois dans des lieux semblables à celui-ci, et qu’il avait été très bien instruit dans les voies de la cité éternelle. »….

– Maintenant, dit Seneca, je dois te laisser te reposer. Il est tard et tu es fatigué.

– Mais, lui répondis-je, n’es-tu pas fatigué, toi aussi ?

– Non, je ne connais plus la fatigue, désormais. Mais il me tarde de retourner à la maison du Père. Dès que j’aurai accompli ma tâche à l’égard du monde, par ton intermédiaire, je repartirai très vite vers mes trésors qui sont là-haut. Reste bien disposé, mon fils. Une récompense t’attend.

Disant cela, il me souhaita une bonne nuit et disparut.

CHAPITRE 4 – PROMENADE AVEC DAVID DANS LE PARADIS : UNE PREDICATION TERRESTRE

– Tu es à l’heure Seneca. Quant à moi, je me suis reposé et je suis prêt pour mon travail.

– Je suis content de te voir de bonne humeur, dit M. Sodi, et si bien disposé. Que la bénédiction du Père Tout-Puissant soit sur toi ce soir, pendant que je te délivrerai mon message !

Nous étions en train de quitter le grand rassemblement des enfants, lorsque David, s’approchant, nous demanda s’il nous plairait de faire un petit tour jusqu’au paradis. Tandis que sa voiture s’avançait, nous acceptâmes l’invitation avec joie. Un peu plus tard, ma mère, ma fille, et moi-même, nous sortions de la voiture à 1000 lieues de la porte de Manassé. C’était pour nous un endroit nouveau du paradis. Il était vraiment beau.

– Je viendrais vous chercher plus tard, dit David. Faites ce que vous voulez ! Passez un agréable moment !

Et la voiture s’en alla.

Je vis au loin une autre voiture qui réduisait son allure. 4 personnes revêtues des vêtements du Ciel étaient assises à l’intérieur. Mon regard fut particulièrement attiré par l’une d’entre elles. L’homme n’était vêtu que d’une simple robe blanche. A l’instant où il réalisa qu’il avait franchi l’entrée du paradis, ayant ouvert les yeux sur cette gloire qui s’offrait à lui, il tomba le visage contre le sol, profondément ému, exprimant des louanges et en même temps des regrets de sa vie passée. Sa confusion était grande, face à cette gloire dont il se sentait si indigne. Il essayait de louer Dieu mais il ne pouvait lever les yeux de honte. Il était presque nu. Un des saints qui semblait comprendre la situation, s’adressa à lui.

– Vous êtes sauvé ! Ne pensez plus à votre passé ! Dieu ne se souvient jamais de ce qu’il a pardonné.

– Oui, bien sûr, mais je suis si indigne… Les anges m’ont assuré que la porte me serait ouverte. Il n’y a quelques heures à peine, j’étais un pécheur perdu, très éloigné de Dieu. Je viens d’être arraché des griffes de la mort éternelle. Mais, dites-moi : est-ce que je suis au CIEL ?… Je ne pourrais jamais oublier la prédication. Oh, COMME JESUS s’est révélé A MOI… Il m’a apporté le repos et la paix. J’étais sur mon lit de mort. Une réunion a été organisée et la maison était pleine de monde. Et ça, pas plus tard que la nuit dernière. Oh, je vous en prie, dites-moi : Est-ce que je suis au Ciel ?

– Vous êtes sauvé, reprit le saint. Vous êtes arrivé à la maison en toute sécurité. Mais pourriez-vous peut-être nous répéter un peu ce que disait cette prédication.

– BIEN SUR QUE JE LE PEUX ! ET MEME CHAQUE MOT :

« Osée 10:12 : « C’est le moment de chercher le Seigneur ».

A 5 h du matin, quand apparaissent les premières lueurs du jour, tu demandes :

– « Est-ce le moment de chercher le Seigneur ? » Une voix venant du Ciel murmure :

 » Ceux qui me cherchent au point du jour, me trouveront. » (Proverbes 8:17).

A 7 h, tu demandes à nouveau :

– « Est-ce maintenant le moment de chercher le Seigneur ? » Une voix qui vient du trône reprend :

 » Souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse » (Ecclésiaste 12 :3)

Quelle belle lumière entoure le front de l’enfant de Dieu qui, de bonne heure, a appris à murmurer le Nom de JESUS ! Quelle source de joie pour lui ! A nouveau à 9 h du matin, la cloche sonne et te demande :

– « Est-ce l’heure de chercher le Seigneur ? » La conscience tremble et répond :

– » Je suis déjà passé souvent devant la porte ouverte de la grâce et les péchés de ma jeunesse se sont multipliés. » Tu écoutes la voix et tu l’entends te dire :

– « C’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du salut ». Midi a déjà sonné pour beaucoup d’âmes qui sont ici. La plus importante partie de votre vie est déjà passé. Elle est derrière vous. Les opportunités bénies de la jeunesse et de l’adolescence ne reviendront PLUS JAMAIS VERS VOUS. Et pourtant vous dites encore, sur un ton d’indifférence :

– « Est-ce que c’est le moment pour moi de chercher le Seigneur ? »… Maintenant Satan commence à murmurer à ton oreille:

– « Ton cœur s’est endurci. Ce n’est pas facile de te repentir avec tous les soucis que tu as ». Mais le prédicateur continue:

– « Lève les yeux. Tourne ton regard vers le haut et écoute. Tu te demandes : Que dois-je faire pour être sauvé ? Tout ce qui est en toi te dit :

– Repens-toi ! Repens-toi ! » L’écho revient maintenant du Ciel comme s’il sortait de la trompette de Dieu :

– « Repens-toi et crois au message de l’Évangile. Viens à moi et je te donnerai du repos. Le jour où tu me chercheras de tout ton cœur, tu me trouveras ».

– « Considère ta situation comme Dieu la considère. Regarde combien le temps qui te reste est court alors qu’une grande préparation t’est nécessaire. Pense à ta responsabilité devant Dieu. Bientôt, tu te tiendras devant Lui, et tu rendras les comptes impartiaux de ta gestion. Pense à ce que tu répondras à Celui qui est assis sur le trône, quand Il dira :

« Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces ? » (Matthieu 22 :12).

Pense à ce que tu ressentiras quand tu te trouveras dans cette situation. Ta confusion sera telle que tu resteras sans voix. Alors tu te rappelleras les jours où se déversait si souvent sur toi la pluie de la grâce céleste ; mais ton cœur alors ne produisait en retour aucun fruit de justice. Pense au figuier stérile qui, pendant tant d’années, a eu sa place dans la vigne. Sa terre avait été travaillé. Il avait été régulièrement arrosé. Mais il n’a pas porté de fruits. Alors, tu imploreras la clémence. Mais essaie d’imaginer ce que sera ton chagrin. Pense à la douleur qui sera la tienne à ces mots: « Qu’on le coupe et qu’on le jette au feu !…

Regarde les mauvaises herbes qui pendant si longtemps ont poussé dans ton cœur et répandu leur semence dans d’autres sols autour de toi. Pense à la moisson de ce que t’as semé.

« Ce qu’un homme a semé, il le récoltera ». Pense à l’homme riche dans les tourments, qui ne se souvient du bien que pour éclairer son chagrin, et qui sait qu’il aurait pu s’y prendre autrement avec son âme, mais qui maintenant, dans le tourment, voit Lazare au loin dans le sein d’Abraham. »…

« Alors que toutes ces considérations sont devant toi, dépêche-toi de courir vers Lui, qui seul est capable de te sauver. Je t’en prie : ne vis pas un instant de plus comme si n’existait ni la fosse de la mort, ni le tribunal du jugement. Fais preuve de prudence ! Regarde le danger en face ! Projette-toi dans le futur, au jour où seront devant tes yeux un Dieu de jugement et un monde de flammes. Alors, viens te réfugier auprès de ton Dieu pour fuir la colère à venir. »

A ces mots, l’homme inclina la tête à nouveau, et avec des sanglots d’émotion mêlés de joie et de désolation, il se leva.

– Oh merci, mon Dieu ! dit-il. Je me souviens de tout ce sermon et j’étais en train de prier avec ardeur quand le char de Dieu est venu me chercher. O combien j’ai eu et j’ai encore la haine de chaque péché que j’ai commis dans le passé ! Oh oui, j’aime Dieu. Je LUI appartiens à jamais. Alléluia ! ET GLOIRE A JESUS !

Un groupe s’était formé autour de lui pour entendre cette prédication. Quand il eut terminé, nous nous unîmes tous dans une acclamation de louange à Dieu.

– Mais c’est vrai ! réalisa t’il. JE SUIS AU CIEL… Que Dieu soit remercié pour Sa miséricorde éternelle ! JE NE SUIS PAS EN ENFER. JE SUIS AU CIEL ! »

Quand ce sermon fut terminé, ma mère et ma fille s’approchèrent de lui.

– Cher frère, nous nous réjouissons avec vous de ce que vous soyez au Ciel. Vous voyez quelle a été votre folie de ne pas vous être mieux préparé pour ces lieux de lumière et d’amour. Mais soyez fidèle dans toutes les opportunités qui vous seront offertes pour votre croissance. Ceux qui vous escortent vous conduiront dans les voies et les lois de ce royaume céleste.

Moi aussi, je lui adressai quelques mots de réconfort. Et il recommença à louer Dieu.

– Oh, JE BENIS DIEU POUR CE PRÉDICATEUR. SES PAROLES VENAIENT TRES CERTAINEMENT DU ST-ESPRIT. Elles ont touché mon âme comme une flèche.

A ce moment, un ancien s’approcha.

– Réjouis-toi, mon frère, les anges t’ont amenés en toute sécurité jusqu’à ce paradis. Tu es même à l’intérieur, très loin de la porte d’entrée. Beaucoup de saints des temps anciens passent une grande partie de leur temps sur le seuil du paradis et apportent leur assistance à tous ceux qui y arrivent. Cependant un grand nombre d’entre eux viennent juste de se rendre à de grandes rencontres de louange à l’intérieur de la ville, et ils n’en sont pas encore revenus. Mais l’ange t’a amené ici. Sois attentif à toutes les opportunités qui s’offrent à toi, car beaucoup de choses t’attendent.

– Oh ! Faites-moi seulement savoir ce que je dois faire pour être en harmonie avec ce saint lieu. Oh, le Ciel, Tu es à moi ! Mais est-ce que je suis entièrement purifié de mon péché ? Est-ce que DIEU va m’accepter et m’accueillir ?

– Certainement ! dit l’ancien. Quand tu seras préparé pour la lumière et la gloire de la ville, tu seras emmené jusqu’à ses portes et tu seras introduit à l’intérieur avec l’accueil du Seigneur. Si tu t’attardes parmi ces arbres, ne soit ni inquiet, ni agité, ni négligent. Tu peux apprendre presque tout l’éventail des grâces chrétiennes. Prends très librement des 12 sortes de fruits de ces arbres pour t’en nourrir. Ils communiqueront la lumière, la vie et la grâce à ton âme. Approche les feuilles de tes narines et que ton cœur aussi y soit attaché. Et aucune trace de mal ne persistera en toi.

Nous vîmes à cet instant la voiture de David qui arrivait dans le lointain.

CHAPITRE 5 – LES MARTYRS DANS LE CIEL

La voiture de David était maintenant arrivée et il y avait avec lui plusieurs nouveaux venus. Ceux-ci avaient été sur terre des saints à part entière. Ils étaient en train de glorifier Dieu dans des acclamations de louange. Leurs visages rayonnaient de la lumière du Ciel.

– Je vous reverrai plus tard. Allez où vous voulez. Je dois emmenez ces chers frères en amont du fleuve, du côté de la porte de Manassé, où ils passeront un peu de temps parmi les arbres que vous pouvez voir, là-bas, dans le lointain.

Au moment où le véhicule démarra, les cordes de la harpe de David vibraient aux accents du Psaume 24, que tous se mirent à chanter. Ma mère me dit alors :

– Il y a là-bas 4 personnes qui arrivent et que je voudrais te présenter. Ce sont de très belles âmes, les plus joyeuses qu’il m’ait été donné de rencontrer depuis longtemps. Je les ai souvent rencontrés dans la ville et je les connais bien. Alors que ces esprits s’approchaient, je demandai à Maman qui ils étaient.

– Des martyrs, répondit-elle. On les a brûlés au bûcher à cause de leur témoignage pour notre Seigneur.

– Comme j’aimerais les rencontrer…

– Moi aussi ! dit Marie.

Ils étaient maintenant tout près de nous. UN MERVEILLEUX HALO DE GLOIRE LES ENTOURAIT.

– Bonjour, dit Maman.

Tout le monde en effet dit « Bonjour » dans le Ciel, même longtemps après être entré dans le paradis ou longtemps après franchi les portes de la ville. C’est toujours comme si la matinée venait juste de commencer. On se sent tellement bien, tellement heureux, et le cœur si lumineux. Ils lui rendirent son bonjour avec un gracieux mouvement de la tête et ils lui serrèrent la main. Nous leur fûmes présentés et une conversation très vivante s’en suivit. Ce fut vraiment un entretien joyeux. Leur rire était saint et céleste, et leurs expressions de joie remplissait mon âme de bonheur et de louange de Dieu.

– Ma mère vient juste de me dire que vous êtes de ceux qui ont souffert le martyre pour l’amour de JESUS.

– C’est vrai, dit l’un d’eux. Nous gardons comme si c’était hier le souvenir de ces jours d’affreuses persécutions. Mais plusieurs centaines d’années se sont écoulées depuis, et nous sommes ici largement récompensés pour cela. On avait essayé de nous forcer à renier notre foi. Mais non, ce n’était pas possible ! Les paroles de notre Seigneur étaient trop près de nos cœurs. Il avait dit :

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent pas tuer l’âme. Craignez plutôt Celui qui est capable de détruire à la fois l’âme et le corps dans la géhenne (enfer) » (Matthieu 10:28).

C’est vrai, nos souffrances ont été intenses. Mais elles ont pris fin rapidement. Et immédiatement, nous avons été introduits dans cette gloire. Et en bondissant hors de nos corps, nous avons crié VICTOIRE SUR LE FEU ET SUR LES ENNEMIS.

Comme ils prononçaient ces mots, je repensais à la parole de l’Écriture, lorsque Jean, le disciple bien-aimé, dit ceci :

« Je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu’ils avaient rendu. Ils crièrent d’une voix forte, en disant: Jusqu’à quand, Maître saint et véritable, tarde-tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre? Une robe blanche fut donnée à chacun d’eux; et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu’à ce que fût complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux. » (Apocalypse 6 : 9 – 11)

– Oui, c’est bien cela ! dirent-ils ensemble. Et notre repos aura été des plus doux, au milieu de ces berceaux de verdure du paradis, et permis les gloires de la vie éternelle.

– C’est ici, dit l’un d’eux, comme sur la terre lorsque de vieux soldats qui ont fait une guerre se retrouvent : ils ont ensemble de bonnes parties de rigolades et ils évoquent aussi les souvenirs de leurs affreux combats. Nous étions en chemin pour une grande réunion qui concerne ceux, ayant été martyrs et qui ont professé notre Seigneur pendant les sombres périodes de persécution que la terre a connues. Dans peu de temps, vous allez voir beaucoup de voitures emmenant des milliers d’entre eux à ce que nous appelons « notre excursion sur les collines ». ça nous ferait plaisir que vous veniez avec nous. Marie eut la réplique rapide :

– Oui, oui ! Allons-y !

Nous nous joignîmes à eux sans plus tarder, et nous marchâmes jusqu’à la station toute proche. En attendant un véhicule, je dis à ma mère et à Marie :

– Vraiment je suis très content d’aller à cette rencontre. J’ai tellement entendu parler des jours terribles de la persécution, et de ces milliers de chrétiens qui ont été tués par le feu et par l’épée. A Rome, la persécution de Néron a été une époque effroyable, tant il a fait brûler de chrétiens. Il enduisait de poix leurs corps dévêtus et il les transformait en torches pour la nuit. Le cri de leur agonie était la musique de ses courses de chars.

– C’était terrible ! dit Maman. Mais maintenant, ils sont tous ici. Et la gloire de Dieu est sur eux. Nous allons sans aucun doute rencontrer bientôt un grand nombre d’entre eux.

– Regardez ! S’écria Marie. Vous voyez les voitures qui arrivent ?

– Ah oui ! Là-bas, très loin ! Dis-je. Mais leur route passe-t-elle par cette station ?

– Je pense que oui, dit l’un des saints.

Disant cela, il agita sa cape flottante. Un conducteur le vit et fit un virage dans notre direction. Comme il se rapprochait, je remarquai qu’il y avait plusieurs voitures attachées, un peu comme les trains sur terre. Je ne connaissais pas encore le mode de propulsion des véhicules célestes, mais c’était quelque chose ressemblant à des courants électriques terrestres qui faisait se mouvoir puissamment les merveilleux rapides du Ciel. Mais je te reparlerai de cela plus tard, si tu le veux.

Ce convoi céleste ralentit en s’approchant de nous. Puis nous montâmes à bord. Nous fûmes accueillis par plusieurs centaines des plus joyeuses personnes que j’aie pu rencontrer au Ciel. Nous repartîmes à une VITESSE PRODIGIEUSE, en direction des parcs de récréation et des régions montagneuses du paradis. Nous ralentîmes enfin au milieu d’une foule immense, qui s’étaient rassemblée de toutes les sections de la ville, et qui composaient ceux qui avaient été décapités et martyrisés pour l’amour de CHRIST.

Un grand nombre d’entre eux avaient souffert la prison, avec des interrogatoires et des supplices, des tourments et des tortures que personne n’a jamais relatés. D’autres avaient été déchiquetés par les bêtes sauvages, dans des arènes, pour le divertissement des méchants. Nous vîmes un grand nombre de ceux auxquels il est fait allusion dans le Saint Livre qui repose maintenant sur ta table. Car il parle de Gédéon et de Barak, de Samson, de Jephté, de David, de Samuel, des prophètes et des autres qui ont connu l’épreuve cruelle de la moquerie et du fouet, ou les chaînes et la prison. Nous vîmes ceux qu’on avait lapidés, sciés en deux, torturés, ceux qui moururent tués par l’épée, ceux qui errèrent ça et là, vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités. Eux dont le monde n’était pas digne, et qui errèrent dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre (Hébreux 11: 32, 35-38)

Il y avait parmi eux Jacques, qu’Hérode tua par l’épée. Il y avait Etienne, qui fut lapidé. En fait, presque tous les apôtres étaient là. Nous vîmes aussi Latimer et Thomas Hawks, et une centaine d’autres à côté d’eux qui avaient souffert en martyre en Angleterre sous le règne de celle qu’on avait appelé Marie la sanglante. Mais avec les milliers d’autres qui avaient scellé leur témoignage avec leur propre sang, ils étaient vraiment les plus joyeux de tous les hommes que j’avais pu rencontrer dans le domaine céleste.

Pendant tout le temps que se déroula ce grand rassemblement, j’eus sous les yeux le spectacle de la joie débordante et des acclamations de louange de cette grande armée de saints, que ni le feu, ni l’épée, ni la prison, n’avait pu détourner de la proclamation de JESUS.

Je pensais en permanence à ce verset de l’Apocalypse de Jean où il est dit:

« Je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de JESUS et à cause de la parole de DIEU, et de ceux qui n’avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n’avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant 1000 ans. » Apocalypse 20:4 .

L’Apôtre Paul s’approcha de nous. Voyant que j’étais un nouveau venu à cette grande festivité, il me demanda :

– As-tu été martyr pour JESUS ?

– Non ! Mais je L’aime intensément. J’espère ne pas être un intrus.

– Oh, non ! reprit-il. Tu es tout à fait le bienvenu parmi nous.

Je fus alors enhardi pour lui demander une explication quant à ce verset que je viens de citer.

– Mais certainement, dit-il. Cette foule immense, qui a souffert pour CHRIST sur la terre, règnera également avec Lui sur la terre. Nous sommes bientôt à l’aube du Millénium. Et pendant 1000 ans, ceux-ci seront grandement honorés au sein de la multitude céleste, quand le SEIGNEUR retournera sur terre avec tous Ses saints. Ils régneront avec Lui. C’est un honneur qui appartient à tous les martyrs. Car ceux qui souffrent avec LUI régneront avec LUI.

Quand la grande assemblée eut terminé sa session de travail – car au Ciel on s’occupe de beaucoup d’activités et en comparaison les affaires terrestres sont un peu des jeux d’enfants – alors vint ensuite le service de louange. L’enthousiasme et l’activité spirituelle étaient tels qu’ils feraient rougir de honte la plupart des cultes de l’église terrestre. Les harpes et les autres instruments célestes à cordes, dans les mains de ces choristes entraînés, faisaient tout simplement vibrer les voûtes et les dômes du Ciel. Les âmes qui avaient connu l’épreuve et la souffrance, telles celles qui composaient cette immense assemblée, produisaient les plus douces et les plus belles mélodies qui soient. Je fus vraiment complètement déconcerté et ahuri en considérant le développement et les capacités de l’âme humaine dans le Ciel. Il y eut ensuite un pique-nique céleste.

Il y avait tant de joie et de satisfaction, tant de démonstration de louange et de victoire, que rien sur la terre ne pouvait être comparé à cela. Des fruits de toutes sortes, avec les épices et les mets du monde éternel, étaient préparés pour le repas. C’était les anges qui s’affairaient à ce service. Ce fut difficile pour moi de réaliser toute la multitude de bonnes choses qui avaient été préparées pour ces saints. Il y en avait une telle abondance…

Après que tous eurent mangé, ils commencèrent par milliers à aller se promener à travers les vallées et les collines, et parmi les montagnes du paradis. Partout, dans les lieux environnants, abondaient des gorges immenses avec des cataractes prodigieuses, ainsi que des paysages de toute beauté, avec partout des endroits de repos et de récréation. Des parterres de fleurs constamment épanouies, des bosquets d’arbres et des tapis herbeux, avec leurs variétés infinies, apportaient leur intarissable récompense à ceux qui, dans ce paradis béni, se reposaient avec une satisfaction éternelle de leurs œuvres terrestres.

I – PAS DE SEGREGATION AU CIEL

A la fin du grand rassemblement, ma mère vint vers moi.

– As-tu remarqué, mon fils, qu’il n’y a pas de ségrégation raciale dans le Ciel ?

– Il n’y a pas de distinctions entre les races, Maman ?

– Des distinctions, si. Mais pas de ségrégation, pas de préjudices occasionnés par la race. Le corps qu’on pouvait avoir sur terre n’engendre ici aucune différence. Toutes les âmes ont une blancheur immaculée et il en est de même de leurs robes. Quelle qu’ait pu être la condition physique sur terre, nous sommes tous ici une seule famille, enfants d’un même Père. Est-ce que tu vois ce groupe de chanteurs là-bas ?

– Oui, Maman, tout à fait.

– Eh bien, tous étaient noirs américains. Certains, comme esclaves, ont beaucoup souffert sous le joug de leurs vieux maîtres. Viens avec moi ! Allons leur parler un moment.

Nous nous approchâmes. Et à ma grande surprise, je reconnus l’un d’eux. Quand nous fûmes face à face, j’eus un instant d’hésitation. Puis j’osai.

– Mais je ne me trompe pas ! Rastus, c’est bien toi ?

– Oui, c’est bien moi ! Mais vous-même qui êtes-vous ?

– Regarde-moi bien !…Ce qu’il fit. Et il commença bientôt à sourire.

– Mais oui, je vous connais, Monsieur Sodi. Vous nous avez un jour donné une prédication. C’était sur un bateau, sur la Mer du Nord, entre gens de couleur.

A ces mots, il me tendit la main.

Je l’avais connu dans mes jeunes années. J’avais eu des relations de travail avec son vieux maître, dans le Sud. Il avait été noir comme l’ébène et très ignorant. Mais son visage brillait maintenant de l’éclat du Ciel lui-même, et ses vêtements étaient du plus pur.

– Que je suis content de vous rencontrer ! me dit-il.

– C’est réciproque, répondis-je. Mais tu as tellement changé… N’y a t’il pas de visages noirs dans le Ciel ?

– Non ! Nous sommes tous blancs ici ! Nous sommes l’image parfaite du Seigneur.

Je lui demandai ce que pensait son vieux maître de cette grande exaltation dans laquelle nous étions entrés.

– Mon maître ? Je crains qu’il ne soit pas ici… Je ne l’ai jamais rencontré depuis le jour où je lui ai échappé. J’étais allé dans le Nord de la Russie avec le bateau que vous connaissez. Il m’avait durement fouetté et j’étais déterminé à ne plus jamais l’être. Quand le bateau a été plein de balles de coton, je me suis caché entre les balles jusqu’à ce qu’il soit au large. J’ai dû ensuite sortir de ma cachette à cause de la faim et de la soif. On m’a menacé plusieurs fois de me jeter à la mer, comme Jonas. Mais ma vie a été épargnée. Et j’ai pu m’échapper en arrivant en Russie. Je ne l’ai jamais vu dans ce monde céleste. J’ai croisé des multitudes de rachetés. Je me suis rendu dans de très nombreuses sections de la ville. Mais je ne l’ai pas rencontré. Je crains qu’il ne soit ici. Il avait bien l’habitude d’aller aux cultes de son église ; le dimanche, il faisait une bonne profession de foi. Mais le reste de la semaine, il vivait sans Dieu et il était dur avec ses enfants ; et encore pire avec nous, ses esclaves. J’ai été amené à réaliser la profondeur de la folie de ceux qui servent le Seigneur le 7eme jour de la semaine, et le diable les 6 autres jours. Ils s’efforcent d’être bons le dimanche, mais se laissent diriger par le diable le reste de la semaine. Oh, que j’étais pauvre dans le monde…

Ma cabane n’avait pas de fenêtre. Nous n’avions pas le moindre chiffon en guise de tapis. Pas le moindre dessin accroché au mur. Pas la moindre fleur dans notre jardin. Nous n’avions même pas de jardin ; et le coton poussait à même la porte. Mais ici, tout m’appartient ! Tout ce que mes yeux peuvent voir est à moi. Et tout appartient aussi à tous ces autres gens tout autant qu’à moi-même. Je peux aller partout où j’ai envie d’aller. Je peux me promener le long des rues et sur les longues avenues, dans un sens ou dans l’autre. Je peux franchir les portes de la ville dans les magnifiques chars de Dieu et aller dans les régions innombrables du paradis. Le Seigneur JESUS m’a donné la LIBERTE TOTALE. Il m’a dit: « VA PARTOUT OU TU AS ENVIE D’ALLER. MANGE LES FRUITS DE TOUS LES ARBRES QUE TU VEUX. ESCALADE LES MONTAGNES. VA DANS LES VALLEES ET LE LONG DES FLEUVES. QUE TON AME SE BAIGNE DANS LE SOLEIL DE L’AGNEAU, QUI EST LA LUMIERE DE TOUTE CETTE CITE CELESTE ET DE CE PARADIS ».

– Eh bien, Rastus, je suis vraiment content de te rencontrer ici et de voir comment Dieu t’a sorti de la poussière et du fumier pour faire de toi un prince parmi Ses saints.

– Oui ! Eh bien moi, je suis encore plus content que vous ne pouvez l’être ! Je suis l’objet de Sa grâce et vous en êtes témoin. Mais quand donc êtes-vous arrivés dans la ville ?

– J’en suis à ma première visite du paradis, après être entré une seule fois dans la ville, lui dis-je. Je viens tout juste de commencer à entrevoir mon héritage.

– Jamais vous ne serez fatigué de regarder aux grands mystères de la cité éternelle. Et jamais non plus votre cœur ne se flétrira sous le souffle froid du monde du péché. Mais au contraire, il va déborder avec les plus hautes émotions de la louange. Vous voyez cette harpe – qu’il ôta d’autour de lui et dont il commença à gratter les cordes – je la tiens toujours accordée pour louer le Seigneur JESUS. Oh, si seulement un jour, sur l’une de ces routes, je pouvais rencontrer mon vieux maître… Alors, je crois bien que les anges auraient à faire le premier reproche du Ciel en me disant: « Ne joue pas si fort à cet endroit ! tu déranges les enfants de la 4eme Avenue ! » Mais je crains plutôt de ne jamais le rencontrer.

Car Dieu dit qu’il n’entrera dans la ville jamais rien de souillé, ni personne qui se livre à l’abomination et au mensonge, mais qu’il n’entrera que ceux dont les noms sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau. Mon maître violait les femmes de la plantation et il incitait les autres à faire de même. Et il faisait encore d’autres abominations. ça ne se terminait jamais. Et le dimanche, il dissimulait tout cela, et avait l’apparence d’un saint homme. Oh, comme je crains que ses pleurs soient aujourd’hui sans plus espoir et qu’il n’atteigne jamais le trône. Et pourtant, qui sait si un jour un ange ne viendra pas me dire: « j’ai une bonne nouvelle pour toi. Ton vieux maître est enfin en train de prier avec sincérité et de se laver avec ses larmes et avec le savon de la parole ». Alors cette vieille harpe commencera à jouer sur le ton le plus élevé, jusqu’à ce que l’ange me dise : »Rastus, tu ferais mieux de prendre plus bas, en fa, car ton vieux maître est lépreux des pieds à la tête et il va devoir « se plonger sept fois dans le Jourdain » avant d’être propre ».

– Dis-moi, Rastus, qu’en est-il des autres esclaves ? Est-ce qu’il y en a beaucoup dans le Ciel ?

– Oh, mon cher Monsieur Sodi ! Je pense que vous ne les avez pas reconnus depuis qu’ils ont revêtu leurs habits de lumière à la place de leurs vêtements tout noirs. Ils sont des multitudes ici, et ils chantent dans les chorales avec les autres gens. Et bien souvent, leurs voix sont plus fortes. Évidemment, ils ne sont pas ici en totalité. Beaucoup d’entre eux étaient aussi hypocrites que leurs maîtres. Certains étaient violents et terrorisaient les autres. D’autres ne croyait pas en Dieu. D’autres étaient fournisseurs et menteurs. Et Dieu dit que tous ceux-ci auront leur part dans l’étang de feu et de souffre (**). Oh, si seulement je pouvais retourner sur terre et les revoir une dernière fois ! Je prendrais cette harpe, je leur montrerais cette robe, je leurs apporterais une grappe de ces fruits. Ils me croiraient ; bien qu’ils ne croient ni Moïse, ni les prophètes.

– Rastus ! Te voir aura été pour moi une rencontre bien intéressante.

– Pour moi aussi, dit Rastus. Mais je vois que ma compagnie se disperse. Il faut que j’y aille aussi. A bientôt ! Nous nous reverrons, j’en suis sûr.

Me disant ainsi au revoir, il disparut parmi les voitures et les milliers qui s’en repartaient de ce grand rassemblement des martyrs.

– C’est vraiment une bénédiction, dis-je alors à ma mère, qu’il n’y ait plus ici le moindre sentiment de ségrégation, à l’égard de quiconque a été jugé par Dieu apte à franchir les portes.

– Oui, dit-elle, nous venons de toutes les Nations, de toutes les races, de toutes les langues, de tous les peuples. Et tous sont à l’image de leur Seigneur ; bien que tous aient gardé une ressemblance particulière avec ce qu’ils étaient auparavant sur terre. Mais regarde ! David arrive avec sa voiture.

(*) VOIR: 2 Rois 5: 1-14

(**) VOIR: Apocalypse 20: 11-15 et 21: 22-27

Quelques instants plus tard, nous étions assis avec lui, et nous filions à très grande vitesse en direction de la porte de la ville. Nous entrâmes par la porte de Manassé et nous nous arrêtâmes enfin près de la grande université des enfants. Maman et Marie sautèrent au-dehors et je leur dis au revoir :

– J’espère vous revoir bientôt.

Car David avait dit :

– Je vais t’emmener et nous allons prendre certaines des grandes avenues qui conduisent jusqu’au trône. Je vois que ton cœur est tourné dans cette direction et il m’a été demandé d’être ton serviteur pour un temps.

Alors, nous nous engageâmes dans les rues et les avenues, filant à une vitesse prodigieuse. Puis, on commença à distinguer, dans le lointain, la lumière qui émane du trône. Même les arbres alignés le long des grandes artères, un peu comme ceux qui, sur terre, sont là pour ombrager les rues, semblaient avoir comme des diamants et des rubis étincelants suspendus à leurs branches ; et les palais célestes semblaient en être parsemés de la même manière.

Nous arrivâmes ensuite sur une très large avenue qui conduisait jusqu’au trône. Des milliers d’âmes glorifiées se déplaçaient en direction du trône ou en revenaient. Certaines marchaient, engagées dans de saintes conversations. D’autres se trouvaient dans des véhicules célestes et portaient sur elles la joie et le repos du Ciel. Je me tournais vers David.

– En même temps que je suis impatient d’aller jusqu’au trône, lui dis-je, j’ai aussi le profond désir de revoir celle qui a été l’intime compagne de ma vie. On m’a dit qu’elle se trouve à un endroit assez éloigné, dans le paradis.

– Pourquoi ne l’as-tu pas dit quand nous étions dans le paradis ? S’étonna David. Nous aurions pu y aller rapidement. Mais je vais changer de direction et m’y rendre tout de suite. Parce que je la connais bien, et elle sera très contente. Et moi, je serais très content de te rendre le service de faire ce grand voyage d’agrément. Est-ce que tu as une préférence pour un itinéraire, me demanda t’il en faisant demi-tour ?

– Non, aucune. Je ne connais pas la route. Mais si tu peux passer vers l’université des enfants et prendre ma mère et Marie. J’ai une telle ignorance des itinéraires qu’il faut que tu choisisses à ma place.

– Avec grand plaisir ! dit-il.

Et A LA VITESSE DU SON, nous filâmes en direction de l’immense amphithéâtre. Il ne nous fallut pas très longtemps pour nous retrouver à son entrée…..

Seneca me dit alors :

– Tu as suffisamment écrit pour ce soir. Remets tout ceci correctement en forme et je te reverrai selon notre habitude. Puis il me souhaita une bonne nuit.

II – SENECA REVOIT SA FEMME DANS LE PARADIS

Je dois avouer très sincèrement qu’en ce moment-là, j’étais tellement transporté par les merveilleuses révélations de Seneca Sodi, que j’avais du mal à penser à autre chose, le jour comme la nuit. Après son départ, la nuit, je rêvais que j’étais au Ciel et que je marchais dans les mêmes rues où il m’avait emmené en vision. En me réveillant, quelle déception de ne pas y être…

Mais c’était à nouveau l’heure de son retour. Mon manuscrit était prêt ; et tout le reste. J’attendais réellement son arrivée avec impatience, car il me tardait vraiment de repartir pour le paradis et en outre, de voir comment le Ciel, les saints se rendent service les uns les autres. J’entendis frapper à la porte. Seneca Sodi entra et me dit bonsoir. Il s’approcha et me toucha la main. Ce fut une sensation étrange, un attouchement particulier que seul un corps spirituel peut communiquer. Je l’invitai à s’asseoir. Mais il me demanda :

– Où est ton manuscrit ? Il le parcourut rapidement, souriant et approuvant de la tête.

– Je crains seulement, dit-il, que nous n’ayons pas mis comme nous aurions dû, dans le message, ce qui concerne l’état de mon âme et de mon esprit. Mon souci ardent est que cela se voit de lui-même par tous ceux qui le liront. Car il faut qu’il sente l’importance d’une préparation adéquate, opportune et équitable pour la vie future. Les hommes ne savent pas ce qu’ils font quand ils prennent avec légèreté les grandes réalités du monde éternel. Mais quand toi, mon cher fils, tu auras fait de ton mieux, Dieu bénira tes efforts comme les miens. Car ils ont été pris en compte.

Après que je l’eus assuré de faire tout ce que je pourrais pour faire connaître fidèlement son message, il prit un siège et s’assit à côté de moi. Et il commença ainsi…

Nous en étions restés, la dernière fois, au moment où la voiture de David arrivait à l’entrée du grand amphithéâtre des enfants. Nous avions en vue un déplacement jusqu’à un endroit assez éloigné d’où nous étions, dans le paradis. J’étais très impatient de voir celle qui avait été mon intime compagne. On m’avait dit qu’elle s’occupait, avec un millier d’autres personnes, d’un très grand nombre d’âmes récemment entrées dans le royaume céleste, et venant de certains pays non chrétiens où les missionnaires avaient activement prêché le Seigneur JESUS.

Tandis que nous attendions dans la voiture, je vis passer tout près de nous ma mère et ma fille Marie. Je leur fis signe. Une fois que je leurs eu parlé de ce qu’était mon grand désir et de ce que proposait gracieusement David, elles acceptèrent immédiatement de venir avec nous et furent bientôt à nos côtés.

– Je sais très bien où ils sont, dit Maman : à l’une des stations avancées qui se trouvent très au-delà de la porte de Benjamin.

David engagea la voiture sur la droite.

– Je vais descendre la 92 eme Avenue, dit-il, et sortir par la porte de Benjamin.

Mon âme fut remplie de ravissements doux et délicieux comme je n’en avais pas connu depuis l’instant où nous avions quitté la porte de Juda, à notre première entrée dans la ville, lorsque nous avions été accueillis par le Seigneur du royaume. C’était la pensée de cette réunion de famille qui m’enchantait. A côté de moi : ma mère et ma fille. A notre service : David, le chantre d’Israël, lui qui avait conduit les multitudes des serviteurs du Très-Haut et remporté Ses batailles.

Et nous allions très bientôt rencontrer la chère femme de ma jeunesse, qui depuis de nombreuses années servait si éminemment Son Seigneur dans ce royaume éternel. Oh, quel matin béni était celui-ci ! Mon âme toute entière était éperdue de bonheur à cette pensée. David me demanda si j’étais prêt, puis il démarra. Nous traversâmes ce qui était pour moi une nouvelle section de la ville. Maman et Marie semblaient être particulièrement chez elles et habituées à l’itinéraire. Marie s’adressa à moi :

– Papa, je suis heureux que tu puisses bientôt revoir chère maman. Elle a été tellement active ces derniers temps. Elle n’a pas eu le temps de se promener avec moi comme nous le faisons souvent. Mais nous allons bientôt la rencontrer. Et je pourrai te présenter à elle. Je me demande si elle va te reconnaître au milieu de cette foule affairée.

– Me reconnaître ? Mais bien sûr ! Comment pourrait-elle ne pas me reconnaître ? J’ai changé, mais assez peu quand même depuis que nous avons été séparés. Si tu savais, mon enfant, comme j’ai hâte de la revoir. Bien plus que tu ne peux l’imaginer, car tu n’as toi-même connu aucune séparation d’avec des bien-aimés. Tu n’as même pas connu les peines et les larmes que nous avons si longtemps connues. Tu as échappé à tout cela, ainsi qu’aux sombres péchés du monde. Mais maintenant, je pense que nous n’aurions pas dû, aussi longtemps, avoir le chagrin que nous avons eu quand tu nous as quitté. Car dès cet instant tu étais sauvée, et pour l’éternité.

– C’est vrai ! Sauvée et très heureuse de l’expérience qui a été la mienne. Je ne connais rien de la peine et des larmes dont tu parles. Souvent, d’autres m’ont parlé de leurs tristes erreurs et de leurs cœurs appesantis par le fardeau du péché. Mais ils sont tous très reconnaissants. Grâce à notre rédempteur béni. Sans Lui, j’aurais été moi-même perdue et jamais je n’aurais pu voir ce monde céleste, ni y entrer.

David commença à ralentir. M’appelant par mon nom, il me dit :

– J’aimerais que tu regardes ce que nous dépassons maintenant.

Des 2 côtés de la grande avenue, il y avait des multitudes de maisons, très belles mais d’un style très particulier.

– Elles ont été construites, me dit David, selon les goûts et les fantaisies de leurs occupants, comme le sont d’ailleurs toutes les « maisons multiples ». Tu as remarqué, je n’en doute pas, la grande variété des paysages et des bâtiments à travers la ville. Chacun peut choisir sa maison, et en changer quand il le désire. Dieu lui-même aime beaucoup la variété et il n’a pas fait 2 brins d’herbes semblables, 2 grains de sable semblables, ni 2 âmes humaines semblables. Mais ceux qui, dans le monde entier, formaient des communautés, et qui ont eu des choix, une éducation et des goûts identiques, se regroupent ici tout naturellement. C’est pourquoi tu vois ces demeures si particulières. Tu peux voir à quel point ceux qui forment cette grande colonie semblent heureux et pleinement satisfaits.

Ma mère prit alors la parole et s’adressa à David :

– Cela fait de nombreuses années que je suis ici. Jamais je n’ai vu personne qui ne soit pas satisfait, qui ne soit dans le repos, ou qui ait la nostalgie de sa maison terrestre. Il semble que notre Père céleste ait anticipé les désirs de tout Son peuple et qu’Il ait ainsi organisé et aménagé ce royaume éternel afin que chacun trouve en toutes choses les réponses à tous ses désirs.

– La ville, dit David, avec toute la variété de ses architectures et de ses constructions, avec ses fruits, ses fleuves et ses fontaines, est adaptée à toutes les nations de la terre. Ici sont rassemblées les foules innombrables qui proviennent de toutes les nations, de toutes les familles, de tous les peuples, de toutes les langues. Des multitudes viennent des nations païennes, et plus particulièrement leurs enfants sont ici en grand nombre, car ils n’arrivent pas à l’âge de la responsabilité aussi tôt que dans les maisons chrétiennes. Ils sont tous sauvés en vertu de la rédemption, tant qu’ils n’ont pas péché contre la lumière éternelle. C’est pourquoi, ils sont ici rassemblés par milliers et ils grandissent jusqu’à maturité. Ce sont ceux-ci qui sont enseignés par les serviteurs fidèles, dans les régions du paradis spécialement affectées à cela. C’est là que nous nous rendons.

– Est-ce que tu pourrais aller plus vite, David ? Demandais-je. J’ai tellement hâte de revoir celle qui, sur terre, a été ma douce compagne.

Le véhicule accéléra et atteignit la vitesse du son. L’avenue était un lieu de purs délices. Des arbres chargés de fruits mûrs. Des maisons variées et de toute beauté. Des milliers d’âmes joyeuses, allant et venant. D’autres se reposant sur les coussins et les capitonnages célestes. Mais à la vitesse où nous allions, nous dépassions des milliers de maisons sans pouvoir les distinguer les uns des autres.

– J’aperçois la grande porte, là-bas au fond, dit Marie.

– Est-ce que nous sommes si près de la muraille et de l’entrée du paradis, demandais-je ?

David ralentit. Je levai les yeux pour examiner à nouveau le mur immense et toutes ses splendeurs. La porte était ouverte. Comme elles le sont toutes, à vrai dire. En franchissant la porte de Benjamin, avec sa grande perle scintillante et ses charnières brillantes, en or, nous n’eûmes que le temps de jeter un regard furtif vers l’arrière pour dire au revoir à la ville, et réaliser que nous étions déjà à plusieurs lieues, sur l’une des grandes routes du paradis.

Marie appuyait sa tête sur mon épaule :

– Papa, est-ce que tu apprécies la musique et le fredonnement des roues de la voiture ? D’habitude, on ne les entend pratiquement pas.

– Oh, tu sais ! Je suis confondu devant l’immensité et la majesté du Ciel. Dis-moi, Maman : dans combien de temps penses-tu que nous atteindrons la station ?

– Très bientôt ! Je crois d’ailleurs que je vois maintenant les dômes et les flèches de la mission.

– Oui, on y est ! dit Marie. Je les connais bien.

– Quelle gloire… dis-je. Regardez ces montagnes, ces collines et ces vallées que nous traversons ! Mon âme est remplie d’émerveillement ! Oh, que des milliers de langues…

– Sers-toi de la tienne ! dit Marie.

– Alléluia ! Gloire à Dieu ! m’écriai-je.

David prit aussitôt sa harpe et nous chantâmes tous à nouveau les victoires de l’Agneau. La voiture se trouvait maintenant à l’extérieur d’une arche immense qui donnait sur l’une des sections de préparations du paradis. Nous sautâmes tous au dehors. Et à ma grande surprise, plus d’une centaine de personnes des plus gracieuses vinrent nous saluer. Toutes reflétaient la gloire et la lumière du Ciel. Une présentation ? Je n’en eus pas besoin. Et plus particulièrement à l’égard de l’une d’entre elle, absolument charmante, la plus belle parmi des centaines. Elle jaillit littéralement du milieu du groupe en s’écriant :

– GLOIRE A DIEU DANS LES LIEUX TRES HAUT !

Elle se jeta à mon cou, mais ne put pleurer. Moi non plus, d’ailleurs. Car nul ne peut pleurer dans le Ciel. Mais la coupe de notre joie était remplie.

– Je savais que tu étais en train de venir, dit Geneviève, mais je ne savais pas que ce serait David qui t’amènerait. Oh ! Je suis si contente que tu sois maintenant à la maison. Et tu es aussi venu avec Maman et notre fille !

Elle les prit toutes les deux dans ses bras et les étreignit.

– Chère Geneviève ! dis-je. Depuis mon arrivée au paradis, j’étais très impatient de te revoir, mais il ne m’a pas été possible de t’atteindre plus tôt. Voici donc maintenant réalisés les rêves que nous avions sur terre et qui concernait notre avenir. Nos prières ont été exaucées. Enfin, nous voici vraiment chez nous !

– Tu sais, j’ai tant de choses à te demander, me dit Geneviève. Marchons jusqu’à ce groupe de bâtiments, là-bas, veux-tu ?

– Prenez votre temps, dit David. Je suis entièrement à votre disposition. C’est la mission qui m’a été confiée.

Tout en marchant tranquillement, je fus présenté à beaucoup de ceux qui nous saluèrent à l’entrée. Je découvris qu’ils venaient d’endroits du monde très différents. Mais tous étaient engagés dans un service béni pour notre Seigneur. Chacun reflétait une joie et un bonheur parfaits. »…..

– Maintenant, dit Seneca, il faut que tu te reposes quelques minutes. Veux-tu avoir part au fruit de mon panier pendant que tu te reposeras ?

Je tendis la main pour prendre ce qui « ressemblait » à une belle orange. Mais il me fut impossible de la saisir. Je fus quelque peu humilié de penser qu’il pouvait en manger et pas moi.

– Pourquoi est-ce ainsi ? Demandais-je.

– Ce fruit n’est qu’un petit échantillon de ce dont je te parle. N’oublie pas que le monde céleste est un royaume spirituel et que toutes les choses ont cette orientation spirituelle. En vérité, tu ne pourras manger de ce fruit que lorsque tu auras traversé la frontière de ton habitation terrestre….

III -SUITE DE LA RENCONTRE AVEC SA FEMME

– Tu peux recommencer à écrire, dit Seneca.

Ce que je fis en l’écoutant à nouveau.

Nous étions maintenant à l’intérieur d’un magnifique bâtiment, un très grand salon, superbement décoré d’ornements variés, mais différents de ce que j’avais vu jusque-là à l’intérieur de la ville. Tout était coloré avec des draperies argentées vraiment très belles. Et les capitonnages des divans et des sièges avaient le raffinement et la magnificence des modèles célestes.

De cette pièce, on nous conduisit jusqu’à une très vaste salle à manger. Elle était vraiment comme embrasée par des tentures pareilles à de l’argent poli et par toutes sortes de couverts de table argentés. Imagine une table de 1500 m de longueur, autour de laquelle 10 000 invités peuvent s’asseoir en même temps, et tu auras une idée de cette salle à manger.

Geneviève s’approcha pour nous faire une proposition :

– Allons là-bas, de l’autre côté de la table, où nous pourrons nous asseoir ensemble.

Geneviève, Marie, Maman et moi étions assis seuls, tandis que David et tous ceux que nous avions rencontrés à l’entrée s’étaient dirigés à l’autre extrémité de cette grande salle. Geneviève commanda notre repas qui consista en de très bons gâteaux des meilleurs blés du paradis, avec toutes sorte de fruits dont le paradis abonde partout. Le « fruit à pain » pousse en abondance. Il est l’une des 12 sortes qu’on trouve sur chaque arbre. Après que nous ayons rendu grâce, Geneviève, qui était assise à côté de moi, me dit :

– Combien j’ai attendu cette heure où nous serions tous à nouveau ensemble, et où les peines de la terre appartiendraient alors au passé. Mais parle-moi un peu de nos autres enfants !

– Oui, dit Marie, parle-nous d’eux ! Je suis si impatiente d’en savoir davantage au sujet de mes frères et sœurs. Maman m’a dit qu’il était six.

– Eh bien, je suis content de vous dire qu’ils sont tous vivants et qu’ils vont bien, dans leurs activités et dans leurs familles. Tous ne sont pas de bons chrétiens, bien qu’ils aient tous eu connaissance du chemin qui mène à la vie, mais nous croyons que bientôt nous pourrons tous les compter parmi les sauvés.

– Oh oui ! dit Geneviève. J’avais si souvent prié pour eux. Et l’ange que vous voyez là-bas, avec David et les autres, m’a parlé d’eux à de nombreuses reprises, car il visite fréquemment les régions de la terre où ils vivent.

– Je me suis souvent demandé, avec quelque anxiété, si les saints du Ciel avaient connaissance des faits et gestes de ceux qu’ils ont laissé derrière eux. Et ce que tu me dis, Geneviève, me convainc totalement que c’est le cas.

– Oui, absolument ! Nous avons de fréquents messages en provenance de la terre.

– Oh, Geneviève ! Il n’y a aucune comparaison entre l’humble ordinaire de notre table terrestre et ce que nous avons ici. Vraiment, je me sens restauré. Et ces merveilleuses fontaines, tout là-bas, dont les eaux jaillissent des socles d’argent… Et ces centaines d’âmes, assemblés autour, et qui boivent pour la plus grande satisfaction de leur cœur… Oh, le Ciel ! Le Ciel ! Quelle promesse précieuse nous avions :

« Il les conduira aux fontaines de vie. » (Apocalypse 7 : 17)

– Et voici l’accomplissement, dit Geneviève. Et quand tu verras les 10 000 assemblés à ces tables, et les libéralités célestes devant eux, alors tu diras :

« L’Agneau qui est au milieu du trône les nourrira. » (Apocalypse 7 : 17)

Parce qu’il est certain que toutes ces provisions bénies, tout ce qui est à notre disposition et infiniment plus que ce que nous pouvons voir ici, est la généreuse conséquence de la préoccupation qui est la Sienne pour son peuple.

« Car il leur a préparé une cité. » (Hébreux 11 :16)

– Maintenant, dit Marie à Geneviève, j’aimerais que tu nous fasses traverser le grand amphithéâtre.

Nous nous levâmes et nous suivîmes Geneviève, qui nous montra le chemin. De la grande salle à manger, un portail s’ouvrit sur une salle prodigieuse, garnie de sièges, un peu comme les amphithéâtres antiques de la terre. Des milliers de personnes étaient assises en différents endroits de cet immense bâtiment. Il y avait partout divers équipements en argent qui étincelaient de la gloire du paradis. J’appris que ce grand hall était l’un des lieux où sont rassemblés les païens qui ont été sauvés par CHRIST, mais qui ne sont pas encore instruits dans les voies du royaume ou dans les questions spirituelles qui concernent le salut. Un des principaux lieux du paradis qui reçoit les gens des pays non chrétiens est situé juste à côté.

– J’ai toujours eu un grand intérêt pour le travail de missionnaire sur terre, me dit Geneviève, dans l’école du dimanche et l’enseignement des enfants. J’ai ici les mêmes goûts. C’est de mon propre choix que je passe beaucoup de temps à instruire les précieuses âmes qui arrivent à ces portails, ignorantes des plans et des buts de Dieu. Tous les enfants païens sont sauvés, tout autant que ceux des pays civilisés et chrétiens. Ils n’atteignent pas l’âge de la responsabilité aussi tôt que dans les nations les plus éclairés. Or un grand nombre d’entre eux meurent au cours de l’enfance et de la jeunesse, mais ils n’ont jamais connu la loi de Dieu qui les place sous la condamnation. Bénéficiant donc du don gratuit de la Vie éternelle, ils sont rassemblés ici dans une très grande ignorance. Et bien que les nations païennes aient leur responsabilité devant Dieu, celle-ci n’est cependant pas aussi grande que celle des nations chrétiennes.

– Mais, Maman ! dit Marie. Comment se fait-il que tant d’enfants des nations non chrétiennes soient sauvés et rassemblés ici, alors que tant de leurs parents sont perdus ?

– Leurs parents, dit Geneviève, ont atteint l’âge de la responsabilité à travers la mesure de lumière qu’ils possèdent. Ils ont péché selon ce même principe, et sont tombés sous la condamnation. Ayant suivi leurs superstitions, ils sont morts dans leurs péchés, alors que leurs enfants n’ont pas atteint le degré de lumière qui les auraient placés face à leur responsabilité. Je pris alors la parole :

– La Bible déclare :

« Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes. » (Romains 5 :18)

Ainsi l’homme, à son commencement, est universellement sauvé par Christ, comme Paul le dit à nouveau :

 » Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais ; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus. »(Romains 7 : 9)

– Tout à fait ! dit Geneviève. Tous ont la vie et la gardent jusqu’au moment où ils reçoivent une connaissance suffisante de la volonté de Dieu, ce qui les place devant la responsabilité. Alors, par la transgression, ils héritent la mort spirituelle. Mais je vois que tu as hâte d’en savoir plus sur cet immense endroit où sont rassemblées les multitudes de ceux qui sont sauvés par CHRIST et qui viennent des terres païennes. As-tu remarqué qu’il y a une forte proportion de jeunes enfants ? Ceux-ci ont reçu une instruction très limitée en ce qui concerne les voies du vrai Dieu, Son adoration et Sa nature spirituelle. Certains d’entre eux n’en ont eu absolument aucune.

L’enseignement qu’ils ont reçu sur l’idolâtrie se cramponne à eux, et ils doivent être instruit dans les voies et les vérités du royaume éternelle. Chacun d’eux à sa propre histoire. Ils se demandent avec un grand étonnement qui ils sont, et où ils sont, quand les anges les introduisent à l’intérieur du paradis. La gloire lumineuse de ce monde est si grande que beaucoup d’entre eux sont complètement abasourdis, comme on l’est sur terre quand on se réveille d’un rêve extraordinaire. Ils sont bouche bée d’admiration. Il y a ici des petits enfants de différents âges.

Eh bien, un grand nombre d’entre eux en savent autant que les enfants des pays chrétiens. Ce grand amphithéâtre est souvent rempli jusqu’à son dernier siège. On leur enseigne tout ce qui se rapporte à une toute première expérience de ce monde de lumière. Beaucoup d’entre eux ont été, sur terre, l’objet du manque d’attention et du mépris. Ils n’ont pas eu d’amis ou n’ont pas connu l’amour d’une mère. Ils sont donc grandement respectueux et admiratifs devant la gentillesse qu’on leur témoigne ici. Des milliers et des millions d’entre eux sont déjà partis à travers les régions du paradis et sont entrés dans la ville. Leurs voix résonnent maintenant avec les mélodies du Ciel.

– Geneviève, demandai-je, pourquoi cet endroit est-il davantage destiné aux païens qu’aux autres ?

– Il n’est pas uniquement destiné aux païens. Beaucoup ici arrivent des pays dits christianisés. Mais Dieu a pourvu en abondance pour Son peuple tout entier. L’enseignement est adapté à une classe qui connaît à peine les rudiments des choses élémentaires de la vie moderne ou de la civilisation, et qui ne sait absolument rien des doctrines du salut. Un grand nombre de ces garçons et de ces filles, et même ces hommes et femmes que tu vois être enseignés dans ces classes, là-bas, sont seulement comme ceux des classes maternelles et préparatoire des écoles de la terre. Il y a donc beaucoup à faire pour les instruire et pour développer leurs facultés spirituelles et intellectuelles. Mais il est intéressant de constater que leurs progrès sont rapides entre le moment où ils sont comme de simples bébés et celui où ils sont saints du Ciel à part entière.

Tous apprennent rapidement à louer Dieu et chacun possède une harpe similaire à la tienne. Les grandes réunions de louange, qui sont tenues ici très fréquemment, sont vraiment des moments réconfortants pour l’âme, je peux l’assurer. Quand 20 ou 30 000 voix sont unis pour chanter des chants récemment appris, ou des passages de l’Écriture, ou encore des enseignements célestes concernant les vérités éternelles de Dieu – de façon assez semblable à ce que nous faisions, sur terre, dans nos services de louanges – ces voûtes et ces dômes résonnent et renvoient la mélodie de manière telle qu’on pourrait croire qu’on en entend l’écho jusque dans la cité elle-même.

– Eh bien, Geneviève, je ne peux te dire à quel point j’ai apprécié cette rencontre avec toi et la visite que tu nous as fait faire. Toute mon âme est remplie de louange et d’adoration à l’égard de notre Seigneur, pour tant de témoignages de Son amour envers Son peuple. Il est certain qu’il a dû avoir en pensée toutes ces choses destinées aux enfants bien avant d’avoir établi les fondements du monde.

– C’est vrai, peut-être même avant que ce paradis ait été conçu ou réalisé.

– Dis-moi, ma chère Geneviève, es-tu donc si constamment engagée ici que tu ne puisses te rendre en d’autres endroits quand tu en aurais envie ?

– Oh, non ! J’ai la plus entière liberté. La même que celles des anges ou des anciens eux-mêmes. Je peux aller partout où je veux. D’ailleurs, je serais entièrement heureuse de t’accompagner là où tu as envie de te rendre, où que ce soit.

– Ma chère Geneviève, rien ne me ferait plus plaisir que tu viennes avec nous. J’avais justement prévu d’aller jusqu’au Trône lui-même, lorsque j’ai ressenti qu’il fallait que je te voie avant. Et David m’a généreusement offert ses services. Tu vois, la question a été vite réglée.

– Si ça te fait plaisir, j’irai donc avec vous jusqu’au Trône. Puis nous pourrons revenir à loisir, soit ici, soit à d’autres endroits du paradis.

Elle appela alors Maman et Marie et leur fit cette proposition qui reçut bien vite leur approbation. Elle demanda à quelqu’un qui se trouvait près d’elle d’aller chercher David et ceux qui, par centaines, se trouvaient avec lui. Peu de temps après, tous étaient avec nous.

– Nous avons décidé de retourner maintenant vers la ville et de continuer jusqu’au Trône, dis-je à David.

– Je suis à votre disposition jusqu’à la fin de ce voyage.

Geneviève organisa rapidement avec d’autres son remplacement dans les classes de préparations. Puis elle proposa que nous nous unissions dans un chœur d’actions de grâces, jusqu’à ce que nous ayons quitté l’amphithéâtre. L’organisation du service fut bien au point. C’est David qui conduisait le chœur. Nous avions accordé nos harpes et nous nous étions joints aux autres. Nous nous prosternâmes sur nos visages avec des louanges d’adoration. Et avec de fortes voix, nous proclamâmes le salut de Dieu. Puis nous levâmes, et non sans une profonde émotion, nous dîmes au revoir à ces multitudes que nous laissions derrière nous. Nous marchâmes jusqu’à l’entrée où la voiture était stationnée. Après un dernier au revoir à tous ces gens, à tous ces beaux esprits de lumière, dans des manifestations d’amour comme le Ciel en abonde, nous nous retrouvâmes assis à nouveau dans le véhicule. »

Il faut maintenant que la nuit t’apporte son repos, dit alors Seneca en se tournant vers moi. Retranscris fidèlement ce message. Rends-le bien compréhensible. Il se retourna, et après un aimable au revoir, il disparut de ma pièce…..

CHAPITRE 6 – SUR LES MONTAGNES DU PARADIS

A l’heure prévue, Seneca rentra. Il se dirigea rapidement à sa place habituelle. Il avait laissé son récit au moment où il s’était assis dans le véhicule céleste, après la dernière réunion.

– Est-ce que tout est prêt pour la suite, mon fils ?

– Tout est prêt, assurai-je…Il reprit ainsi son récit.

« David nous demanda :

– Avez-vous une route préférée ? 4000 Km nous séparent de la porte de la ville.

Geneviève fit une proposition:

– Passons donc par la route de la gorge et des falaises. Car, si je me souviens bien, Monsieur Sodi était un grand amateur de paysages, et tout particulièrement de ceux qui avaient un cadre montagneux grandiose.

– Je suis certaine, papa, que tes désirs sont comblés, dit Marie. Je ne sais pas à quoi ressemblait la terre avec ses montagnes et ses fleuves, mais j’ai pris plusieurs fois cette route avec Maman et Grand-mère, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, et je sais qu’elle va te plaire.

– J’en suis sûr. Et ça me fait plaisir, ma chère Geneviève, que tu te souviennes de mes attirances pour la nature, et que tu fasses ce choix en tenant compte des inclinations qui subsistent en moi.

La voiture de David se mit à nouveau à trembler comme quelque chose de vivant. Nous nous tournâmes vers ceux qui se tenaient si nombreux près de l’entrée, et nous leur dîmes au revoir, comptant bien les revoir une autre fois. Je me rendis compte que Geneviève avait une foule d’amis, car c’est par milliers qu’ils s’étaient rassemblés pour la voir partir et pour lui chanter un chant d’au revoir. D’ailleurs, je me souviens encore des paroles :

« Au Ciel, on se dit seulement au revoir,

Car on est toujours assuré de se revoir.

Que la bénédiction de Dieu vous guide en chemin,

Par les vallées, les montagnes et les gorges profondes. »

La voiture démarra et leurs silhouettes s’évanouirent bien vite, très loin derrière nous. Bientôt, dans une très large vallée, nos yeux admiraient des champs superbes promis à une abondante moisson.

– Pas une seule goutte de sueur humaine n’est nécessaire pour produire la moisson dorée de ces champs, précisa Maman. Il n’y a ici aucune malédiction, aucune mauvaise herbe, aucune ronce. C’est la volonté de notre bon Père qui pourvoit à notre abondance. Mais bien que tout pousse dans le Ciel sans le dur labeur ni la sueur des hommes, on utilise cependant ceux-ci pour effectuer cette grande moisson. Cependant, ce travail correspond plutôt à une sorte de très joyeuse fête champêtre.

– Combien l’amour de Dieu est répandu en abondance sur les hommes ! Dis-je. De très jolies fleurs, d’une infinie variété, bordaient la route qu’empruntait la voiture.

– Le parfum qui émane de ces champs et de ces fleurs apporte un tel plaisir, m’écriai-je, que mon âme est transportée de délices. Mais pourquoi donc, sur terre, les hommes accordent-ils si peu de valeur à la révélation de Dieu qui évoque ces immenses jardins d’agrément et d’éternels délices.

Il y a beaucoup de chrétiens qui essaient de croire que le Ciel est uniquement, pour l’âme, un état d’éternel repos et de paix, mais qui ne pensent pas que c’est un lieu d’une telle gloire. Une telle façon de penser leur dérobe la joie de l’expectative. Et leur espérance n’est donc pas ce qu’elle devait être. Car ce serait pour eux une ancre solide si leur foi et leur attente étaient fondées sur la façon de voir de Dieu et sur Ses révélations.

Nous commençâmes à apercevoir au loin de très beaux bâtiments. Je demandai à Geneviève ce que c’était.

– Simplement un village du paradis. Beaucoup de ses habitants ont également des demeures dans la ville, mais ils passent souvent une grande partie de leur temps ici, car ils apprécient énormément ces espaces d’agrément.

David ralentit lorsque nous en traversâmes les rues. On pouvait voir de très belles fontaines sur le côté de la chaussée. Et avec leurs fruits murs, les arbres étaient magnifiques. Et avec leurs fruits murs, les arbres étaient magnifiques. David s’arrêta tout prêt d’une fontaine dont les eaux vives jaillissaient en bouillonnant. Nous sautâmes tous hors de la voiture, et avec des coupes d’argent nous nous rafraîchîmes aux eaux de la vie. Puis, après avoir choisi les fruits dont nous avions envie, nous remontâmes dans le véhicule. Nous repartîmes à vitesse réduite, car le paysage était trop grandiose pour qu’on le traverse plus vite. On commença ensuite à apercevoir, dans le lointain ; les collines et les montagnes. Au pied des collines, une délicieuse rivière étendait ses méandres ; et cela aussi valait la peine d’être admiré. Nous la dépassâmes. De profondes gorges s’enfonçaient au milieu des collines et des éperons montagneux apportaient leur enchantement à cette scène. La route serpentait maintenant au milieu de ce paysage de gorges profondes. La voiture s’élevait sur les flancs de la montagne en vue d’en franchir les hautes vallées.

David se tourna vers moi :

-Tu sais, mon fils ! vraiment, je me réjouis d’avoir l’opportunité de conduire sur cette route de montagne si prodigieuse. Jamais je ne m’en lasse. Cela me rappelle quand je devais me cacher dans les grottes, au milieu des rocher et des montagnes, lorsque je fuyais devant Saül qui me persécutait. Ce sont là des moments que je n’oublierais jamais. D’ailleurs, j’ai souvent, ici, cherché Saül. Mais en vain. J’ai espéré le voir arriver dans une voiture, sur l’une de ces routes des hautes montagnes du paradis. Mais je ne l’ai jamais rencontré. Et je n’ai jamais entendu un seul mot concernant son éventuelle présence à l’intérieur des portes du paradis ou de la ville.

– Pauvre Saül, acquiesçai-je. Il avait rejeté la parole de Dieu et refusé de Lui obéir. Et la faute doit être payée.

Je levai les yeux vers les rochers qui nous surplombaient. Je les abaissai ensuite en direction des profondeurs que nous dominions de plusieurs milliers de mètres. A différents endroits, sur le parcours, se trouvaient de superbes jardins d’agréments. Ainsi, quand quelqu’un le désirait, à n’importe quel moment, il pouvait descendre de la voiture et goûter quelque flânerie, au milieu de bosquets enchanteurs et de toutes sortes d’arbres chargés de fruits. David s’arrêta près de l’un de ces jardins. Nous nous rassemblâmes tous sous les branches larges et étendues de l’un des arbres de vie, et nous commençâmes à cueillir de ses fruits. Je sentis en moi un tel débordement de reconnaissance envers Dieu que je m’écriai d’une voix forte :

– Oh, tout ce que Dieu a créé ! Mais dis-moi, David ! Quelle est donc la grandeur de ce paradis ?

– Et bien, dit David, il y a dans le Ciel assez de place pour les millions et les millions de gens qui ont déjà existé dans le passé et pour tous ceux qui naîtront encore dans le futur. Ces jardins d’agrément sont presque sans limites. Moi-même, je ne sais pas ce que sont les limites extrêmes du Ciel. Peut-être qu’Énoch, Abraham ou Moïse pourraient t’en parler. Mais je peux te dire une chose : il n’y a ici ni péché, ni chagrin, ni mort. Dans tout ce vaste domaine, il n’y a personne qui ait un esprit mauvais. Nul homme pratiquant l’abomination ou le mensonge n’a jamais franchi ni les portes de la ville, ni celles du paradis lui-même.

Disant ces mots, David alla chercher sa harpe dans la voiture.

– Il nous faut maintenant tous ensemble chanter un hymne de reconnaissance, proposa t’il.

Nous prîmes alors nos harpes, que nous tenions en bandoulière, et nous les accordâmes à celle de David. Il commença par les paroles du Psaumes 33, pensant que je le connaissais bien. Et nous chantâmes tous ensemble :

« Justes, réjouissez-vous en l’Éternel!

La louange sied aux hommes droits.

Célébrez l’Éternel avec la harpe,

Célébrez-le sur le luth à dix cordes.

Chantez-lui un cantique nouveau!

Faites retentir vos instruments et vos voix!

Car la parole de l’Éternel est droite,

Et toutes ses œuvres s’accomplissent avec fidélité;

Il aime la justice et la droiture;

La bonté de l’Éternel remplit la terre.

Les cieux ont été faits par la parole de l’Éternel,

Et toute leur armée par le souffle de sa bouche. »

Quand ce chant de reconnaissance fut terminé, David me dit :

– Tu vas sans aucun doute rencontrer Néhémie, un des saints du Ciel qui nous est très cher, et qui a écrit sous l’inspiration divine, quand il était sur terre, autant que je m’en souvienne :

« C’est toi, Éternel, toi seul, qui as fait les cieux, les cieux des cieux et toute leur armée, la terre et tout ce qui est sur elle, les mers et tout ce qu’elles renferment. Tu donnes la vie à toutes ces choses, et l’armée des cieux se prosterne devant toi. » (Néhémie 9:6).

Il poursuivit :

– A partir de ce monde céleste, c’est en grand nombre que les anges visitent la Terre. Et quelquefois, les saints ont le même privilège. Mais je te parlerai de ceci à une autre occasion.

– Qu’il est doux de savoir que je Lui appartiens, repris-je, de savoir que je me suis converti, que je suis devenu comme un petit enfant, que j’ai cru en JESUS, que je me suis humilié, que je suis né de nouveau, que j’ai reçu la Vie éternelle, et que j’ai droit maintenant à une telle exaltation. Alléluia ! Alléluia ! Gloire à Dieu !…

J’exultais.

– Ne devrions-nous pas repartir ? Demanda Geneviève. Il y a encore tant de chose sur la route qui mène à la ville.

Nous reprîmes place dans la voiture. David pressa l’étonnant bouton et elle démarra. Nous continuâmes notre ascension en direction du sommet de la montagne. On pouvait voir, dans le lointain, une longue succession de pics et de montagnes. Partout, la gloire de Dieu étincelait. Tout en progressant, et en nous élevant de plus en plus, nous franchissions des gorges impressionnantes, sur des chaussées construites par le Seigneur du royaume Lui-même. Pour quelqu’un de non habitué, cette route paraissait vertigineuse et dangereuse.

Je questionnai Geneviève :

– Est-ce que nous sommes vraiment en sécurité en roulant à pareille allure sur des hauteurs aussi prodigieuses ?

– En sécurité ? Une route dangereuse ? Mais il n’y a AUCUN DANGER ici ! Les accidents n’existent pas. On fait très peu d’erreurs dans le Ciel ; parce qu’on y apprend très rapidement la SAGESSE de DIEU, et cela, non pas d’une manière superficielle.

Nous croisâmes de nombreuses voitures, qui se dirigeaient donc dans la direction d’où nous venions tout juste. Tous à l’intérieur, était joyeux et gracieux. A chaque fois, nous échangions des salutations sympathiques, alors que les voitures se croisaient en ralentissant. Presque toujours, les nouveaux arrivants, comme moi-même, s’écriaient en agitant la main :

– ENFIN CHEZ NOUS ! ENFIN CHEZ NOUS !

Sur le sommet de cette haute chaîne de montagneuse, nous rencontrâmes une voiture conduite par Élie, remplie d’hommes et de femmes, avec également une demi-douzaine d’enfants à coté de tout nouveaux arrivants de la terre. Mais c’était un groupe parmi les plus joyeux que j’avais rencontrés. David fit un signal et les deux véhicules s’arrêtèrent l’un à côté de l’autre. Nous nous saluâmes les uns les autres par des poignées de mains et des embrassades d’un amour sincère. Les enfants étaient débordants d’allégresse et ils se réjouissaient dans leur émerveillement. C’était comme pour moi leur premier voyage sur cette route de montagne, si belle. Ils nous posèrent beaucoup de questions. Ils semblaient avoir hâte d’aller plus loin. Ils ne manifestaient pas la moindre crainte. Au contraire, avec une confiance parfaite dans leurs anciens et dans les mains de leur conducteur Élie, ils montraient une satisfaction pleine et entière. Nous leur offrîmes un panier des fruits que nous avons cueillis. Ils nous remercièrent et leur voiture repartit.

– Nous devons maintenant nous dépêcher, dit David. Car des choses intéressantes nous attendent.

Nous repartîmes. Et nous nous élevâmes encore plus haut. Nous arrivâmes bientôt vers un parc de toute beauté, sur un plateau qui dominait le sommet de la montagne. David guida sa voiture jusqu’à l’intérieur du parc. Nous restâmes un instant fasciné devant la beauté du spectacle qui s’offrait à nos yeux : des bosquets d’arbres célestes chargés de fruits, des parterres de fleurs de toutes sortes de variétés, et des routes qui partaient en serpentant dans toutes les directions. Un très grand nombre de voitures assez semblables à celle de David étaient arrêtés ça et là. D’autres s’avançaient lentement, remplies d’âmes manifestant la joie et le bonheur : des hommes, des femmes, des enfants, tous appréciant vraiment pleinement ce jardin céleste.

– Oui vraiment ! c’est bien là l’œuvre que Dieu a réalisée pour Son peuple ! Devais-je reconnaître.

David arrêta complètement la voiture. Beaucoup de ceux qui étaient là, parmi la multitude, se tournèrent vers nous, reconnaissant le Roi David. En peu de temps, un grand rassemblement s’était formé à coté de nous. Chacun saluait David et nous saluait en même temps.

– Mais qui sont ceux-ci que nous ne connaissons pas ? Demandait-il.

Les présentations furent bientôt faites et nous fûmes salués à nouveau. David nous dit alors :

– Prenez votre temps ! Allez là où vous avez envie d’aller !

Nous fîmes donc une longue flânerie. Nous rencontrâmes des centaines de personnes qui, comme moi, venaient pour la 1ere fois en ces lieux. Ce grand parc de récréation mesurait bien 3 ou 4 km de côté. Des fontaines se trouvaient là en grand nombre, disséminées dans l’étendue du parc. Elles donnaient naissance à d’innombrables ruisseaux et rivières du paradis. C’était une partie du grand réseau qui coule depuis la ville et depuis le trône lui-même et sur les rives duquel, à la fois dans la sainte cité et dans ces délicieux fruits du paradis dont nous pouvions tous librement manger en appréciant cette visite des plus passionnantes. Ma mère me demanda :

– Eh bien, mon fils ! Es-tu récompensé de tes efforts et de ton renoncement à toi-même lorsque tu étais sur terre au service du Seigneur ?

-Maman, pourquoi me poses-tu cette question ? J’ai déjà été récompensé 1000 fois. Ce que je vois et apprécie, rien qu’ici dans ce parc, est une ample récompense pour tout le labeur d’un pèlerinage terrestre. Mais qui sont donc ces 2 hommes qui viennent vers nous ?

– Je ne les reconnais pas, dit Maman.

– Ils sont inconnus, dit Geneviève. Peut-être sont-ils récemment arrivés au paradis ?

Ils furent bientôt tout près de nous. Ils marchaient en se donnant le bras et en conversant très joyeusement. Ils attirèrent mon attention car il me sembla alors les reconnaître tous les deux.

– Eh ! Bonjour !

Nous nous jetâmes dans les bras les uns des autres et nous élevâmes nos louanges vers Dieu.

– Gloire à Dieu dans les lieux très hauts !

Qui donc étaient-ils ? Tout simplement 2 de mes amis que j’avais eu l’occasion de bien connaître et que j’avais beaucoup aimés de nombreuses années auparavant. Le premier s’appelait Peter Fuggele. Il était de Stavanger, en Norvège. L’autre s’appelait Edwin Ransome, et il venait de Londres.

– Eh bien, mes frères, je suis vraiment content de vous retrouver ici. Il n’y a pas très longtemps que je suis moi-même arrivé, et je ne suis pas encore allé jusqu’au Trône. Mais vraiment, je suis confondu devant la grandeur et la gloire de ce monde céleste.

Ce fut Edwin Ransome qui prit la parole :

– Cela fait déjà un certain temps que nous sommes ici. Mais je n’étais jamais venu auparavant jusqu’à ce jardin d’agrément. Il est splendide, n’est-ce pas ?

– Les montagnes de Norvège sont dépassées, dit le frère Fuggele. Je les trouvais déjà grandiose, bien qu’elles soient encore, comme toute la zone polaire, recouvertes de neige et de glace au milieu de l’été. Mais ici, les hauteurs prodigieuses de ces montagnes merveilleuses ne connaissent rien d’autre que l’éternel matin du printemps céleste. Il est bien certain qu’aucun blizzard ne souffle jamais sa froidure sur le sommet de ces montagnes.

– Mais non ! Assurai-je d’une voix forte. Regardez donc ces arbres géants et les fruits dorés qui y sont suspendus ! C’est comme la végétation luxuriante des régions tropicales de la terre. Il n’y a jamais d’hiver ici. C’est certain !

A cet instant, un groupe d’hommes passa à coté de nous. Leurs âmes précieuses reflétaient le bonheur. Je demandais qui ils étaient. Ils furent alors invités à s’attarder un moment pour quelques présentations. Mes amis, Edwin Ransome et Peter Fuggele les connaissaient bien.

– C’est un groupe de serviteurs de Dieu, me dirent-ils. Ils étaient éminent sur terre, et donc bien connus et très aimés. Et maintenant, ils sont au Ciel.

On me présenta à Christmas Evans et Rowland Hill, originaires d’Angleterre avec également Dr Gthrie. Robert Flockhart et John Wesley étaient là, l’un à côté de l’autre. On me présenta également le Dr Adam Clark et George Fox. Puis s’approchèrent ensuite Peter Cartwright et Lorenzo Dow, ainsi que BEAUCOUP D’AUTRES.

Je m’écriai :

– Oh, frères bien-aimés ! J’ai entendu parler de chacun de vous, et j’ai lu ce qui vous concerne. Que je suis content – mais vraiment très content – de vous rencontrer tous ici ! Ceci doit être une fête champêtre pour prédicateurs, je suppose ?

Je fis signe à ma mère, à Geneviève et à Marie, qui s’approchèrent. Nous fîmes les présentations. On apporta plusieurs sièges sous les immenses branches de l’arbre, et nous nous assîmes tous. Nous vîmes alors arriver David, avec sa harpe. Quand il fut tout près de nous, tous ces frères se levèrent et se saluèrent d’une manière tout à fait céleste. David fit une courtoise révérence et s’assit parmi eux avec un gentil sourire. Puis il se releva, et prenant l’initiative de conduire la rencontre, il présenta à nouveau toutes les personnes qui étaient dans sa voiture. Tous se relevèrent et nous souhaitèrent à nouveau la bienvenue. Je me levai à mon tour en disant :

– Cher frères, mon âme est tellement débordante de la joie et de la plénitude du Ciel qu’il ne m’est pas possible de contenir plus longtemps mes sentiments.

– N’essayez plus ! Dit Rowland Hill. Mais louons plutôt DIEU tous ensemble !

Nous nous mîmes à genoux. Un tel culte de louange, j’en avais été bien rarement le témoin. Et tout particulièrement avec une telle intensité de sentiments et de transports de joie. Gorge Fox semblait louer Dieu plus fortement et plus expressément que la plupart des autres. Nous nous levâmes enfin et David entonna un hymne, en s’accompagnant de sa harpe. Nous nous joignîmes tous à lui. Après avoir longuement conversé, nous décidâmes d’aller tous ensemble jusqu’à l’extrémité du parc. Nous suivîmes David qui nous montra le chemin. Nous nous rendîmes compte que cela faisait très longtemps que beaucoup de ces frères bien-aimés n’avaient pas visité ce parc, ni même pris la route qui y conduit. Ce fut donc presque aussi nouveau pour eux que pour nous. Je dis une nouvelle fois à Geneviève :

– C’est bien que tu aies choisi cette route pour notre voyage de retour vers la ville. Que de choses glorieuses sont en réserve pour nous !

Nous arrivâmes enfin aux limites du parc pour réaliser que nous nous trouvions au point culminant d’une immense chaîne de montagnes du paradis. En nous trouvant là à scruter l’horizon, par-delà les immenses vallées et les vastes plaines, nous étions véritablement éperdus d’émerveillement. Dans l’atmosphère si belle et si limpide du Ciel, on pouvait voir à des distances considérables. Et on distinguait également jusqu’au fond des vallées qui plongeaient à plusieurs lieues au-dessus de nous. Les routes qui descendaient en serpentant sur les flancs de ces montagnes, avec une telle variété d’arbres sur les côtés, rendaient le paysage qui s’étendait devant nous sans aucune comparaison possible avec quoi que ce soit dans toute la création terrestre.

En admirant ces merveilles, je m’adressai à David avec ces mots de la reine de Saba :

« On ne m’en avait dit la moitié » 1 rois 10:7

Et aussi :

 » Ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. » 1 corinthiens 2 :9

Quand on regardait par les profondeurs de la vallée, comme le long des pentes des montagnes, on pouvait voir un nombre incalculable de maisons, de palais, et de résidences temporaires de ceux qui préfèrent passer l’essentiel de leur temps dans ces régions. Je pensai à nouveau aux paroles de notre Seigneur:

« Je vais vous préparer une place » Jean 14 : 2

OUI, combien IL a pourvu en abondance…Geneviève vint près de moi.

– Monsieur Sodi, votre curiosité est-elle satisfaite ?

– Satisfaite ? Y a-t-il une seule âme qui ici ne soit pas satisfaite ? J’ai grimpé au sommet de beaucoup de hautes montagnes du monde, mais elles ne sont que des taupinières comparées à ces merveilles du paradis. D’autres part, réalise bien ceci : elles sont ici pour l’éternité. Nous allons pouvoir en jouir à jamais. Ni maladie, ni vieillesse, ni mort, ni tristesse, ni pleurs ! Rachetés et sauvés pour toujours… Oh, Geneviève, que je suis heureux que nous soyons ici ! Quelles hauteurs glorieuses que celles auxquelles nous avons été élevées ! Et dire qu’il y a peu de temps, nous étions encore dans le monde, sujets à la maladie, à la tristesse et à la mort. Tout ceci appartient désormais au passé. Il n’y a plus de mort. Nous sommes dans le Ciel, égaux aux anges. Et nous nous trouvons avec les élus de tous les temps…

David s’approcha de nous :

– Il nous faut poursuivre notre voyage.

Nous dîmes au revoir à nos chers frères et nous retournâmes à la voiture. Après avoir fait provision de fruits, ainsi que de boisson aux eaux bouillonnantes des fontaines, nous reprîmes place dans la voiture de David, prêts à continuer notre voyage jusqu’à la ville du grand Roi. Nous chantâmes un hymne de louange pour ces merveilles si grandes. A peine avions-nous commencé à chanter que plusieurs centaines de personnes se rassemblèrent rapidement, dès qu’elles virent David debout dans la voiture avec sa harpe. Elles se joignirent à nous dans de puissants Alléluias envers Dieu.

C’est à ce moment que s’approchèrent 2 charmantes femmes qui nous invitèrent à rester encore un peu et à partager un repas à leur table toute proche. Elles connaissaient bien David et demandèrent qu’on leur parle de nous. Nous nous présentâmes. Marie, les reconnaissant soudain toutes les deux, bondit hors de la voiture. Et les serrant alors dans ses bras, elle s’écria :

– Ma chère Emma ! Ma chère Susie ! Que je suis contente de vous voir !

Elle m’apprit qu’elles avaient été les compagnes de son enfance, dans le Ciel.

– Papa ! me dit-elle. Elles étaient mes camarades. Nous avons vécu nos expériences d’enfants ensemble.

Alors, bien sûr, nous nous attardâmes à leur table ; car elles connaissaient donc également David. Comme nous, elles s’étaient arrêtées au sommet de la montagne pour un pique-nique. Elles avaient cueilli de nombreuses variétés de fruits. Et une superbe table était dressée, avec tout ce qu’une âme pouvait désirer. Inutile de dire à quel point nous appréciâmes cette fête. Nous l’appréciâmes comme seules peuvent le faire les âmes qui ont franchi la frontière de la vie terrestre et qui ont eu accès à l’amitié et à la communion fraternelle nouvelles de la vie éternelle. Nous les remerciâmes ensuite pour l’agréable divertissement qu’elles nous avaient offert. Puis nous leur dîmes au revoir et nous remontâmes dans la voiture.

CHAPITRE 7 – RETOUR VERS LA CITE CELESTE

La voiture repartit. Nous laissâmes derrière nous le décor montagneux. La route traversait maintenant une immense et très belle vallée. Nous pouvions voir devant nous à une très grande distance, grâce à la lumière parfaitement limpide du paradis. Les grands vergers terrestres, et toutes les plantations d’orangers et des citronniers, ne sont que de minuscules jardins comparés à ce qui s’étendait maintenant devant nous.

Nous avions quitté les hautes altitudes et nous étions en train de redescendre. De chaque côté de nous, aussi loin que le regard pouvait porter, s’étendaient d’immenses vergers d’arbres de toutes espèces et de toutes formes. Ils étaient chargés de fruits et agrémentés de fleurs parmi les plus belles, comme je n’en avais jamais vu auparavant.

– Où sommes-nous ? M’écriai-je. Je suis confondu devant cette magnificence et cette gloire, et devant l’abondante générosité de notre Dieu.

Je tombais sur ma face. Geneviève et Marie se joignirent à moi, et d’une voix forte, nous bénîmes DIEU qui nous avait donné la vie.

– O DIEU, Toi qui a fait toutes choses ! O Seigneur JESUS, Toi notre Rédempteur et notre Sauveur ! Nous répandons nos âmes en actions de grâces devant Toi. Une louange sans fin sera Ta part à jamais.

Quand nous nous relevâmes, ma mère me dit :

– Depuis ces régions où nous nous trouvons, on emmène de très grandes quantités de provisions jusqu’à la ville. Regarde ces convois, là-bas !

– Merveilleux ! M’exclamai-je, en voyant des centaines de personnes qui chargeait des fruits de premier choix et des légumes célestes de toutes sortes.

Nous traversâmes ces vergers sur une centaine de lieues. Je vis plusieurs milliers d’êtres pleinement heureux qui récoltaient les fruits de ces vergers de toute beauté. Et des convois chargés partaient fréquemment en direction de la ville.

– Tu vois la lumière de la ville, là-bas ? Demanda Geneviève.

– Ah oui, absolument ! Ma joie est extrême. J’ai l’impression que le Ciel est le perpétuel commencement d’une matinée de juin, observai-je.

– Tu as bien jugé, dit David. Le Fils de Dieu, l’Agneau Lui-même, en est la lumière. Oui, un matin de juin perpétuel… Il n’y a pas d’hiver, ici.

Nous commençâmes à apercevoir la muraille de la ville et la porte de Siméon qui se dessinait devant nous.

– Ralentis, David, s’il te plaît ! Avant de passer la porte de Siméon, laisse-nous un peu de temps de voir et d’admirer la majesté de cette puissante muraille, et de relire les noms des fondements sur lesquels elle est élevée.

L’Ange, à la porte, nous salua gracieusement avec un geste de la main.

– Pourquoi les anges gardent-ils ces portes, sur lesquelles sont inscrits les noms des 12 tribus d’Israël ? Demandai-je à Geneviève.

– Si les 12 tribus de l’ancien Israël n’avaient pas ouvert la route devant nous, me dit-elle, et si elles ne nous avaient enseigné l’abc, nous révélant un à un les mystères éternels de DIEU, jamais nous n’aurions pu connaître une telle affluence à l’entrée de la ville. Et pareillement à Israël qui s’avançait d’un pas lent jusqu’à son antique capitale à chaque fête annuelle, nous n’aurions pas fait mieux.

Aussi, avec le nombre croissant de ceux qui se rassemblent à ces portes, celles-ci seraient embouteillées et bloquées pour notre plus grande confusion. C’est pourquoi l’ange se tient là, uniquement pour guider la foule, pour maintenir le bon ordre d’une façon parfaite, et pour accueillir tous ceux qui se sont préparés à recevoir les bénédictions de la ville et de ses demeures. L’ignorance n’est pas un obstacle pour franchir les portes. Par contre, la non-ressemblance au visage béni de JESUS en est un. Ainsi, par Sa présence, et par l’exercice de Son bon jugement, c’est l’ange qui décide. C’est l’Israël antique, répéta Geneviève, qui a ouvert la route. Il nous a tous devancés, nous, les non-juifs, les Gentils. Dieu avait préparé pour eux une cité. Et leurs yeux étaient impatients de voir leur héritage quand ils se tournaient vers l’avenir.

– C’est bien vrai, ma chère Geneviève ! Je me souviens d’un précieux verset de la Bible que nous aimons beaucoup sur terre. Il parle d’Abraham en disant :

« Il attendait une cité dont Dieu est l’architecte et le constructeur. » (Hébreux 11 : 10)

– Mais oui ! Ces élus anciens sont morts dans la foi, pleinement remplis des promesses de Dieu qu’ils voyaient au loin. Et ils étaient certains de ces promesses. Ils les avaient totalement acceptées. C’est pourquoi ils reconnaissaient qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ils désiraient une meilleure patrie. Et c’était cette CITE CELESTE.

« C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a bâti pour eux cette ville. » (Hébreux 11 : 13 – 16).

– Comme c’est vrai ! dis-je. Nul autre que le Dieu véritable et éternel n’aurait pu bâtir une ville pareille à celle-ci, pour eux et pour nous.

Pendant que nous conversions, David avait stoppé la voiture et il écoutait tranquillement. Il se tourna vers nous.

– J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre votre conversation. Car des siècles avant que n’arrive le temps des Gentils, des milliers de juifs se pressaient à ces portes. A cette époque, nous étions ici, pour la plupart que des juifs. Mais maintenant, les Gentils nous devancent en nombre de très loin. Ils sont cependant nos frères, car après tout, ils sont la semence d’Abraham et les héritiers de la promesse… Bien ! Il faut maintenant que nous traversions.

La voiture avança lentement sous l’arche de l’immense porte. L’ange nous dit au revoir en agitant la main, alors que nous laissions derrière nous la porte et la muraille si merveilleuse.

Maman s’adressa à David :

– Peux-tu gentiment nous emmener jusqu’à la cathédrale des enfants ?

– Es-tu impatiente de revoir les tout-petits, lui demandai-je ?

– J’ai toujours énormément de joie à me retrouver parmi eux. Mais je voudrais vous assurer que j’ai eu un immense plaisir à faire ce voyage avec vous.

Nous acquiesçâmes tous pareillement. Mais nul n’avait apprécié autant que moi. Tout était si nouveau, si merveilleux ! Jamais je ne pourrai l’oublier.

– David, dis-je. L’avenue est très large ici. Tu peux donc aller à la vitesse qui te plaît.

Tendant les bras, il pressa à nouveau le bouton. Il sembla alors que le véhicule céleste volait avec les ailes de la lumière. Peu de temps après, nous ralentissions aux portes de l’Université. Nous descendîmes tous et nous remerciâmes David pour ses gracieux services.

– Je suis toujours content de pouvoir vous rendre service, nous dit-il.

Puis il dirigea son véhicule vers le côté opposé de la rue et fit la cueillette de quelques fruits. Nous restâmes un moment à évoquer ce magnifique voyage que nous venions de faire….

Seneca Sodi dit alors :

– Je te quitte, mon fils, afin que tu te reposes un peu.

Je me rejetai en arrière sur mon siège, les yeux fermés, et remerciant respectueusement mon DIEU pour tant de révélations sur le monde invisible.

– Combien elle est réelle, cette vie future ! Dis-je.

Je désirais sincèrement y être déjà. Plus de problèmes, plus de chagrins, plus de mort…

– Oh, le Ciel ! Tu n’es pas très loin. Que tes portes s’ouvrent pour moi ! Et que le char céleste se presse de venir jusqu’à mon humble couche ! Puis je méditai, et je priai jusqu’à être complètement endormi.

CHAPITRE 8 – EN DIRECTION DU TRONE

LE PROPHETE JONAS

Seneca revint vers moi et m’invita à recommencer à écrire. Il reprit son récit comme suit….

Geneviève, Maman et Marie se tenaient debout devant l’entrée de l’Université des enfants. La voiture de David était stationnée de l’autre côté de l’avenue, et lui, il cueillait des fruits et en remplissait son panier. Je vis alors Bohémond venir vers nous, et je lui fis signe de se presser.

– Bohémond ! J’ai beaucoup de choses à te raconter. Beaucoup de merveilleuses choses se sont passés depuis que nous nous sommes quittés. Je voudrais tout d’abord te présenter celle qui a été mon intime compagne, la femme de ma jeunesse. Je l’ai retrouvée y a peu de temps. Elle était très affairée, dans un endroit du paradis très éloigné d’ici.

Geneviève parut très contente de savoir que nous étions de proches amis.

– Quand vas-tu jusqu’au Trône ? Me demanda Bohémond.

– Oh ! Très bientôt, je crois !

– Si vous le voulez, vous pouvez y aller tout de suite, dit Geneviève. Maman, Marie et moi-même, nous vous rejoindrons un peu plus tard, à la grande réunion.

Nous fîmes signe à David de revenir vers nous. Il consentit sans plus attendre à être de nouveau notre serviteur. Et nous décidâmes de partir. Alors que nous échangions des « au revoir », Geneviève proposa à David :

– Prend la route qui passe vers les maisons des prophètes et arrête-toi à celle de Jonas !

– Geneviève ! Que tu es gentille et attentionné à mon égard ! Lui dis-je.

Après avoir déposé un baiser sur ses lèvres pour lui dire au revoir, comme nous avions l’habitude de le faire sur terre, je me retrouvai dans la voiture avec Bohémond, et nous prîmes la direction de l’intérieur de la ville. Depuis l’instant où j’avais posé le pied hors de la voiture, à ma toute première arrivée au paradis, j’avais gardé en permanence le même objectif : atteindre et contempler le TRONE DE MON PERE. Car je me souvenais que nous aurions à régner avec LUI. A plusieurs reprises, j’avais déjà vu notre Sauveur béni et regardé Sa sainte Face. Mais O combien j’avais envie de voir le TRÔNE du PERE, et les foules qui devaient certainement s’y rassembler.

– Tous tes désirs, et bien au-delà, dit David, seront bientôt comblés. Mais tu as fait preuve de sagesse en ne te pressant pas pour aller jusqu’au Trône. Car même maintenant ta préparation n’est pas excessive pour CETTE GLOIRE EXTREME. Ton voyage jusqu’au paradis ne t’aura que mieux préparé pour ce qui t’attend. C’est en effet quelque chose qui dépasse de loin tout ça.

– J’ai été très pris en différents endroits de la ville, nous dit Bohémond, depuis la dernière fois que je vous ai vus. Mais je vous suis très sincèrement reconnaissant de cette opportunité que vous m’offrez d’aller avec vous jusqu’au Trône.

– David, parle-nous un peu des maisons des prophètes que Geneviève a évoquées !

– Avec le plus grand plaisir. Un grand nombre de prophètes et d’hommes de l’ancien Israël, y compris des patriarches ont leurs maisons non loin d’ici. Ils se sont regroupés afin de pouvoir se contacter rapidement les uns les autres et se rencontrer. Ils les appellent leurs maisons, mais n’importe qui a l’absolu privilège d’y aller s’il en a envie. On ne considère pas, ici, que c’est une intrusion de venir et de rester aussi longtemps qu’on le désire. Tout, dans la ville, appartient à chacun de nous. Nous sommes les héritiers de la totalité du royaume.

– DIEU a-t-il préparé toutes ces grandeurs pour moi ? Vraiment, elles m’appartiennent ? Demandai-je.

– Aussi vrai que tu es dans la ville ! Affirma David.

– Mais bien sûr ! Acquiesçai-je alors. Je me rappelle le passage de l’Ecriture où DIEU déclare :

 » Tout est à vous, et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu. » (1Corinthiens 3 : 23)

Bohémond reprit la parole :

– Je suis entrain de m’interroger au sujet de ma propre maison et de l’endroit où elle pourrait se trouver.

– Sois patient, mon fils ! Lui dit David. Là où DIEU te placera, ta satisfaction sera TOTALE. Mais souviens-toi que tes privilèges sont ILLIMITES dans le Royaume des Cieux tout entier, dans la ville comme dans le paradis. Va partout où tu as envie d’aller, et quand ça te fait plaisir ! ET SOIS SATISFAIT A JAMAIS !…

Comme toutes les avenues et les rues de la ville, celle-ci était somptueusement décorée. Un bras du fleuve coulait en son milieu. De chaque côté poussaient les arbres de vie, et dispersés çà et là parmi eux, de très beaux bosquets d’arbres de vérités diverses. Aucun appareil photographique n’a jamais, sur terre, enregistré quelque chose de comparable à cette Gloire céleste. Depuis que nous avions quitté l’Université des enfants, la voiture roulait à une vitesse prodigieuse. Nous avions fait plusieurs dizaines de Km et nous parlions, Bohémond et moi, des expériences que nous avions eues l’un et l’autre.

– Maintenant, dit David, nous arrivons près de maisons des anciens. Il ralentit

– Vous allez sans aucun doute reconnaître les noms d’un grand nombre de personnes qui habitent ici. Car les nombreux noms que vous voyez là-bas sont familiers à tous ceux qui connaissent l’histoire juive.

C’était bien vrai. Sur les portes et les montants des vérandas, et aussi en d’autres endroits, se trouvaient les noms des anciens saints d’Israël.

– Geneviève a parlé du prophète Jonas. Est-ce que nous allons passer vers sa maison ? demandai-je à David.

– Oui, bien sûr !

Quelques minutes après, la voiture s’arrêta sur le seuil d’un superbe palais.

– Je vois le nom du prophète ! dit Bohémond.

– C’est bien ça, acquiesça David. Et il est bien l’authentique Jonas de la Bible. J’espère pour vous, très chers frères, qu’il se trouve maintenant chez lui.

Nous sautâmes hors du véhicule. David passa devant nous et nous fûmes bientôt sur le seuil. Il n’y a pas de sonnette pour s’annoncer au Ciel. Car tout le monde est toujours le bienvenu. Ce serait comme si une abeille demandait la permission d’entrer dans sa ruche. Un saint du Ciel n’a pas à demander à un autre de le recevoir dans sa maison ; car il existe là une fraternité éternelle et toutes les choses sont en commun. C’est quelque chose que l’on connaît très peu sur terre.

– Je vois Jonas ! Il est là ! Je le vois par le couloir ! dit David.

Nous fûmes grandement réjouis. Nous entrâmes dans la maison et il s’avança dans notre direction. David le salua :

– Bonjour, mon frère !

– Bonjour ! dit Jonas. Cela me fait toujours plaisir que tu viennes. Dis-moi ! Qui sont ces frères avec toi ?

– De récents arrivants. Le frère Sodi est grec et d’origine juive, mais plus récemment, de descendance scandinave. Bohémond, lui vient du nord de la Russie.

– Soyez les bienvenus, chers frères ! dit-il en nous tendant la main.

Il nous invita à nous asseoir dans sa spacieuse demeure. Elle était très belle, avec des décorations comme il n’y en a jamais eu dans aucune maison terrestre. Regardant autour de moi, je repensai aux paroles que notre Seigneur avait prononcées :

« Je vais vous préparer une place. » (Jean 14:2)

Toutes ces maisons… Préparées par une main toute-puissante…Je pensai encore :

-« S’IL a fait sur terre une telle variété de fleurs, des arbres magnifiques de toutes les formes et de tant de parfums, et tant d’autres choses pour satisfaire et agrémenter nos vies terrestres, que n’a- t – il pas préparé pour Ses saints, pour Son épouse dans le Ciel ?

– Eh bien, Jonas ! Dis-je. Nous sommes très contents de te voir. Mais dis-moi ! Es-tu vraiment le prophète Jonas qui a été si remarqué à l’époque biblique sur la terre ?

– Mais évidemment que je suis le prophète Jonas, fils d’Amitthaï ! J’ai grandi à Gath-Helper, une ville antique de Basse Galilée, dans le territoire de Zabulon, il y a plus de 2700 ans, si l’on compte comme sur terre. Mais, chers frères, si l’on compte comme dans le Ciel, ça ne fait seulement que 2 jours et demi que je suis arrivé dans ce royaume céleste.

– Parle-nous de ton expérience avec la baleine, Jonas ! Il y a beaucoup de scepticisme au sujet de cette histoire.

– Elle est entièrement vraie. Mais comment j’ai vécu à l’intérieur de ce grand poisson, ça, je ne saurais le dire. Je sais seulement que j’y avais réellement passé 3 jours. Mais l’animal en étais autant malade que moi.

On m’a posé des milliers de fois ces mêmes questions. C’est pour moi une vieille histoire et pourtant elle est toujours nouvelle et toujours vraie, parce que la main de DIEU était là, présente à la fois pour punir et pour sauver. Si j’avais persisté dans ma désobéissance, cela aurait signifié la destruction de Ninive.

Mais ma repentance et ma fidélité ont engendré son salut. Oui, quoi qu’en disent les moqueurs, cette histoire est véridique. Évidemment, il y avait eu un miracle ! Mais qui a été suivi par le plus grand réveil qu’aucune ville n’ait jamais connu. Ma punition et ma repentance ont été un signe pour les Ninivites. Ils se sont repentis – car DIEU a exercé Sa miséricorde – alors que moi, j’étais en colère. Oh, le pécheur que j’étais ! Mais DIEU avait aussi exercé Sa miséricorde à mon égard ; et beaucoup de Ninivites ont été sauvés et sont maintenant au CIEL.

– Jonas ! Lui dis-je d’une voix forte. J’aurais aimé que tu puisses à nouveau retourner sur terre pour y répéter ton histoire. Beaucoup de gens ergotent sur la Parole de Dieu et la ridiculisent à partir de ce qui est dit te concernant.

– Oui, reprit Jonas, et ils le font pour leur propre destruction. Beaucoup de choses importantes et étranges se sont passés et se passeront encore. Certaines sont si étranges que les hommes continueront à douter et à ergoter comme ils l’ont toujours fait. Et pourtant ces choses sont réelles.

– Absolument ! Acquiesçai-je. Nous avons bien connu des enfants et des animaux nés avec 2 têtes, aux 2 extrémités d’un même corps; ce qui est le résultat très particulier de lois physiques qui produisent ce que nous appelons des MONSTRES. Et lorsque d’autres choses étranges se produisent dans le domaine physique, nous parlons de miracle. Cependant les hommes chicanent, et nient. Mais vraiment, nous sommes très contents de t’avoir rencontré et d’avoir entendu ton histoire de tes propres lèvres. Nous avions toujours pensé, nous, que la parole était vraie. D’ailleurs 800 ans après que tu aies vécu, notre Seigneur a fait référence à toi, faisant de toi le signe de Sa propre mort et de Sa résurrection.

– Tout était absolument vrai, dit Jonas. Et les sceptiques, qui étaient très nombreux quand le Seigneur était sur terre, se lèveront au jour du jugement en même temps que les hommes de Ninive ; et les Ninivites les condamneront. Il en sera de même avec les railleurs des derniers temps, qui auront eu encore beaucoup plus de lumière que n’en ont eu même les hommes de l’époque de notre Seigneur. David prit la parole :

– A mon époque, beaucoup de grandes choses se sont produites. La main de Dieu était quotidiennement sur moi. Il m’a accordé tant de délivrances qu’on pourrait en écrire un livre entier. Les hommes qui vivaient alors sur terre acceptaient généralement ces interventions providentielles comme la main agissante de DIEU envers les affaires humaines.

– Tout à fait, dit Jonas. Et quand je vivais, 200 ans après ta mort, tout le monde semblait parler de toi comme de quelqu’un que DIEU avait grandement honoré.

– Bien ! Nous allons jusqu’au Trône, Jonas, lui dis-je. Je suis très impatient de voir la Gloire de cet endroit du Ciel des plus merveilleux. Nous l’avons tant chanté ! Nous l’avons évoqué notre vie terrestre durant, dans nos prières. Et dire que j’en suis maintenant si proche… Oh, mon DIEU ! Alléluia ! Mon âme déborde au point que je n’arrive plus à me contenir.

– Accordez vos harpes ! Dit David.

Bientôt, nous chantions sur le ton le plus élevé de nos voix:  » Les merveilles de notre DIEU, notre ROI »

– Mais réalise, réalise ! M’exclamai-je. Nous sommes au Ciel ! Et dans la maison de Jonas, le prophète, tout près du Trône !

– J’ai été très heureux de vous rencontrer, chers frères qui avez vécu sur la terre près de 3000 ans après moi. Et heureux que nous puissions ensemble maintenant rendre grâce à DIEU.

A ces mots, nous nous prosternâmes, avec des louanges d’adoration envers notre DIEU.

– J’espère être près du Trône au moment du grand rassemblement, nous dit Jonas une fois que nous nous fûmes relevés. Des millions de saints y assistent. J’espère donc vous rencontrer là-bas.

Il nous tendit la main et nous nous dîmes au revoir. Puis nous remontâmes dans la voiture pour nous diriger jusqu’au CENTRE du Royaume céleste.

– Ne sommes-nous pas plus près du Trône que lorsque nous avons fait demi-tour pour retourner dans le paradis ? Demandai-je à David.

– Presque aussi près. Mais nous y arrivons par un autre côté, cette fois-ci.

La lumière était si éclatante… Cependant elle n’éblouissait pas. Car nous étions préparés pour cela. Des millions d’âmes joyeuses passaient à coté de nous. De nombreux ramassages étaient organisés en différents endroits, en vue du grand rassemblement.

– Nous devons nous arrêter, dit David. Je vois un ange qui m’appelle.

Il descendit de la voiture. Après avoir discuté quelques minutes avec l’ange, il revint et nous dit qu’il devait nous quitter là, étant appelé à un endroit éloigné, dans la ville :

– Je pense que je ne vais vous laisser que pour peu de temps. Vous pouvez vous détendre en vous promenant si vous en avez envie. Demandez à entrer dans n’importe quelle maison, si vous en avez le désir. Sentez-vous tout à fait chez vous ! Tout ce que vous voyez vous appartient. Je vais faire un rapide déplacement jusqu’à un endroit de la ville éloigné d’ici. C’est en relation avec l’organisation du grand rassemblement. Si je ne devais pas revenir à temps, montez dans n’importe quelle voiture et on vous emmènera au Trône. Vous serez à l’heure.

A ces mots, nous descendîmes de son véhicule. Il nous dit au revoir avec une gracieuse révérence et en agitant la main. Et il s’en alla. »…..

– Bien ! Dit Seneca. Tu es très fatigué. Tu dois maintenant te reposer. Que ton repos soit doux et que la paix de Dieu soit sur toi….Je regardai dans sa direction, mais il disparut de ma vue.

CHAPITRE 9 – EN CONFERENCE AVEC LES ANCIENS

Seneca arriva comme à l’accoutumée. Il examina rapidement le manuscrit, suggéra quelque changement çà et là. Puis il poursuivit avec ce qui suit….

Après que nous ayons quitté la voiture de David, Bohémond et moi nous marchâmes seuls, plongés dans une profonde considération de toutes ces merveilles, de la toute-puissance et de l’amour de DIEU. Nous arrivâmes alors vers un très joli parc dans lequel nous entrâmes. Nous n’étions pas allés très loin quand nous vîmes là, un groupe d’anciens, parmi lesquels se trouvaient Abraham et Moïse, Josué et Esaïe, Pierre et Jean, Paul et Silas, et beaucoup d’autres. Ils étaient engagés dans une discussion spirituelle. Ils nous firent signe.

– Nous sommes content de vous revoir, dirent-ils, car nous avons appris que notre Seigneur a des intentions bienveillantes en ce qui vous concerne.

– Eh bien, chers frères, nous ne savons ce qui nous attend encore, mais nous avons vu à quel point DIEU est plein de grâces infinies. Et tout ce que nous découvrons nous intéresse au plus haut point.

– Nous en sommes réjouis, dit Abraham. C’est avec sagesse que vous avez été conduits jusqu’à notre conférence. Et j’ai eu connaissance de l’ampleur de tout ce que vous avez visité jusqu’à maintenant. Nous commencions une discussion sur la théologie telle qu’elle est maintenant enseignée dans les églises terrestres. Si cela vous intéresse, nous vous invitons à rester un moment avec nous. Sentez-vous libres de nous poser toutes les questions que vous souhaitez nous poser. Et vous pouvez aussi participer aux réponses sur les points dont nous discutons.

Nous répondîmes ensemble et spontanément, acceptant leur gentille invitation. Il ne doit pas être fréquent, en effet, de rencontrer autant d’hommes d’une telle capacité, ceux-là mêmes qui ont contribué plus que tous les autres à la FOI de l’Église chrétienne. Abraham reprit :

– Nous nous intéressons de très près à tout ce qui concerne l’Église qui est sur terre, peut-être même plus que ceux qui habitent encore leurs maisons terrestres. Vous êtes vous-mêmes si récemment arrivés de la terre que nous sommes contents de vous voir maintenant parmi nous.

– C’est vraiment un grand privilège pour nous, dis-je, de nous asseoir avec vous à cette conférence.

Moïse nous tendit le panier des fruits délicieux qu’ils se partageaient.

– Au cours des dernières années, reprit Abraham, la Théologie a été très négligée. La Théologie, c’est ce qui traite de l’existence, du caractère et des attributs de DIEU, de Ses lois et de Son gouvernement, des doctrines que doivent croire les hommes, et des obligations qu’il leur incombe de mettre en pratique. Nous avons été informés que de graves erreurs se sont infiltrés dans de nombreuses branches de l’Église. La Religion, continua -t-il, la Religion véritable, c’est la vie de l’homme qui est personnellement en contact avec DIEU. C’est la reconnaissance de DIEU dans toutes nos actions. C’est le lien qui unit l’homme à DIEU. Cette FOI qui intègre Sa présence et qui L’invite dans toutes les affaires de la vie humaine. C’est la vie de DIEU dans l’âme de l’homme, et qui se manifeste quotidiennement dans une moralité concrète.

– Quelle différence y a -t-il donc, demandai-je, entre la Théologie et la Religion ?

– La vraie Religion, dit Abraham, la vie spirituelle authentique, fait référence à la présence de DIEU dans le cœur de l’homme et dans sa vie qu’il soumet à l’obéissance de toute la volonté divine.

– Quant à la Théologie, dit Moïse, elle est un système scientifique qui traite de DIEU et des lois par lesquelles l’homme est sauvé. Mais un homme peut être un théologien, comme l’étaient beaucoup de scribes et de pharisiens, sans expérimenter la vie divine. La source de toute véritable Théologie, c’est DIEU LUI-MEME, dans les révélations qu’Il a accordées à l’homme. Paul prit à son tour la parole :

– Ces révélations concernent à la fois ce qui est naturel et ce qui est surnaturel. La Théologie naturelle traite de DIEU et de Ses attributs tels que la nature les enseigne. Il y a près de 1900 ans, j’ai écrit :

 » Les perfections invisibles de Dieu, Sa puissance éternelle et Sa divinité, se voient comme à l’œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans Ses ouvrages. »(Romains 1 : 20).

C’est pourquoi les hommes sont sans excuse. Mais pour l’homme, sur la terre, la véritable source des enseignements théologiques exacts, ce sont les écritures. Elles sont pour lui une révélation divinement inspirée. Leur interprétation soigneuse révèle DIEU à l’homme de façon semblable à ceux que nous avons découvert de Lui après avoir passé des centaines d’années ici, à Le connaître. Elle pénètre Sa vraie nature, Ses attributs, Ses relations et Ses rapports avec l’homme. La vraie Théologie traite également de l’homme, de ses relations et de ses devoirs envers DIEU et envers ses semblables. Elle traite de notre état futur, celui dont nous jouissons tous maintenant, avec ses récompenses. Elle traite aussi des punitions qui seront la part des impénitents.

– Il y a eu, dis-je, beaucoup de contestations et de critiques des Écritures, au cours des dernières décennies. C’est pourquoi je suis content d’avoir l’opportunité de vous questionner, vous qui avez écrit une grande partie des Écritures, sur ce qui concerne leur authenticité, leur origine et leur autorité, car c’est de DIEU qu’elles viennent, et c’est à l’homme qu’elles sont destinées.

Moïse fut le premier à répondre :

– Il y avait aussi beaucoup de contestation et de critique à mon époque. Aucune preuve ne pouvait satisfaire ceux qui critiquaient. Il y a, dans la révélation, tout autant de mystères que dans la création. Je savais que j’étais appelé et que j’avais reçu une mission directement de DIEU. Les livres de la Loi ont été écrits à Sa demande expresse. Josué a été mon successeur, et cette tâche, qui comportait de lourdes responsabilités, il l’a accomplie en ayant été désigné par notre divin Seigneur. Ses messages et ses écrits étaient d’ailleurs préfacés par de tels mots :

« Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël ». Samuel, le prophète d’Israël, a été, lui, appelé très tôt par Dieu. Il a prononcé la Parole avec l’autorité qui venait du Ciel. Et tous les livres des prophètes sont composés de messages qui viennent directement de Dieu. Notre Seigneur, Lui qui nous avait envoyés, a reconnu la totalité absolue de nos écrits qui composaient les Écritures de l’Ancien Testament. Il a rendu les honneurs les plus élevés à ces antiques récits. C’est ce qu’Il m’a dit en détail. Son sceau étant ainsi apposé sur eux, ils resteront intouchables à jamais. Tu ne dois donc avoir aucune crainte que les Écritures soient un jour foulées aux pieds par l’Église, suite aux efforts qu’auraient déployé les hommes sceptiques. Dieu se réserve le pouvoir de faire s’ouvrir à nouveau la bouche de la terre pour engloutir les coalitions des hommes mauvais, comme cela a été le cas aux jours de Koré, Dathan et Abiram. (Nombres 16).

– Tout à fait ! Dit Paul. Notre Seigneur a vraiment cautionné chaque iota de la LOI et des Prophètes. Il a fait savoir que les préceptes écrits par Moïse engageaient le peuple juif tout entier. Il a cité les Ecrits de presque chaque prophète, de Moïse à Malachie, reconnaissant leur pleine autorité en tant que Parole de Dieu, et leur donnant le titre distinctif d’Écritures, différents donc de tous les autres écrits. Comme les apôtres et les évangélistes de notre Seigneur, nous avons toujours pleinement reconnu leur origine divine. Nous les avons cités et écrits. Nous avons prêché à partir de ces textes, les considérant comme faisant autorité sur toutes les questions de la Foi. Nous avons toujours déclaré qu’ils étaient « les Oracles de DIEU donnés par le SAINT- ESPRIT parlant par la bouche de Ses anciens serviteurs ». Ceci est expressément déclaré de David, d’Esaïe, et de tous les saints prophètes.

Pierre prit alors la parole :

– Tu te rappelles que dans l’une de mes Epîtres, j’ai parlé de la transfiguration de notre Seigneur sur la sainte montagne, et de la voix qui a parlé depuis le Ciel attestant que ce JESUS était le FILS de DIEU. Notre témoignage, qui provenait donc de plusieurs témoins, aurait dû être reçu par tous les Juifs. Cependant, j’ai ensuite déclaré que les Écritures étaient pour eux une Parole prophétique plus sûre. Et je les ai exhortés à prêter attention à leurs révélations, car elles parlent d’une façon complète de CHRIST, notre Seigneur.

« Ce n’est pas, en effet, en suivant des fables habilement conçues, que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de notre Seigneur JESUS-CHRIST, mais c’est comme ayant vu Sa majesté de nos propres yeux. Car il a reçu de DIEU le PERE honneur et gloire, quand la gloire magnifique lui fit entendre une voix qui disait :

« Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection !  » Et nous avons entendu cette voix venant du ciel, lorsque nous étions avec lui sur la sainte montagne. Et nous tenons pour d’autant plus certaine la Parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour vienne à paraître et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs; sachant tout d’abord vous-mêmes qu’aucune prophétie de l’Écriture ne peut être un objet d’interprétation particulière, car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le SAINT- ESPRIT que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » (2 Pierre 1 : 16 -21)

– En outre, continua Pierre, il y a pour tous les écrits du Nouveau Testament une affirmation manifeste d’inspiration et d’autorité. Ce que les 4 évangélistes ont écrits l’a été sous l’œil et le contrôle de notre Seigneur, bien que cela n’ait été rendu public que des années après Son ascension au Ciel. Une promesse spéciale de la présence et de l’aide du SAINT-ESPRIT avait été donnée à tous les apôtres.

L’Esprit de vérité ainsi promis devait nous remettre en mémoire tout ce que le Seigneur nous avait enseigné, et nous enseigner toutes choses. Il se plut tout particulièrement à nous remettre en mémoire les vérités révélées dans le passé, et à nous apporter de nouvelles vérités en provenance des fontaines d’en haut. A cause de cet apport, de cette dotation, notre Seigneur a placé une autorité sur notre parole tout autant que sur la Sienne et que sur celle des premiers prophètes. Les écrivains du Nouveau Testament ont toujours identifié leurs paroles à celles du SAINT-ESPRIT.

Ils annonçaient leurs messages comme étant véritablement la Parole de DIEU, la Parole du Seigneur qui durera toujours. Ainsi, tous ces messages provenaient de DIEU. Ils soufflaient le pur esprit de Sa bonté et apportaient le cachet de Son autorité. Ils sont établis à jamais.

Bohémond et moi répondîmes en même temps :

– Eh bien, ce qui nous ferait plaisir, ce serait d’avoir une brève formulation, un résumé de leurs enseignements tels que vous les comprenez maintenant. Car nous souhaiterions comparer nos propres points de vue sur la Théologie, ainsi que ce qui est maintenant enseigné dans les églises, avec la vérité telle qu’elle est.

Ils furent tous d’accord.

– Nous allons vous remettre prochainement un tel document, nous dit Abraham. En attendant, si vous le désirez, vous pouvez monter dans l’un de ces véhicules qui passent par ici et faire un tour jusqu’à un service de Louange sur l’avenue principale, ou bien alors visiter le parc qui se trouve près du Trône.

Nous les remerciâmes pour leurs propositions amicales et nous montâmes à bord d’une voiture.

– Nous nous reverrons bientôt, nous dirent-ils.

Ils nous saluèrent gracieusement en agitant la main. Esaïe nous proposa gentiment de venir avec nous. Ce dont nous le remerciâmes.

Un peu plus tard, la voiture ralentissait à l’approche d’une entrée ou des milliers de saints étaient rassemblés. L’endroit semblait grand comme 4 ou 5 hectares terrestres. Il y avait des sièges disposés de façon circulaire tout autour d’un immense espace central. L’Orchestre se trouvait sur un emplacement en surélévation dans cet espace central. Ils étaient bien un millier avec leurs harpes et leurs voix, à transporter ce vaste auditoire avec les mélodies du Ciel. Il me sembla que la harpe et la voix de David ne furent jamais aussi mélodieuses qu’au cours de ce service. Il y avait là beaucoup de Pères de l’Église des premiers temps. Beaucoup de ceux qui avaient souffert la persécution et le martyre étaient là également. Leurs visages rayonnaient d’une joie particulière alors que leurs paroles se répandaient comme une huile parfumée sur cette merveilleuse assemblée. A la suggestion de Barthélemy, l’un des douze apôtres, nous tombâmes tous sur nos genoux et prosternés contre le sol, nous rendîmes à DIEU, d’un seul cœur et d’une seule voix, toute la gloire qui lui revint.

Plusieurs brèves prédications furent apportées aux milliers de personnes assemblées dont beaucoup étaient, comme nous-même, de récents arrivants dans la ville. Cela ressemblait à une réunion de préparation pour le grand rassemblement qui devait se tenir au Trône. Esaïe, avec sa longue barbe flottante, parla comme s’il avait eu une trompette d’argent, annonçant le déroulement général qui venait d’avoir été mis au point pour cette grande manifestation.

Le visage d’Énoch brillait comme celui des anges tandis qu’il proclamait la gloire de son Seigneur. Jean-Baptiste, aussi, d’une voix perçante, fit vibrer la congrégation comme par une flamme de feu. Marie, la mère terrestre de JESUS, était également là. Sa douce voix était comme des vagues de lumière sur cette foule. Nous découvrîmes qu’elle était très estimée dans le Ciel.

Priscille et Aquilas (voir Actes 18:2) exprimèrent tous deux des paroles de grande obligeance. Et beaucoup d’autres témoignèrent de la grande bonté de DIEU. Puis nous nous levâmes tous pour chanter une doxologie. Alors, d’une seule âme et d’une seule voix, s’élevèrent les Louanges de Celui qui nous a rachetés pour DIEU, par Son sang.

Enfin, le service s’acheva. En sortant, nous vîmes beaucoup de nouveaux arrivants de la terre. Et certains étaient des personnes que nous connaissons. Quelle joie se fut de les retrouver, et de réaliser que nous pouvions maintenant les aider dans leur propre connaissance du royaume céleste. Ils étaient tellement remplis d’émerveillement qu’ils louaient et adoraient DIEU sans pouvoir contenir leurs sentiments. En fait, nous ressentions tous à peu près la même chose. Il n’était pas possible de réagir autrement en nous trouvant au cœur de la gloire de DIEU, transformés à Son image bénie, et réunis avec ceux qui nous avaient précédés dans les âges passés et que nous avions souhaité revoir depuis si longtemps.

Nous marchâmes jusqu’à un endroit plus tranquille, sous les branches largement étendues d’un arbre magnifique. Ses fruits, très abondants, et qui arrivaient à maturité chaque mois, étaient suspendus à portée de main. Les fruits et les feuilles répandaient leur délicieux parfum et nous nous sentions tous transportés par la présence et la Gloire de DIEU, et comblés par tout ce qu’en abondance Il avait préparé pour nous dans Son amour. Je suggérai alors que nous nous inclinions et que nous LUI apportions toute la reconnaissance de nos cœurs. Nous fûmes tous bientôt prosternés sur nos visages. On eût dit que nos amis n’arriveraient jamais à cesser de dire « ALLELUIA ! GLOIRE A DIEU ! »

– Aimeriez-vous retourner vers votre maison terrestre et quitter ce que vous avez ici ? Leur demandai-je.

– Ne pose pas une telle question ! Dit l’un de mes vieux amis en se relevant et en tapant sa main contre la mienne. Ce n’était là-bas que le berceau de notre existence. Mais c’est véritablement ceci qui est notre maison ! Oh, que le Seigneur soit béni !

Nous cueillîmes quelques fruits et nous passâmes un long moment de communion fraternelle. Ils nous parlèrent longuement de ce que devenaient les communautés que nous avions quittées. Et il me sembla pour un temps être retourné dans leurs maisons et à leurs tables, marchant avec eux le long des routes et dans les rues, alors qu’ils me parlaient de ces choses.

– Oh, Scandinave ! Mon peuple d’adoption ! M’écriai-je. Si seulement je pouvais vous voir tous ici, hors de vos liens spirituels et de vos formalismes ! Alors, je proclamais les Louanges de DIEU plus intensément que jamais. Si seulement ils pouvaient savoir, poursuivis-je, que vous nous apporté ces nouvelles au moment où ils mettaient la dépouille refroidie de votre corps dans la tombe. Si seulement ils pouvaient vous voir ici dans cette Gloire, et nous vous voir nous, recevant cette précieuse visite sous ces majestueux arbres de vie ! Alors, ils élèveraient leurs regards et diraient :

« Ah, si j’avais les ailes de la colombe, je m’envolerais et ce serait le repos ». Et dans l’onction d’une vision comme celle d’Etienne dans son martyre (Actes 7 : 55 – 56).

Ils verraient le Ciel ouvert et les gloires que le FILS de DIEU a préparées pour tous Ses enfants. Si seulement les yeux de leur foi pouvaient traverser le voile qui cache le futur ! Si, comme dans la vision de l’Apocalypse, ils pouvaient voir ces gloires, s’ils pouvaient entendre l’écho des mélodies que nous venons d’entendre – ce dont Paul a saisi les accents quand il a été transporté jusqu’au troisième ciel – alors ils diraient à jamais :

« La mort est pour moi un gain » (Philippiens 1 : 21)

Et les privilèges qu’ils ont en Christ, par le Saint-Esprit, signifieraient beaucoup plus pour eux que ce n’est le cas actuellement.

Bohémond prit la parole :

– Vos libertés sont ici sans limites. Prenez des fruits de n’importe quel arbre, et aussi souvent que vous le désirez. Allez ou vous avez envie d’aller. Réjouissez-vous dans tout ce que vous voyez. Tout est à vous, et vous êtes à CHRIST, et CHRIST est à DIEU. Nous avons découvert qu’il est sage de ne pas se presser. Vous devez prendre votre temps : toute l’éternité est devant vous.

Puis nous leur dîmes au revoir, en ajoutant :

– Nous nous reverrons certainement souvent. Nous avons rendez-vous non loin du Trône et il nous faut maintenant nous y rendre. Nous espérons vous revoir plus tard, aux grands rassemblements qui se déroulent au Trône lui-même. Nous serions vraiment contents de vous y retrouver.

– Nous montâmes dans une voiture et nous fûmes vite hors de vue de nos amis. La lumière du Trône augmentait intensément. Quand nous nous arrêtâmes et sortîmes du véhicule, nous retrouvâmes nos frères anciens que nous avions quittés quelques temps auparavant.

Ils purent alors nous tendre le rouleau qu’ils avaient préparé.

– Étudiez ceci avec soin, nous dirent-ils, et comparez-le à ce que vous voyez.

Nous les remerciâmes pour leur grande gentillesse :

– Nous espérons vous revoir bientôt au Trône.

– Mais oui ! Bien sûr ! dit Abraham. Nous y serons ! C’est quelque chose d’un caractère beaucoup trop important pour que nous le manquions.

Nous tournâmes nos regards en direction d’un bosquet d’arbres d’une grande beauté. Un certain nombre d’entre eux avaient une forme circulaire avec des branches retombantes, un peu comme le saule pleureur sur terre. Quand nous nous en approchâmes, nous vîmes 2 anges, très joliment vêtus, assis au milieu de ces arbres sur de très jolis capitonnages. Ils se levèrent et nous accueillirent en posant la main sur nos têtes :

– Nous vous saluons au nom de notre DIEU. Mais qu’avez-vous donc à la main ?

– Un rouleau donné par les anciens.

– Eh bien, prenez un siège ! Et soyez les bienvenus au milieu de ces arbres ! Le parfum de leurs feuilles vous apportera une grâce enrichissante tandis que vous lirez et que vous étudierez.

Nous nous assîmes. Nous étions dans l’émerveillement. Mais bientôt les anges avaient disparu. Nous lûmes et relûmes ce rouleau sacré. Notre joie fut à son comble de savoir que nous nous sentions en parfait accord avec les points clairement exposés dans ce document et qui concernaient la Vérité divine.

– Plaise à DIEU, dit alors Bohémond, que nos frères Bohémiens, à travers l’empire autrichien et ailleurs, puissent seulement avoir le privilège de lire ce que les anciens nous ont écrit.

– Je pensais justement la même chose moi-même. Si le peuple scandinave, tout comme les milliers d’églises d’Amériques et d’Angleterre, pouvaient seulement étudier ce Code orthodoxe de doctrine divine, cela corrigerait certaines des erreurs modernes et des déviations doctrinales qui se sont glissés parmi le peuple chrétien et qui proviennent de contestations non fondées de ces années récentes. Il nous faut absolument préserver ce rouleau, car il a été préparé avec grand soin.

Nous nous levâmes et nous fîmes une longue promenade au milieu de très beaux arbustes tout en fleurs. Nous cueillîmes des fruits dont nous avions envie. Puis nous laissâmes cette douce solitude et nous rejoignîmes les multitudes qui se dirigeaient vers le Trône. Nous n’étions pas allés très loin que beaucoup de ceux qui nous approchaient nous questionnèrent au sujet du rouleau. Nous le leur lûmes à haute voix et nous évoquâmes ses différents points. Ce qui fut grandement apprécié par chacun. C’est alors qu’arriva un véhicule dans lequel se trouvaient de nombreux hommes des époques antiques, et que nous n’avions pas encore rencontrés. Le véhicule avançait très lentement. Il ressemblait un peu à la « Talleyho » ou à une automobile d’un modèle terrestre de grande dimension. Voyant que nous étions de récents arrivants, ils nous invitèrent bien vite à monter avec eux. Nous acceptâmes leur invitation. Il ne sera jamais possible de dépeindre dans leur plénitude la visite et les scènes qui suivirent « ……

Il faut maintenant que tu te reposes, me dit Seneca Sodi, car je sais que tu es très fatigué. Il me tendit alors le rouleau afin que je le recopie avec soin et il me souhaita une bonne nuit.

PARTIE 3 – LA TRADUCTION DU ROULEAU

CE QUE CROIENT LES ANCIENS DU CIEL : IL Y A UN SEUL DIEU, VIVANT ET VRAI

SES ATTRIBUTS

  1. Les attributs de Dieu sont les caractéristiques, les qualités, et les perfections qui LUI appartiennent. Ce sont aussi des composantes de Sa nature divine. Ce n’est pas que la totalité de Son être consiste en l’addition de ces attributs. Mais ce sont les formes et les expressions de Son être qu’IL a révélées aux hommes.
  1. Ces attributs concernent Sa nature et Son caractère moral. Les attributs de Sa nature révèlent Son existence en tant qu’ESPRIT infini et rationnel. Ce sont : le fait qu’IL existe par Lui-même, la LIBERTE, la TOUTE-PUISSANCE, L’OMNIPRESENCE, L’OMNISCIENCE, la SAGESSE. Ses attributs moraux sont la SAINTETE, la DROITURE, la JUSTICE, la BONTE, L’AMOUR, la GRACE, la MISERICORDE et la VERITE.
  1. Ce que sur terre les hommes savent de DIEU, c’est qu’IL est un ESPRIT invisible, qu’aucun homme n’a vu ni ne peut voir. Il est éternel et Il existe par Lui-même. Il crée les êtres avec l’immortalité, mais LUI seul possède l’éternité. Il est infini, remplissant tout l’espace de l’univers entier, embrassant tous les mondes. Il est omniprésent, et Sa puissance est infinie, comme le montrent toutes Ses créations, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Tous Ses actes sont le fait de l’exercice de Sa volonté et sont visibles par l’homme dans l’universalité, la variété et la multitude de Ses œuvres. La toute-puissance de DIEU est seulement limitée par Ses perfections morales. DIEU ne peut mentir ou faire le moindre acte mauvais, bien qu’IL en ait le pouvoir.
  1. Dieu est omniprésent. Il est Celui qui crée, soutient et gouverne toutes choses. Il est aussi omniscient, toutes choses étant ouvertes et nues devant Ses yeux. La sagesse de DIEU est infinie. Elle embrasse toute la connaissance, et elle est indépendante de toutes Ses créatures. Nous ne pouvons rien Lui dire qu’Il ne sache déjà, car Son intuition intelligente et infinie connaît toutes les choses passées, présentes ou futures. Cette intelligence est parfaite et absolue. L’homme analyse les choses pour découvrir leur nature. DIEU connaît la nature des choses sans analyser.
  1. DIEU possède également la connaissance absolue du futur. Comment cette connaissance du futur peut-elle être conciliée avec la liberté d’action et la responsabilité morale de l’homme ? Ceci est véritablement un mystère pour l’homme sur la terre. Mais les Ecritures enseignent clairement ces 2 choses, et la FOI accepte ce que la raison ne peut concilier. Certaines églises, sur terre, ont nié la liberté morale de l’homme. D’autres soutiennent que DIEU, dans l’exercice de Son omniscience comme de Sa toute-puissance, s’abstient de connaître ce que Ses créatures feront en certaines circonstances données. Mais cette connaissance que DIEU a du futur, qui n’est pas révélée à l’homme, n’impose, ni même n’insinue, pour l’homme, la moindre ligne de conduite. Elle n’affecte sa liberté d’action en aucune façon. Si l’homme pèche ou s’il vit dans la sainteté, ce n’est pas la conséquence du fait que DIEU connaisse le futur. Aussi, en dépit de Sa connaissance du futur, DIEU a fait l’homme à Son image : un être moralement libre.
  1. DIEU possède une sagesse infinie. Il sait toujours ce qui est le meilleur. Il choisit toujours les moyens qui accompliront le mieux Ses objectifs. C’est cela la Sagesse. C’est l’art d’amener notre connaissance au meilleur avantage. La sagesse de Dieu se voit à la fois dans la création et dans la providence. Partout, Sa sagesse et Ses œuvres se confirment mutuellement comme étant de Dieu. On n’a jamais vu ni connu plus grande sagesse que la sagesse de Dieu dans le plan de la rédemption de l’homme. Elle résout le problème de la justice de Dieu en justifiant le croyant en JÉSUS-CHRIST.
  1. On voit la bonté parfaite de DIEU dans la bienveillance qui embrasse toute l’humanité et qui pourvoit à Son bien-être. Ses relations pleines de miséricorde envers les hommes proclament Sa bonté. La bonté de Dieu se voit également dans Ses faveurs imméritées envers l’homme. Il l’attire vers le SALUT. Il utilise de nombreux moyens pour y parvenir. Et Il a pourvu avec abondance au bonheur présent et éternel de l’homme.

LE MAL

  1. Comment le péché, avec ses terribles conséquences, peut-il exister dans le monde malgré la droiture du gouvernement de DIEU ? C’est un problème grave et difficile dont la complète solution n’est pas accessible à l’homme pendant sa vie terrestre. Mais le péché existe, et Dieu le permet pour des raisons qui LUI sont propres, et qui ne sont pas entièrement révélées à l’homme. Dans le Ciel, il ne peut pas en être ainsi. Aucune ombre de péché ne peut même entrer par les portes de cette ville. Si un ange péchait à nouveau, Dieu le chasserait immédiatement en enfer.
  1. La DROITURE et la JUSTICE sont des perfections divines. C’est la SAINTETE appliquée à la manière de gouverner. La VERITE (ou la loyauté) de DIEU est très semblable à Sa droiture. Tout ce qu’Il fait est vrai. La véracité est un élément de Son caractère. Dieu ne peut mentir. Et de même que Dieu est éternel, Sa vérité est éternelle. Tout ce qui n’est pas en harmonie avec Sa vérité révélée est mensonge.

A la question : « Qu’est-ce que la vérité ? » Nous répétons cette réponse dans le CIEL, et elle est vraie :

« Connaître DIEU comme Il s’est révélé à l’homme est la vérité la plus élevée. Notre Seigneur a déclaré : « JE SUIS LE CHEMIN, LA VERITE ET LA VIE ». Toutes les choses qu’on enseigne ou qu’on croit et qui ne sont pas en harmonie avec Ses révélations claires sont à la fois fausses et trompeuses.

LA TRINITE

  1. Le DIEU éternel s’est révélé aux hommes comme PERE, FILS et SAINT-ESPRIT. Le Fils de DIEU est divin et IL l’a TOUJOURS été. « Il est l’image formelle (formée) du Père. » Il y a sur ce point, dans le passé, beaucoup d’erreurs et d’hérésies dans l’église. Mais nous adorons UN SEUL DIEU TRINITAIRE, sans confondre les personnes ni diviser SA SUBSTANCE. Car il y a une personne du PERE, un autre du FILS, et une autre du SAINT-ESPRIT. Mais la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, c’est UN SEUL DIEU .

LA DIVINITE DE JÉSUS-CHRIST

  1. Il était LA PAROLE DE DIEU depuis l’Éternité. Au commencement était la PAROLE, et la PAROLE était avec DIEU, et la PAROLE était DIEU. Quand Il était sur la terre, nous l’avons toujours considéré comme divin et adoré comme DIEU. Et au Ciel, tous Le confessent, saints et anges, comme étant DIEU et égal au PERE. Tous les hôtes du Ciel l’adorent. Il était DIEU manifesté dans la chair.

LE SAINT-ESPRIT

  1. Le SAINT-ESPRIT est UN avec le Père et avec le Fils. Égal en éternité, en puissance et en gloire. A la création, Il se mouvait au-dessus des eaux. Il développa la forme et la beauté à partir du désordre et de la confusion. Il venait du Père et du Fils. Il a élu domicile avec Son église sur la terre. Il a toujours été avec elle depuis Sa venue à la PENTECÔTE. Il est Celui qui console, qui guide et qui sanctifie Son peuple.

L’ÉTAT ORIGINEL DE L’HOMME ET LA CHUTE

  1. DIEU a fait l’homme droit. Il était à la fois physique et spirituel et possédait une vie divine. Il était fait à l’IMAGE de DIEU. Il pouvait être en communion avec Dieu, avec tout ce qui est divin, aussi bien qu’avec l’univers physique. IL fut fait de peu inférieur aux anges et couronné de gloire et d’honneur. Il avait la domination sur les œuvres terrestres des mains de Dieu. Il était un compagnon de Son PERE et Créateur, capable de l’admirer, de l’adorer, et de se réjouir en LUI. Bien qu’il fut matériel et possesseur d’une nature animale, venant des mains de Dieu, Il était cependant un être intellectuel, moral, pur et saint. Il fut placé sous une loi avec la vie et la mort devant lui.

Adam se rebella. Le péché naquit sur la terre. La gloire du Seigneur se retira de lui. L’homme chuta. Il senti sa culpabilité et fut éloigné de Dieu. Le ruisseau de l’humanité fut contaminé à sa source. Le premier couple devint pêcheur. Leurs descendants furent inévitablement à leur image, entraînés dans la chute, corrompus. Ainsi, par un homme, le péché entra dans le monde ; et par le péché la mort. Et ainsi la mort fut transmise à tous les hommes. C’est pourquoi TOUS ont péché. Notre nature pécha en Adam et le ruisseau devint pollué à la source. Cette dépravation devint universelle car toutes les facultés et tous les pouvoirs de l’âme et du corps furent placés sous le pouvoir du mal.

L’EXPIATION (LA REPARATION)

  1. Nous croyons universellement que la MORT de CHRIST fut une substitution propitiatoire, c’est à dire qu’IL SUBIT la CONDAMNATION de l’homme et que cela fut efficace. Nous croyons que par cette mort la justice divine est satisfaite. Car DIEU est juste et Il justifie ainsi tous CEUX qui CROIENT en JESUS.

Le PARDON et le SALUT sont donc GRATUITEMENT offerts à tous les hommes, par la REPENTENCE et la FOI.

L’ÉLECTION (LA PREDESTINATION)

  1. Nous croyons que DIEU avait décrété d’avance et élaboré un PLAN, depuis la fondation du monde, par lequel Il sauverait l’homme. Plus encore, Il décréta d’avance, depuis le commencement, que tous les hommes qui, au cours des âges, accepteraient ce plan et voudraient s’y conformer serait sauvés. Ainsi quiconque, en accord avec Son propre pouvoir et Sa liberté de choix, choisit la VIE ETERNELLE au travers du PLAN de DIEU, est prédestiné au SALUT ETERNEL.

LA REPENTANCE

  1. La vrai REPENTENCE est une condition de l’âme devant DIEU, opérée par l’action du SAINT-ESPRIT sur le cœur et l’âme de l’homme, par laquelle il est rendu capable de voir et de sentir le caractère coupable de ses péchés, et de les abandonner complètement, avec l’objectif d’avoir un cœur entièrement obéissant à DIEU à l’avenir.

LA JUSTIFICATION

  1. La JUSTIFICATION peut seulement suivre la VRAIE REPENTENCE. Elle est un acte de la grâce gratuite de DIEU par lequel Il pardonne les péchés de l’homme et l’accepte comme droit à Ses yeux. Et ce, UNIQUEMENT POUR L’AMOUR DE CHRIST.

LA FOI

  1. La FOI en DIEU, véritable et sincère, croit à toutes les Paroles, à tous les ordres, à toutes les promesses, à toutes les menaces de DIEU. Elle s’appuie sur le témoignage et elle a pour nous une grande valeur, comme la Vérité elle-même. Nous avons la possibilité de croire à ce que disent les hommes. Nous sommes donc responsables de notre FOI. Car nous pouvons croire à un mensonge aussi bien qu’à la vérité. Seule la Vérité peut rendre l’homme libre.

La FOI VERITABLE, la foi qui sauve, conduit l’âme à placer sa confiance dans le SACRIFICE que JESUS a accompli par Sa MORT et Sa RESURRECTION, dans le pouvoir rédempteur de ce sacrifice.

L’ADOPTION

  1. L’adoption est un acte de DIEU par lequel le pécheur croyant est reçu dans la FAMILLE de DIEU avec tous les droits et tous les privilèges de Ses enfants. Dans la famille de Dieu, il devient un HERITIER, avec un droit et un titre pour la VIE ETERNELLE.

LA NOUVELLE NAISSANCE

  1. La NOUVELLE NAISSANCE, dont notre SEIGNEUR a parlé, est ce PUISSANT CHANGEMENT que Dieu opère dans L’ ÂME de l’homme quand Il lui communique la vie éternelle et le renouvelle à Son image. Ce changement est l’œuvre du SAINT-ESPRIT dans l’homme. Il le convainc du péché, le conduit à la REPENTENCE et à la FOI par lesquels il naît d’en haut, avec la VIE ETERNELLE comme don de DIEU.

CHAPITRE 10 – TOUT PRES DU TRONE :

I – ADAM ET EVE

C’était une soirée des plus agréables. Seneca Sodi entra comme à l’accoutumée, avec beaucoup de joie et d’amabilité. Il regarda le manuscrit en détail, tout particulièrement le rouleau, me suggérant quelques corrections ça et là. Puis il me demanda :

– Es-tu prêt pour la suite, mon fils ?

– Tout à fait ! J’attends ton message avec impatience. Alors il commença.

Bohémond et moi venions juste de nous asseoir dans le véhicule céleste des anciens. Après quelques questions, nous découvrîmes que nous nous trouvions en compagnie des premières générations des habitants de la terre. On nous présenta alors à Adam et Ève, les premiers parents de la race humaine. Cela nous fut très étrange de réaliser que nous étions à coté de personnes qui avaient vécu à une époque aussi reculée. Abel, Énoch, et Mathusalem étaient aussi dans la voiture. Je me tournai vers Abel et m’adressai à lui :

– Premier-Né ! Né de ceux qui n’ont jamais eu de naissance !

– C’est vrai, dit Adam qui écoutait. Nous n’avons pas eu de naissance. Nous avons été créés. Je me rappelle très bien, quand pour la première fois, j’ai ouvert les yeux pour découvrir la création qui m’entourait. Je ne savais rien. Je n’avais absolument aucune connaissance. J’ai senti la brise, le souffle léger qui agitait les branches des arbres. J’ai entendu la douce voix des oiseaux et les mugissements du bétail. Dieu m’a parlé d’une manière intelligible à propos du fruit des arbres : Je pouvais en manger. J’ai appris bien vite à satisfaire ma faim et ma soif. Puis j’ai ressenti le besoin d’un compagnon, car je n’en ai trouvé aucun parmi toutes les créations du jardin. Alors Dieu me donna cette femme comme moitié. J’ai découvert qu’elle était « os de mes os et chair de ma chair ». Et je l’ai aimée depuis lors jusqu’à ce jour.

Ève sourit en rougissant :

– Tu peux deviner que la cour qu’il m’a faite a été brève. Car c’était moi ou personne… Mais nous avons appris la leçon de ce qui concerne la vie, et que tout le monde a répétée après nous.

Seth et Noé étaient assis l’un à côté de l’autre. Sara et Rébecca, Kétura et Rachel étaient ensemble. Éphraïm et Manassé semblaient aussi jeunes que lorsque Jacob leur donna sa bénédiction, il y a de cela bien longtemps. Samuel et Aaron étaient également au sein de ce groupe joyeux qu’ils paraissaient plutôt présider en tant que prophète et prêtre. Caleb et Josué étaient à l’avant, apportant leur assistance au conducteur pour lui indiquer la bonne direction. Tous semblaient s’intéresser beaucoup à nous. Ils nous posèrent beaucoup de questions relatives aux temps modernes. Nous avons beaucoup échangé, des questions et des réponses, à la fois sur la vie dans l’antiquité et sur celle de notre époque. Après ce long entretien, j’étais tellement transporté de joie à l’idée même de la vie éternelle, ce don si grand que Dieu a fait à l’homme, que je m’écriai à haute voix :

– Oh, la signification de ce que DIEU a dit, quand Il a mis dans l’homme le souffle de vie, et que l’homme est devenu une âme vivante ! (Genèse 2 : 7) J’en ai maintenant l’explication devant moi au travers de vous, mes frères bien-aimés, qui avez subi les outrages de la terre et toute la durée des temps céleste, et qui n’êtes pas plus âgés que vous ne l’étiez il y a 4 ou 5 mille ans. Quelle est bénie cette vie éternelle !

Bohémond prit également la parole et s’adressa à Mathusalem :

– Est-ce que tu pourrais me dire si vraiment tes années terrestres ont été aussi longues que cela est mentionné dans la Parole de Dieu ?

L’âge que la Bible a indiqué à ton sujet, c’est 960 ans. Pour nous, c’est là quelque chose de pratiquement impossible à croire. Nous vivons tellement moins longtemps maintenant. S’il te plait, pourrais-tu nous en parler et nous dire ce que tu faisais ?

– Il est absolument vrai, répondit Mathusalem, que nous vivions jusqu’à un âge très avancé. Ce qu’en dit la Parole inspirée est exact. Moïse m’a répété pratiquement mot pour mot ce qu’il a écrit concernant l’Histoire du commencement du monde et de l’humanité. Pourquoi avons-nous vécu si longtemps ? C’est facile à expliquer. DIEU a été pour nous d’une bonté débordante. Aucune autre génération ne nous avait précédés. Aucun livre n’avait jamais été écrit, que nous aurions pu lire. Rien n’avait été découvert avant nous. Il nous a donc fallu beaucoup de temps, des années de longue recherche et d’expérience pour découvrir ce que plus tard on pouvait apprendre en seulement quelques minutes.

En effet, un enfant âgé de quelques années, dans les générations qui ont suivi, en savait autant que ce l’un de nous pouvait connaître après 100 années d’existence. « Après les longues années de notre labeur, nous sommes tous morts ; sauf Énoch que tu vois là-bas. Après 800 ou 900 ans, nous avions à peine plus de connaissance générale que n’en ont aujourd’hui vos enfants de 10 ou 12 ans. Dans les générations qui ont suivi, un peu après nous, 75 ou 80 années leur apportaient autant que nous en apportaient, à nous, 800 ou 900. Ainsi DIEU, dans Sa grâce, a prolongé nos vies et nous a donné de plus grandes opportunités de connaître la raison pour laquelle Il nous avait donné la Terre comme première habitation au lieu de ce monde céleste-ci.

– Quant à ce que nous faisons ; eh bien, il est certain que nous ne faisions rien d’autre que cultiver la terre et élever du bétail et des moutons. Nos outils étaient des plus rudimentaires. Nous les fabriquions entièrement en bois. Nous faisions du mieux que nous pouvions. Tu vois, là-bas, assis dans le fond, c’est Adam. Il peut tout te dire, mon frère – car c’est bien ce que tu es pour nous – en ce qui concerne sa 1ere expérience.

Je me levai alors dans le véhicule et on me présenta à nouveau au père de la race humaine, ainsi qu’à Ève, notre mère à tous.

– Chers Adam et Ève, pourriez-vous nous parler de votre 1ere expérience sur la terre.

– Bien sûr ! dit Adam. Avec plaisir.

Ève hocha la tête en signe d’acquiescement.

– Bien ! Je dirai pour commencer que le jardin où nous avons été placés au tout début était vraiment un lieu d’habitation des plus agréables. On ne pourra jamais trouver sur la terre un endroit plus beau. On m’a donné toutes sortes de descriptions de jardins terrestres, mais rien n’a jamais égalé le paradis. Tout y était absolument merveilleux et délicieux. Il y avait des fruits de toutes sortes qui mûrissaient et qui attendaient à portée de main qu’on les cueille. Rien ne nous était interdit, excepté un seul arbre. Jamais je ne pourrai oublier ce péché. Quelles punitions ont suivi notre désobéissance ! La honte, la disgrâce, la séparation d’avec Dieu. « Quel jour triste cela a été quand Dieu nous a mis dehors pour labourer le sol et le cultiver pour y produire notre nourriture !

Après avoir entendu la sentence, nous n’avions pas envie de partir. Alors, 2 anges se sont approchés, avec un fouet à la main. Et sans dire un mot, ils nous ont conduits hors du jardin. Oh, la douleur et les larmes de ce jour ! Les anges nous avaient déjà parlaient de l’arbre de vie et des vertus merveilleuses qui étaient les siennes. Tout le jardin embaumait du parfum de cet arbre. Le souffle léger de la brise et toute l’atmosphère étaient comme saturés de la vie. Mais la mort rampait jusqu’à nous. Nous avons ressenti sur nous la froideur d’un linceul, et l’écrasement d’un terrible châtiment. Nous n’étions tout simplement plus en harmonie avec notre environnement. La malédiction de la mort était sur nous et Dieu nous avait chassés du jardin pour travailler la terre qu’Il avait maudite pareillement.

– Dieu ne vous a-t-Il pas montré Sa grâce et Sa bonté en vous faisant la promesse d’un rédempteur ?

– Bien sûr ! C’est ce qu’Il a fait. Il nous a d’ailleurs fourni la preuve de Son amour pour nous dans les vêtements qu’Il nous a donnés pour couvrir cette honte.

– Est-ce que ceci pouvait signifier pour vous comme une offrande pour le péché par le sang ?

– Tout à fait ! C’était ça. Dieu nous a clairement expliqué les conditions du pardon. Et nous en avons donné l’enseignement à nos enfants. Caïn le savait parfaitement, aussi bien qu’Abel. Mais Caïn n’a pas voulu croire aux détails concernant l’offrande pour le péché. Et ceci explique pourquoi Abel a apporté un meilleur sacrifice que celui de Caïn. Et par ce sacrifice, à travers la mort, Abel parle encore.

– C’était ça, Abel ? demandai-je.

– Exactement comme mon père te l’a dit.

– Et en ce qui concerne Caïn ?

– Il voulait décider par lui-même. Il méprisait les voies de Dieu. Pauvre garçon ! Il a semé sa semence d’incrédulité et il a moissonné sa récolte au milieu des perdus.

– Pourrais-tu m’en dire davantage, Adam, sur les conséquences de votre premier péché, quand Dieu y’a conduit en dehors du jardin ?

– J’ai déjà raconté 1000 fois cette histoire, mais c’est avec plaisir que je te la raconterai à nouveau. Je n’avais que très peu compris, avant notre péché, la profondeur de ce que signifie la transgression. Je sais tout ce que Moïse a écrit à ce sujet, et beaucoup plus. Et ce qu’il a dit est vrai. Les paroles de l’apôtre Paul étaient vraies également. On me les a répétées de nombreuses fois. Dans le jardin, nous avions une liberté sans limites et nous aurions dû nous en satisfaire. Mais il y avait l’arbre de la connaissance, non loin de l’arbre de vie. Dieu avait dit :

– « Vous pourrez manger librement de tous les arbres excepté un seul ». Il nous avait menacés de mort si nous désobéissons. Pourquoi avons-nous donc désobéi ? C’est là le problème le plus affreux de nos vies. Dieu a laissé la pénalité tomber sur nous. Nous sommes devenus mortels, sujets à la mort. L’octroi de l’immortalité nous a été retiré. Nous étions corrompus et aliénés, séparés de Dieu. Nous avons perdu Son image et nous n’avions plus ni espérance, ni Dieu. Ce n’est que par Sa grâce infinie que nous avons été sauvés et que nous bénéficions aujourd’hui du privilège de ces maisons de béatitude.

Je remerciai Adam et tous les autres pour leur gentillesse et je leur dis :

– Nous espérons que nous nous pourrons avoir avec vous un autre entretien comme celui-ci.

– Mais bien sûr ! nous serons heureux de te l’accorder au moment qui te conviendra.

Nous jetâmes un regard sur l’immense avenue, dans la direction où nous avancions, tout juste pour nous apercevoir qu’une foule immense de saints et d’anges se rendaient au Trône pour le grand rassemblement. Ils étaient dans des véhicules de formes variées, où alors ils marchaient paisiblement, passionnément engagés dans des conversations joyeuses et faisant de sympathiques rencontres en chemin. Cela me rappelait, sur terre, ces grandes occasions aux cours desquelles l’ancien Israël se rassemblait pour les grandes fêtes annuelles du Seigneur, à Jérusalem. Un demi-million ou un million de personnes se rassemblaient alors. Elles venaient des villes et des villages de toute la Terre Sainte. Mais à cette fête-ci, des foules innombrables arrivaient de toutes les directions. C’étaient ceux qui avaient été rassemblés de tous les royaumes, de toutes les langues, de toutes les tribus, de tous les peuples de la terre, juifs et non-juifs. Jamais il n’y eut dans le monde, pour aucune raison que ce fût, un rassemblement d’une telle ampleur.

Mais cette fois, nous étions si près du Trône que de grandes vagues de lumière et de gloire jaillissaient comme des éclairs dans toutes les directions. Évoquer un lever de soleil terrestre, dans une matinée de juin lumineuse, ne serait qu’une bien pâle image de cette gloire. Nous étions encore à plusieurs lieues du Trône, mais les constructions, les maisons et les palais étaient d’une magnificence et d’un raffinement d’une indescriptible beauté.

De part et d’autre de cette très large avenue se trouvaient les demeures magnifiques construites dans les premiers âges du Ciel lui-même. Elles étaient alors occupées par les saints qui, les premiers, franchirent le seuil qui sépare le Temps de l’ETERNITE. Car il y a eu une période de l’Eternité ou aucune âme humaine n’avait marché sur ces rues tout en or, ni même vu ni connu cette gloire céleste. C’est à partir des jours d’Abel que les âmes ont commencé à se rassembler ici, en nombre toujours croissant. Encore et encore me revenait en mémoire cette parole de notre Seigneur quand Il était sur terre : « Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père » En vérité, toutes ces demeures ont été préparées par notre SEIGNEUR béni Lui-même, qui s’est servi des anges et des hommes pour l’assister.

Il y avait aussi de très grandes, de très spacieuses maisons, plus spécialement pour les anges. A ce qu’on m’en a dit. Ils s’y rassemblent et y adorent Dieu. Ils reçoivent aussi les ordres divins. C’est de là que souvent ils partent pour leurs missions d’amour dans l’autre monde, celui du péché et de la douleur.

L’eau de la vie jaillissait de magnifiques fontaines et s’écoulait en ruisseaux argentés dans le milieu des rues. Et nous nous en rafraîchissons avec les coupes d’or de ce saint sanctuaire ; car la grande voiture avançait très lentement, très paisiblement.

– Nous sommes pratiquement à l’entrée Sud, dit alors Énoch.

A ces mots, nous nous levâmes tous et nous nous tînmes debout dans la voiture. Les nouveaux venus étaient tellement impressionnés, écrasés par la majesté et la gloire de ce qui nous entourait, que nous entonnâmes un Hymne de Louange. Quand nous l’eûmes terminés, nous nous mîmes tous à genoux sur les sièges de la voiture et nous répandîmes nos louanges devant DIEU.

– Oh, Trône de Dieu ! S’écria Bohémond. Je suis submergé par la gloire !

C’est alors que la voiture de David se retrouva à nos côtés. Elle était remplie de nouveaux arrivants, mais il y avait aussi parmi eux Geneviève ainsi que ma mère et Marie. David était repassé par la Cathédrale des enfants et leur avait trouvé de la place. Nos deux véhicules étant alors arrêtés, nous mîmes tous pieds à terre et nous marchâmes sur une courte distance.

Nous nous rendîmes jusque sous les branches largement étendues de l’un des arbres de vie. Nous chantâmes là un autre hymne et à nouveau nous nous prosternâmes avec des louanges d’adoration. Nous étions tellement écrasés par la majesté et la gloire qui nous entouraient de partout que nous ne savions plus que dire ni même penser. Des milliers de saints se rassemblaient près de nous et se pressaient plus près du Trône.

Tous ces hommes et ces femmes de l’antiquité qui étaient dans notre voiture s’avancèrent immédiatement. Mais Bohémond, Geneviève, Maman, Marie et moi, nous restâmes là un instant pour nous consulter davantage les uns les autres, et avec David qui maintenant venait vers nous. Bohémond et moi, nous avions peur. C’était une crainte respectueuse que nous n’arrivons pas à dominer. Tous les autres se sentaient tout à fait chez eux. Nous essayâmes d’en faire autant. Mais nous sentîmes comme un serrement dans nos âmes. La pensée de nous tenir bientôt devant le Trône et de regarder le visage de l’ÉTERNEL, du grand YAHVE, nous faisait songer profondément à la préparation qui avait été la nôtre.

– Allons rejoindre là-bas la multitude ! dit alors David.

– Si nous sommes séparés pendant la grande réunion, nous dirent Maman et Geneviève, nous nous retrouverons au banquet qui suivra. « …

– Maintenant, dit Seneca Sodi, tu dois te reposer. Retranscris fidèlement ce que je t’ai donné et je te reverrai bientôt.

Comme d’habitude, il me souhaita très gentiment une bonne nuit. Il était sur le point de disparaître de ma vue quand je lui dis :

– Seneca, mon âme est tellement transportée par ton récit que je voudrais que tu restes avec moi toute la nuit et que tu m’emmènes au grand rassemblement.

– Tu m’entendras encore, mon fils. Ayant dit ces mots, il s’en était allé…

II – LES SPLENDEURS DU TRONE

Seneca arriva comme d’habitude. Son visage rayonnait de joie.

– Pourquoi es-tu si heureux ce soir ? Lui demandai-je.

– Parce que je vais t’emmener là où j’ai hâte d’être à nouveau moi-même.

– Eh bien ! J’attends impatiemment ton message. Quand tu m’as quitté la dernière nuit, nous nous trouvions près du Trône.

– Oui, mon fils. Et je vais maintenant t’en dire davantage.

« Les splendeurs du Trône lui-même dépassent de très loin tout ce qui m’est possible de dire pour en faire une description. Comme nous nous approchions toujours plus près du centre de la ville et du Trône du PERE, de puissantes vagues de lumière et de gloire arrivaient constamment et passaient sur nous. Elles nous plongeaient littéralement dans un bain d’amour, de paix et de joie, et notre exaltation avait atteint un degré de perfection encore inconnu auparavant. Sans le moindre bruit, les voitures célestes se dirigeaient dans toutes les directions. Des foules incommensurables d’êtres ravis de bonheur et revêtus des habits les plus purs se déplaçaient en direction du Trône ou en revenaient. Chaque visage reflétait l’expression calme et paisible d’une parfaite sérénité de l’âme.

Un grand nombre d’entre eux étaient comme nous, s’approchant du Trône pour la première fois. Beaucoup se trouvaient depuis longtemps à l’intérieur de la majestueuse enceinte de la ville, mais tout ce qu’ils avaient vu depuis lors avait procuré à leur âme une satisfaction entière, un contentement total. Aussi s’étaient-ils attardés sur chaque nouvelle chose qu’ils avaient découverte. Et c’était bien qu’ils aient agi ainsi, car la gloire du Trône, qui surpasse toutes les autres, aurait été trop grande pour eux.

J’en vis tant qui était véritablement écrasés par la majesté, la gloire et la lumière, que cela me rappela tout à fait l’expérience que beaucoup ont connu sur terre, au moment des grandes périodes de réveil spirituel. Les émotions spirituelles étaient alors plus fortes que ce que les personnes pouvaient nerveusement supporter. Aussi voyait-on des prostrations, des extases, des évanouissements, des cris et d’autres manifestations de ce genre. J’ai même découvert qu’il y avait au Ciel une croissance, un développement des possibilités de l’âme jusqu’à un degré de perfection sans limites. Et qu’il y avait aussi un potentiel de capacité intellectuelle d’une dimension inconnue sur la terre et que nous n’avions pas soupçonné à notre arrivée dans le domaine céleste. Oui, une perfection sans limites, mais qui, cependant, ne peut atteindre la perfection de DIEU tandis qu’elle s’en approche.

La majesté du Trône est vraiment absolument indescriptible. Et bien que nous ayons été très soigneusement préparés pour cela, nous étions si impressionnés par tout ce qui nous entourait et par ce qui était face à nous que nous ne savions plus quoi dire ni même quoi penser. Pour tenter une comparaison avec les ouvrages terrestres, nous dirons que les plus grandioses et les plus luxueuses des plus grandes réalisations humaines ne pourraient en donner qu’une idée bien pâle. Même les mots du langage humain sont totalement insipides pour rendre une telle description. Les souvenirs de nos expériences enfantines se bousculaient dans nos esprits. Et je redisais encore et encore :

– « Est-ce un rêve ou la réalité ? Ai-je une vision ou suis-je vraiment au Ciel ? Jamais, sur terre, je n’ai vécu un rêve pareil à ceci. Jamais rien n’a eu une telle splendeur. Jamais aucun rêve n’a procuré l’enchantement d’une telle gloire »

Nous étions là, complètement subjugués depuis un long moment, quand s’approcha de nous un homme dont le visage était entouré d’un halo de lumière. Il semblait avoir réalisé notre situation. Il nous demanda :

– Frères bien-aimés, est-ce la première fois que vous venez jusqu’au Trône ?

Nous l’avions reconnu au moment où il s’était approché tout près de nous, lorsqu’il avait pris la parole. Mais nous avions rencontré tellement de monde en si peu de temps que nous n’étions pas sûrs qu’il faisait partie de ceux qui se trouvaient dans notre véhicule.

– Oui, absolument ! répondis-je. Il y a bien déjà un petit moment que nous sommes arrivés dans la ville, mais nous avons été retenus par tant de choses et tant de scènes magnifiques qu’il ne nous a pas été possible de venir plus tôt jusqu’au Trône.

– Vous avez fait preuve de sagesse, nous dit cet ami qui s’intéressait à notre cas. Car même maintenant, vous n’êtes pas encore suffisamment préparés pour les grandes choses qui sont là tout près de vous. Mais si vous voulez bien de moi, je vais vous accompagner juste un instant, tandis que vous entrerez dans ce lieu béni, le plus élevé de la maison de votre PERE.

– Oh, oui ! Nous serons très heureux de vous avoir avec nous. Nous sommes tellement ignorants de ce qui nous attend.

Je me tournai vers Bohémond :

– Quelle chance d’avoir ce frère pour nous accompagner et nous assister ! Mais ne savions-nous pas que nous ne devions avoir aucune crainte dans la maison du PERE, au milieu de Ses nombreuses demeures ? Car tous nos besoins y trouvent leur satisfaction au bon moment.

Ce bien-aimé nous conduisît alors jusqu’à une fontaine aux eaux scintillantes. Elle ne se trouvait pas très loin de l’une des grandes entrées qui donnent sur le Trône. Il nous proposa à boire dans une coupe d’or, puis se dirigea à quelques pas, jusqu’à un arbre gigantesque dont les branches retombaient très bas tout autour. Il nous apporta à chacun une grappe de ses fruits. Quand nous l’eûmes mangée, il prononça sur nous des paroles de bénédiction. Et soudain, nos yeux et nos esprits se trouvèrent prêts pour les splendeurs les plus majestueuses et les plus grandioses vers lesquelles un mortel n’ait jamais été élevé. C’est à ce spectacle que nous allons maintenant prêter attention.

CHAPITRE 11 – LE TRONE

Nous fûmes tellement extasiés devant la vision qui se présenta à nos yeux que Bohémond se prosterna sur sa face et répandit son cœur en louange devant DIEU, comme je ne l’avais jamais entendu auparavant. En fait, nous étions tous absolument confondus d’admiration et d’émerveillement.

L’immensité des diverses parties du Trône dépasse toute possibilité de comparaison avec quoi que ce soit de terrestre. Il s’étendait devant nous sur plusieurs stades, dans toutes les directions. Bohémond s’approcha tout près de moi.

– Qui aurait jamais pu imaginer une telle splendeur ! Dit-il à voix basse.

Inondée de gloire, la lumière avait atteint un degré qui dépassait toute conception humaine et qui révélaient les splendeurs du Trône. Des splendeurs impossibles à décrire. J’eus à nouveau en pensée la Parole que j’avais souvent entendue :

« DIEU EST LUMIERE ET IL N’Y A PAS EN LUI DE TENEBRES ». (1 Jean 1 : 5).

Nous restâmes longtemps dans l’admiration et l’émerveillement. Notre guide s’approcha de nous :

– Avançons, maintenant ! Allons voir davantage encore la majesté du Trône de notre PERE ! N’ayez absolument aucune crainte, car nous sommes tous enfants de Dieu et Il se réjouit de notre JOIE suprême. Il aime que nous goûtions aux trésors de Son amour. C’est cela qui le satisfait. Venez avec moi ! Je vous donnerai une rapide vision de ce que Dieu avait en pensée quand Il a établi les fondations du monde et quand Il a créé l’homme à Sa propre image. Cela fait des milliers d’années terrestres que je suis ici. Peu de gens étaient venus de la terre quand je suis arrivé ici la première fois, comparativement aux innombrables millions qui s’y trouvent aujourd’hui. Et quand, pour la première fois, j’ai jeté les yeux sur cette gloire, il y avait un très grand nombre d’anges autour du Trône.

– Ah oui ! dis-je. Je me souviens qu’il est dit dans la parole de Dieu

: »10 000 fois 10 000 anges se tiennent vers le Trône. (Apocalypse 5 : 11).

– C’est vrai ! Approuva Bohémond. Cela fait 100 millions. Mais je crois bien qu’il y a encore de la place pour 100 autres millions.

Nous apprîmes alors que notre guide n’était autre que Énoch, l’antique patriarche, que nous avions rencontré dans la grande voiture ainsi qu’à notre arrivée au Paradis. Nous l’avions également vu à l’un des grands services de Louange, à l’intérieur de la ville. Mais nous avions déjà rencontré des centaines, et même des milliers de personnes en très peu de temps ; et d’autres part, nous étions tellement abasourdis par ce que nos yeux contemplaient, que nous fûmes lents à le distinguer des autres hommes des temps anciens. Son corps brillait comme la lumière, et il était tout à fait l’image de la jeunesse et de la santé. Il était, parmi tous les autres, celui qui n’avait jamais connu la mort.

– Oh, Énoch ! Bienheureux de Dieu !

– Venez avec moi !

Nous le suivîmes jusqu’à un endroit qui se situait à une certaine hauteur par rapport à la base du Trône. De là, nous pouvions voir la foule incommensurable que Jean a vue dans sa vision ; ou disons plutôt : la partie que nos yeux pouvaient voir et que nul homme n’aurait pu compter. La multitude était composée de toutes les nations de la terre. Tous étaient vêtus de vêtements éclatants comme la neige et semblaient se déplacer dans toutes les directions, dans un joyeux service pour leur SEIGNEUR.

– Je me demande si Jean se trouve quelque part au milieu de cette foule immense, dis-je à voix basse à Bohémond. Je me souviens des mots qu’il a utilisés pour prédire ce merveilleux spectacle :

« Après cela, je regardai, et voici, il y avait une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l’agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains. » (Apocalypse 7 : 9).

– Est-ce que nous allons plus loin ? demanda Énoch. Il y a encore des choses merveilleuses à voir.

– Mais bien sûr ! Nous voulons tout voir !

– Alors, il vous faudra rester ici longtemps si vous voulez tout voir.

En continuant, nous rencontrâmes beaucoup de personnes que nous avions déjà vues à d’autres endroits de la ville. Chacune reflétait le bonheur et le contentement. Pouvaient-elles désirer autre chose ? Elles avaient tout. Il y avait des différences dans ce qu’expérimentaient les uns et les autres, mais aussi une sainte harmonie, comme la musique des cordes d’une harpe. Il n’y avait pas la moindre dissonance à travers tout le royaume, ni dans la ville, ni dans le Paradis.

Énoch nous conduisait maintenant jusqu’au Trône lui-même. Celui-ci était entouré de raies de lumière magnifiques et majestueuses, de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, qui signifiait les attributs DIEU TOUT- PUISSANT, notre PERE à tous. Il nous sembla alors comprendre Dieu comme nous ne l’avions jamais fait auparavant.

Je pensais aux anneaux qui encerclent la planète saturne, aux nuages teintés d’or d’un coucher de soleil. Mais rien cependant ne peut vraiment soutenir la comparaison avec une telle gloire. Au-dessous du cercle de cet arc-en-ciel était le siège du PERE TOUT-PUISSANT à quelque chose de géant et de massif. Car chaque attribut du PERE est dans Son FILS, JESUS-CHRIST.

Toute-puissance Lui appartient, à la fois dans le Ciel et sur la terre. Et bien qu’Il se trouve présent partout au même moment, Son omniprésence suggère cependant qu’IL est une personne et qu’Il a un Siège sur le Trône, et que de ce Trône émane le Pouvoir et la Puissance qui gouvernent tout l’univers. Son esprit et Son pouvoir opèrent dans tous les mondes, et Son Trône est pareillement dans tous les Royaumes célestes.

– Si vous n’aviez pas été préparés, dit Énoch, vous n’auriez pas pu voir cette Gloire extrême.

C’est alors que nous vîmes Moïse qui marchait jusqu’à nous. Nous l’avions rencontré près de l’une des fontaines de la porte de Juda et nous avions eu avec lui un échange apprécié. Nous ayons reconnu, il nous fit une gracieuse révérence.

– Frères bien-aimés, nous dit-il, ne soyez pas intimidés par cette Gloire ! N’ayez pas peur de voir la face de votre PERE, car vous êtes à Son image, maintenant ! Quand j’étais sur la terre, j’ai désiré voir Son image et j’ai prié pour cela. Mais je ne savais pas ce que je demandais. DIEU m’a déclaré qu’aucun homme ne pouvait voir Sa face et vivre. Alors, Il a voilé Son visage quand Sa Gloire est passée devant moi. Mais j’ai pu voir Son dos. Par contre, maintenant, non seulement vous pouvez contempler Son visage, et vivre, mais aussi vous pouvez vous réjouir d’une manière toujours plus grande, en contemplant ce Visage pendant l’Eternité.

– Que Son NOM est béni ! m’écriai-je. Oh, une joie extrême remplit mon âme devant la gloire inexprimable de cette vision. Et je n’arrive plus à contenir mes sentiments.

Alors avec un grand nombre de ceux qui se tenaient debout près de nous et qui étaient arrivés depuis peu jusqu’au Trône, nous nous prosternâmes devant DIEU pour L’adorer et Le louer. Et nous restâmes longtemps dans cette attitude. Soudain, nous entendîmes le chœur puissant des myriades d’anges. Avec l’incommensurable multitude de rachetés, 100 millions d’anges chantaient :

« Que la bénédiction, l’honneur, la gloire et la puissance soient à Celui qui est assis sur le Trône et à l’Agneau, pour les Siècles des Siècles »

En me relevant, je vis la Gloire de DIEU comme je ne l’avais encore jamais vue. Son Visage était comme la lumière. Et tous Ses attributs divins semblaient être révélés dans cette ineffable harmonie. Les seuls mots qui me venaient à l’esprit, c’était :  » AMOUR ! BONTE ! MISERICORDE ! PUISSANCE ! SAGESSE ! Et CONNAISSANCE !  » Et je savais qu’en Lui tous nos désirs étaient comblés. Je regardai encore. Mon âme fut envahie de pensées pures et saintes. Je pensai à quelques vers que j’avais appris longtemps auparavant :

« Éternelle Lumière, éternelle Lumière !

Je sais combien mon âme devra être pure !

Lorsqu’elle se tiendra sous Ton regard perçant !

Elle ne tremblera pas. Mais dans sa paix sereine !

Elle sera vivante et Te contemplera ! « 

Ses Yeux étaient des yeux d’amour. Je savais que toutes choses, dans le Ciel et sur la terre, et dans tous les autres mondes, les petites choses comme les grandes, étaient nues et ouvertes devant Ses Yeux. Ses Mains, je le savais, les avaient toutes crées. Énoch et Élie se tenaient tout près de nous.

– Cela fait des milliers d’années terrestres que nous sommes ici, dirent-ils, et nous commençons seulement à connaître DIEU. Vous croyez peut-être avoir vu Ses Yeux. Mais vous n’avez seulement vu qu’un rayon de lumière par rapport à ce que vous verrez. Vous pensez peut-être avoir vu Ses Pieds, mais la terre, d’où vous êtes arrivés tout récemment, n’est pour Lui qu’un marchepied.

– C’est vrai, acquiesçai-je. Je me souviens maintenant de Sa parole : « Le Ciel est mon Trône et la Terre mon marchepied « – Jamais tu ne pourras connaître Sa grandeur; dit Moïse. Tu le vois assis sur Son Trône, mais Son ESPRIT Tout-Puissant est partout. Il ne manque aucun savoir à Ses capacités créatrices et Son énergie éternelle ne connaît aucune fatigue. Il n’est jamais fatigué de soutenir toutes Ses œuvres. Son Oreille, qui entend tout, écoute toutes les prières qui Lui sont offertes dans la droiture. Son œil Omniscient voit toutes choses. Ses mains puissantes sont promptes à bénir ou à punir. Et Sa volonté devient tout simplement la loi toute-puissante.

Je Le regardai à nouveau. J’examinai le Trône plus attentivement une fois encore. Je vis alors 24 sièges, de la plus exquise beauté, des deux côtés du Trône. L’ayant lu dans la Sainte Parole (Apocalypse 4 : 4), je savais que ces sièges étaient destinés aux anciens. Mais la plupart étaient vacants maintenant. Car les anciens, je l’avais vu, sont activement engagés dans le service de Celui qui est sur le Trône. Oui, le Trône de l’UNIVERS… Je m’aperçus un peu plus tard que le Trône consistait en 2 parties et je m’interrogeai à ce sujet. Mais Énoch s’approcha, et voyant mon impatiente curiosité, me dit ceci :

– Notre SEIGNEUR JESUS, qui règne à la fois dans le Ciel et sur la Terre, à sa place sur le Trône, à côté de Son PERE. Car Il a obtenu la victoire, et Il a Sa place sur ce Trône à jamais.

Je me souviens de ce passage de l’Écriture qui déclare, dans l’Évangile :  » Il fut reçu dans la gloire et s’assit à la droite de DIEU  » ; Et je pensai aussi à Etienne, qui déclara dans son martyre :

« Je vois les Cieux ouverts et le Fils de l’Homme debout à la droite de Dieu »

– Où est-Il maintenant ? Demandai-je à Énoch.

– Oh, Il est quelque part près du Trône, ou dans la ville. Tu vas bientôt Le voir, car Il est toujours présent au grand rassemblement qui se tiennent ici. Vous ne l’avez pas rencontré ?

– Si, bien sûr ! A la porte de Juda. Et aussi à l’occasion d’une grande réunion de Louange, à un autre endroit de la ville. Mais je suis impatient de Le revoir une nouvelle fois.

– Vous serez réjouis d’une joie inexprimable, reprit Énoch, au-delà de tout ce que vous avez pu connaître ou voir.

Quand non seulement Il sera là, Lui, mais quand se déroulera le grand rassemblement des saints et des anges, qui ne va d’ailleurs plus beaucoup tarder. C’est souvent que nous nous retrouvons ici pour recevoir des enseignements. Ce sont des enseignements complémentaires qui concernent le Royaume ou les projets futurs de DIEU pour son peuple. Nous n’avons pas encore tout appris qu’il nous faut savoir à propos des Objectifs et des Plans de DIEU pour la multitude des rachetés. Ceux que DIEU a grandement honorés sur la terre, comme l’ont été Ses serviteurs, sont grandement honorés ici également. Ils sont Ses serviteurs dans le Ciel. Ils ont fréquemment part aux exposés qui ont trait à la vérité éternelle. Vous n’allez pas, bien sûr, partir du Trône avant que le service ne se soit déroulé ? Bohémond s’approcha :

– Eh bien ! Je ne sais pas si nous aurons envie de partir d’ici. Je ressens une telle exaltation dans mon âme. Jamais au cours de toute ma vie terrestre, je n’ai imaginé que de telles réalités étaient en réserve pour nous.

Je levai à nouveau les yeux sur le visage de Celui qui était assis sur le Trône.

– Oh mon DIEU ! Mon PERE ! dis-je. Je TE loue à jamais. Car tu as pensé à moi, indigne mortel, et Tu m’as introduit dans cette Gloire indicible.

– Maintenant, dit Énoch, il faut que je vous laisse un instant. Je vois que des foules innombrables arrivent de tous les quartiers de la ville.

A ces mots, il agita la main :

– Au revoir ! nous dit-il très gentiment. A plus tard !

Moïse aussi avait disparu, au milieu de ces millions d’âmes réjouies.

Bohémond et moi nous tenions debout ébahis et admiratifs. Notre Louange pour DIEU débordait, pour tout ce qui était devant nos yeux. Soudain, 4 anges puissants surgirent. Ils volaient à côté du Trône, des trompettes d’or à la main. Bientôt, les Voûtes et les Dômes du Ciel résonnèrent de l’écho de leur puissante sonnerie. Mais ils disparurent très vite au milieu des grandes avenues de la ville. Nous savions ce que cela signifiait. Et nous allons maintenant prêter attention à ce qui suivit.

I – LE GRAND RASSEMBLEMENT DEVANT LE TRONE

Je me tournais vers Bohémond :

– Qu’allons-nous faire ? Je sens que j’ai peur. Nous ne savons pratiquement rien du déroulement des choses, ici.

Nous questionnâmes quelqu’un qui se trouvait près de nous.

– N’ayez pas peur ! nous dit-il. Allez où cela vous fait plaisir ! Nous allons tous trouver une place. Et vous serez alors tout près du Trône.

Nous élargîmes le cercle de notre vision, et nous vîmes des sièges en très grand nombre, sur l’arrière, sur la droite et sur la gauche du Trône. Ils s’élevaient en forme de terrasse comme un grand amphithéâtre. Nous découvrîmes qu’ils se remplissaient avec la grande chorale du Ciel. Les choristes entraient en file, dans un ordre parfait. Chacun portait une harpe d’or. Les sièges furent tous remplis. Ces choristes avaient été les plus fidèles conducteurs des chorales terrestres. Mais beaucoup aussi n’avaient jamais chanté dans un concert terrestre. Grâce à leur belle voix céleste, entraînée dans les louanges de DIEU sur la terre, ils étaient choisis pour ces grandes occasions par l’Ancien que bénissent toutes les âmes du Ciel.

Je regardai à nouveau. La plupart des anciens avaient pris leur place. Il y avait beaucoup de ceux que nous avions rencontrés. Ils firent un signe de tête gracieux pour souhaiter à tous la bienvenue. Toute notre anxiété avait disparue. Nous nous sentîmes à l’aise. Chez nous. Je regardai encore. J’étais dans l’émerveillement et l’adoration. Et voici que notre Seigneur Jésus bien-aimé, accompagné par Moïse et Paul, arrivait au Trône. Notre SEIGNEUR prit Sa place à côté de Son PERE. Moïse et Paul s’assirent parmi les anciens.

Des foules sans nombre arrivaient de partout. Les voitures célestes les amenaient par dizaines de milliers. Les vêtements des grands prêtres de l’Antiquité ne sauraient être comparés aux superbes draperies flottantes de ces millions d’âmes qui avaient été lavées dans le SANG de l’Agneau. Toutes reflétaient la joie et le bonheur. Beaucoup de nos amis, que nous avions bien connus sur terre et qui étaient arrivés d’endroits éloignés de la ville ou du Paradis, venaient maintenant nous saluer. Ma propre mère, mon épouse Geneviève, et ma fille Marie étaient parmi eux. Mon cher grand-père, maintenant si jeune et si beau, se trouvait là aussi. Plusieurs amis d’enfance, qui étaient décédés plusieurs années avant moi, s’approchèrent également.

Parmi eux, il y en avait un que jamais je n’aurais espéré voir au Ciel, mais qui, comme le brigand sur la croix, fut sauvé dans les derniers moments de sa vie. Et bien qu’il ait passé beaucoup de temps dans les lieux du paradis très éloignés de la cité céleste – c’est ce qu’il me dit plus tard – il était cependant là. Nous eûmes beaucoup d’embrassades et de congratulations joyeuses, tandis que la grande multitude emplissait tout l’espace.

Il y avait peut-être 6 ou 7 Km, ou davantage, depuis le siège de notre PERE jusqu’au cercle extérieur de l’immense foule rassemblée sous la voûte gigantesque de ce Trône impérial. Les 4 anges étaient de retour. Ils volaient vers le milieu du trône et sonnaient de la trompette en proclamant :

« Saint, Saint, Saint est le SEIGNEUR DIEU TOUT- PUISSANT, qui était, qui est et qui vient ! » (Apocalypse 4 : 8).

Quand ces archanges eurent terminé leur Louange, les 24 anciens se prosternèrent devant Celui qui vit d’éternité en éternité et qui est assis sur le Trône. Ils adorèrent en disant :

« Tu es digne, notre SEIGNEUR et notre DIEU, de recevoir la Gloire, l’Honneur et la Puissance, car Tu as créé toutes choses, et c’est par Ta volonté qu’elles existent et qu’elles ont été créés » (Apocalypse 4 : 11).

Tandis qu’ils étaient étendus, prosternés sur leurs visages, la grande chorale de 100 mille voix se leva. Elle chanta devant la multitude un chant nouveau, qui jamais sur terre n’a eu son égal par sa douceur et son pathétique, et par les sentiments qu’il inspirait. On n’entendait pas une seule voix discordante. Aucune harpe ne fit de fausse note. La musique roulait comme des vagues. Elle portait très loin. Même avec ses nuances les plus légères, elle atteignait tous ceux qui se trouvaient aux limites les plus éloignées de cette merveilleuse assemblée. Car l’atmosphère du Ciel est si pure qu’on peut entendre les voix à de très longues distances. Et la multitude répondait : « AMEN ! AMEN ! »

Regardant à nouveau, je vis 10 000 fois 10 000 anges et je les entendis chanter avec de fortes voix :

« Digne est l’Agneau qui a été immolé, de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la louange » (Apocalypse 5 : 12).

Et tous les anciens se tenaient debout et disaient : « Amen ! »

Puis on annonça un Hymne connu, aussi connu sur terre que dans le Ciel, car je l’avais entendu des années auparavant. Les choristes se levèrent, mais ce fut tout le monde qui chanta et loua DIEU. Et j’eus la pensée que certainement la terre elle-même devait résonner à ces Louanges et redonner en écho cette merveilleuse mélodie. J’étais tellement extasié qu’à nouveau je ressentis la crainte et la peur quand je vis la grandeur et la magnificence du DIEU TOUT-PUISSANT comme je ne l’avais encore jamais vue.

Je regardais à nouveau, et un ancien que j’avais rencontré me dit signe de venir à son côté. J’obéis sans tarder. Je bondis jusqu’à la grande galerie où étaient assis les anciens. Il me dit :

– Regarde encore ! Regarde là l’immense rassemblement !

Et je vis véritablement la grande foule que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l’Agneau, revêtus de robes blanches. Ils avaient des palmes à la main et ils criaient d’une voix forte en disant : « Le SALUT est à notre DIEU qui est assis sur le Trône et à l’Agneau

« . Et tous les anges se prosternèrent sur leurs visages et adorèrent DIEU en disant : « AMEN ! » (Apocalypse 7 : 9 – 11).

Après ceci, à la suggestion de l’ancien, je descendis au pied du Trône et rejoignis la compagnie que j’avais quittée. Je dis à Bohémond à voix basse :

– Je ne savais jamais comment adorer DIEU, auparavant. Notre amour et notre zèle étaient si froids sur terre, et notre adoration était si formelle. Elle était sans vie.

– C’est vrai, chuchota Bohémond. Si seulement je pouvais retourner sur terre une seule semaine, j’enseignerais à mon peuple comment adorer Dieu. Il nous apparaît maintenant bien étrange que nous ayons si peu aimé DIEU quand nous étions sur terre.

Après cet épisode de conversations, notre SEIGNEUR se leva. Il fit signe de la main et un profond silence régna devant Son auguste présence. Chaque tête était courbée, devant Lui qui était  » notre TOUT en Tout » …

Seneca me dit alors :

– Transcris cela fidèlement et je te reverrai demain comme d’habitude. Bonne nuit !

II – LE GRAND RASSEMBLEMENT S’ACHEVE

J’attendais impatiemment le retour de Seneca, pour en connaître davantage, moi-même, en ce qui concerne le Trône de Dieu. Il fut à l’heure et me salua avec son gentil sourire habituel. Il reprit son récit.

Le Seigneur JESUS s’était levé pour parler. Toutes les têtes restèrent un long moment respectueusement incliné. Puis tous Lui accordèrent la plus sérieuse attention. Nous étions tous suspendus à Ses Paroles, comme lorsqu’Il prononça sur terre le sermon sur la montagne. Il parla de la dispensation à venir : elle allait commencer bientôt. Une nouvelle fois, Il allait descendre sur terre, emmenant avec Lui la foule immense des saints et des anges. Alors se produirait la RESURRECTION des corps de tous les saints.

La grande assemblée écoutait avec une profonde attention. Elle recevait Ses Paroles avec beaucoup de joie. Car chacun était très directement concerné par cela. Des milliers de saints laissèrent éclater leur joie à la pensée qu’aurait lieu bientôt la rédemption de leurs corps.

Les anges aussi dansaient de joie. Car notre SEIGNEUR avait déclaré qu’ils prendraient une part importante dans ce grand événement. Il est certain qu’un très grand nombre, parmi cette multitude, attendaient cet événement depuis des milliers d’années. Ils attendaient leurs corps spirituels dont ils savaient qu’il leur serait donné à cette heure. Nous serons alors semblables aux anges eux-mêmes, comme le sont déjà les anciens, qui ont d’ailleurs une place d’honneur par rapport aux anges puisqu’ils siègent tout près du Trône.

Pendant ce sermon, l’émotion manifeste de notre SEIGNEUR tout ce à quoi nous étions habitués sur la terre. L’émotion de nos cœurs était à son comble. Il développa avec beaucoup de détails les idées que Paul avait évoquées, il y a bien longtemps, quand il avait écrit sous l’inspiration divine :

« … nous faisant connaître le mystère de Sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en Lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en CHRIST, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (Éphésiens 1 : 9 – 10).

Il attira notre attention sur l’avantage que possédaient maintenant les anciens à l’égard de la résurrection. Il décrivit à l’immense foule l’ordre des événements qui se rapportent à l’histoire finale de Son règne spirituel sur la terre : les événements des derniers temps, les grands changements politiques, et les guerres dévastatrices de la période finale. Il déclara aussi que dans les derniers temps, un grand effort serait fait parmi les plus grandes nations civilisées pour amener une SOLUTION de PAIX aux problèmes des nations. Il dit que beaucoup avait déjà été fait et que beaucoup restait encore à faire. Je pensai à ce qu’écrivait le prophète quand il évoquait ces choses :

 » De leurs épées, ils forgeront des socs de charrues et de leurs lances, des serpes » (Esaïe 2 : 4).

Il en vint à parler de l’attitude matérialiste et du caractère mondain de beaucoup d’églises, sur la terre, de la perte de leur puissance spirituelle et de leur très grande lenteur à faire des disciples de toutes les nations ; beaucoup d’églises ayant presque oublié leur réelle mission, qui est de ramener le monde à DIE. Et Il répéta certaines des paroles qu’Il avait prononcées il y a très longtemps :

 » L’ÉGLISE EST LE SEL DE LA TERRE. MAIS SI LE SEL PERD SA SAVEUR, AVEC QUOI LA LUI RENDRA-T’ON ? » (Matthieu 5 : 13).

Une sainte passion et une profonde émotion revêtaient Ses paroles. Alors, dans l’immense foule, toutes les têtes s’inclinèrent solennellement. Chacun avait la pensée très forte que Ses paroles avaient une signification profonde pour plusieurs milliers d’entre nous, directement concernés quelques temps auparavant. Combien, parmi nous, soupiraient en eux-mêmes et disaient à ceux qui les entouraient : »Si seulement je pouvais retourner sur terre, ne serait-ce qu’un peu de temps… Comme je vivrais et travaillerais différemment pour la grande cause qui a conduit notre Seigneur vers la souffrance et la mort »

Il parla aussi des cérémonies ennuyeuses de tant d’églises protestantes et catholiques, de la corruption et des débauches sexuelles si répandues. Comme Il parlait de la décadence de Son église sur la terre, je ressentis intensément la force des paroles qu’Il avait prononcées presque 2000 ans auparavant :

« QUAND LE FILS DE L’HOMME REVIENDRA, TROUVERA T- IL ENCORE LA FOI SUR LA TERRE ? »

(Luc 18 : 8)

– Cependant, dit-Il, il y a un très grand nombre d’âmes lavées dans le Sang qui attendent Son retour et qui travaillent avec fidélité, dans l’attente de leur adoption au sein de la foule puissante de ceux qui sont dans les lieux célestes. Il laissa de nouveau entendre que le moment était proche où, avec cette multitude, avec les millions qui peuplent le Paradis et chaque partie de la ville, Il retournerait vers la terre pour y célébrer le grand sabbat, le MILLENIUM. Des anges puissants, au son de leur trompette, conduirait la multitude. Puis les milliers et les milliers de chars célestes ralentiraient pour enfin s’arrêter aux approches du monde terrestre. Alors sonnera la grande trompette de DIEU, à côté de laquelle celle du Sinaï n’était qu’une petite allusion. Elle réveillera tous ceux qui sont mort en CHRIST. Instantanément, ils se lèveront avec leurs corps spirituels et chacune de nos âmes aura le sien.

Lorsqu’Il eut ainsi parlé, la multitude, conduite par les anges, s’écria d’une voix forte :  » Alléluia ! Le SEIGNEUR Tout-Puissant règne ! » Après cela, continua-t-Il, les saints qui seront encore en vie, ceux qui n’auront donc pas connu la mort, ne la connaîtront jamais. La mort n’exercera jamais sa domination sur eux. Mais dès lors elle sera détruite à jamais. Et nous serons réunis à eux dans une seule et même Eglise, et dans un monde sans fin.

A nouveau, la multitude s’écria : »ALLELUIA ! » Mais la plus solennelle, la plus poignant de toutes les déclarations qu’Il fit depuis le Trône, devant l’immense assemblée, fut ce qu’Il dit au sujet de la condition présente de l’église terrestre.

Il évoqua un plan nouveau et très rusé de Satan, le vieil ennemi de l’homme, pour introduire dans toute l’église chrétienne une critique très destructrice des Saintes Écritures. Ceci, déclara-t-Il, est une révélation de l’homme de péché, du fils de la perdition, mais dans une forme nouvelle pour les derniers jours.

Le mystère de l’iniquité était déjà à l’œuvre dans les premiers jours de l’Église, dans les formes diverses de l’esprit de l’Antéchrist. Il était cependant retenu jusqu’à ce que les non-juifs puissent avoir l’opportunité du SALUT. Mais maintenant ce méchant est révélé et sa venue se fera par la puissance de Satan et avec toutes Ses tromperies pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’Amour de la Vérité pour être sauvés. C’est pourquoi ils nient une grande partie des Saintes Écritures, pratiquement tous les saints de l’Ancien Testament et tout ce qui est miraculeux, contestant l’origine DIVINE DE JESUS, Ses miracles et Son expiation. Et c’est pourquoi DIEU leur enverra une puissance d’égarement pour qu’ils croient au mensonge. (2 Thessaloniciens 2 : 9 – 11)

– Oh, Satan ! S’écria-t-IL. TON SORT SERA BIENTOT SCELLE DANS LE TOURBILLON DE L’ENFER.

Mais il ne m’est pas possible de répéter le 10eme de tout ce qu’IL déclara. Quand Il eut terminé, plusieurs anciens prirent la parole. Ils firent de brèves déclarations sur certains points de la Vérité dans les domaines qu’Il avait abordés.

Beaucoup comme nous-mêmes, réalisaient que le livre béni de DIEU sur terre, la BIBLE, nous avait dit beaucoup de ces choses. Quel réconfort – mais aussi quelle tristesse – pour les saints qui connaissent les grandes choses qui sont encore devant nous !

Très loin devant nous, aussi loin que nos regards pouvaient porter, nous pouvions voir les sièges qui scintillaient comme l’or le plus pur. Ils s’élevaient en amphithéâtre jusqu’à une grande hauteur et ils encerclaient complètement le Trône majestueux. On chanta beaucoup d’Hymnes magnifiques. Ceux qui étaient au loin répondaient avec des chœurs. Et c’était comme un océan dont les grandes vagues roulaient en splendeur sur la multitude des rachetés.

Le grand rassemblement s’achemina vers sa fin. Notre SEIGNEUR se leva. De sa voix qu’on entendait très distinctement jusqu’aux extrémités de cette immense salle du Trône, Il nous invita à un festin royal qu’Il donnait en l’honneur des derniers arrivants. La multitude chanta la doxologie du Ciel, qui fut suivie par la Bénédiction de notre SEIGNEUR et la clôture de la réunion. Nous nous rendîmes tous jusqu’à un grand jardin d’agrément qui jouxtait à l’est le lieu du Trône. Plusieurs centaines de rangées de tables, sur plus de 24 stades de longueur (environ 5 Km), s’étendaient devant nous. Elles étaient chargées des meilleurs aliments du Paradis. 12 sortes de fruits poussent sur chaque arbre. C’est de ces fruits que les tables étaient abondamment approvisionnées. Les anges servaient aux tables et il est bien certain que rien, absolument rien ne manquait. Tandis que nous étions entrain de manger, Bohémond se leva.

– Mon frère Seneca, regarde ce qu’il y a devant nous !

Je me levai et je regardai par-dessus cet océan d’âmes humaines au sein de laquelle étaient aussi dispersés des milliers d’anges dont le plaisir était d’assurer le service de leurs honorables invités. Très loin en direction du centre de cette vaste salle à manger, se trouvait une fontaine prodigieuse, la fontaine des fontaines. Elle était vraiment immense, par ses dimensions et par la hauteur de son jet. En aucune façon, les jardins, les fontaines et les palais des rois de la terre ne sauraient soutenir la moindre comparaison avec ce qui se trouvait devant nos yeux. Nous fûmes désaltérés par cette fontaine, de même que par le fleuve de vie dont une multitude de branches avait là leur source.

Tout en mangeant et en buvant avec les saints de tous les temps, et en présence de notre Roi, nous pensions aux paroles du Livre et à ce que le disciple bien-aimé avait écrit au sujet de ces grands moments :

 » Et l’agneau qui est au milieu du Trône les paîtra et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux » Apocalypse 7:17.

Et vraiment je me disais : Mais qui donc pourrait encore pleurer, à l’exception des perdus qui lèveront les yeux depuis leurs lieux de tourment ?

Au cours du banquet, la grande chorale chanta beaucoup d’autres très beaux hymnes de louanges, tandis que notre Seigneur souhaita à chacun la plus chaleureuse bienvenue, tout particulièrement à ceux qui avaient récemment franchi les portes d’entrée du paradis puis celle de la ville, et qui maintenant étaient vraiment arrivés chez eux. Beaucoup d’hommes et de femmes ayant vécu dans l’antiquité dirent aussi quelques mots d’accueil.

David accorda sa harpe et chanta les paroles du disciple bien-aimé, que pratiquement tout le monde connaît dans le Ciel. « Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus; il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. Et celui était assis sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit : Écris; car ces paroles sont certaines et véritables. Et il me dit : C’est fait ! Je suis l’Alpha et l’Oméga, le Commencement et la Fin. A celui qui a soif, je donnerai de la fontaine de l’eau de la vie, gratuitement. Celui qui vaincra héritera de ces choses ; je serais son Dieu, et il sera mon fils » (Apocalypse 4:7) La congrégation toute entière dit « Alléluia ». Puis la chorale chanta le chant final.

Alors l’assemblée se disloqua et se dispersa dans toutes les directions. Chacun repartit vers un lieu de la ville éloigné du trône. Cent mille voitures célestes furent remplies par la foule animée des cieux. On entendait de partout des salutations et des au revoir. Tous les visages rayonnaient de bonheur. Les sourires étaient radieux. Les salutations joyeuses exprimaient le débordement de chaque âme. Il n’y avait pas le moindre son discordant, pas le moindre sentiment de trouble ou de contrariété. Nulle part, on ne distinguait l’ombre d’une quelconque insatisfaction. Ah, vraiment ! Oui, c’était le Ciel !

Une fois que l’incommensurable congrégation se fut quelque peu désagrégée, il restait encore un nombre impressionnant de saints et d’anges. Et alors, on voyait les voitures revenir avec des multitudes d’autres âmes, pour remplacer celles qui venaient de s’en aller. Ceux qui conduisait la musique ou qui chantaient leurs superbes soli étaient presque tous partis. Les sièges des anciens étaient vacants. Mais à nouveau la foule grossissait. Et comme l’un des anciens passait près de nous, Bohémond et moi l’invitâmes pour discuter un peu.

-Montons dans une voiture, nous propos t-il, et allons jusqu’à un endroit tranquille ! Un peu plus tard, nous ralentissons à côté de l’une des fontaines qui se trouvent juste à l’extérieur des portes d’entrée de la place du trône. Après nous avoir offert à boire de l’eau de la fontaine, il nous invita à marcher jusqu’à un bosquet d’arbres, un peu plus loin. Nous y cueillîmes quelques fruits. Puis, nous nous assîmes pour lui demander de nous expliquer quelques mystères. »

-Les révélations qu’il m’a faites, je ne te les détaillerai pas ce soir, dit Sénéca. Il faut maintenant que je te laisse. Tu es fatigué, et tu as besoin de repos.

Et il disparut de ma présence.

III – RENCONTRE AVEC DANIEL

Dernière visite de SENECA SODI

Seneca arriva tôt. Il était radieux. Son visage rayonnait d’une sainte joie et de lumière. Il parcourut rapidement le manuscrit. Il était satisfait.

-Cette partie de ton travail est bientôt terminée, me dit-il. Acquitte-toi parfaitement de ce qui te reste à faire et ta récompense ne te décevra pas.

-« Quand je t’ai quitté, la dernière fois, nous nous trouvions près d’une fontaine, pas très loin du trône, à l’est, et nous mangions des fruits. A côté de nous se trouvait l’ancien qui se révéla être le prophète Daniel.

Il s’adressa à nous  » :

– Eh bien, chers frères. Cela me fait plaisir d’être avec vous. Je sais que vous n’êtes pas arrivés depuis très longtemps dans la ville et que vous êtes impatients de connaître les merveilles qui vous attendent toujours plus nombreuses. Jésus, notre Seigneur, qui a été conçu par l’Esprit Éternel et qui est né de la vierge Marie, est Seigneur du Ciel et de la Terre. Tout pouvoir Lui a été donné par Son Père. Quand j’étais sur terre, je le Connaissais bien avant Sa naissance de la vierge Marie. Il était « l’Ancien des jours ».

Ces vêtements étaient blancs comme la neige et Ses cheveux comme la laine pure. Dans les révélations que Dieu m’a données à ce moment-là, je L’ai vu assis sur Son trône, au dernier jugement, et Son trône était comme un feu ardent. Un fleuve de feu sortait et coulait de devant LUI. C’était une armée d’anges de feu. 1000 milliers le servaient et 10 000 se tenaient devant LUI. Le jugement fut décrété et les livres furent ouverts. (Daniel 7:9-10)

A ces mots, Bohémond applaudit :

– Daniel ! Bien-aimé de Dieu. Je me souviens de l’Écriture. Tu viens juste d’en citer un passage.

– Tout à fait, dit l’ancien. Et ceci. Et ceci sera établi jusqu’au temps de la fin comme le témoignage de ce que j’ai reçu de Dieu.

Il poursuivit :

– L’homme a été créé à la ressemblance et à l’image du Dieu trinitaire. A la création, il a été placé à un niveau inférieur à celui des anges, mais par la rédemption et la glorification, il est devenu leur égal et à certains égards leur supérieur. Les multitudes de rachetés qui sont ici sont l’épouse de notre Seigneur, et Il n’est dans toute Sa dimension qu’en elle. Elle est Sa plénitude. Elle a pour Lui une très grande valeur. N’avez-vous pas remarqué combien nous sommes totalement à son image ?

– Absolument ! répondis-je. Et qui aurait pu croire, quand nous étions des enfants, quand nous jouions dans la boue et l’obscurité de la terre, que toute cette gloire, toute cette exaltation, tout ce bonheur, étaient en réserve pour nous. Bien sûr, on nous avait parlé du Ciel. Mais vraiment, notre conception de Sa grandeur et de Sa gloire était très limitée.

– Il est certain, dit l’ancien, que vous n’avez vu qu’une toute petite partie de la Maison du Père et des nombreuses demeures qu’elle renferme. Dites-moi donc où vous êtes déjà allés ! Peut-être pourrais-je vous aider à découvrir et connaître un peu plus ce grand royaume de Dieu.

– Oh, dit Bohémond. Nous nous sommes connus pour la 1ere fois, tous les deux, très loin en aval du fleuve, dans une région du paradis très éloigné d’ici. Nous étions arrivés presque en même temps de la terre et nous sommes presque tout le temps restés ensemble depuis lors. Nous avons passé beaucoup de temps vers le fleuve. Nous y avons rencontré plusieurs hommes ayant vécu sur terre, il y a très longtemps, et nous avons appris nos premières leçons et nos premiers hymnes sur les bords du fleuve. « Abraham a conduit notre compagnie jusqu’à la porte de Juda, où nous avons eu notre 1ere rencontre avec notre Seigneur et où nous avons reçu Son sourire par accueil. Nous avons eu part au service de louange des enfants, à l’université, et nous avons aussi assisté à une grande réunion de louange, dans la 4eme avenue. Nous avons aussi visité la sainte joaillerie, et nous avons participé à une convention des plus intéressantes. Il y avait là, réunis, les prophètes, les apôtres, et les rédacteurs de la Bible. Ils étaient appelés à débattre de la condition de l’église sur la terre, des affrontements doctrinaux, et des erreurs qui s’étaient glissées en son sein de temps à autre.

« Nous avons également assisté à des scènes extrêmement intéressantes, à chacune de nos étapes, dès l’instant où nous avons pénétré à l’intérieur de la ville. Nos âmes ont été constamment débordantes d’admiration et d’émerveillement, à chaque moment, dès que nous avons quitté la terre avec la voiture de l’Ange.

– Eh bien, dit Daniel. Vous n’êtes restés que sur le seuil du domaine dont vous avez hérité, en comparaison de l’immensité et de la grandeur de ce qui vous attend. L’Éternité sera cependant suffisante pour que vous puissiez voir tout ce qui est encore devant vous. Soyez également assuré que la coupe de votre joie, qui sera toujours plus grande, sera aussi toujours débordante. « Vous avez remarqué combien vous avez été totalement libérés du besoin de vous reposer. Et vous ne ressentez non plus ni la souffrance, ni la douleur d’aucune sorte. Et aucun problème, aucune affliction ne vous pèse, ni ne vous cause ici le moindre souci. C’était pourtant des choses que nous avons tous expérimentées quand nous étions sur terre. Mais tout cela appartient désormais au passé. Et votre appréciation du Ciel est d’autant plus grande que vous avez bu d’amères coupes au cours de votre vie terrestre. « Vous aurez ici tellement d’activités que vous allez vraiment expérimenter ce que c’est que vivre. La conduite et les activités de votre vie terrestre n’étaient qu’une préparation, qu’une petite image du Ciel. Ici, le travail ne se fait pas à la sueur de notre front, comme nous en avions l’habitude sur la terre. Non, c’est plutôt une utilisation joyeuse de toutes les capacités de l’âme pour s’intéresser à tout ce qui nous concerne. Ce que vous étiez habitués à faire, vous aidera dans vos activités célestes. Étiez-vous dans l’agriculture ? Alors, vous vous réjouirez souvent d’aller visiter les plaines, les vallées, les collines et les montagnes du paradis. Avec leur abondance de paysages et d’arbres chargés de fruits, tout cela sera pour vous une grande joie. Avec les multitudes croissantes qui se rassemblent ici en provenance de la terre, des approvisionnements toujours plus grands sont faits en permanence. Vous aurez beaucoup de plaisir à y prendre part.

– Avez-vous été enseignant ? Alors, vous vous plairez dans l’enseignement de ceux qui viennent d’arriver des rivages terrestres jusqu’à ce royaume éternel. Ceux qui étaient des manuels ou qui travaillaient dans les domaines de la technique découvriront de grandes possibilités dans le Ciel pour cette aptitude de l’intelligence. Cela fait des milliers d’années que notre Seigneur Jésus prépare ces demeures pour nous. Mais Il utilise pour cela les mains affairées de millions de Saints, dans les formes merveilleuses de l’architecture du Ciel.

– Mais pour vous maintenant, frères bien-aimés, tout ce que vous voyez devant vous est destiné à votre confort et à vos réjouissances. Les voitures sont là pour vos déplacements. Si vous le désirez-vous pouvez-vous déplacer à la vitesse du son. Allez donc à la vitesse qui vous convient. Dans les différentes sections de la ville, se tiennent d’imposants meeting de louange dont nous nous sommes tous grands amateurs. Si vous voulez atteindre les niveaux supérieurs ou inférieurs de la ville, prenez un ascenseur et appuyez sur le bouton qui indique l’étage, et en peu de temps vous vous retrouverez 200 Km plus haut ou plus bas selon votre désir. Je vous rappelle que la ville s’étend sur un carré : sa longueur et sa largeur sont égales. Et sa hauteur aussi à la même dimension. La ville est comme un solide cube de 12 000 stades d’arête.

– Que notre héritage est grandiose, dit Bohémond ! 12 000 stades, ça fait 1500 miles terrestres (ou 2400 km) !

– C’est ça, approuva l’ancien. Et il y a près de 400 000 sections dans la ville, à côté de l’immensité sans limites des régions du paradis. Mille années terrestres se seront écoulées avant que vous n’ayez vu qu’une petite portion de ce qui vous appartient à jamais. De toute façon, il vous est impossible aujourd’hui de simplement avoir la compréhension de cette immensité. Vous voyez donc qu’il y a de quoi satisfaire le développement et l’émerveillement de votre âme.

A ces mots, j’applaudis des deux mains, et comblé d’une joie extrême, je m’écriai :

– Daniel, bien-aimé de Dieu, n’y a y’il donc absolument aucune limite dans ce que Dieu a réalisé pour nous ?

-Les ressources du Ciel sont inépuisables, reprit-il. C’est comme la hauteur et la profondeur de la ville, comme sa longueur et sa largeur : jamais vous ne pourrez en saisir la totalité. Mais allez où vous avez envie d’aller. Vous découvrirez que les hôtes de Dieu sont actifs et ne connaissent aucune fatigue. Ils vous accueilleront en toutes circonstances, et n’importe quand, à leurs banquets, à leurs fêtes, à leurs rencontres de chants et de louange, tout ce dont nous jouissons ici. Si vous désirez faire un voyage dans le paradis, où que se soit, pour y voir les beautés de ses paysages, n’importe quel saint ou ange se fera un plaisir de vous y emmener ou de vous accompagner. En effet, apporter notre aide aux autres pour leur confort et leur bonheur, c’est ce qui fait notre plaisir. Je vous propose maintenant que nous allions prendre un ascenseur au carrefour qui est là, tout près.

Nous nous élevâmes dans le spacieux escalier.

– Jetez maintenant un regard en bas, dans l’enfilade de l’avenue ! Regardez là-bas, dans le lointain ce que nous fîmes.

Nous nous trouvions au-dessus de l’animation de la foule innombrable. Comme nous, tous avaient été un jour des enfants de la Terre. Ils avaient eu part au travail et à la sueur d’une vie terrestre. Comme nous, ils avaient combattu les hordes terrifiantes du péché. Mais ils étaient là maintenant, exaltés et glorifiés avec Notre Rédempteur béni.

– Êtes-vous récompensés pour votre foi et votre service dans le monde pour votre Seigneur ? Demanda l’ancien.

– Récompensés ! dis-je. Qu’ai-je jamais fait pour mériter ceci ? Non, non ! Tout est grâce. Dieu est amour. Nous n’étions rien. Nous n’avons rien fait, sinon nous accrocher à Jésus. En toutes choses, Il a été notre Tout.

– Regardez maintenant vers le Nord !

Il pointa son doigt dans la direction. Car nous ne connaissons ni nord, ni sud, étant donné que nul soleil ne brille à midi et que nulle étoile polaire n’est repérable à minuit. Il n’y a ni midi ni minuit dans le Ciel. La lumière du soleil n’est pas nécessaire, ni celle de la lune, car le Seigneur Dieu et l’Agneau sont notre lumière éternelle.

Regardant donc dans la direction indiquée, nous observâmes que l’avenue était spacieuse et très belle. Les maisons étaient d’une exquise beauté. Les rues en or était chaleureuses, emplies de gens pleinement heureux. Des milliers d’enfants jouaient dans les rues. De délicieuses fontaines faisaient jaillir leurs eaux, qui scintillaient comme des diamants et des perles de lumière. Nous vîmes de longues tables, de 1000 coudées chacune (environ 500 m), superbement ornées, et chargées de toutes sortes de fruits et de noix magnifiques. Avec quelle liberté chacun semblait manger et boire pour sa plus grande satisfaction ! Je pensais que cette immense foule aurait pu dire la même chose que beaucoup de juifs de l’époque de Jésus, mais avec cependant une signification bien différente :

« Nous avons mangé et bu en Ta présence et Tu nous as enseigné dans nos rues. » Luc 13:

– Beaucoup de ces enfants, dit l’ancien, sont arrivés depuis peu. Mais vous pouvez voir comme ils sont heureux. Aucun autre lieu, aucun autre environnement ne les rendrait plus heureux, sinon le fait de voir ici leurs parents, leurs frères, leurs sœurs ou leurs amis. Alors vraiment, la coupe de leur bonheur déborderait. Ils n’ont pas le moindre désir de retourner vers la terre, d’où ils sont venus il y a peu de temps. Mais ils se réjouissent beaucoup quand ils voient arriver leurs amis. Le bonheur, dont nous ne connaissons que les premiers rudiments dans le monde, est ici écrit sur chaque visage.

– Regarde en haut ! Dit encore l’ancien.

Nous levâmes les yeux. A notre grand émerveillement, les dômes et les voûtes, au-dessus de nous, scintillaient de l’éclat de ce qui semblait être des diamants parmi les plus précieux, ainsi que des pierres de jaspe, claires comme le cristal.

– Ceci dit l’ancien n’est qu’un reflet de la gloire de Dieu qui resplendit depuis le trône et transparaît au travers de toutes Ses œuvres. Il faut maintenant que je vous quitte. Je vous dis au revoir. Que les bénédictions du Dieu Éternel soient vôtres à jamais. Il y a de grandes choses en réserve pour vous. Mais je vous reverrai.

Et il disparut parmi la multitude.

PARTIE 4 – UNE MISSION EST CONFIEE A SENECA

Nous restâmes un moment comme abasourdis par le spectacle qui se présentait à nous dans toutes les directions. Puis nous descendîmes de la plate-forme surélevée où nous nous trouvions, juste pour voir que la voiture de David était là, tout près. Maman, Marie et Geneviève venaient d’en descendre. Vraiment, quelle bonne surprise ce fut de les revoir, au milieu de la foule qui grouillait littéralement autour de nous ! Nous nous tendîmes la main, nous échangeâmes un baiser, pur comme le Ciel lui-même. Nous sentions que les unions qui avaient eu un commencement sur terre étaient ici bien plus douces et délicates que tout ce ne qu’aurait jamais pu connaître une famille dans la chair, pendant sa vie terrestre. Mais on ne désire pas être un mari ou une épouse dans le Ciel. On n’en a même pas la pensée.

David nous dit alors :

– Je dois vous dire au revoir. Les voyages et les rencontres que nous avons pu faire ensemble ont été vraiment agréables. Mais je vous reverrai. Gabriel se tient là-bas à votre disposition, avec sa voiture. Avant que vous ne partiez, ne devrions-nous à nouveau rendre grâce et avoir un moment de louanges ?

A ces mots, Bohémond laissa éclater sa joie. Nous prîmes tous nos harpes et nous nous joignîmes à David pour chanter, une fois encore, un très bel hymne de louange. Quand nous eûmes terminé, David agita la main pour nous saluer très gentiment. Son véhicule démarra et disparut bientôt de notre vue alors que nous le regardions s’éloigner. Nous avions appris à l’aimer intensément.

Gabriel s’approcha et s’adressa très aimablement de nous. Maman, Geneviève, et Marie le connaissaient très bien toutes les trois. Mais je l’avais vu, moi, qu’une seule fois depuis l’instant où il m’avait dit au revoir au moment de mon arrivée au paradis. J’avais découvert qu’il était l’un des chefs des anges dans le Ciel, l’un des archanges. Cependant, il fut le serviteur de Daniel quand celui-ci était sur terre. J’ai aussi découvert qu’il conduisait le groupe des anges qui annonça la naissance du Sauveur, qui garda le sépulcre à Sa mort, et qui roula la pierre à Sa résurrection. Il nous invita à prendre place avec lui dans les voitures. Il nous dit qu’il était envoyé jusqu’au paradis. Nous acceptâmes son invitation. Nous nous assîmes tous dans cette première voiture du Ciel, celle qui, des milliers de fois, avait fait la traversée entre le Ciel et la Terre.

L’Ange s’adressa à ma mère et à Geneviève :

-Souhaitez-vous un itinéraire plus particulier pour ce voyage à travers le paradis ? Nous avons reçu un ordre qui concerne Seneca et vous êtes plus que les bienvenus pour faire ce déplacement avec nous jusqu’à la porte d’entrée.

-Oui, répondirent-elles ensemble. Cela nous plaît beaucoup d’aller avec toi. Mais tu peux toi-même choisir l’itinéraire. Tu en connais plus que nous.

-Peut-être Seneca a t-il une préférence ?

-Gabriel, toi qui es béni de Dieu ! Je t’en prie. Choisis à notre place ! Tu as la connaissance de tous les lieux du royaume. Nous, nous ne l’avons pas.

-Si donc vous me laissez le choix, nous prendrons la route des montagnes qui sont au sud-est, en sortant par la porte de Benjamin.

-Très bien ! dit Geneviève. Rien ne plaira davantage à Monsieur Sodi. Car il a beaucoup aimé les paysages terrestres grandioses et romantiques. David, qui vient tout juste de repartir avec sa voiture, nous a amené il n’y a pas très longtemps, Seneca, Maman, Marie et moi, depuis les quartiers de préparation des enfants, très loin vers le sud-ouest, jusqu’à l’amphithéâtre des enfants, dans la ville. Là, pendant un certain temps, j’ai assisté les tout-petits dans leurs premières leçons du Ciel. Seneca s’est réjoui quand, au retour, nous avons traversé la région montagneuse. Il l’a trouvée splendide. Alors, je suis persuadée que tu as fait ton choix avec sagesse.

– Bien, dit Gabriel, si vous êtes tous prêts, nous allons pouvoir y aller. Car il nous faut rencontrer notre Seigneur Jésus, ainsi que beaucoup d’autres, à la porte de Benjamin qui se trouve dans la direction du sud-est. J’aimerais que Seneca et Bohémond viennent s’asseoir à côté de moi.

Nous prîmes place à côté de l’ange, tandis que Maman, Geneviève et Marie s’asseyaient ensemble à l’arrière. L’instant d’après, la voiture démarrait.

– Seneca, tu es béni de Dieu, dit l’ange. Tu es un vase choisi (voir 2 Timothée 2 :20-21), sélectionné pour une mission spéciale par le Seigneur Lui-même.

– Dis-moi, Gabriel. Qu’est-ce qui m’attend donc ? Le Ciel m’a révélé une bonne surprise à chaque nouvelle étape, depuis l’instant où j’ai mis le pied hors du véhicule de l’ange, près d’un portail du paradis très éloigné de la ville, quand nous sommes entrés la première fois dans ce royaume de gloire.

– Tout est encore devant toi, dit l’ange. Il n’y a pratiquement rien derrière, comparé à ce qui t’attend. Mais, Seneca, tu es un saint favorisé de Dieu, et les révélations de Ses intentions à ton égard te seront connues au moment opportun.

Maman suivait notre conversation avec attention. A ces mots, elle intervint :

– Gabriel, l’homme qui est à coté de toi est mon propre fils. Ce sont ces mains qui en ont pris soin depuis le jour de sa naissance. Et ce qui va se passer m’intéresse énormément.

Ce fut Geneviève qui se leva ensuite. Debout dans la voiture, elle passa ses bras autour de mon cou en disant :

– Gabriel, cet homme était mon mari sur terre. Et la vie que nous avons passé ensemble a été délicieuse. Mais nous sommes maintenant unis dans une union éternelle.A ceci, l’Ange se mit à rire.

– Vous vous êtes mariés une nouvelle fois ?

– Non ! Nous ne sommes pas remariés. Les saints ne se marient pas au Ciel. Ils n’en ont même pas le désir. Mais ces liens de la plus haute amitié seront éternels, n’est-ce pas ?

– Bien sûr ! acquiesça l’ange. Votre amour et votre entente seront encore bien plus profonds qu’ils ne l’ont jamais été sur terre.

– Mais j’aimerais savoir quelque chose, dit Geneviève, et je sais que tu peux me le dire. Les anges eux-mêmes ont-ils jamais connu entre eux un amour similaire à celui d’un homme et d’une femme ?

A cette question, Gabriel ralentit. Jetant un coup d’œil par-dessus son épaule à Geneviève, dont les bras étaient toujours autour de mon cou, il dit :

– Tu me feras presque rougir. Car nous sommes inférieurs à vous qui avez des descendants, des créations dont vous êtes l’origine. Nous, nous n’avons ni époux, ni épouse. Mais le mariage aura été pour les habitants de la terre une émotion telle, une passion de tout premier plan, que notre Seigneur a l’intention de le perpétuer dans l’éternité. D’une façon différente, cependant. Il est l’époux et pour toujours Il le sera. Et tous les saints – vous, pas nous – seront Son épouse. Nous avons été, nous, les abeilles laborieuses de la grande famille humaine, sur terre et dans le Ciel. Des abeilles, donc ni des faux-bourdons, ni des reines. Mais nous sommes tous contents dans notre propre domaine d’action. Nous ne connaissons ni tristesse, ni aucun désir insatisfait qui ne puisse être entièrement comblé, ici au Ciel, ou sur la terre. Nous sommes vos serviteurs. Et ce déplacement jusqu’à la porte de Benjamin et jusqu’au paradis est mon joyeux service.Marie se leva.

– Gabriel, l’homme qui est à coté de toi est mon propre père, dont j’ai été séparé quand je n’étais qu’un bébé. Je pense que c’est ta propre voiture qui m’a alors amenée aux bons soins de ma chère grand-mère, comme j’ai appris à l’appeler plus tard.

La voiture était arrêtée. L’ange se leva. Se retournant, il posa ses mains sur nos têtes et prononça ses bénédictions de chef des anges de Dieu :

– O vous, saints du Très-haut ! j’étais là quand les étoiles du matin chantaient ensemble. J’ai accordé ma harpe à la mélodie sacrée du firmament. Je suis le même aujourd’hui que j’étais alors. Mais devant vous il y a une progression sans fin, une destinée éternelle, et des bénédictions dont vous ne savez aujourd’hui que bien peu de choses… Maintenant, nous devons repartir ! Il nous faut sans tarder rejoindre les autres à la porte de Benjamin.

La voiture accéléra jusqu’à atteindre une très grande vitesse. Devant nous, le décor était entièrement nouveau pour Bohémond et moi-même. Geneviève nous dit qu’il l’était pratiquement pour elle aussi. Les maisons étaient très belles, toutes avec les décorations, qu’une âme du Ciel pouvait désirer. Des milliers de saints allaient et venaient, tels une ruche bourdonnante.

– Je vois la voiture de David qui descend là-bas la grande avenue, dit l’Ange.

Quelques temps après, nos véhicules étaient l’un à côté de l’autre. Il y eut des salutations et des congratulations. La voiture de David étaient remplies d’hommes et de femmes de l’antiquité, des saints de renom. Nous continuâmes ainsi, côte à côte, jusqu’à ce qu’enfin commence à apparaître l’éclat de la muraille. Puis l’immense porte de Benjamin se dessina devant nous. Nous étions en train de ralentir quand nous remarquâmes la plus belle voiture que nous ayons jamais vue. Elle était arrêtée juste à côté de la porte. Elle scintillait de l’éclat de l’or du Ciel, enchâssé de diamants de toute beauté. Notre Seigneur Jésus Lui-même était à l’intérieur. Ses douze apôtres étaient aussi avec Lui. Un halo de lumière, d’un éclat presque éblouissant, entourait le véhicule céleste. Un instant plus tard, les 3 voitures se trouvaient côte à côte. Nous inclinâmes tous nos têtes, saints et anges, devant Celui qui avait préparé pour nous cette ville. La harpe de David était de grande dimension. Il se tint debout devant nous tous et annonça un hymne. Nous nous levâmes et chantâmes une nouvelle fois. Tous bout dans les véhicules, nous chantâmes les louanges de notre Seigneur et Rédempteur.

L’Ange Gabriel chanta un ancien solo avec de puissants hosannas.

– Chante-le une nouvelle fois ! Proposa Daniel qui se trouvait dans la voiture de David, et qui était un grand ami de l’Ange.

Assurément, la musique qui sortait de ses lèvres sanctifiées était la plus belle que nous ayons jamais entendue.

– Regardez maintenant de l’autre côté de la porte ! indiqua l’Ange.

Et voici qu’une immense compagnie de nouveaux arrivant se tenait là, à l’extérieur. Ils chantaient des chants nouveaux. Ils avaient été escortés jusqu’ici depuis différents lieux du paradis, d’une manière très semblable à ce que nous avions nous-mêmes connu un certain temps auparavant. Etienne, le saint martyr, avait été le conducteur de cette compagnie. Il les préparait à franchir la porte en présence de leur Seigneur Jésus. Le Seigneur nous faisait maintenant signe à tous de venir jusqu’à Lui sur un emplacement plus élevé, tout près de la porte, sur le côté. Il posa Sa main sur ma tête avec douceur.

– Prends courage, mon fils ! dit-Il. Ta mission terrestre n’est pas achevée. Mais comme j’ai un jour appelé Moïse et Élie depuis ces portes de lumière, ainsi maintenant je t’envoie, afin que tu fasses connaître ce que tu as vu et entendu, et qui n’est que bien peu de ce que tu verras encore. Mais ceci est tout ce qu’ils recevront maintenant de ta main. La foi sincère et véritable est en diminution dans de nombreuses parties du monde. Tu trouveras un assistant fidèle, sur qui reposera ma bénédiction. Quand tu auras achevé ton voyage sur la terre, Je te conférerai la bénédiction des anciens, un héritage anticipé de la possession rachetée, ton corps.

Toutes les têtes étaient baissées, tandis qu’Il priait et me confiait aux soins de l’ange. Bohémond et mon épouse s’approchèrent tout près de moi.

– C’est vrai que nous devons nous séparer ? demandèrent-ils.

– Rien que pour un temps. Oui, rien que pour un temps.

Et dans une explosion de joie, je m’écriai :

– Oui, je vous reverrai bientôt !

– Hâte-toi de partir pour la mission qui t’est confiée, dit le Seigneur. Je dois accueillir ceux qui sont au-delà de la porte, car Je les ai rachetés par mon sang.

Disant cela, Il appela Gabriel à côté de LUI et me confia à ses soins. Je dis au revoir à mes bien-aimés et à tous ceux qui étaient venus me voir.

– Je vous reverrai-je, répétai-je.

Et je montais à bord de la voiture de l’ange.

RETOUR DE SENECA SUR TERRE

L’ange était maintenant assis à côté de moi et la voiture avançait lentement. Jetant un regard en arrière à l’instant où nous franchissons l’immense arche de la porte de la ville, je vis beaucoup d’anges qui agitaient leurs mains pour me dire au revoir et me bénir.

Très vite nous passâmes à côté de la grande compagnie qui était impatiente de franchir la porte. Nous fîmes tous un signe de la tête pour les saluer et leur dîmes :

– Au revoir, vous tous, à bientôt !

Puis nous fûmes hors de portée de leurs voix. Alors que la voiture disparaissait de leur vue, nous filions à vive allure sur une route immense qui, depuis la porte de Benjamin, conduisait à des lieux du paradis très éloignés. De grandes vallées, avec d’immenses vergers, jaillissaient de partout. Des milliers de saints affairés en récoltaient les fruits mûrs.

Gabriel me questionna :

– Il y a plus les régions montagneuses du paradis dont je t’ai parlé. Veux-tu que nous les traversions ?

– Très cher Gabriel, ma coupe de bénédictions est si pleine ! Je ne pense pas qu’elle pourra contenir plus. Le fardeau dont je suis chargé absorbe mes pensées. Mais si tu veux, un tour rapide le long des collines me ferait davantage plaisir et satisfera davantage ma curiosité.

Il engagea sans tarder la voiture sur une route latérale qui conduisait vers les montagnes. Bientôt, nous prenions de l’altitude et nous nous élevions sur des montagnes prodigieuses. Nous fîmes une halte à mi-hauteur, sur un très joli plateau. Gabriel voulait me permettre d’avoir une vue sur les vastes plaines et sur les vallées immenses du paradis. Aussi loin que la vue pouvait porter, s’étendaient de partout des immensités de jardins magnifiques et d’arbres en bosquets chargés de toutes sortes de variétés de fruit.

D’un seul coup d’œil, je pus voir des milliers de saints et d’anges affairés, qui se réjouissaient dans cette luxuriance céleste. Mon âme était remplie de ravissements de gloire et de louange pour ces privilèges exaltants dont mon père céleste m’avait gratifié. Quel honneur Il avait confié à un mortel terrestre ! J’étais tout simplement éperdu d’émerveillement. Je tombai aux pieds de l’ange en louant et en adorant Dieu.

– Gabriel ! Je t’en prie ! Garde en réserve tes bénédictions ! Ma coupe déborde.

-Il nous faut repartir maintenant, Seneca !

Nous redescendîmes à très vite allure ces impressionnantes collines et nous traversâmes les vallées comme une flèche, le long des lieux pleins des charmes et des délices du paradis. Des milliers de saints particulièrement honorés ont leurs palais dans les différentes sections de ce paysage romantique du Ciel. J’étais tellement écrasé par la grandeur de cette portion du paradis qu’à nouveau je tombai aux pieds de l’ange pour répandre avec de puissants hosannas ma louange à l’égard de Dieu. Quand je me relevai, l’ange m’indiqua, dans le lointain, une arche gigantesque du paradis. Il se dirigea vers elle et ralentit son allure. Les arbres de vie étaient partout. Le parfum de leurs feuilles et leur puissance de vie emplissaient toute l’atmosphère du Ciel. RIEN SUR TERRE N’EST CAPABLE DE SUGGERER UNE TELLE GLOIRE.

L’Ange conduisait lentement. La voiture traversait des gorges profondes et passait à coté de fontaines aux eaux scintillantes. Des groupes d’hommes et de femmes allaient et venaient, se rafraîchissant aux fontaines, ou se délectaient des fruits des arbres de vie.

Je m’adressai à nouveau à l’ange :

– Quel endroit pour y passer les heures de l’éternité, dans le repos ou le divertissement ! Ah, oui, vraiment ! Nous sommes bel et bien au Ciel !

L’Ange se tourna vers moi et me demanda alors si je le reconnaissais.

– Gabriel ! C’est vers le trône que je t’ai vu.

– Réfléchis bien ! Souviens-toi quand tu as quitté ton habitation terrestre pour ce périple béni jusqu’au Ciel.

– Dis-moi ! C’est toi qui m’avais amené jusqu’aux portes de ce royaume ?

– Absolument ! Répondit Gabriel. Et j’ai une autre mission pour toi. Tu n’auras eu qu’une vision bien furtive de ton héritage éternel et de la grandeur de la Maison du Père. Toute l’éternité est encore devant toi, avec le pouvoir de satisfaire pleinement les aspirations de ton âme. Mais il faut maintenant que tu es un petit moment de repos, avant que ne débute ta prochaine mission et que nous ne soyons passé par la grande arche que tu vois là-bas.

Gabriel conduisait maintenant très lentement. On pouvait voir des centaines de nouveaux arrivants, dans l’émerveillement de leur première vision du Ciel. C’est ce que je devinais à leur comportement, qui me rappelait ce qu’avait été le mien. Certains descendaient des véhicules célestes, en criant fort comme nous l’avions fait. La voiture franchit alors l’immense arche du paradis. Je penchais ma tête contre l’épaule de l’ange. Pour la première fois, je sentis comme un assoupissement venir sur moi. Et je m’endormis. Combien de temps ? Je ne le sais pas. Mais lorsque je m’éveillai, la voiture se tenait devant le seuil de ma vieille maison, au pied de la chaîne des Cascades. Je sortis. Deux anges s’approchèrent et m’invitèrent à entrer.

– Est-ce que je suis vraiment revenu à ma maison terrestre ? demandai-je.

C’était certain. Mon corps était là, étendu. Mes fidèles serviteurs, Séna et Serva, en avaient précieusement pris soin. Ils avaient reçu l’instruction de ne pas le mettre en terre avant 50 jours. Plus de 40 s’étaient déjà écoulés. Et cependant, aucun signe de décomposition n’était visible sur ce corps froid, prisonnier de la mort.

Gabriel vint nous rejoindre. Il étendit sa main sur les visages de ceux qui dormaient. Alors, tomba sur eux un sommeil très profond, semblable à celui qui vint sur Adam lorsqu’Eve fut formée à partir de sa côte. Ainsi, nul ne soupçonna notre présence. Gabriel passa ensuite la main sur le corps sans vie. Et en un clin d’œil, il jaillit à la vie. Le changement fut puissant. De la mort à l’immortalité. En un instant, il m’appartenait à nouveau.

– CORPS DE GLOIRE ! REDEMPTION ! M’écriais-je.

Quel changement puissant ! De la mort à l’immortalité ! Alors, me revinrent en mémoire les paroles de Paul :

« CAR NOTRE CITE A NOUS EST DANS LES CIEUX, d’où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation en le rendant semblable au corps de Sa gloire » Philipiens 3:20-21

Un moment, je restai debout, admiratif, émerveillé, ne sachant que dire. J’étais submergé par la gloire de Dieu. Mon corps et mon âme étaient redevenus un. Je questionnai l’ange :

– Qui va m’assister dans la tâche qui m’a été confiée ?

C’est alors que sans plus tarder il me parla de toi mon fils, en m’indiquant l’endroit de ta maison.

– Nous ne te quittons pas, me dirent-ils, tant que ton travail ne sera pas achevé. Maintenant, quitte ta maison terrestre et ceux qui sont ici. Ils prendront soin d’eux-mêmes. Viens à la voiture !

Nous franchîmes la Chaîne des Cascades, puis les montagnes rocheuses. Bientôt la vallée du Mississipi se trouva derrière nous. La voiture céleste s’arrêta deux pas de ton humble village. J’ai traversé tout le continent pour te trouver, mon frère. Et maintenant je suis vraiment content que tu es accompli cette tâche avec spontanéité et d’un cœur joyeux. J’ai examiné ton manuscrit et cautionné ce que tu as fait. Donne-le maintenant à l’imprimeur. Et donne-le aux hommes. Certains ne seront pas d’accord. D’autres béniront Dieu. Mais si tu achèves fidèlement ton travail, la bénédiction du Dieu Tout-puissant sera sur toi. »

Seneca s’approcha de moi et déposa un baiser sur mon front.

– Adieu, mon fils, dit-il en se reculant un peu. Que la bénédiction du Dieu éternel soit sur toi ! Que ton panier soit plein et ton grenier aussi ! Le Dieu éternel sera ton refuge. Sous ses bras éternels est une retraite. Il fera de ton ennemi un ami. (Deutéronome 33 : 27) Et les Anges qui ont si fidèlement gardé mon corps mortel prendront soin de ton âme.

Il me serra à nouveau contre lui et m’embrassa, encore et encore.

Levant les yeux et les mains vers le Ciel, il prononça sur moi sa bénédiction céleste. Il termina par ces mots :

– L’Ange m’attend. Et il disparut de ma vue. Je courus à la porte. Mais il n’était plus là. Le char de Dieu l’avait emporté.

EPILOGUE

Bien que les révélations contenues dans ces témoignages soient pour le moins surprenantes, ce témoignage d’un voyage dans l’au-delà n’est pas quelque chose d’unique. Dans le passé, des récits de cet ordre ont existé mais la plupart des gens l’ignorent. Souvent, ceux qui ont pu en entendre parler n’ont pas voulu y croire. S’il est en effet un voyage sans retour, n’est-ce pas celui de la mort ?

Au cours de ces dernières années, des médecins ont recueilli de nombreux témoignages auprès de personnes qui ont connu une mort clinique, mais qui ont été ramenées à la vie grâce aux efforts de la réanimation entrepris par des équipes médicales. Ces médecins sont aujourd’hui formels : les expériences des visions de l’au-delà qu’évoquent ces personnes ne peuvent pas être des hallucinations engendrées par des cerveaux ayant cessé de fonctionner.

Des sceptiques ont fait leur propre enquête et ils ont dû réviser leurs a priori sur ce qu’ils pensaient du néant de la mort. Car quiconque s’intéressera à cette question découvrira avec étonnement le nombre important de témoignages qui s’y rapportent. De très nombreuses personnes ont donc décrit avec plus ou moins de détails ce qu’elles ont vu dans l’au-delà, ayant traversé une mort clinique ou simplement un état de coma avancé. Et l’on est ainsi amené à constater à quel point ce que dit la Bible du monde spirituel mérite qu’on y prête attention.

Quand on a lu certain nombre de ces témoignages, c’est comme un voile qui se déchire progressivement, comme un puzzle qui se reconstitue petit à petit. L’invisible devient presque visible.

Il est cependant nécessaire de signaler dès le départ que le monde spirituel se révèle à ceux qui s’y intéressent dans la réalité de 2 royaumes bien différents. Malheureusement, beaucoup ne prennent pas le bon chemin. Ils ne frappent pas à la bonne porte et l’apprennent à leurs dépens. Car les manifestations provenant de l’au-delà ont souvent leur origine dans le royaume de Satan et non celui de Dieu. Ceux qui se laissent attirer par le monde occulte tombent dans un piège et deviennent vite prisonniers du royaume des ténèbres. Mais le présent ouvrage n’a rien à voir avec la fausse séduction de l’occultisme qui mène à l’horrible prison du royaume satanique. Bien au contraire.

Quand j’ai commencé à lire le texte original de « LA GLOIRE DE SON ROYAUME », j’ai réalisé que c’était un véritable trésor, tant ce qu’il révèle est extraordinaire. Cette révélation qui m’a émerveillé à un point que je n’aurais pas soupçonné, à chaque instant de la lecture, puis à chaque ligne de la traduction. Aucun autre livre ne m’aura bouleversé ainsi et je suis sûr qu’il en sera de même pour beaucoup.

On réalise vite que ce récit ne peut être le produit d’une imagination humaine. Si c’était le cas, l’auteur ne pourrait être que quelqu’un ayant lu de nombreuses fois la Bible pour en posséder à ce point toute la richesse. Seuls ceux qui ont consacré à Dieu toute leur existence connaissent ainsi la Bible. Mais alors, créer ce récit par pure imagination correspondrait à un mensonge délibéré qui placerait son auteur sous la condamnation biblique :

« Il n’entrera dans cette ville personne qui se livre au mensonge » (Apocalypse 21 : 2).

Il serait insensé également, de vouloir donner une origine satanique à ce texte, même s’il est certain que l’ennemi de Dieu est expert en matière de tromperie. Car tout le livre est à la seule gloire de DIEU. Son principal objectif est d’invité les hommes à se préparer judicieusement à rencontrer son créateur, et son message est en harmonie parfaite avec les révélations bibliques.

La seule explication satisfaisante de l’origine de cet écrit – bien qu’à chaque page chacun pourra se demander à juste raison s’il ne rêve pas en lisant ce qu’il lit – est l’explication donné par son rédacteur, Elwood Scott, qui déclare avoir effectivement reçu la visite de quelqu’un ayant passé 40 jours terrestres dans le royaume de Dieu. Et ce personnage lui en a ébauché une description et expliqué, dans le détail, les conditions d’admission au travers de l’unique Sauveur.

Cette extraordinaire révélation apportera certainement à beaucoup une lumière nouvelle, à la fois radieuse et rafraîchissante, notamment à ceux qui n’ont que la flamme vacillante d’une religion insipide, décevante, et souvent trompeuse, pour tenter d’éclairer leur vie terrestre. Elle confortera merveilleusement ceux qui aiment la Bible et connaissent son message libérateur.

Il est peut-être encore important de le préciser que cet ouvrage est d’une telle richesse qu’il convient de le lire lentement, sans chercher à « brûler les étapes ». Enfin, bien que des questions qui se poseront au lecteur au fils des pages trouveront leur réponse avant la fin du livre.

Question troublante entre autres : la façon dont Seneca se manifeste à Elwood Scott – avec l’explication qu’il en donne en relation avec la résurrection – ne manquera pas de susciter des perplexités. Mais il conviendra de bien lire le livre en profondeur et aussi de bien relire la Bible, ce qu’elle dit et ce qu’elle ne dit pas, avant de conclure trop hâtivement et de tout rejeter en bloc à partir d’une incompréhension de ce point précis.

Mon souhait est que tous ceux qui auront lu « LA GLOIRE DE SON ROYAUME » puissent connaître avec joie et certitude le pourquoi de leur existence, et qu’au moment où ils devront quitter ce monde pour l’autre – Dieu seul en connaît l’heure – ils y soient vraiment prêts, et qu’ils puissent alors affirmer, comme l’apôtre Paul :

« CHRIST EST MA VIE, ET LA MORT M’EST UN GAIN « Philippiens 1:21

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